Gods Games

Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 La quête

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Lindsay Fairchild

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MessageSujet: La quête   Sam 3 Mar - 22:01

Le feu. Les cris. La peur. Leur petit monde paisible sombrait dans le chaos. Tout semblant d’ordre et logique volait en éclats. Il avait suffi d’un instant pour que la déjà étrange situation bascule en cauchemar. Son cauchemar.

Elle entendit le cri de Neil et celui de Jenny, juste à l’instant où on l’empoignait brutalement des cheveux. Lindsay cria et se débattit, essayant d’échapper à la poigne sauvage qui l’entraînait. Un coup la réduisit au silence, elle tomba comme poupée de son dans les bras du pirate barbu.

Douloureux retour à la conscience. Jetée en travers la selle, ballotée comme un pauvre fardeau, la délicieuse et raffinée Mrs. Chesterfield reconnut en un instant l’affreux de sa destinée : prise de guerre. Dans son esprit chamboulé la panique était prête à l’emporter, devinant une suite très peu engageante. Ayant lu pas mal d’histoires versée sur le genre, Lind n’avait pas d’illusions à se faire. Pour peu qu’elle ait pu voir, l’ennemi ne semblait être autre chose que la pire racaille de la terre. Pirates hirsutes, assoiffés de sang et Dieu sait de quoi d’autre. Les soi disant conquistadores ne valaient certainement pas mieux. Elle remua un peu, dans un essai de relever la tête et regarder un peu les alentours mais on lui administra une claque abjecte aux fesses qui la fit rugir, enragée :


Bas les pattes, immonde brute !!!

Un rire amusé accueillit sa révolte et elle se vit redressée sur la selle et dut se tordre presque le cou pour regarder son capteur et reconnaître l’hidalgo présomptueux qui avait réclamé leur reddition.

Juan Amadeo de Castavid y Solera !

Tiens, il se présentait, l’animal, comme si elle avait que faire de politesses de salon en un moment pareil. Outrée, son regard se fit de glace en le fustigeant méchamment :

M’en fiche de ton nom, brute !

L’autre ne s’en émut pas plus, au contraire, cela sembla plutôt l’amuser.

Où diable m’emmenez-vous ? Vous pensez vous en tirer su facilement, mon mari fera de vous de la pâtée pour chiens !

Quel esprit, ma belle, j’apprécie les femmes avec de la repartie !

Comme quoi mieux se tenir coite, pour qu’il n’ait le loisir d’autres appréciations. Faute de mieux, elle se massa le menton endolori en s’intéressant plutôt à l’endroit où ils se trouvaient. Le groupe hétéroclite avançait dans les bois. Jamais auparavant, elle n’avait songé s’y aventurer. Les lieux étaient de surprenante beauté, plongés dans un silence quasi surnaturel tout comme les effets de la lumière perçant le feuillage dru. On avançait sans un mot. Même le bruit des sabots semblait étouffé dans cette cotonneuse irréalité.

*Comme des ombres !*

Un frisson d’horreur la parcourut. Sortis de quelque passé révolu, ces hommes n’étaient que cela, ombres du temps, filant au creux de quelque étrange paradoxe. Un gémissement lui échappa.

N’aie crainte, aucun mal ne te sera fait !

Elle voulut s’accrocher à cette promesse faite d’une voix qui se voulait rassurante, chaleureuse presque. N’empêche que la seule chose qui croisa son esprit bouleversé fut d’entamer un Notre Père.

Pries-tu, par hasard ?, s’enquit l’hidalgo, assez surpris.

L’occasion me semble plus que valable, maugréa Lindsay.

Pour ton salut ?

En fait, je demande à Dieu de te renvoyer en enfer, fantôme !

Sur cette si peu charitable intention, la conversation fut déclarée close.

Après ce qui lui sembla une éternité, la halte fut donnée, un campement établi. Pirates d’un côté, espagnols de l’autre, dans un certain souci civilisé de démarquer les étages sociaux. Lindsay bénit sa maigre chance. L’hidalgo de Castavid était, sans aucun doute, plus acceptable que ces sombres brutes aux airs patibulaires qui lorgnaient les autres avec évidente rancune. Les « pirates » l’avaient enlevée, elle et deux autres femmes du village avec des intentions inconfessables mais les conquistadores avaient décidé autrement et repris les prisonnières, les traitant avec toute la déférence qu’on pouvait attendre dans un cas pareil.


On l’avait conduite dans une tente levée à la hâte avec les deux autres femmes, sans les brutaliser, ni même les ligoter, avec la seule recommandation de ne pas chercher à fuir. Ses deux compagnes, blotties l’une contre l’autre s’éperdaient en conjectures épouvantables. Certes, il n’y avait pas de quoi se faire des grandes illusions mais Lindsay crut bon apporter un sursis de calme.

S’ils l’avaient voulu on nous aurait déjà violés et égorgées, je ne pense pas que ce soit leur intention de nous faire du mal !

*Pour le moment !*


Quand on vint quérir leur présence pour le repas du soir, Lindsay recommença à prier en présumant, démoralisée, que si repas il y avait, elle et ses compagnes seraient sans doute le dessert. Taisant ce doute éprouvant, elle suivit leur guide qui les mena jusqu’à une plus grande tente où attendait déjà le capitaine hidalgo et deux autres, qu’elle supposa officiers. Sans aucune démonstration visible de désirs libidineux ou autres penchants pendables, on leur servit un repas simple mais savoureux, qui leur cala l’estomac et les remit un peu d’aplomb. Cette tournure inattendue n’était que pour les surprendre.

Si ce n’est trop demander, pourrais je requérir de vous, M. de Castavid, une explication raisonnable pour toute cette déraison ?

Qu’elle s’adresse à lui de la sorte fit affleurer un sourire qui éclaira son semblant bien avenu.

Me voilà bien gêné, Madame, car si raison il y a, je l’ignore. Je ne puis, comme vous, que reconnaître l’absurdité de cette situation. Puisque vous voilà plus calmée, à mon tour de poser quelques questions, en espérant que vos réponses sauront éclairer nos esprits confus. Mes amis que voici, Santiago de Valderrama et Pedro de Uribe, et moi, sommes des hidalgos partis en mission en l’an de grâce de 1522 sous les ordres de…

Laissez-moi deviner…Hernan Cortés ? Pizarro ? 1522, me dites-vous or là, hidalgo de Castavid, au dernières nouvelles on est en 2001. Si quelque logique primerait encore, vous devez bien être mort depuis presque 500 ans !

C’est bien ce que je crains aussi mais par quelque diabolique charade, je suis aussi vivant que vous. Transmuté dans un temps étrange qui semble avoir la particularité d’héberger les siècles sans distinction aucune. Nos hommes et nous, sommes morts, j’en ai conscience mais un hasard incompréhensible nous a rendus à la vie dans ces parages. Si nous pensions, de prime abord, au Paradis il nous a été vite clair qu’il n’en est rien. Où sommes-nous ?

Je n’en sais rien. Nous, c'est-à-dire, ceux du village et moi-même, sommes arrivés là suite à un naufrage, les uns, à un détournement d’avion, les autres. Celui qui commande la horde des pirates est un de ceux là. Comment un homme comme vous a pu s’associer avec un type si abject ?

Nous ne sommes pas associés, se défendit l’hidalgo, nous avons reçu un ordre étrange, impératif de nous joindre à eux pour empêcher leur débauche sanglante. Nous ne savons qui nous l’ordonne mais obéissons. Sans doute Dieu en son infinie miséricorde a voulu guider nos gestes pour venir en aide à ce village cerné.

