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Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Une nouvelle vie [FE Jeff]

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Lucrèce Borija

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MessageSujet: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Lun 14 Mai - 11:29

Eh bien merde !
Ça s’annonçait le coup du siècle. Lucrèce avait ramé des années avant de parvenir au top de l’arnaque. Flairer le pigeon était devenu sa spécialité. Au départ, Elvis lui choisissait ses proies puis lui avait laissé le choix. Elle était douée et savait mener les hommes à lui manger dans la main. Jamais de sentiments – elle laissait ça aux grues – Lucrèce jeta son dévolu sur un gars assez sympa. Bien de sa personne, ce Hugh Tremp avait tout pour plaire… elle aussi. La quarantaine à peine entamée, le cheveu qui foutait le camp mais fringant, Hugh était surtout très riche et très seul. Une proie idéale quoi. Se faire épouser sur un bateau ne demanderait qu’une paire de jours. Après, on verrait. Divorce ou plouf… Lucrèce n’en serait pas à sa première expérience de veuve éplorée. Son pactole perso grossissait largement. Elle escomptait bien l’alimenter encore un peu puis… se reposer. Mais là, zut de zut, alors qu’Hugh lui passait au doigt un caillou de deux carats il y eut une alarme.
Panique ? Même pas le temps d’y songer. Hugh la poussa vers un canot de sauvetage et la couvrit d’un plaid affreusement grattant.
La compagnie valait le détour. Habituée à fréquenter le beau monde dans toute sa splendeur idiote, Lucrèce se marra beaucoup face au gratin en émoi. Qu’est-ce que ça caquetait !


Arthur, tu as pris ma mallette de bijoux ?


Où est Edwina ? Sans camériste, je suis perdue.

Oui, Olivia, l’assurance couvrira.

Ces gens ne tournaient qu’autour du fric et de leur confort. Lucrèce rigola d’autant que l’on accosta assez vite dans un endroit charmant.
Les nouveaux venus avaient droit à une habitation au top.


Mrs Tremp ? Non, je suis célibataire. Veuillez noter Miss Borija
, dit-elle à l’employée communale.

De là à reléguer Hugh aux oubliettes…
Il lui en voulut ? Elle pas. Elle conserva la bague qui lui fut d’un grand secours lorsque la disette s’annonça.
Une pierre magique siégeait au centre du village. Au début, elle accordait tout, vernis à ongle compris, sans bavure. Puis, elle devint exigeante, donnant n’importe quoi mais pas ce que l’on demandait.
Il fallait manger. Le maire faisait ce qu’il pouvait mais la majorité de la population « aisée », ceux qui n’avaient jamais bossé durement, souffraient cruellement.
Une mine de diamants fut trouvée.


*Génial ! Faut piocher maintenant ? *

Elle aurait facilement gagné sa croûte sans trop se fouler, juste en étant « gentille » avec l’un ou l’autre plus nanti.
Non, elle avait de la fierté. Cette situation inédite ne lui donnait-elle pas une occasion de se racheter une conduite ?
Elle y crut deux jours.
Quand, bloquée du dos, les mains en sang, elle vit une boîte de pois se matérialiser sous ses yeux, après avoir déposé ses diamants, elle pesta :


J’AVAIS DEMANDÉ UN POULET ! Quelle saloperie de M***e !

Le coup de pied à la pierre qui la fit presque pleurer en fit marrer plus d’un à ses côtés.

Allez vous faire foutre !

Avec sa boîte, elle clopina jusqu’à son gîte.
Un homme était assis sur le perron. Elle haussa les épaules, rejeta une mèche en arrière et dit, altière :


Vous attendez quoi ? Si c’est un dîner, vous ferez ceinture. Bonsoir !

Elle lui passa sous le nez, et claqua la porte.
NDD* Comment pouvait-il être devant et derrière ?
Il était bien là, assis sur la cuisinière, cette fois.


On joue à quoi ? Qui cherche trouve ?

