Gods Games

Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Préludes et jeux

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Manakiel Emmanuel

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MessageSujet: Préludes et jeux   Mer 29 Fév - 23:06

Ce jeu était extrêmement divertissant. Pas à dire, son frère avait un sens inné de l’amusement. Frère… Par la force des choses. Autant qu’il s’en souvienne, Emmanuel était enfant unique mais allez savoir ? Le fait est que cette rencontre percutante modifia beaucoup la petite « vie » simple que s’était fabriqué Manakiel. Jusque-là, il s’était contenté d’observer ce qui se passait sur Terre sans jamais y mettre un pied ou se mêler de quoique ce soit. Berith ne répondait pas aux mêmes critères que lui, pas du tout.
Qu’étaient-ils ? Emmanuel se posait souvent la question, Berith jamais. Lui aimait foncer, provoquer alors qu’Emmanuel préférait nettement la contemplation passive.
Le genre humain l’avait ému. S’il ne s’était pas si ennuyé, il n’aurait pas accepté les défis lancés par son homologue.
Parfois, souvent même, Jeff horrifia Manakiel. Comme si les hommes n’avaient pas assez de leurs tracas quotidiens, ne provoqua-t-il pas des affrontements entre eux, des calamités, juste pour voir ?
Mais le fait de se mêler à distance des destinées humaines ne satisfit pas entièrement Berith. Avec son charme envoutant, il parvient à décider son frère à visiter la Terre. Probablement que Jeff s’y serait complu seul s’il n’avait jugé Emmanuel indigne de lui donner la réplique. Pouvait-on affirmer qu’ils avaient autant besoin l’un que de l’autre ? Oui ! Que connait-on de la lumière si l’on n’a pas idée de l’obscurité ? Comment savoir ce qui est bien si le mal n’existe pas ?
Chacun avait choisi son camp en fonction de ses affinités. Tandis que Berith s’évertuait à embêter le monde, Manakiel réparait ses bêtises et, si ce dernier provoquait une révolution salvatrice à l’humanité, Jeff s’empressait de contrecarrer ses plans. Ainsi Emmanuel avait donné le feu aux hommes pour qu’ils puissent se réchauffer et ne plus manger cru. Jeff en fit une arme fort destructrice… C’est d’ailleurs lui qui incita l’homme à utiliser les armes de chasse contre sa propre espèce. En compensation, Manakiel leur donna l’art de guérir et tenta d’amener l’humain dans l’amour de son prochain.
L’évolution terrestre gagna beaucoup à ce « jeu » fraternel. Pas toujours dans le sens voulu par les décideurs, hélas. Combien de fois Berith n’avait-il péroré sur la faiblesse de l’esprit des hommes plus enclin à apprécier luxure, lucre et mensonge que la droiture compatissante ?
Manakiel était à bout d’arguments après des siècles passés redresser de torts.
Dans la forteresse érigée au bout de nulle part, lieu insoupçonné du commun des mortels, un conflit éclata entre les frères. Un de plus…
Manakiel sortait rarement de ses gonds mais voir ce que Jeff avait provoqué en modifiant l’usage premier des manipulations de l’atome l’avait outré.
Ils se boudèrent plus de soixante années après les ravages des bombes, travaillant séparément sur la vie des hommes. Puis, Jeff céda et vint trouver Emmanuel dans sa cellule.
Très à l’aise, il s’était installé dans le relax antigravitationnel de l’habitation et s’était enquis de la santé et des projets de son homologue.


Ne me fais pas l’affront de croire que tu ignores ce que je fabrique ! Tu as des espions partout… Bien sûr que j’en ai aussi ! … On peut voir les choses ainsi : un nouveau jeu ! … Bien sûr que j’allais t’en parler. Je dois peaufiner des détails… M’aider ?

La proposition de Jeff avait l’air sincère mais Manakiel savait à quoi s’en tenir depuis le temps. Néanmoins, se faire seconder était tentant. Emmanuel céda et raconta les bases de ses intentions :

Je voudrais ressusciter ici des personnages marquants de l’Histoire, et leur donner une seconde chance de s’entendre. Qu’en dis-tu ?

Un sourire « angélique » avait éclairé les traits de Bérith, puis il s’était esclaffé à grands bruits réclamant des détails sur l’expérience singulière prévue. Il l’estima trop facile. À son tour, il traça des plans qu’Emmanuel réfuta de prime abord :

Pourquoi un environnement aussi hostile ? Ces gens auront déjà connu une vie pas toujours gaie et une mort parfois cruelle ! …

Il en avait des idées tordues, Jeff. Ce serait un réel défi que ces ressuscités ne s’entretuent pas dans de telles conditions d’infortune. Beau joueur, il accepta les modifications de décor, se promettant intérieurement d’user de ses dons spécifiques afin d’encourager ses poulains à remporter la palme, sachant parfaitement que Bérith userait sans vergogne de tous les coups bas possibles et imaginables même sans, hélas, pouvoir les deviner à l’avance, juste les soupçonner. Au moins, sur ce point, ils étaient à totale égalité : aucun n’était capable de lire les pensées de l’autre. Selon Bérith, cela rendait le jeu encore plus palpitant.
Si la préparation du terrain s’effectua rapidement, le choix des candidats des deux bords demanda réflexion.
Manakiel avait sa sélection bien en tête quand Jeff crut lui damer le pion de façon magistrale en ressuscitant une quantité invraisemblable d’humains. De plus, non content de son exploit, il provoqua un naufrage ainsi qu’un détournement d’avion bourré de contemporains innocents, en apparence.
Une veine qu’Emmanuel le sache retors. Il put préparer un village d’accueil aux voyageurs et plaça des indicateurs parmi les naufragés. L’équilibre semblait rétabli…



Dernière édition par Manakiel Emmanuel le Sam 3 Mar - 16:26, édité 1 fois
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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Jeu 1 Mar - 23:17

Six décennies, c’est quand même un bout de temps. Surtout sans avoir avec qui discuter de ses trouvailles et plans divers. Manakiel le boudait. Cela lui ressemblait bien. Et tout pour des broutilles. Soit, en faisant un petit effort même lui avait dû admettre qu’Hiroshima et Nagasaki étaient un peu plus que simples broutilles mais, à son docte avis, pas de quoi faire pareil foin. Parce qu’il s’était fâché, son « frangin ». Ils avaient pris leurs distances et chacun était allé s’occuper de son côté.