Pieuse pensée, s’il en est ainsi, vous êtes peut être des anges gardiens !

Si telle est ma destinée, que la volonté de Dieu soit faite.

Lindsay ne savait plus que penser mais ne voyait pas trop d’œuvre divine dans cette embrouille sans nom !

Reposez vous, cette nuit, Madame. Dieu seul sait de quoi demain sera fait. Puisse t’il vous protéger.

Allez-vous quelque part, M.de Castavid ?,
s’étonna t’elle.

Où la Volonté divine voudra nous guider !


Sur ces mots et après avoir délicatement baisé sa main, l’hidalgo et ses compagnons s’étaient fondus dans la nuit, laissant les trois femmes dans leur tente, sans rien comprendre mais avec l’apaisante certitude qu’il ne leur arriverait rien de terrible.

Et aux premières lueurs de l’aube grise, Luke Walker, tel ange vengeur était apparu au milieu de ce qui semblait un songe, leur avait signifié leur liberté et indiqué le chemin à suivre pour retrouver les autres.

Mais, viens avec nous, Luke…


Il avait secoué la tête, une expression indéchiffrable figeant son visage. Poussée par une force irrépressible, Lindsay s’était vue obligée à s’éloigner, un affreux pressentiment lui serrant l’âme. Se retournant une dernière fois, elle le vit, debout dans une nappe de brume qui s’élevant de la terre, l’enveloppait comme un linceul jusqu’à l’engloutir…

Sans savoir comment, les trois femmes marchèrent droit devant, dans la silence épais du sous bois, au milieu d’un léger brouillard jusqu’à se retrouver à l’orée de la forêt et voir Jenny s’élançant vers elles.


Lind…oh, Lind…que je suis heureuse de te voir !

Elle se trouva enserrée dans une accolade chaleureuse, rassurante qui la retint de tomber tant ses jambes tremblaient. C’était le contrecoup des émotions vécues. Elle eut à peine de voix pour s’enquérir de son mari. Jenny la rassura de son mieux. Neil était tout près, fou de désespoir, l’attendant. Le revoir, courant à sa rencontre fut baume céleste pour son esprit en débandade, se défaisant du soutient de Mrs. Walker, elle s’élança. Tomber dans les bras de son mari fut revenir à la vie, retrouver l’espoir.

J’ai eu si peur, Neil…Non, pas de mourir…juste de ne pas te revoir. Je t’aime tant !

Il l’aimait aussi. Le monde reprenait ses couleurs, la vie, un sens. Mais il n’en allait pas de même pour Jenny. Neil voulut savoir où était Luke. La réponse fournie par la femme de celui-ci les laissa pantois.

Il…il…est parti…c’était le prix…Il…il…était le gage…non ! Pas avec eux…avec…les Autres !

Prix ? Gage ? Les Autres ? Mais de quoi parlait donc cette fille ? Malade de chagrin, elle leur débita une étrange histoire où il était question de Maîtres du jeu. D’une épreuve. D’une partie qu’ils ne devaient pas abandonner.

Si les paroles de Jenny demeuraient en grande partie cryptiques, ajoutant l’expérience vécue, Lindsay crut deviner de certaine façon les entrelacs obscurs de tant de singularité. Selon Jenny, quelque chose devait s’accomplir mais pour cela ils devaient avancer vers le nord-ouest suivant une rivière inconnue qu’ils trouveraient tôt ou tard.

Les paroles de l’hidalgo lui revinrent…la Volonté Divine ! Jenny parlait de Maîtres du jeu ! Tenant compte d’époques et mœurs, les deux assertions revenaient du tout au même.


Mais pour le moment, on ne songea pas aux mystères de ce monde troublant. Elle était de retour auprès du seul être qui comptait plus que tout autre chose. Elle oublierait le reste du monde pour un moment. Il faisait si bon sentir que sa vie était en ordre, Neil était là…On pourvoirait après pour le lendemain.

Sauf que le délai marqué sembla être bien plus court. Le soleil avait atteint son zénith quand la voix d’alarme fut donnée. Jenny et les chiens avaient disparu. Elle était partie à cheval, seule.

Elle est allée chercher Luke. Il ne nous reste qu’à faire de même. Neil…oublie le village. Je ne sais pas de quoi il en va mais il semblerait que nous sommes prédestinés pour autre chose que stagner au calme en attendant une solution…

Soudain, elle se sentait imbue d’une force inattendue, irréfrénable. Comme si au fond de son esprit naissait l’assurance d’avoir une mission à accomplir.

Neil, crois moi…Crois moi…nous devons suivre cette piste. Retrouver Luke est notre priorité…alors, nous en saurons plus sur tout ce qui se passe ici, j’en suis sûre…

Au dessus de leurs têtes, le ciel était clair mais au loin le tonnerre grondait…
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Neil Chesterfield

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MessageSujet: Re: La quête   Lun 5 Mar - 23:14

Un cauchemar éveillé, voilà ce que Neil Chesterfield avait vécu depuis cette absurdité de raid sur le village. Lindsay, SA Lind, avait été enlevée !
Au moins personne ne s’opposa à ce qu’il déclenche une traque implacable contre les ravisseurs.
En voiturette ou à cheval, un groupe se forma à la poursuite des barbares.
Les rapports contradictoires reçus après l’attaque laissaient pantois la plupart.
Comment imaginer que des pirates et hidalgos d’une autre époque aient pu débarquer et créer le chaos dans ce petit monde si paisible maintenant ?
Peu importait à Chesterfield. Il n’avait qu’un objectif : retrouver la femme de sa vie.
Beaucoup de ses anciennes connaissances auraient sûrement rigolé en voyant la détresse de cet ex-requin des finances. L’île l’avait changé, Lind l’avait transformé, réveillant ce qu’il y avait de meilleur en lui.
La piste fut suivie à la va-comme-on-peut. La halte obligée, ce sommeil écrasant n’avaient rien eu d’engageant. Pourquoi cette torpeur irrépressible alors qu’ils étaient si proches du but ?
Une seule chose prima dans le matin glauque : Lindsay était sauve !
Un cœur peut-il éclater de bonheur ? Neil en eut la nette impression en retrouvant son amour.
Cependant, la liesse fit bientôt place à une autre inquiétude. Aux dires de Lindsay, Walker avait disparu. Jenny, sa femme, semblait crucifiée par la nouvelle. Ses explications n’éclairaient rien, au contraire. Luke aurait été … échangé contre les trois captives ? Dur à gober d’autant que Lindsay avoua ne pas avoir eu trop peur, que les Hidalgos auraient, en quelque sorte, joué aux protecteurs avec les femmes.
Quant, au matin suivant, on constata la fuite de Mrs Walker et de ses chiens, l’évidence apparut : elle était partie à la recherche de son mari. Lind paraissait comme… transcendée. Elle mit en œuvre tout son pouvoir de persuasion afin de suivre la voie qui semblait tracée pour eux. Ses paroles enjouées sonnèrent néanmoins tel un crève-cœur aux oreilles de Chesterfield. Pour elle, il aurait été capable de bien des choses, mais…


Non ! Je suis désolé mon amour. Nous ne partirons pas, pas ainsi, pas maintenant. Je ne nie pas qu’il puisse exister une réponse à nos questions mais réfléchis !