Avec un grand sourire, elle enclencha une taque électrique, et fit exactement ce qu’elle avait prévu en se fichant de cette hallucination.
Elle était clean depuis un bon moment, par la force des choses, mais pensait que des traces subsistaient. Des visions, elle en avait tant eues qu’une de plus ou de moins…
Sa boîte ouverte et versée dans un poêlon, elle hacha un oignon sans une larme, assaisonna de sel, poivre et muscade puis voulut poser l’ustensile sur la plaque chauffée toujours occupée par un postérieur étranger.
Elle croyait passer au travers mais fut coincée par une résistance inattendue.
On ne la surprenait que rarement. Là, il y eut comme un arrêt sur image.
Avec son poêlon en main, un gars le cul chauffé à blanc sur la taque, elle réagit à sa façon. Il vola des petits pois partout quand le type se prit le récipient en pleine poire :


Qu’est-ce que vous foutez-là ! DEHORS !

Il riait. Elle était sidérée et furieuse. Il causa. Elle rigola en retour :


Ouais, c’est ça, bonjour ! Pas si bon que ça, ce jour si vous voulez mon avis… Ôtez vos fesses de là euh, s’il vous plaît.

Il se bougea enfin et elle put mettre son poêlon à chauffer avec le peu qui restait. L’instant d’après, elle ouvrit un robinet et s’aspergea copieusement la figure.

*Eh m***e*

L’hallucination était toujours là, plus narquoise que jamais.
Elle mit les poings sur ses hanches et l’apostropha :


On dirait que ça vous amuse, MOI PAS ! Vais me plaindre au maire, et… Ah, ben tant mieux pour vous.

Il se fichait de tout ? Elle aussi. Décidée à l’ignorer, elle sortit une assiette et une cuillère mais l’autre claqua des doigts…
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Jeff Berith

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Messages : 1022
Date d'inscription : 26/02/2012

MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Mar 15 Mai - 23:43

Sa routine, ben oui, il en avait une comme tous et chacun, même s’il s’agissait des causer des misères de tout calibre aux « autres », commençait à le barber sévèrement. Manakiel lui avait rabattu les oreilles à s’en fatiguer : il était dans la mire du « Suprême » et de continuer à disloquer le monde d’en bas de catastrophes de toute classe, il irait pourrir au fin fond d’une enfer tout spécialement conçu pour ceux comme lui. Et selon la description donnée de ce lieu peu recommandable, Berith ravala ses sarcasmes, ironies et arrogance, préférant chercher en quoi occuper ses heures mortes.

Observer ! Manakiel ne manquait pas d’assurer qu’en fait c’était du voyeurisme pur et simple. Et quoi alors !? Au moins c’était plus amusant que jouer au solitaire avec l’ordinateur.


T’es tombé au plus bas, mon pote. Diable de troisième zone, qu’on dirait !

Il mâchait durement son amertume quand son attention se vit attirée par un tohubohu agitant un peu l’ennuyeuse vie du village. Des femmes se disputaient ! Pas à coups de griffes ni de dents, dommage, mais leurs propos hostiles étaient un régal pour ses ouïes exercées. Un groupe de dames « bien » s’en prenait à une jeune femme qui n’avait pas précisément la langue dans sa poche. On l’accusait de tout et n’importe quoi mais surtout, ce qui vexait sans doute le plus ces vieilles poules, d’attirer trop l’attention de gent masculine…pauvres types, avec ces momies braillardes, on pouvait bien comprendre qu’ils regardent ailleurs…surtout que cet « ailleurs » était définitivement très, mais alors là oui…très appétissant !

Quelle femme ! Tout feu et flamme ! Quelle verve ! Quels propos ! La belle avait le sens poussé pour la réplique sûre, son ton envenimé aurait mis le feu aux poudres si de peu la milice locale n’était intervenue pour apaiser l’éclat…des vrais casse bonbon, ceux là ! Rixe à l’eau, Berith n’avait pas moins continué de suivre le parcours de la belle plante.