On ne pouvait pas dire qu’il s’était ennuyé. Ces soixante ans avaient été d’une sidérante richesse en misères de toute sorte affligeant l’Humanité. Petites guerres, d’autres plus importantes, quelques génocides à vous remuer les tripes. Et si à cela on ajoutait les méfaits du terrorisme, quelques catastrophes naturelles ou pas, sans oublier une paire de bonnes pandémies et on en passe, Berith pouvait s’estimer heureux d’avoir eu de quoi occuper son temps.

Mais voilà, que depuis un bon moment, ses larbins si bien entraînés et discrets, rapportaient divers faits suspects du côté de Manakiel. Ce bienfaiteur n’en ayant cure, il devait mettre au point quelque plan salvateur ou autre idiotie du genre. Curieux comme il était, se souciant comme d’une guigne que son « cher frère » pense à une quelconque faiblesse de sa part, le beau diable alla aux nouvelles, personnellement.

Ils s’étaient vus pour la dernière fois le 9 Août 1945, mais Berith se présenta dans les appartements de son frère, désinvolte et souriant comme s’ils s’étaient quittés la veille, dans les meilleurs termes, s’accommoda dans le relax antigravitationnel et s’enquit, le plus charmant du monde, sur sa santé et projets. L’autre réagit, comme prévu :


Ne me fais pas l’affront de croire que tu ignores ce que je fabrique ! Tu as des espions partout.

Il se contenta d’un petit sourire en coin, le temps de répliquer, doucereux.

Allons, Emmanuel, comme si toi pas.


Bien sûr que j’en ai aussi !

On raconte par là que tu es très occupé, enthousiaste pour ne pas dire émoustillé. Tu as fait quelque découverte intéressante ? *Un petit projet grandiose ?*

Il jouait les indifférents même si brûlant d’envie d’en savoir plus.

Manakiel semblait ravi de pouvoir partager ses plans, sans se faire prier il avoua, tout simplement.


On peut voir les choses ainsi : un nouveau jeu !


Jeu. Cela sonnait comme musique à ses oreilles. La seule idée le ravissait mais il se garda bien de le démontrer, plutôt se montrer un peu vexé.

Pas mal. Et tu n’avais pas l’intention de me raconter, bien sûr !
T'as la rancune tenace!

Ce qui aurait été plus que normal, compte tenu de leurs relations à couteaux tirés mais le grand homme semblait avoir tiré un trait sur ces différends.

Bien sûr que j’allais t’en parler. Je dois peaufiner des détails.

Génial. Si c’est comme ça, je pourrais peut être te filer un coup de main !

Cette offre si généreuse de collaboration aurait pu éveiller quelques suspicions mais Manakiel eut plutôt l’air surpris.

M’aider ?

Bien sûr. Ce serait un plaisir de te seconder dans tes plans. Après tout, même si on se dispute parfois *Tu veux rire !* on s’est toujours bien entendus. On sait de quoi il en va et à deux, c’est toujours plus plaisant. J’avoue que cela m’a manqué…ces dernier temps! Raconte-moi un peu ce que tu as en tête !

On peut dire que les aveux du grand homme étaient du genre alléchant :

Je voudrais ressusciter ici des personnages marquants de l’Histoire, et leur donner une seconde chance de s’entendre. Qu’en dis-tu ?

*En dire ? WOW !!!*

Berith essaya de dissimuler son enthousiasme derrière un sourire bon enfant mais sa nature reprenant vite le dessus, son rire éclata pour de bon et réclama une explication plus détaillée, qui lui fut donnée. Le plan était simple et, comme on pouvait le prévoir, plein de bonnes intentions. Ramener à la vie des personnages historiques de diverses époques, les placer dans une sorte de paradis exubérant, leur laissant le loisir de se rencontrer et s’entendre. Berith, lui avait des idées plus poussées, plus tordues, cela va de soi.

Pourquoi pas les mettre sur des nuages roses et leur faire jouer de la harpe, tant qu’à faire ?...Faut donner de l’émotion, du risque. Des dangers. Vivre au Paradis doit être d’un ennui sans pareil. J’imagine plutôt un monde agressif, truffé de mauvaises surprises. Des trucs de ouf…tu vois le genre.

Et s’il le voyait, ce n’était pas pour lui plaire.

Pourquoi un environnement aussi hostile ? Ces gens auront déjà connu une vie pas toujours gaie et une mort parfois cruelle !

Et quoi ? Sont morts, finito ! Là, on les ramène, qu’ils s’en estiment heureux. On va leur donner du fil à retordre. Question de voir ce qu’ils ont dans le ventre.

Il déballa tout son baratin, sans se priver de donner des détails. Pas de vie facile ! Que du contraire, il fallait un monde où la peur régnerait. Où le besoin de survivre pousserait, uns et autres à s’arracher les yeux au besoin. Primitif et sauvage. Teinté d’horreur et superstition. Les atavismes auraient le dessus. Le chaos primerait et seuls les plus forts sauraient s’en tirer, non sans mal.

Enfin, ça donne quoi, ta sélection ?

Elle n’était pas des moindres ! Louis XIV, le Roi-Soleil. Sir Richard Burton, explorateur et grand voyageur, Achille, le héros de la guerre de Troie. Amelia Earhart, aviatrice moderne, disparue tragiquement. Elisabeth de Bavière, mieux connue comme Sissi et la belle Hélène, pas la poire…l’autre !

Bien entendu prétendre que Louis XIV, le Roi-Soleil puisse partager quelque avis avec Achille, prince des Myrmidons résultait quasi hilarant. Qu’on en mêle Hélène de Troie à la partie, piquant. Qu’on y ajoute trois autres un peu plus modernes mais pas contemporains pour autant, divertissant. Tenant compte que le groupe avait en commun le fait d’être civilisés et d’autant qu’on sache genre « bon côté », ça promettait ! Il proposa quelques alternatives qui rehausseraient la qualité de la repartie mais dès qu’il eut nommé Caligula, Vlad, l’empaleur, Raspoutine et Hitler, les foudres de Manakiel se déversèrent sur sa tête.