Il l’attira contre lui et la berça telle une enfant contrariée :

Tu sais que je t’aime trop pour te refuser quoique ce soit. Seulement, j’ai fait une promesse aux gens du village, et je respecte toujours mes engagements. Je ne dis pas que la disparition de Luke, pas plus que celle de Jenny m’indiffère. On partira !... Euh, quand ce sera en ordre et prêt. Regarde ce ciel au loin. On va essuyer un fameux grain d’ici peu. Ce serait bête de devoir rebrousser chemin, à peine parti en campagne, non ? … je sais, il n’a pas plu depuis longtemps. Les champs devraient en tirer parti… Tu as raison, j’en suis sûr, en ce qui concerne une destinée plus haute. Ecoute-moi maintenant, ma chérie. Nous allons rentrer et tout organiser…

Même si elle était déçue, Lindsay accepta le compromis.
Le retour parmi les villageois s’effectua dans une liesse mêlée de vive curiosité. Expliquer de quoi il en retournait était quasi impossible. La version officielle, débitée honnêtement, apaisa les esprits.
Nul ne pouvait affirmer quoique ce soit, non ? Une invasion avait détruit beaucoup d’installations mais les blessés allaient tous bien et les disparues étaient en forme. Que demander de plus sinon un retour à la normale ?
Deux jours s’écoulèrent à réorganiser la vie quotidienne du village. Les pierres sacrées réclamaient toujours leur lot de diamants pour « soulager » les demandes des habitants, et les champs nécessitaient un profond rétablissement. Neil s’y consacra sans relâche, ne passant que de rares moments à son domicile.
Le troisième jour, fourbu de n’avoir dormi que 8 heures sur 72, une désagréable surprise l’attendait en arrivant chez lui. Point de petits plats gentils, ni d’apéritif en accueil de retour du guerrier. Sa douce moitié ne se leva pas à son entrée. L’air renfrogné, elle resta assise devant…


Des bagages ? Lind, explique-moi…

Mieux qu’une averse tropicale, les critiques plurent, amères, acerbes.
S’il n’avait pas été aussi claqué, Chesterfield aurait ri. Lind était adorable quand ses joues s’empourpraient ainsi. Mais là, il n’avait aucun besoin d’une scène de ménage.


… Comment ça, je ne fais rien ? … Je ne me débine pas, pas du tout ! … Ben voyons, je ne m’occupe que des villageois ? On en fait partie, je te signale ! Et Toi, qu’as-tu fait de beau ces derniers temps ?... Piocher ? Bien, mon amour, magnifique ! … Les blessés, c’est bien de les soulager ! … Ah, tu as fait les bagages, j’oubliais !

Son ton était narquois, blessant. Pas qu’il veuille sciemment minimiser les actions de sa femme, Neil se sentait frustré et crevé. Il se servit un verre de scotch qu’il avala cul sec avant de débiter :

Pars si tu veux, je ne t’en empêcherai pas. À un jour près, tu rateras un groupe de dix volontaires bardés de pied en cape pour partir au front. Salut !


Furieux, il reposa son verre et tourna les talons avec la ferme intension de noyer sa frustration dans la piscine.
Bien sûr, elle ignorait qu’il avait usé et abusé de ses prérogatives de maire pour « forcer » quelques hangars de la zone 51. Quand aurait-il pu le lui dire, ils se voyaient si peu ? Il paierait tout… s’ils revenaient de cette expédition. Ses dispositions étaient prises, tout réglé comme du papier à musique.
Piquer une tête dans l’eau rafraîchie par les ondées récentes ne chassa pas immédiatement sa mauvaise humeur. Il ne comprendrait donc jamais les femmes ! En fait, il se fichait des autres femmes. Il aurait au moins souhaité comprendre la sienne et qu’elle le comprenne aussi.
La suite lui prouva que, dans le fond, leur couple était très solide…

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Lindsay Fairchild

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MessageSujet: Re: La quête   Dim 18 Mar - 14:51

Croire que Neil allait accepter cette croisade insensée en toute bonne grâce, rien que pour ses beaux yeux tenait de l’illusion. Son mari, le bons sens personnifié, fut doux mais terminant, on retournerait au village dont il était toujours le maire. Un homme comme lui n’était pas de ceux qui laissent un compromis à moitié chemin. Il avait fait une promesse et comptait la tenir.

Je respecte toujours mes engagements. Je ne dis pas que la disparition de Luke, pas plus que celle de Jenny m’indiffère. On partira !

Trop surexcitée pour se montrer patiente, Lindsay voulut savoir quand aurait lieu le fameux départ. Évidemment, ce ne serait pas pour demain, encore là, son Neil adoré avait des raisons incontournables.

Euh, quand ce sera en ordre et prêt.


En plus, qu’il allait pleuvoir, qu’il serait tout bête de devoir rebrousser chemin, patati et patata. Lindsay ne put pas éviter se sentir déçue, elle qui se voyait déjà bien dans son rôle de Jeanne d’Arc locale, disposée à guider ces âmes confuses vers une haute destinée. C’´était bien une première pour elle, songer à devenir meneuse d’hommes, elle, la timide, douce et effacée Lindsay Fairchild.

Tu as sans doute raison, mon chéri…, elle ravala le mais qui allait suivre et afficha profil bas.

Ils prirent donc le chemin du retour vers leur village. Le contrecoup de tant de soubresauts étranges ne se laissa pas trop attendre et Lind, malgré ses efforts, fut près de tourner de l’œil à leur arrivée. Belle liesse populaire pour les accueillir. Vivats et applaudissements, félicitations admiratives pour leur brave maire qui avait si bien su les défendre, venir à bout de l’ennemi et encore le mettre en échec et sauver les captives. On se doutait bien que le fait que sa propre femme ait été du lot avait sûrement influencé tant de célérité et efficience mais qui pouvait dire du mal de Neil Chesterfield. Tout le monde l’admirait sincèrement.

Lindsay se retrouva au centre médical, perfusion au bras et un Daniel McIntosh tout sourires la mettant au courant des derniers potins. Elle ne resta pas un instant de plus que nécessaire à se faire dorloter. Lind avait hâte de reprendre le poil de la bête et le fit de son mieux. Pas question d’aller se reposer chez elle, il y avait tant à faire pour que la normalité revienne à cette paisible enclave de civilisation au milieu d’un monde étrange, brutal et surtout…inconnu.

En parfaite première dame, elle s’occupa de visiter les blessés lors de l’attaque en leur apportant le réconfort de ses paroles, faute de mieux. Pour ceux qui avaient perdu leurs possessions lors de ce raid insensé, elle mit en marche un mouvement de solidarité communautaire qui permit de les nantir, au moins, du strict nécessaire pour reprendre leurs vies sans trop de mal. La mine reçut souvent sa visite, elle piocha avec entrain, amassant un gentil lot de diamants, en prévision des mauvais jours. Mais l’idée d’initier enfin la mission qu’elle s’était fixée la taraudait.

En parler avec Neil ? Impossible. Pendant les 72 heures qui suivirent leur retour, à peine si elle le vit. Il était ou claqué et ne voulait que dormir soit il était trop pressé de retourner à la maison communale. De l’expédition, pas un mot. La moutarde finit par lui monter au nez face à tant d’indifférence.

Elle passa cet après midi à assembler son barda, forte de sa décision. Si Neil préférait rester à jouer le bienfaiteur des villageois, son affaire. Elle s’en irait seule, au besoin. Tout était à point, selon ses critères soigneusement révisés. Elle avait une direction à suivre, était en parfaite forme, n’était pas née de la dernière pluie et au cas où, savait même se servir d’une arme comme celle qu’elle avait eu le soin de se procurer.

Le retour de Neil au foyer, la trouva calmement installée près de son abondant bagage. Tout à coup elle se sentit absolument stupide mais se garda bien de le démontrer.