Ok…pas ceux là, alors on fera dans le générique !

Vive la résurrection en masse ! De tout et pour tous les goûts. Tant pis si « frérot » tordit le geste. Faudrait s’en tenir aux faits. Diversité étant synonyme de pagaille assurée, Berith n’en était que plus ravi. D’un monde aventureux on se retrouva avec plus d’un sur les bras !

Euh !? Pourquoi le naufrage et l’avion détourné ?...Mate moi un peu l’histoire que cela peut donner. On les chamboule tant et si bien que tôt ou tard tes héros se mêleront au reste…à ceux des temps modernes. Dépaysement, doutes. Vive la suspicion. C’est cela…arrange leur un peu la vie. Le joli village !...On va se marrer, mon vieux, on va se marrer !

Et pas à dire ! S’il y avait quelqu’un qui s’amusait comme un dingue, c’était bien lui. Si Manakiel travaillait pour s’acquérir des « anges protecteurs » qui guideraient ce troupeau en pleine confusion, lui s’affairait à mobiliser des « traîtres » prêts à tout pour faire foirer l’histoire. Et si cela ne suffisait pas, il était plus que disposé à créer des cassures entre ces mondes distincts pour les emmêler, faisant régner discorde et crainte. Il pouvait à peine prévoir le prochain pas de son partenaire mais aurait l’atout dans la manche pour lui damner le pion.

Tout était permis. De l’horreur la plus immonde à la surprise la plus pétrifiante en passant par les pièges de l‘amour, ceux terribles de l’oubli sans se passer des perfidies de la jalousie, ce monstre aux yeux verts qui produit l'aliment dont il se nourrit ! (Shakespeare, Othello ). Tant qu’il y aurait un être humain en jeu, les sentiments pourraient se jouer dans la plus ample des gammes…

Mais celui là n’était que son avis ! Il n’avait pas compté avec la nature humaine. La vraie ! Pas celle qu’il supposait avoir compris au cours des siècles en jetant un coup d’œil blasé sur le monde convulsé de confusion. N’avaient ils pas survécu à toute échéance ? N’avaient ils pas évolué ? Ne pensaient ils pas ? Ne mettaient ils pas en doute l’existence du Divin pour agir à leur guise ? Ne dénigraient ils pas son existence à LUI ?

L’Homme n’était plus cette matière malléable qu’Il avait si facilement modelé à son bon plaisir ! Même ce grec bâté qu’était le guerrier de Troie, pourtant élevé en conscience des Dieux et le respect à leur devoir , en était venu à les maudire trois fois par jour …

Berith ajusta l’image pour suivre à son aise la progression des joueurs. Ils peinaient mais ne perdaient pas le moral…

Il suffirait juste de l’imaginer et…


Dernière édition par Jeff Berith le Dim 4 Mar - 1:05, édité 1 fois
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Manakiel Emmanuel

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Sam 3 Mar - 16:27

Le jeu avait repris avec le même enthousiasme de part et d’autre. Berith s’ingéniait à contrarier les plans de Manakiel qui, lui, réparerait les dégâts. Pour l’égalité des chances, il avait aussi un peu truqué le jeu en favorisant certaines trouvailles de ses « protégés »
Les pierres magiques étaient un des dons d’Emmanuel. Elles auraient dû, en principe, accéder à chaque désir raisonnable des humains. Évidemment, Jeff s’était empressé de les dérégler, obligeant alors les cobayes à travailler durement afin de satisfaire leurs besoins. Manakiel fabriqua la mine de diamants, Berith la rendit quasi inaccessible. Pour la plus grande joie de son « frère », Jeff râla ferme quand les humains découvrirent une plaque d’accès.
En fait Emmanuel était très fier de ses protégés particuliers. Leur ingéniosité dépassait parfois ses propres vues. Que ce soit du côté des Historiques ou celui des contemporains, la majorité ne cherchait que la paix, ce qui embêtait le dieu sadique pour le plus grand plaisir de son opposé. Mais Jeff avait plus d’un tour dans son sac, hélas. Malgré toutes les précautions mises en place par Manakiel, des gens s’armèrent.
Fichus humains ! Certes, ils devaient pouvoir se défendre contre les bestioles dispersées par Berith et contre l’hostilité de certains voisins, mais l’innocent Emmanuel avait espéré voir autre chose que des combats fratricides.
Une fois de plus, Bérith avait ruiné le bel ouvrage entamé du côté des rescapés en créant une brèche dans le continuum qui séparait les mondes. Même s’il savait que Bérith jubilerait, Manakiel avait presque pété un câble quand il se rendit compte du forfait. Plutôt que d’aller lui casser la figure – chose absolument impossible, sauf virtuellement – Manakiel para au plus pressé en expédiant vite fait à la rescousse quelques soldats « raffinés ». L’ennui était que, comme dans toute partie du jeu d’échecs, pour sauver des pièces, il faut parfois en sacrifier une. Le choix avait été cruel mais depuis le début de cette partie, le pion visé était averti – en rêves- qu’il devrait peut-être y laisser sa peau.
Manakiel pestait de devoir abandonner un de ses anges gardiens à la vindicte de Bérith, mais les règles devaient être respectées. Aussi Luke Walker fut retiré de l’échiquier.
Le recevoir en direct mit Emmanuel mal à l’aise. Pour la forme, il se montra très froid à son égard tentant de lui expliquer certaines choses mais se buta à une hostilité somme toute naturelle. Ne venait-on pas de le soustraire à une femme aimante et un « gentil » petit confort ? Walker n’avait pas paru cerner l’ampleur des enjeux en cours. La seule certitude que possédait Manakiel était que Luke resterait du « bon » côté. Si Bérith tentait de le manipuler, il se casserait les dents car cet homme avait vraiment un esprit talentueux.


*Même à distance, je m’arrangerai pour qu’il aide ses semblables !*

L’ex-barman du paquebot de luxe crut probablement avoir déjoué seul les arcanes où il était tombé. Bérith lui avait offert une prison dorée, Manakiel lui ouvrit l’évasion par la pensée.
À ce moment du duel, le démon avait tellement tordu les événements que sans un bon guide, les Historiques privilégiés risquaient de s’égarer pour de bon. Emmanuel se souviendrait longtemps de leur passage pré amnésie. Tels des papillons trop proches de la lumière, ils avaient presque atteint le cœur du problème. Bérith leur avait brûlé les ailes en les séparant, oubli à la clé. Emmanuel n’avait pu sauvegarder intacte que la mémoire de Louis. Grosso modo, il était parvenu à ressouder le groupe mais le coup traitre de l’impératrice en sirène compliquait vachement l’évolution de ces Historiques entêtés. L’esprit bienveillant de Walker fut autorisé à se manifester à eux. Emmanuel n’était pour rien quant au choix de la forme d’ours. Au moins, Luke avait établi un contact et, si les autres n’étaient pas idiots, ils le suivraient. Restait à restaurer l’esprit de Burton. Envenimé par Bérith, l’explorateur diplomate pouvait à tout moment créer un différend profond au sein du groupe formé. Le faire revenir à son état antérieur entra dans les priorités de Manakiel.


*Pourvu qu’Amelia soit à la hauteur…*
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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Dim 18 Mar - 21:55

Manakiel trichait. Il le faisait toujours pour parvenir à ses fins. Soit, il trichait lui aussi, dans exactement le même but. On pouvait dire que jusque là ils se maintenaient en degré d’égalité mais il fallait toujours prévoir des coups bas de la part du noble cœur de service, toujours prêt à lui damner le pion.

Ce jour là, même si la veille l’entêtement de Luke l’avait fait enrager, Berith s’était levé de bonne humeur. Oui, ça lui arrivait de jouer lui aussi à être humain et se permettait, un peu plus que voulu, certains plaisirs chers aux mortels. Il dormait alors. Jouissait des bontés de mets succulents, abusait sans gêne des meilleurs alcools et s’entourait des plus belles femmes dont on pouvait rêver, mélange explosifs donnant lieu à de licencieux délires que, bien entendu, Manakiel jugeait comme une dépravation de plus. N’ayant rien à faire de l’avis de son contraire, le beau diable s’amusait de plus belle tout en concoctant quelque misère à ajouter à son déjà bien nourri palmarès.

Ses observateurs, comme il se plaisait de les appeler, rebaptisés « traîtres » par M. la Bonté personnifiée, faisaient leurs rapports avec une exactitude émouvante. Pour cause, ils crevaient tout simplement de peur face à lui, sûrs qu’en cas de manquement quelconque, il les enverrait frire en Enfer. En fait, il se contentait de les envoyer pourrir dans les cachots souterrains avec des sympathiques créatures de son crû qui leur arrachaient des hurlements épouvantables, ce qui le réjouissait au plus haut point. Un à un, ses sbires déballèrent leur laïus qui s’avéra, pathétiquement semblable à celui de la veille. Il leur gueula dessus, question de les voir blêmir de terreur avant de les renvoyer vaquer à leurs inutiles observations, préférant se pencher lui-même sur l’actualité du jour.

Les Historiques stagnaient sur place, encore la veille et voilà que tout à coup, ils commençaient à se faire des nouvelles idées. Berith écumait. L’apparition de l’ours savant était un coup de son « frère » qui d’autre aurait pu avoir une idée aussi ridicule? Faute de parler, l’animal avait dessiné une carte. Manquait que ça ! En y jetant un coup d’œil, Berith avait explosé. Ses jurons firent trembler les murs. Avec pareille aide, déjà qu’ils ne se débrouillaient pas si mal tous seuls, ils seraient capables de s’en sortir. Rien ne les arrêtait, ces obstinés ! Peu importait ce qu’il pouvait leur infliger, ils s’arrangeaient pour continuer. Il avait volé leurs souvenirs, ils avaient fini par se retrouver, recollant petit à petit ce qui restait de leur mémoire, alors il en mêla la souffrance, au limite du tolérable, chaque fois qu’ils étaient près d’y voir clair. Ils avaient souffert, stoïques, chaque fois plus forts de ce ridicule sentiment que Manakiel jurait faisait tourner le monde : l’amour ! Comme on pouvait le prévoir, Berith n’était pas du même avis, pour lui ce qui faisait tourner le monde n’était autre chose que la soif de pouvoir ! Les hommes, il l’avait expérimenté longuement, y succombaient avidement ! Sauf ces six là. Soudés comme les doigts de la main, leur unique but, leur seul intérêt était de survivre. Ensemble. Il les maudit, encore une fois. Il leur apprendrait, à être des fortes têtes…

En quelques minutes, la température de leur abri idyllique chuta de plusieurs degrés, sans préavis. Le ciel se couvrit, la neige se mit à tomber. En quelques heures de bon froid polaire, le lac commencerait à se geler, emprisonnant sous une couche de glace toute forme de vie aquatique…y compris les sirènes ! Riant comme un malade, il se désintéressa de leur sort et passa à autre chose…

Manakiel ne tarda pas à apparaître, furieux.

Pas la peine de mettre dans tous tes états…regarde plutôt, tes petits explorateurs de l’autre côté. Ils ne savent même pas ce qu’ils cherchent…on va leur donner de quoi penser...qu’est ce que tu en dis ?

Cela commença avec un bruit sourd sorti des entrailles de la terre avant que celle-ci ne semble convulser violemment, s’arque boutant, se déchirant en profondes crevasses, laissant rouler d’énormes rochers tels des grosses billes.

Je prendrai bien un petit café, maintenant !, informa t’il, satisfait des résultats, puis vais sortir me promener, il fait si beau !