Des bagages ? Lind, explique-moi…

T’expliquer ? À quoi bon ! Pour ce que cela t’intéresse. Te voilà de retour à ton village, avec tes petits citoyens heureux. Tu n’es pas fichu de penser à rien d’autre qu’à leur rendre la vie facile.

Monsieur se défendit et comment ! Quel ton narquois ! Mais ce qui fit le plus mal est qu’il avait raison ! Il n’y alla pas de main morte, d’évidente mauvaise humeur. Jamais elle n’avait imaginé que son chéri, toujours si doux et tendre puisse se montrer si acerbe et ironique. Chaque mot l’atteignit, la faisant se sentir comme une gamine idiote qui récolte la semonce bien méritée. Les larmes menaçant, Lindsay les ravala par pure fierté et ne pipa un mot de plus en le voyant avaler cul sec le whisky bien tassé qu’il s’était servi, enragé.

Pars si tu veux, je ne t’en empêcherai pas. À un jour près, tu rateras un groupe de dix volontaires bardés de pied en cape pour partir au front. Salut !

Lindsay était trop polie pour jurer…à voix haute ! Restée seule alors que Neil sortait faire un plongeon dans la piscine, elle se traita de tous les noms d’oiseaux connus.

Tu devrais te mettre des baffes, ma pauvre ! Tu as tout fichu en l’air…maintenant, il ne voudra jamais que tu fasses partie, de son expédition !!!

Cette perspective faillit la déprimer pour de bon, la poussant à une révision à fond des schémas établis de sa vie. D’un côté l’orgueil voulait qu’elle ne démorde pas de son attitude vexée et poursuive son petit projet sans se soucier de ce que pourrait dire ou pas son mari. Le bon sens, lui, exigeait qu’elle arrête de se comporter comme une triste crétine, oublie orgueil et toute autre sottise du genre. Facile à dire. On ne se refait pas en un jour, pas à dire en un quart d’heure mais Lindsay aimait son Neil par-dessus tout. Envisager la vie sans lui, équivalait à mourir à petit feu…

Mr. Chesterfield nageait à grandes brassées énergiques, pour libérer sans doute le stress accumulé, qui ne devait pas être des moindres. Elle suivit l’exercice en se demandant comment aborder la question avec lui…puis décidant qu’il n’y avait pas trente six façons de s’y prendre, plongea à son tour et le rejoignit.

Aucun besoin de discours édulcorés, elle n’aurait su que dire, d’ailleurs. Il lui suffit de chercher son regard pour savoir qu’il n’était plus fâché mais plutôt triste.


Je t’aime, Neil …où tu seras, je serai. Où tu iras, je te suivrai !


On ne pouvait pas nier que M. le Maire était un organisateur-né. Tout avait été prévu, chaque détail soigné. Avant le départ de l’expédition, il démissionna de son poste, comme le voulait son sens poussé de l’équité et justice, laissant à sa place, la fidèle Bones qui avait si bien su prouver ses capacités comme mairesse par intérim. Larmes opportunes, conseils de toute sorte, meilleurs vœux et une prière pour les expéditionnaires. On se demandait s’ils reviendraient un jour mais bien sûr, personne ne toucha ce thème délicat. Tous savaient que ce petit groupe allait affronter les vicissitudes d’un monde inconnu, ce qui ne serait pas sans risques mais qui sait si avec un peu de chance…

Nord-Ouest. La direction était donnée. Ils avancèrent droit devant, sans perdre le cap. Longeant la côte au début, s’internant dans les terres ensuite. Paysage changeant. De la plaine dégagée, où la marche était aisée, la direction voulue les engagea dans les bois.

Ils étaient dix. À part elle, dont la présence obéissait à de raisons évidentes plus qu’à ses talents divers, chaque membre de avait été soigneusement choisi. Domingo Chavez, homme à tout faire d’efficacité prouvée. Lewis, qui accueilli au village après sa fuite des « Autres », démontrait sa bonne foi de la meilleure des façons, August Browning, chef d’armes. Jeremy Poindexter, un sympathique paléontologue et naturaliste australien. Aristide Le Gallet, en charge des provisions de bouche et nécessaire de campement, en outre de bon cuisinier. Sharon Hopeman, ex lieutenant de l’armée israélienne, la seule femme avec Lindsay à faire part de l’expédition. Daniel McIntosh, le doc qui avait préféré se lancer à l’aventure que végéter au village en soignant des petits bobos et Andrew Paggitt, homme de lettres à ses heures perdues, avocat de profession avec subtil penchant pour les émotions fortes, sur qui retombait la responsabilité de répertorier de son mieux leurs tribulations.

Ils avaient avancé toute la journée à un rythme régulier, dicté par Browning et Hopeman. Sans trop parler, juste échangeant des commentaires brefs. Tous gardaient les yeux bien ouverts, attentifs à quoique ce soit de suspect mais surtout cherchant avidement quelque piste qui put les renseigner sur le passage de Jennifer Walker, sans rien trouver.

La nuit approchant, on décida de poser le campement. Tout le monde s’y affairait consciencieusement quand leur attention fut retenue par un singulier changement de la luminosité de ce soir paisible. Un extraordinaire ballet de lumières ondulantes se produisait sous leurs yeux médusés.

Mais…c’est impossible…c’est…inexplicable, bafouilla Poindexter, perplexe.

Une aurore boréale !, assura Paggitt, mais…c’est impensable à cette latitude !

Exclamations ébaubies, surprise et suspicion. Ce monde étrange n’aurait cesse de les prendre de court…
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Daniel McIntosh

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MessageSujet: Re: La quête   Mer 28 Mar - 20:19

La monotonie du village lassait souvent ses hôtes obligés.
D’accord, ce n’était pas tous les jours que l’on était confronté à une attaque de conquistadores mêlés de pirates mais, dans l’ensemble, il y avait de quoi s’ennuyer profondément.
Entre ceux qui oeuvraient pour leur subsistances, ceux qui cherchaient à profiter des autres ou ceux qui se la coulaient douce, Le Docteur McIntosh ne savait pas trop où se situer.
Longtemps, il fut le seul médecin du coin, de quoi l’occuper au plus haut point.
Par hasard, alors qu’il venait de soigner une rescapée égarée du naufrage, il eut pour patients un couple de sexagénaires également issus du paquebot : Mr et Mrs… Smith. Ils ne souffraient que d’un dérèglement digestif dû à des fruits de mer consommés pas trop frais.
Comme d’ordinaire, Dan s’intéressa à ces gens en souffrance. Psychologue ? McIntosh l’était assez bien. Suffisamment en tout cas pour remarquer rapidement que quelque chose clochait avec les Smith. Il n’était pas suspicieux de nature, mais pas naïf. L’homme, sans conteste sous la coupe de son épouse, laissait volontiers celle-ci causer à sa place. Elle en raconta… des salades ! À l’entendre, ils étaient de banals retraités du commerce profitant du tourisme lorsque le naufrage avait eu lieu. Ne disposant d’aucun talent particulier, vu leur âge et leur infortune, James et Coralie dépendaient uniquement de la générosité d’autrui pour survivre. Selon les dires de Mrs Smith, un voisin mal intentionné leur avait donné exprès de la nourriture avariée. Les symptômes décrits collaient mais ni l’homme ni la femme ne semblaient vraiment affectés. Au lieu de se tordre de douleurs, vomir tripes et boyaux, Mr. Smith restait... détaché. Son attention entière se focalisait sur les appareils posés autour d’eux ainsi que sur le va-et-vient du personnel infirmier.
Volontairement, le médecin se goura. Il ordonna des lavements et refusa la perf de sérum phy destinée normalement à réhydrater les patients. James Smith se redressa tel un prêtre devant un blasphémateur :


Vous avez obtenu votre diplôme dans une pochette-surprise ? Quelle honte ! Donnez-nous immédiatement un antispasmodique. Du charbon actif ne serait pas de trop ainsi que…

Bravo, Mr. Smith. Pour quelqu’un dépourvu de talents, vous venez de faire une prescription exacte. Soit, vous apprenez vite, soit vous êtes un menteur. Dois-je vous appeler Docteur ?