Et ce serait une promenade profitable, s’il en est…
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Manakiel Emmanuel

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Mer 21 Mar - 18:30

Son damné frère, ou son frère damné, n’en ratait pas une !
Non content d’embêter les historiques en modifiant les conditions climatiques, il attaquait aussi les voyageurs partis en expédition.
Faire face à deux fronts n’épouvantait pas Manakiel mais il se serait bien passé d’avoir tant de boulot. Les humains, eux si crédules, si fragiles risquaient de paniquer fortement devant les désastres en cours. À qui donner la priorité demanda à Emmanuel quelques instants de réflexion. Il n’était pas question de perdre l’impératrice d’Autriche ! Or, au rythme où tout se mettait à geler là-bas…
Quelle poisse de ne pas encore avoir trouvé le contre-sort aux écailles de sirène. Manakiel finirait bien par déjouer cette arnaque mais, en attendant, il fallait remédier à la situation. Certes, Elisabeth pourrait rester des journées entières sous l’eau, à condition qu’il en reste à gagner. Les autres se terreraient dans quelque abri plus chaud.
L’illumination vient au bon dieu et il manipula ses instruments personnels afin de communiquer avec l’esprit de Walker. Ce dernier serait sûrement surpris du changement de forme mais on n’allait pas faire dans la dentelle dans un moment pareil. L’animal mythique commandé donnerait aux historiques un peu de répit avant de ramener la température de ce coin à la normale.
Assez satisfait, Manakiel brancha ses observateurs sur l’autre camp.
Oh, là, là ! Ils n’étaient pas à la joie, ceux-là! Le « gentil » tremblement de terre n’avait pas fait que de secouer les arbres. Glissement de terrain, crevasses énormes, ils dégustaient bellement. Ne voilà-t-il pas que les soubresauts du sol faisaient surgir une montagne ? Et pas n’importe laquelle. Rien de moins qu’un beau volcan en pleine éruption. Mettre un bouchon au cratère ne ferait que retarder l’explosion en l’aggravant si elle survenait. L’unique solution pour l’empêcher résidait à faire baisser la pression.
Manakiel pesta car, évidemment, il aurait pu tout stopper d’un simple geste « divin ». L’ennui du jeu dément entrepris avec Bérith était la règle d’or : les remèdes, comme les attaques, devaient sembler naturels. Aussi, il n’était pas question d’envoyer des troupes célestes secourir les voyageurs sinon ils comprendraient trop facilement d’où venaient ces coups du « sort ».
Bah, un pouce bien placé peut faire avancer bien des choses.
Celui d’Emmanuel s’enfonça dans l’écran lui renvoyant les images de dévastation du territoire des contemporains. Le trou virtuel créé dans la cheminée du volcan dévierait les coulées de lave menaçant de les engloutir. Pour le reste, il fallait leur faire confiance…

*Où est Bérith ?*

Certain que celui-ci ne se contenterait pas de jouer les observateurs en buvant un petit noir, Emmanuel manipula ses appareils et demeura sans voix quant au résultat.
Qu’est-ce que Jeff avait en tête en se rendant au village ? Sûrement rien de bon.
Un peu angoissé, son homologue surveilla chacun de ses mouvements tout en réfléchissant aux moyens de le contrer de nouveau.
L’harmonie devait vaincre à tout prix. Les deux exilés des étoiles ne trichaient-ils pas de concert ?
Une fois de plus, discret, Manakiel provoqua la « chance » de ses protégés.

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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Dim 8 Avr - 18:34

Une fois ne faisant pas coutume, Jeff n’abritait aucun intention malsaine en apparaissant au village. Il voulait tout simplement regarder de près ces êtres obstinés. La déception ne se fit pas trop attendre. Ces villageois n’avaient rien d’entreprenant, semblaient plutôt démoralisés, craintifs, perdus en pleine confusion, tel un troupeau qui a perdu son meneur.

Il y régnait de l’ordre mais manquait une réelle autorité. Berith en connaissait parfaitement la cause. Après tout, n’avait il pas été le principal artifice de leurs déboires ? L’invasion des conquistadores et des pirates aurait pu aboutir de façon satisfaisante sans l’écœurante intromission de Manakiel. Il avait fallu que son « cher frère » y mêle son attendrissant penchant pour les humains et fasse misérablement foirer ses plans. Les espagnols avaient tourné la casaque et sauvé les femmes. Une manière comme une autre de lui saloper l’intrigue ! Tant pis, il trouverait bien autre chose.

Pour le moment, tout allait bien. Un coup de froid polaire gelait les uns, la brutalité d’une nature en folie écrabouillait les autres. Qu’il faisait bon vivre ! De peu et il aurait siffloté, satisfait mais fit l’absurde constatation d’ignorer comment le faire. C’était ridicule. Il pouvait tout faire !...Oui, sauf siffler !

L’idée d’inviter une fille à manger avec lui avait surgi spontanément. Bizarre, cela ne lui arrivait jamais d’être spontané. Berith était de ce genre de méchants sublimement tordus qui prennent leur temps pour peaufiner chaque fait et geste. Il partait de la simple idée que les choses faites à la vite sont condamnées d’avance. Après tout, le temps ne signifiant rien, il pouvait largement se permettre le sursis de longues réflexions ! Un peu décontenancé par cet absurde besoin d’improvisation de dernière minute, il réfléchissait sur son suivant pas quand l’apparition inopinée d’un de ses larbins, courbant l’échine, le fit jurer. Le pauvre sbire terrifié débita à toute vitesse la raison de sa présence.

Tu n’as aucun droit de te mêler de la sorte !!!, hurla t’il, hors de lui, en entrant tel coup de vent chez Manakiel.

Droit ou pas, Monsieur s’en mêlait, comme toujours ! Écumant de rage, le beau démon jaugea l’étendue du désastre. Encore une fois, un habile coup de pouce, cas de le dire, avait sauvé les uns d’un volcan en éruption et…

On avait dit que pas de trucs invraisemblables…c’est quoi ÇA !?..Un dragon !...Un énorme dragon ! T’as perdu la tête ! C’est toi qui abondes dans le sens de rester discrets…Bravo ! Monsieur se surpasse !!! Tu veux de la discrétion ? Attends voir !

D’un geste d’obscène efficacité, il effleura l’écran qui montrait la miroitante surface d’un étang, cœur de l’oasis salvateur…l’eau s’évapora, ne laissant à sa place qu’un creux craquelé de soleil. Son rire diabolique ébranla les murs. Il adora plus que tout l’air de désolation absolue des assoiffés au désespoir.

Furieux, il dévisagea Manakiel.

Tu manques aux règles, ben moi aussi, figure toi !

Un claquement des doigts plus tard, il s’était enfumé alors que M. la Sagesse déversait sur lui quelques malédictions bien senties. Sa réapparition eut lieu en pleine forêt. En souriant, ravi, il se passa la main dans les cheveux courts et bouclés, blonds comme ceux d’un certain ange gardien bien connu de lui. Inspectant ses vêtements, il décida avoir l’allure de qui a erré, perdu et sans repères, puis prenant un air obnubilé et un peu fou, avança en trébuchant . Les chiens grondèrent en montrant leurs crocs, elle sauta sur ses pieds en braquant une arme…


Ma chérie...oh, ma chérie…je te retrouve enfin…mon adorée !!!

Il la cueillit dans une étreinte défaillante d’amour feint et bâillonna ses questions ahuries d’un baiser à lui faire oublier les hiers douloureux et les lendemains à venir.

Décidément ce serait sa journée d’improvisations !
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Manakiel Emmanuel

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Lun 9 Avr - 11:22

Pour s’ennuyer, Manakiel ne le faisait jamais. Lorsque l’on a la « chance » d’avoir un frère diabolique, comment en serait-il autrement ?
Les dernières frasques de Jeff s’étaient soldées par des échecs. Les historiques n’avaient pas gelé et, mieux, ils pouvaient souffler un peu auprès d’une fraîche oasis trouvée grâce au « don » offert à Hélène. Pourquoi l’avoir bénie elle plutôt qu’une autre ? Emmanuel l’avait simplement jugée trop ordinaire. À part sa beauté, de quoi pouvait-elle se vanter cette créature ? Lui donner de l’esprit aurait peut-être été plus clément mais la révéler soudainement futée aurait paru très bizarre. Elle se débrouillait d’ailleurs très bien, alors un petit avantage ne nuirait pas.
Côté contemporains, Manakiel avait arrangé un peu les choses aussi. Dans le stock des âmes errantes, il était tombé sur l’illustre Miyamoto Musashi. Il connaissait son parcours douloureux et avait estimé qu’un peu de rédemption serait utile à condition de lui en donner les moyens. Le placer pile à la pierre que ne manqueraient pas de trouver les contemporains était peut-être risqué mais Emmanuel avait confiance en son jugement.
Donc, tout semblait en ordre sauf que, bien sûr, il aurait été sot d’imaginer pouvoir blouser Bérith longtemps.
Cela ne rata pas, Jeff débarqua, furibard :


Tu n’as aucun droit de te mêler de la sorte !!!

Ah bon ? Tu trouves honnête de bousiller l’environnement de ces gens ? Un hiver épouvantable d’un côté, un volcan de l’autre, et moi je devrais juste regarder ?

La fureur de Bérith était à la limite du risible. Emmanuel réprima pourtant son hilarité car il savait que son frère n’apprécierait pas. D’autant qu’il gueulait encore au sujet du dragon et de son manque de discrétion. En quelques gestes, il réduisit la belle oasis en une affreuse marre aride, exposant les historiques à une nouvelle calamité. Pour la forme, Manakiel joua les outrés :

Espèce de salaud ! Que vont-ils boire maintenant ? Et Sissi, tu veux vraiment qu’elle crève ?

Ouf, Bérith crut avoir gagné des points en s’enfumant proprement.
En fait, Manakiel rigolait. Le don d’Hélène protégerait les historiques. S’étant penché sur le cas de l’impératrice, il savait maintenant comment briser le sortilège qui la privait de ses jambes. Achille le comprendrait grâce au songe qui l’habiterait la nuit-même. Quelle serait sa victime à sacrifier était une autre histoire.
Assez satisfait, Emmanuel braqua les objectifs du côté de la rencontre prévue entre son samouraï et les contemporains. En zappant, il sentit ses cheveux se hérisser car, ça il ne l’avait pas vu venir.


À quoi il joue, là ?

Un œil à un autre écran lui prouva que Luke Walker reposait paisiblement au laboratoire. Donc, le Luke qu’il voyait en train d’embobiner Jenny Blakely ne pouvait être que…
Un juron formidable ébranla les parois métalliques de la cellule. Il fallait agir, et vite.
Deux options s’ouvraient : y aller lui-même ou y expédier Luke ? C’était risqué autant l’un que l’autre. Confronté à Jeff, Luke ne ferait pas le poids. Mais si lui-même se présentait en Walker, Jenny risquait de perdre complètement les pédales. Pourtant, le code d’honneur d’Emmanuel refusait fortement que Bérith abuse ainsi des sentiments d’autrui.
Le seul choix tomba : Luke se réveilla.


*Va retrouver ta femme. Prouve-lui qui tu es puis reviens*


Télécommandé, l’ange se désintégra.

Advienne que pourra !
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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Dim 15 Avr - 12:00

De toutes les possibilités qu’offrait son statut de Diable de service, séduire les plus belles femmes de la Terre était sans doute une de ses préférées. On dira qu’il était exactement ce qu’on peut appeler…un homme à femmes. Bon dans son cas…un démon à femmes. On n’en était pas à la nuance près. Les dernières actions de Manakiel l’avaient vraiment mis en fureur. Il s’arrangeait pour systématiquement saper ses plans et il devait s’avouer, très à contre cœur, qu’avec beaucoup de succès. Ça lui virait le foie.

L’idée de génie lui était venue sans réflexion. Ce fut sans doute la première grosse erreur de sa part. Comme prévu la petite Jenny lui était tombée dans les bras, éperdue de bonheur en croyant retrouver son « angélique » mari. Quel délice ce long baiser partagé avec tant de science ! De quoi lui échauffer un peu plus les idées. Deuxième erreur. La belle avait réagi mais pas exactement comme voulu. Son regard châtain, si plein d’amour un instant auparavant, s’était fait…inquisiteur, plongeant dans le sien pour y sonder son âme. Qu’y vit elle ? Berith cachait bien son jeu mais découvrit ce jour là, que la perception d’une femme amoureuse déjoue le même diable, le cas étant. Il était un facsimilé parfait de Luke Walker mais hélas pour lui…chassez le naturel, il revient au galop ! Il avait trop corsé sa démonstration et la miss concevait des doutes. Très légitimes, il faut le dire.