Confondu, James avoua avoir prétendu être malade pour pouvoir entrer au centre médical dont son épouse refusait d’entendre parler. Médecin réputé, il l’avait souvent délaissée en se consacrant à ses patients. Coralie désirait l’attention entière de son époux et avait espéré que le naufrage donnerait à leur couple un autre tournant. Trop passionné par la médecine, le docteur Olliver voulait travailler et avait tenté un stratagème.
Ce jour-là, le village gagna un autre toubib patenté. Si Coralie rentra seule dans son pavillon, elle reçut l’assurance de ne plus dépendre de la charité publique sans mourir de faim pour autant.
Ce fait réjouit Dan au plus haut point. Si un autre praticien prenait en charge les villageois, rien ne l’empêchait de vaquer à d’autres expériences.
Le soir même, il acceptait la proposition faite par le maire peu avant. Un groupe résolu allait partir à la recherche des Walker : il en serait.

C’était un peu fou de sa part de se mêler à une expédition. Timide et réservé, il n’était pas casse-cou. Après tout, sans l’atterrissage inattendu, à cette heure il serait sous les drapeaux. Alors pourquoi ne pas tenter le coup ?
Dix personnes cheminèrent ainsi de la côte vers les bois.
Peu habitué à ce « sport », Dan mordit dans sa chique plusieurs fois. Pas question de paraître poule mouillée, surtout si la délicieuse Mrs Chesterfield ne se plaignait pas. Il y avait plusieurs bavards parmi eux. Le cuistot et l’homme de lettres s’entendaient à merveille et ils discoururent longuement jusqu’à ce que l’on arrive en terre inconnue. Nul ne s’était aventuré aussi loin du village. Pour Dan, tout était nouveau mais il s’abstint de commenter la nature environnante.
Lorsque la nuit se décida à tomber, tous furent heureux de préparer le campement.
Le toubib exécuta tant bien que mal les directives imposées par les pros de l’expédition. Hopeman, la femme soldat, ne le ménagea pas, raillant ses maladresses avec des propos moqueurs. Qu’y pouvait-il s’il était plus habile avec un bistouri qu’avec des piquets de tente ?
Il venait de se taper sur un doigt et paniquait à l’idée de se l’être amoché quand survint un phénomène totalement ahurissant : une aurore boréale !
Enfin… ça y ressemblait mais pouvait-on se fier à ses yeux dans un univers qui ne répondait pas aux lois communément admises ?
La superstition, McIntosh la laissait aux simples d’esprit. Le lettré en ajouta :


Certains peuples, dont les Poitevins et Bretons, les ont comparées aux canots de chasse-galerie repris ensuite dans le folklore du Québec. C’est l’intervention du diable !

Tous auraient bien rigolé si, soudain, le sol ne s’était mis à trembler et pas un peu. La panique devint générale lorsque des arbres s’abattirent autour d’eux avec fracas. Neil agrippa sa femme et ordonna d’emporter ce que l’on pouvait puis le groupe cavala dans l’espoir de gagner une plaine, un espace dégagé sans arbres ni rocs pour l’écrabouiller. Bien sûr, Dan se cassa la figure et fut relevé par Browning et Chavez qui le soutinrent jusqu’à un espace sécurisé. Les soubresauts terrestres étaient effrayants d’autant que, sous leurs yeux effarés dans la lumière en extinction, ils assistèrent au soulèvement de terrain le plus affreux qui soit.
Un volcan se formait !
La terreur les saisit, tous désiraient fuir ce cône en ascension d’où une épaisse fumée jaillissait. Si la lave sortait, c’en serait fait d’eux.


Regardez ! s’exclama Dan fasciné malgré lui ! Il crache… de l’autre côté !

Avec une joie sans partage, ils virent la coulée déviée de leur direction. Néanmoins, la situation demeurait précaire. Pratique, Aristide tenta de détendre l’atmosphère en blaguant :

Ce chaudron du diable cuirait bien ma tambouille !

C’eut été folie de s’approcher de la fournaise, d’autant que si le vent tournait, le feu de forêt ne les raterait pas.
La solution leur vint de la part la plus inattendue : Lindsay.
Têtue, la petite Mrs Chesterfield insista pour qu’ils se dirigent vers un amas de cailloux qui, il est vrai, correspondait assez à la pierre magique du village.


C’est la seule cavité disponible, abonda Dan. Si ces pierres ont résisté aux tremblements…

On s’y rua comme vers la terre promise.
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MessageSujet: Re: La quête   Sam 7 Avr - 13:44

    Musashi avait compté 1 jour et 1 nuit depuis son "réveil". Et tout en marchant en pleine nuit, dans cette forêt épaisse alors qu'une aurore s’annonçait, il songeait à ce qui s'était succédé depuis qu'il n'était plus mort...
    Il se souvenait de cet instant forcément unique ou il s'était réveillé nu sur une couche de feuillage, au milieu d'une nature inconnue et devant un soleil en train de se lever.
    Sa première pensée fut pour les larmes de sa compagne . Il avait toujours été un rien agacé par le sentimentalisme de sa épouse. Mais elle n'avait jamais cherché à combattre cette douceur infinie qui faisait d'elle la plus mauvaise des épouses de samourais...
    Malgré cela, il la choisirait toujours, quelque soit le nombre d'incarnations qu'il devrait subir.

    Il en était là de ses pensées quand il dut admettre qu'il s'attendait à bien autre chose une fois mort. Il pensait devoir faire face à un jugement divin quelconque et non pas errer dans un jardin printanier en toute sérénité.
    Il eut cependant la stupeur d'y croiser d'autres hommes et femmes aussi nus que lui. Il ne pouvait se défendre d'une certaine angoisse... Car plus que la mort, ou plus tôt sa "non-mort", ce fut de croiser des occidentaux et de des hommes et femmes de couleurs que le stupéfia.
    Durant ses 60 années d'existence terrestre, il n'avait jamais vu d'étrangers. Et quelque chose le frappa comme une évidence... il trouvait les personnes blondes et surtout les yeux bleus qui semblaient aller avec la blondeur, d'une extraordinaire laideur.

    Il en était là de ses pensées distrayantes quand une évidence le frappa. Il n'était pas mort et ne se trouvait dans un quelconque au delà bienheureux... Il le sut des l'instant ou il eut faim et soif.

    Musashi sut qu'il devait impérativement régler ce problème purement physique avant de pouvoir penser à la réalité de sa situation et le pourquoi de ce corps vigoureux de trente ans, sans aucune de ses cicatrices si nombreuses. Alors que ses souvenirstout présents, étaient ceux d'un homme ayant "brulé" sa vie.

    Il choisit une direction sans se donner la peine de réfléchir longtemps... car les directions se valaient toutes. Puis au fil de sa marche, il fut le témoin d'une scène étrange . Par le plus grand des hasards, il découvrit au détour d'une haute futaie, dans une clairière, la plus étrange construction naturelle qui soit... Une sorte d'amoncellement de pierres formant une "ombrelle" de pierre un peu plus grande qu'un homme. Il observa un instant le lieu. Le temps de voir des humains aussi nus que lui s'incliner devant la Pierre, lui parler comme si "elle" entendait. Et la pierre semblait "entendre", puisque le temps d'un battement de paupière, le "suppliant" trouvait au pied de la Pierre l'objet désiré...