Berith avait clairement perçu sa pensée : *Me sauter dessus de la sorte…sans un mot…une petite explication… !* Misère. Plein dans le mille. Car celle là était justement sa vile intention. Il songea à l’amadouer mais la récalcitrante s’entêtait. Elle le trouvait changé…et pardi ! Il sentit la détresse qui envahissait ce cœur épris et pour une raison qui lui échappait se trouva en train d’en vouloir à mort l’homme qui méritait être aimé de la sorte. Pris un peu de court, il avait récidivé. Ses aveux d’amour « sincère » auraient pu presque le convaincre lui-même et avaient sans doute trouvé le chemin dans ce cœur de femme, vu la douce réplique à sa nouvelle fougueuse étreinte…

Mais voilà, c’était sans compter avec M. L’entremetteur de service. L’apparition du vrai Luke mit son joli plan en échec. Et puis ces fichus chiens. Il les avait ignorés mais eux non. Grondant, montrant les crocs, on ne pourrait pas dire qu’ils lui avaient dispensé la plus chaleureuse des bienvenues. Quand « l’autre » entra en scène, les toutous jappèrent, ravis. Petite morale de l’histoire : ne jamais mépriser la force de la loyauté…en tout cas pas celle d’un chien fidèle. Se jouant le tout pour le tout, Berith essaya de contrôler l’esprit de Mia et Rex. La sauce sembla prendre un instant. Encore une petite leçon : Rien n’est plus fort que l’amour véritable. Les chien reconnurent leur vrai maître, se fichant comme d’une guigne de ses ordres retors.

Un beau débat s’en était suivi. Chacun se prétendant le vrai Luke, le jeu de questions-réponses avait été réjouissant. Bien sûr, Berith avait exacte réponse à tout, pareil que l’autre. La belle, enjeu de la joute, doutait, la pauvre. Et puis le coup bas…le plus bas de tous.

Luke sifflota un petit air. SIFFLOTA ! Et là, lui, il n’y pouvait rien…Incapable d’émettre le moindre son, il les vit s’élancer l’un vers l’autre. La plus sombre des fureurs le fit les écarter méchamment mais déjà, faisant trembler la voute céleste, la voix de Manakiel créa distraction et le couple s’enfuma…

Malade de rage, Berith songea s’en prendre aux chiens qui grondant de nouveau, féroces, semblaient disposés à lui sauter dessus pour le réduire en charpie. Il aurait suffi d’un geste pour les transformer en tas de cendre mais quelque chose dans ces yeux luisant de détermination, l’en empêcha. Se maudissant copieusement, il rentra.

Aucune envie de croiser son « frère ». Il lui semblait l’entendre rire de sa cuisante défaite. Lui, Berith, mis en échec par une fille amoureuse et deux chiens fidèles. Lui, qui avait le pouvoir de mettre le monde à l’envers, de faire jaillir la perversité du fond de la plus noble des âmes, lui qui semait la zizanie, déréglait l’histoire. Non ! Il n’allait pas laisser cela comme ça ! Furieux, il alla se planter face aux écrans de son laboratoire absolument désert. Et pour cause, ses sbires avaient tous pris la poudre d’escampette pour échapper à son éventuelle vengeance. Comme s’il avait besoin d’eux.

Tiens le monde semblait bien placide en ce jour de Septembre. Matin ici, soir là bas. Peu importait. En tout cas, à New York, tout le monde avait l’air bien content de cette journée de fin d’été. Quel ciel si bleu, démarquant admirablement l’impeccable profil de Manhattan. Il allait leur apprendre, à être si satisfaits de la vie. Il suffit d’un geste…le reste appartient déjà à l’Histoire.

Mais même en voyant la terreur peinte sur tant de visages, les Tours s'effondrant à grand fracas, l’hystérie des masses, la douleur sans nom parcourant le monde face à l’horreur, Berith ne sut calmer cette étrange sensation de défaite et amertume qui lui taraudait l’âme. Car il en avait une…il venait de le découvrir !
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Manakiel Emmanuel

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Sam 21 Avr - 10:15

La panique avait bien failli faire perdre les pédales à Manakiel. Qu’en pouvait-il si son « bon » côté tendait à éviter le pire à leurs hôtes de marque ? Oui, il avait favorisé l’éclosion de certains sentiments entre des personnes qui ne se seraient jamais regardées en d’autres circonstances, et alors ? Qu’il considère Jenny et Luke comme ses « créations » affaiblissait peut-être Emmanuel mais il ne tolérerait pas que Jeff s’en mêle de façon si infâme. Luke s’en sortait très bien face à lui-même… seulement son « frère » poussait par trop le bouchon. Saisissant le haut-parleur, il tonna :

Pion pas pris, pion soufflé !

Ouais, c’était des termes du jeu de dames, et alors ? La diversion suffit à faire s’évaporer ses protégés, rien d’autre ne comptait sauf que d’autres souris de labo méritaient son attention.

*Qu’est-ce que Jeff a foutu comme bordel par là ? *

HORREUR ! La sirène allait mourir !
Les coups du dragon et de la « sourcière » avaient été de trop, Bérith avait empoisonné une oasis et, maintenant, Achille se morfondait de désespoir face au destin cruel réservé.
Voir un guerrier aussi farouche être réduit à implorer, voire supplier la clémence… Manakiel en vint à se demander s’il avait eu raison en donnant les dons d’amour et charité à ces humains.
Il devait réparer ça tout ayant l’air de rien mais surtout faire passer un message fort, puissant.
Cela ne lui prit qu’une fraction de seconde pour se brancher à l’esprit du héros Grec dans lequel il insuffla la voie à suivre. Un peu d’humilité ne nuirait pas.
De tous temps, le sacrifice plaisait aux dieux. À sa hauteur, on reconnaissait le dévouement pur, l’abnégation totale.

*La meilleure est qu’il ignore que Louis ne risque rien !*

Il joua un peu avec ses pions, s’amusant de leur désarroi, terreur, angoisse. Mais quand Hélène réagit en poignardant l’assassin de son amour, Manakiel rit moins. En quelques coups d’index, il régla le problème et octroya au roi de France le don de guérison lorsque ce dernier réintégra ses pénates.

Il délaissa un instant l’échiquier car une nouvelle affolante venait de s’inscrire sur l’écran du monde réel. Ce qu’il vit et entendit le mortifia au-delà des mots.
Ni une ni deux, il sortit de ses gonds et s’engouffra dans l’antre de son frère où il explosa :


TU N’AVAIS PAS LE DROIT ! Te venger ainsi est… MINABLE ! Je pensais que nous avions des règles à respecter… Lesquelles ? TU OSES DEMANDER ? Celles de nous contenter de ce microcosme, SEULEMENT DE LUI !... Ah ! Tu avais oublié, chapeau ! Ne t’étonne pas si « l’Autre » nous tombe dessus ! Il nous a déjà tiré les oreilles. On avait promis profil bas. Pourquoi se rappeler à lui ?