    Musashi réprima un sourire en découvrant que le premier désir de l'inconnu avant de se vêtir et de manger, était un pichet d'alcool. Et cela lui sembla parfaitement respectable...
    Alors que le futur ivrogne s'éloignait, Musashi s'approcha. Il s'accroupit sur ses talons et contempla la Pierre.

    Serait-ce la Divinité du lieu...?


    Voici une réflexion parfaitement normale pour un Japonais des temps anciens pour qui tout est vivant et divin... jusqu'à la plus simple pierre. Inclina la tête, les paumes de ses mains appuyées sur ses cuisses.

    Je pense qu'il s'agit d'un voyage et que ceci en est la première étape... Je pense que je ne serais pas invité à y participer sans un minimum soutien. Alors, j'ose demander des vêtements, deux katanas un court et un long, un couteau, un arc et son carquois. Pour le reste... je saurais me débrouiller...

    Et le temps de relever la tête, tout était déjà au pied de la Pierre. Musashi se leva , saisit le kimono masculin qui une fois sur son dos allait le faire ressembler à "ronin", un samourai sans maitre. Il lui suffit de soupeser ses katanas pour reconnaitre des armes de qualité.

    Il était en train de s'éloigner tout en attachant sa lourde chevelure, quand quelque chose d’indéterminé fit frémir l'atmosphère. Son instinct lui commanda de se retourner lentement vers la Pierre.

    Il vit se dessiner plusieurs silhouettes, apparemment vêtues, à travers une brume qui venait de se lever brutalement autour de la Pierre
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Neil Chesterfield

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MessageSujet: Re: La quête   Dim 8 Avr - 18:32

Sa chère moitié aurait été bien folle de ne pas attendre les heures réclamées.
Organiser cette expédition ne fut pas du gâteau. Que pouvait-il promettre aux valeureux volontaires ? Rien ! Neil comptait juste sur la curiosité des gens, leur sentiment d’entraide vis-à-vis des Walker. Après tout, ce couple avait été un pivot du village en contribuant pleinement à son développement. Jouant sur la solidarité, le maire n’avait pas trop ramé pour dénicher des sujets aussi valables que désintéressés.
Fameuse troupe, en vérité.
Chesterfield ne les avait pas « recrutés » par hasard. De bons fusils étaient nécessaires, aussi Chavez, Lewis, Hopeman et Browning sauraient assurer la sécurité du groupe en cas de coup dur. Poindexter, le paléontologue, s’était montré très enthousiaste à rallier cette quête. Il jugeait le potentiel de ce monde perdu trop intéressant pour le contempler de loin. Avec un cuistot et un toubib en sus, les explorateurs étaient parés.
Le plus dur pour Neil fut de se démettre de ses fonctions. Pas que le « pouvoir » lui soit monté à la tête mais il s’était dépensé beaucoup à son poste de direction. Même en sachant Bones compétente, il ne pouvait se défaire d’un léger sentiment de frustration. Néanmoins, sans un regard en arrière, il avança vers l’inconnu. Du moment que Lindsay était à ses côtés, le reste, il s’en fichait.

Tout baigna sans anicroche jusqu’au soir où tous mirent du leur pour dresser un campement. Une veine que les équipements ne soient pas entièrement déballés quand les événements se précipitèrent. D’abord, ils eurent un aperçu des bizarreries de cet univers avec l’apparition d’une aurore boréale absolument incompatible avec la latitude supposée être la leur.
Ce magnifique spectacle n’en fut pas moins un prélude au désastre. Un tremblement de terre, passe encore mais quand un volcan pousse devant vous, la trouille est au rendez-vous.
Un doigt divin dévia-t-il la coulée de lave ? Peu importe. Il leur fallait avant tout un abri sûr. Lind puis McIntosh insistèrent pour que le groupe s’entasse sous un amas de pierres apparemment stable et résistant. Surveillant les environs, Neil accrocha la main de son épouse et laissa les autres passer sous la voûte. Le vent tournait, il fallait se hâter sous peine de finir rôtis.
Quand le dernier du lot fut passé, les Chesterfield s’engagèrent aussi dans l’arche de pierre. La spéléologie n’était pas au programme des études de Neil. Vus du dehors, les cailloux ne semblaient pas former une cavité si énorme. Pourtant, à peine engagé, Neil eut l’impression de se trouver dans un tunnel sinistrement long. Où diables étaient les autres ? Il donna de la voix, nul ne répondit.
L’obscurité totale fut brisée par la lueur tremblante de la lampe de poche activée par une Lind pas trop rassurée.


Bon sang, où sont les autres ?

C’était assez aberrant, voire déconcertant. La lumière n’éclaira que les parois brutes d’un cul-de-sac. Les autres n’avaient pas pu s’évaporer comme ça, d’un coup !
De sa main libre, Neil tâtonna le fond et connut la plus étrange sensation de sa vie quand son avant-bras s’enfonça dans ce qu’il aurait dû cogner. Vivement, il le retira et, décomposé, contempla sa femme :


Tu as vu ça ? On dirait un mur mais… C’est comme de l’eau. Je suppose qu’on n’a pas trop le choix…

Après un doux baiser aux lèvres glacées de Lind, ferme, Neil avança.
La luminosité ouatée du dehors frappa les Chesterfield. Leurs compagnons, sagement alignés, semblaient aussi choqués qu’eux d’autant qu’à quelques mètres, dans une végétation similaire à celle quittée mais sans volcan furieux à proximité, se tenait planté… un asiatique, et pas n’importe lequel. En kimono, sabre haut, l’individu incarnait bel et bien ce que l’histoire décrivait comme samouraï.
Chavez et Hopeman le tenaient en joue, prêts à ouvrir le feu à la moindre sollicitation belliqueuse. Le silence et la tension étaient à couper au couteau.
La diplomatie ayant toujours été son fort, Neil eut gestes et paroles d’apaisement :


Bonjour, dit-il en enjoignant à ses compagnons de baisser leurs fusils, comprenez-vous notre langue ? Nous ne sommes pas des ennemis. Nous sommes juste à la rechercher de deux de nos amis : un homme aux cheveux jaunes et une jeune femme aux longs cheveux dorés. Les auriez-vous vus ?

Apparemment, l’asiatique pigeait mais restait sur la défensive. Là, Neil se mit à regretter de ne pas être plus au courant des us et coutumes de l’Asie. Que faire ? Après tout, se présenter ne pouvait pas faire de mal. Il soupira :

Je m’appelle Neil Chesterfield. Voici mon épouse Lindsay.

Un à un, il nomma les membres de l’expédition en guettant les réactions de l’inconnu.
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MessageSujet: Re: La quête   Lun 9 Avr - 10:23

  • les yeux en amande de Musashi se rétrécirent pour n'être plus que des fentes, tant sa concentration était intense. Puis son esprit retrouva ce calme à peine humain qu'il avait naturellement avant n'importe quelle bataille. Car s'affoler serait passablement ridicule...il venait de "revenir" du monde des morts avec un corps sans cicatrice. Alors le fait de parfaitement comprendre ce que disait cet occidental, était infiniment moins stupéfiant que de respirer à nouveau, après être mort...
    Il prit le temps de les observer. Encore adolescent, il avait vu de très loin des marchands hollandais en perruque et fardés comme des filles. Il avait sentit leur puanteur à plus de 20 mètres. Au moins, ceux qui se tenaient devant lui étaient propres et ne cachaient leur gale purulente sous de faux cheveux.
    Son regard s'aventura sur leurs armes. Depuis déjà longtemps, il avait vu des arquebuses sur les champs de bataille. Mais de toute évidence, celles qu'il voyaient entre leurs mains, avaient été forgées par un forgeron infiniment doué. Il respectait ce travail si mortellement raffiné... mais le samourai en lui méprisait intensément ceux qui se cachaient derrière ces armes. Car il refusait de donner le titre d'homme à ceux qui fuyaient le corps à corps sanglant. Ces armes à feu étaient la marque des lâches... Et il lui suffit d'un regard pour avoir la certitude qu'aucun d'entre eux ne savaient tenir un sabre.

    Musashi songea aux paroles de l'homme blond et il sentit monter son premier rire depuis très longtemps... qu'il maitrisa d'ailleurs très bien. Il avait bien vu une série d'individus blonds dans les heures précédentes, mais ils étaient nus comme des vers. Et Musashi présumait qu'ils recherchaient des individus blonds et surtout vêtus...

    Mais il ne répondit pas. Car tout son être se rebiffa à l'idée de parler à des inconnus... Musashi n'était pas vraiment timide. Il avait simplement en horreur les personnes impolies. Et le fait qu'elles soient armées, le laissait indifférent...

    L'homme blond qui l'avait interrogé s'avança. Musashi avait toujours était plus grand que la moyenne de son peuple. L'homme était aussi grand que lui. Musashi n'avait pas besoin de baisser ou de lever les yeux pour l'écouter. Il apprécia qu'il se présente. Après tout, la plus élémentaire politesse était obligatoire pour une simple conversation.

    Mushi inclina légèrement son buste pour une salutation, mais sans perdre des yeux ce petit groupe

    Je me nomme Miyamoto Musashi... Samourai sans maitre...

    Il leur épargna l'intégralité de ses noms... Il devinait leur confusion.
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Lindsay Fairchild

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MessageSujet: Re: La quête   Mar 10 Avr - 19:34

Aurore boréale, tremblement de terre, apparition d’un volcan surgissant des entrailles de la terre avec conséquente éruption. Il y avait bien de quoi décourager le caractère le plus trempé. Eux ils n’étaient que des paisibles explorateurs et pas précisément des aventuriers endurcis, chacun s’arrangea avec sa trouille en décampant le plus vite possible. Fuir ? Quoi d’autre ! Vers où ? Voilà une question que tous se posèrent en ces instants d’affolement. Un amas de pierres d’aspect familier attira l’attention de Lindsay, il formait une espèce d’arche tout en ressemblant à la Pierre du village.

C’est la seule cavité disponible, assura Dan, si ces pierres ont résisté aux tremblements…

Toute somme faite, les alternatives d’abri étant quasi nulles, tous y virent leur salut.

Une vraie gueule de loup, l’endroit. Lindsay s’accrocha fermement au bras de son mari en se demandant où étaient passés les autres. Aucune voix, même un murmure ne se laissait entendre, ce qui était quand même assez étrange. Le nourri du groupe les avait précédés de très peu, ils fermaient la marche, le plus normal aurait été les retrouver là. Or, il n’y avait personne. Neil les appela. Pas une voix ne répondit. D’une main mal assurée, Lindsay chercha la lampe de poche éclairant les alentours.

C’est un cul de sac !, reconnut elle, d’une voix aussi tremblante que sa main.

Bon sang, où sont les autres ?

Pas là, en tout cas !, et elle avait envie de se mettre à pleurer, ils…ils…ont disparu !

C’était déjà assez brutal comme découverte mais ce qui se passa ensuite les laissa aussi pantois qu’affolés. Quand Neil voulut tâtonner la paroi, son avant bras passa en travers, comme qui l’enfonce dans l’eau. Lindsay hoqueta de frayeur mais son mari avait pris sa décision.

Je suppose qu’on n’a pas trop le choix…

Un baiser plus tard, il l’entraînait à sa suite à travers ce qui leur avait jusque là semblé être de la roche solide. Quelle sensation frappante mais pas autant ou presque que découvrir leurs compagnons dans un décor similaire au quitté, sauf que de ce côté ci, pas de montagne crachant de feu, ni de tremblement de terre, ni encore d’aurore boréale. Pour donner un air plus étrange à la situation, au cas que cela fut possible, à quelques pas se tenait un homme, en attitude défensive, du moins ce fut ce que supposa Mrs. Chesterfield en voyant le sabre menaçant et l’expression fermée du singulier personnage. Très singulier en fait si on tenait compte de son style vestimentaire. Lindsay n’avait rien vu de pareil hors les films et une exposition sur l’ancien Japon…or là, face à eux se tenait, indubitablement un…samouraï !?

Sans rien comprendre, elle attendit la suite en espérant que ni Hopeman ni Chavez ne le mettraient pas trop nerveux, en le tenant en joue, parce que l’inconnu avait bien l’aspect de qui n’hésiterait pas à les tailler en julienne au moindre faux pas. Pour leur bonheur, à tous, Neil prit en main la situation, fit baisser les armes et, le plus poliment du monde, s’adressa à l’inconnu, s’enquérant sur la possibilité qu’il eut croisé Jenny ou Luke dans le coin.

L’inconnu ne cilla même pas. Impossible savoir s’il avait compris un mot. Ne démordant pas, tout aux usages universels de la bienséance, Neil procéda aux présentations. Personne ne bougea ni pipa mot, un peu mal à l’aise sans savoir comment s’y prendre. Enfin, au bout de ce qui sembla un siècle, l’homme qui était aussi grand que Neil, inclina à peine le buste et parla :

Je me nomme Miyamoto Musashi... Samouraï sans maître...


Lindsay arqua délicatement un sourcil. Elle s’était, comme tous, attendue à quelque chose de plus…nourri. Mais supposant que le samouraï sans maître n’avait aucune envie de raconter sa vie sans plus à des illustres inconnus, elle décida de prendre les devants et rompue aux civilités sociales, avança d’un pas, la main tendue.

Enchantée de vous connaître, M. Miyamoto Misushi !

L’autre resta de pierre. Lindsay eut la vilaine certitude d’avoir fait une gaffe impardonnable mais ne se laissa pas démonter pour si peu. Après tout, ils avaient déjà croisé des conquistadores et des pirates d'autres temps, pourquoi pas un guerrier japonais? Encore une surprise de ce monde fou.

Veuillez excuser le possible manque de tact mais comme vous pouvez le deviner, vous êtes le premier samouraï que nous croisons et je pense parler pour tous mes compagnons.

Derrière elle quelqu’un se racla furieusement la gorge, lui signifiant de la fermer mais la jeune femme jugea impoli de rester là, comme une niaise en manque d’inspiration. Après tout, elle se moquait pas mal de la mine rogue du japonais. Il comprenait leur langue et semblait faire partie de ce décor depuis plus de temps qu’eux, d’autant ne pas se priver de lui demander quelques renseignements.

Nous sommes arrivés ici après de singuliers événements, trop long à expliquer. Pourriez vous nous informer sur cet endroit ? Où sommes nous ?

Compte tenu son silence, fallait supposer qu’il en savait autant qu’eux. La journée avait été longue, riche en rebondissements extraordinaires, tous étaient fatigués, les nerfs à vif. Rien de meilleur pour apaiser les émotions que s’installer autour du feu et prendre un bon repas. Le samouraï semblait bien solitaire. Ayant sans doute assez manqué au protocole de manières à tenir dans ces cas, Lindsay jugea peu nécessaire d’amender ses fautes et esquissant un sourire s’adressa de nouveau à lui :

Nous allons établir notre campement. M. Le Gallet saura, comme toujours, nous préparer un bon repas, si vous n’avez rien prévu pour votre soirée...voudriez vous vous joindre à nous, M. Miyamoto Misushi ?