Contre toute attente, Bérith admit très – trop – facilement y avoir été un peu fort. Espérer qu’il s’amende tenait du rêve. Manakiel en eut confirmation immédiate en voyant ce que son frère trafiquait : il envoyait une tempête de sable aux Historiques.

Tu ne changeras jamais ! pesta-t-il en s’évaporant dans ses appartements où il régla plusieurs boutons et diffuseurs de pensées.

Satisfait, il assista au décollage puis à l’atterrissage du tapis volant.
L’endroit était parfait. Une manipulation de plus brouilla les émissions, juste le temps que Bérith ne voie pas l’astuce. Trois félins rejoindraient leurs amis et les guideraient encore…

Tout semblant s’agencer au mieux, Manakiel décida de rappeler Walker. Il estima lui avoir suffisamment donné de temps en compagnie de son épouse. Un écran, deux, dix… Les Walker n’apparaissaient nulle part !
Était-ce un nouveau sale tour de Bérith ou…


Non ! Impossible ! Luke n’est pas capable de…

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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Préludes et jeux   Ven 27 Avr - 20:08

Après un banquet pantagruélique partagé avec de très sélects invités : Sylla, Néron, Messaline et un pape débauché entre autres, les sens exacerbés par l’alcool et les penchants plus que tordus avaient fait dégénérer le tout en une orgie inqualifiable. Berith ne s’était pas privé de partager ses faveurs entre deux beautés exubérantes qui répondaient à ses demandes sans arrière pensées mais rien de cela ne parvenait à l’apaiser. Abandonnant sa couche si bien occupée, il sortit à la terrasse pour contempler le firmament étoilé.

Sa dernière discussion avec Manakiel lui revenait sans cesse à l’esprit. Certes, il avait exagéré. S’en prendre aux humains hors leur terrain de jeu, délimité par milles règles et menaces conséquentes, était formellement interdit, le faire encourait le risque de foudres de CELUI, placé bien plus haut qu’eux. Berith avait déjà, plus ou moins discret, enfreint ces précieuses règles et seulement la clémence du Très Haut, lui avait épargné un châtiment, qui même pour lui, aurait sans doute été épouvantable. Songer à cela le menait à réfléchir aux raisons de son existence, de sa présence. Il avait posé une fois la question et la réponse l’avait frappé, par sa simplicité : Ambivalence.

Il faut le Mal pour comprendre le Bien. L’Obscurité pour souhaiter la Lumière. Qu’y gagnait il ? D’énormes satisfactions ? Il était le côté sombre, celui qui exploitait toutes les nuances de la bassesse humaine, profitant des instincts les plus vils, exacerbant la convoitise des esprits mesquins. Oui, lui possédait le Pouvoir. On le craignait et il vivait de cela. La Crainte alimentait son propre esprit, comme l’eau irrigue la plante. Son crédo particulier se résumait à sept points capitaux. On les nommait péchés, pour lui ce n’étaient que des simples armes à brandir pour assouvir ses desseins.

Personne ne m’aime !
, se trouva t’il en train de dire à voix presque haute, le regard suivant une étoile filante.

Il le savait depuis très longtemps. Personne, même pas ceux qui par ses faits avaient joui de gloire et pouvoir. Tous savaient que Berith donnait mais pouvait aussi reprendre. Ils le haïssaient mais leur crainte avait le dessus. Pendant un instant, quelque chose de semblable à un gênant désarroi faillit le prendre à la gorge mais sa nature était forte.


Pauvre bougre ! Continue comme ça et demain tu cours te chercher un chien !...C’est la faute à Emmanuel…force d’entendre ses sermons et reproches !

Ravi d’avoir trouvé sur qui rejeter la faute de son « découragement » soudain, toute envie de se reposer reléguée à l’oubli, Berith préféra se rendre à son laboratoire. Installation haut de gamme, équipée de matériel de pointe, qui ressemblait beaucoup à ce que devait être une salle de commandes de station spatiale futuriste. Installé confortablement dans son relax antigravitationnel, il passa calmement en revue ce que lui livraient les maints écrans.

Tiens, Manakiel s’était encore arrangé pour mettre ses « chouchou » à sauf.

Du désert mortel, les voilà transportés à la jungle humide, pour donner du réalisme il y avait même une magnifique pyramide.

Il les aimait bien, les Mayas…ceux là, qu’on me damne si je sais où ils sont allés, pour une fois…je n’ai rien eu à voir…

Voir l’harmonie revenue au sein du groupe lui donna quelques idées qui le firent sourire. Bons vieux pièges trompeurs…

Du côté des autres, il se réjouissait de voir son plan tordu marcher sur des roulettes…ou presque ! Il avait réussi à les séparer, ceux là…Il faudrait penser quel bon parti tirer de la situation telle qu’elle se présentait…Qui sait, influencer le noble esprit du toubib en lui soufflant quelques idées pendables ? Ou peut être…à la petite Mrs. Chesterfield, si brave, si douce ? Le samouraï qu’Emmanuel était allé chercher dans sa « réserve » lui sembla digne d’intérêt mais après une brève tentative d’approche, jugea cet esprit trop hermétique. Le voir esquiver le gardien du fleuve le fit pester.


Monstre de pacotille !

Il pensa avec mélancolie aux efficaces chimères du passé mais ne souhaitait pas, pour le moment, s’attirer trop les foudres de son « frère »…allez savoir pourquoi !?

T’amollis pas !, se morigéna t’il.

Deux secondes plus tard, la manipulation allait à un train de …diable !

Voilà que, sans préavis, la mer se retirait rapidement mettant à nu une très large frange côtière, juste là où se trouvait le village des « rescapés ». Un pêcheur en fut témoin…Le voir courir terrifié rasséréna l’esprit de Berith…l’alarme donnée, vive la pagaille !


Courez, mes petits…vous allez prendre un drôle de bain !


Dernière édition par Jeff Berith le Lun 21 Mai - 21:13, édité 1 fois
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