On ne pourrait pas dire, qu’elle ne faisait pas d’efforts pour améliorer les relations internationales, un peu tendues, pour le moment…
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Daniel McIntosh

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MessageSujet: Re: La quête   Mer 11 Avr - 10:44

C’est ça l’aventure ? Le docteur McIntosh était à cent lieues de se douter dans quoi il avait mis les pieds en acceptant d’accompagner le groupe formé par Chesterfield et sa clique.
Bon, une grande ballade en plein air le changeait de la monotonie du centre et ne pouvait que faire du bien aux santés physiques et morales. Néanmoins, si lui – ni personne apparemment – ne s’était attendu à ce que la nature éclate autour d’eux de la sorte.
Belle panique, belle pagaille ! Garder la tête froide en de telles circonstances n’était pas évident mais, le premier instant de frayeur passé, Dan reprit le contrôle de ses nerfs. Dans le fond, lorsqu’un patient se met à clamser sur la table d’opération, le chirurgien doit garder le contrôle. McIntosh était chirurgien, donc...
Très rationnel aussi, il demeura baba au passage de l’arche de pierre refuge dont les dimensions extérieures ne présageaient absolument pas un dedans si… vaste.
Quand les compagnons de tête disparurent derrière un « mur », il fallut à Dan beaucoup de maîtrise pour oser franchir à son tour ce trompe-l’œil.
Dehors, le décor ressemblait beaucoup à celui quitté quoiqu’il soit nettement plus calme hormis la présence d’un individu pour le moins saisissant. N’étant pas complètement inculte, Dan s’abasourdit en reconnaissant devant lui ce qui correspondait à un samouraï.


*Il y aurait une troupe théâtrale dans le coin ? *

Manifestement, l’homme semblait sur ses gardes ce qui contraignit les plus aguerris des compagnons à le braquer.
Dan n’aimait pas les armes à feu. Il avait refusé d’en porter une, se contentant d’un couteau de chasse en supposant pouvoir s’en servir aussi bien que de son scalpel.
Nul ne bougea d’un cil jusqu’à l’apparition de Chesterfield et de son épouse. S’en suivirent des présentations très polies et sommaires auxquelles répondit, laconique, l’inconnu :


Je me nomme Miyamoto Musashi... Samouraï sans maître...

*Merde ! Il a l’air d’y croire vraiment !*

Mentalement, Dan révisa quelques chapitres sur les troubles psychiatriques. Ce type devait être fou quoique… Le village ayant déjà dû croiser de sanglants pirates et conquistadores, un samouraï… Pourquoi pas ?
Mais que diable fabriquait Lindsay ? Ne voilà-t-elle pas qu’elle tendait la main au guerrier nippon ? Si elle voulait finir en rondelles, elle choisissait bien son moment mais poursuivait, comme si rien.

Veuillez excuser le possible manque de tact mais comme vous pouvez le deviner, vous êtes le premier samouraï que nous croisons et je pense parler pour tous mes compagnons.

Andrew Paggit tenta de la lui boucler par un raclement de gorge d’avertissement dont elle ne tint aucun compte invitant simplement le samouraï à se joindre à leur campement.

*Misère, elle se croit à une garden-party !*

Il aimait bien Mrs Chesterfield et, s’il l’avait jugée parfois superficielle, il devait lui reconnaître un certain courage.
On délaissa donc Myiamoto Musashi pour bâtir un feu et sortir les casseroles. Le japonais se laisserait-il séduire par les fumets issus de l’art de Le Gallet ?


*J’espère qu’Aristide a du thé à offrir…*


Ne pas froisser un illustre combattant asiatique pouvait s’avérer difficile.
En léger aparté, Paggit leur délivra quelques conseils issus de ses nombreuses lectures. Les épées étaient l’instrument de prédilection d’un samouraï. Pas question de les toucher sans autorisation ni d’essayer de les lui prendre. Il fallait aussi éviter de leur parler de trop près pour que l’haleine ne l’incommode pas. Puisque personne n’avait emporté d’éventail, Dan pensa que les dentifrices seraient bien utiles et il espéra que le cuistot ne mettrait pas trop d’ail dans sa tambouille.
On mit de l’eau à frémir et disposa le nécessaire pour un thé… contemporain.
Sûrement que Lind déplorait de ne pas avoir un service de porcelaine digne de ce nom. Tant pis, on ferait avec les moyens du bord.

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MessageSujet: Re: La quête   Jeu 12 Avr - 11:31

  • Musashi eut à peine le temps de noter une présence féminine, quand une vague déferlante et verbale s'abattit sur lui. Une jeune femme prit la conversation en main tout en ignorant royalement les hommes de son groupe, réduits à l'état de potiches. Elle avait tendu la main qu'il regarda sans comprendre... Si c'était une manière de saluer à l'occidentale, il trouvait cela terriblement irrespectueux. Imposer de cette façon sans gêne un contact physique, avait quelque chose de vulgaire.
    Absolument pas rebutée par son silence, la jeune femme continua son discours. Musashi n'était pas certain de tout suivre... Qui était ce Le Gallet dont elle semblait faire si grand cas...? Un cuisinier? Il y avait donc une personne utile dans ce groupe...

    Il les observa un instant et se demanda avec une sincère curiosité si ils savaient seulement comment allumer un feu avec le bois vert et humide de cette forêt. Il resterait, ne serait-ce que pour observer cela...
    Après tout, la jeune femme si bavarde venait de l'inviter et Musashi était un homme respectueux d'une certaine étiquette. Il avait croisé ses bras contre sa poitrine et tenait ainsi ses mains loin de la garde de ses sabres. C'était sa manière de montrer son absence d'hostilité. Ils ignoraient sans doute qu'un samourai ne dégainait jamais son sabre pour une pseudo parade de menace...
    Un katana hors de son fourreau se devait de faire couler le sang...

    Ils les entendaient parler des samourais, de ceux de sa caste avec une légèreté qui l'agaça légèrement. Ils ressemblaient aux spectateurs d'une pièce de théâtre saluant l'entrée d'un personnage. Un personnage clownesque, peut-être inquiétant... mais tout compte fait ridicule...

    Ce fut l'instant que choisit un homme grand et blond pour se manifester. Musashi était quelque peut perturbé par l'absence de hiérarchie de ce groupe. Il se demandait depuis quand ces hommes et femmes éraient et d’où venaient-ils...

    Tout en écoutant des paroles sans intérêt, il regarda les mains de l'inconnu. Ces dernières trahissent toujours la nature d'une personne et celles de l'homme blond n'avaient jamais tenu aucun outil plus lourd qu'un éventail.
    L'homme blond s'adressa à ses compagnons et dans un rapide résumé, il entreprit de résumer ce qu'était des samourais... des individus vaniteux et soucieux de leur hygiène buccale .
    Musashi trouvait presque distrayant que l'on parle de lui comme si il n'était pas là et ne comprenait pas.
    Il crut aussi comprendre que l'on cherchait à faire du thé. Comme si il s'y attendait, l'allumage du bois humide provoqua l'émission d'une colonne de fumée blanche. Elle devait être visible à des lieux à la ronde...

    Et debout, face au foyer qu'il contempla de manière désolée...

    Je vous suggère d’éteindre ce feu et d'en allumer un autre avec moins de bois et de le trouver beaucoup plus sec.

    Après une légère pause...

    Il serait dommage que des invités indésirables ne troublent... cette cérémonie du thé...
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