Lucrèce ! Quel prénom charmant, qui remuait quelques souvenirs superbes d’une époque où, suivant quelques de ses doctes conseils, l’intrigue et le meurtre avaient « égayé » l’Histoire…avec une subtilité mal reconnue. Mais enfin, l’ingratitude étant le fort des petites gens…Après ce très court parenthèse de réminiscence, il s’était de nouveau concentré sur ce nouvel objet de son attention. La belle, on ne peut plus bien faite de sa gracieuse personne, avec ses yeux si noirs et sa chevelure aile de corbeau, avait ce « je ne sais quoi » de follement exotique et attirant qui rendait les hommes dingues rien qu’au délicieux papillonnement de ses cils coquets. Elle se savait belle et en tirait le meilleur profit. Curieux, Berith avait voulu approfondir sa connaissance sur ce spécimen si inusuel dans ce petit monde parfois si terne. Rien de plus facile ayant à sa disposition une banque de données fort bien nourrie en détails sur tout être vivant « en bas » ou toute âme errante aux alentours. Introduites les données, rien qu’un clic à faire et…

C’EST QUOI CE BORDEL !!!???....CONFIDENTIEL !? On se fout de ma tête !!!

Rien à faire, il eut beau tempêter, se démener, maudire sur tous les tons. Il lui était impossible d’accéder au dossier de Borija, Lucrèce. Exacerbée sa curiosité, il opta pour la solution miraculeuse : aller fouiner dans les archives de Manakiel, celui là avait sans doute l’accès aux informations qu’on lui refusait.

Bingo !!! Quel bonheur quasi enfantin ! Se frottant les mains de satisfaction, il lut, à s’en emplir les yeux, la « fiche » de la miss. Singulier parcours que le sien. La demoiselle avait de l’histoire et pas des moindres. Quelle femme ! Dénuée d’attaches, morale ou conscience, elle fonçait à travers la vie comme un destructeur en pleine bataille, écartant ou ignorant qui voulait faire obstacle. Son but unique était son bien être. Seule elle et sa satisfaction comptaient. Elle ne s’était pas gênée à enfreindre lois et préceptes, prenant des risques, s’en sortant toujours force charme, intrigue et quelques mensonges astucieux…

*Elle est parfaite…absolument parfaite !*

Il joua encore aux voyeurs deux jours de plus puis…

J’AVAIS DEMANDÉ UN POULET ! Quelle saloperie de M***e !

Quelle adorable créature ! Il la trouva délicieuse dans sa fureur démontée qui la fit envoyer paître tout et quiconque osa rigoler de son éclat. Elle avait bien raison, la pauvre, voilà quelques jours qu’il avait mis le système de la Pierre sens dessus dessous, ce qui faisait râler ferme ce petit monde d’inutiles habitués à ne rien faire ou presque.

La colère la rendait plus belle. Lui, assis sur le perron de son bungalow, la voyait s’approcher en clopinant, sans lâcher sa triste pitance. Cela avait été méchant de lui livrer une minable boîte de petits pois, surtout qu’il les détestait, lui aussi.


Vous attendez quoi ? Si c’est un dîner, vous ferez ceinture. Bonsoir !


Qu’à cela ne tienne. Un clin d’œil plus tard, le voilà installé sur la cuisinière comme si rien. Elle ne cria pas au fou.

On joue à quoi ? Qui cherche trouve ?


Et d’enclencher une taque électrique. Soit elle se fichait de lui calciner les fesses, soit elle croyait halluciner ! La chaleur ne l’ayant jamais gêné, cela va de soi, Jeff ne broncha pas. Si confortablement installé, il se proposa de pénétrer cet esprit batailleur mais, ô surprise se trouva efficacement bloqué.

*Petite salope…tu te crois très forte, hein !?...M***e…elle est forte !*

Cela le fit enrager un brin. Elle faisait comme si rien. Les pois dans le poêlon et celui-ci au feu…sauf qu’il était encore là. Il la retint à peine…et se prit la casserole plein la poire. Attaque aux petits pois, une première de sa longue existence. Elle était marrante, cette fille.

Qu’est-ce que vous foutez-là ! DEHORS !


Elle n’avait pas froid aux yeux, en tout cas. Tant d’esprit le mettant de bonne humeur, Berith éclata de rire.

Mais voyons, ma toute belle, je n’ai aucune envie de partir. Soyons polis d’abord…Bonjour, ça va ?

Enragée, elle riposta, ironique pour lui demander, poliment d’ôter son postérieur de la taque.

La pauvre semblait, malgré tout, assez ébranlée et alla se passer de l’eau froide sur le visage dans l’espoir, vain, de l’effacer de sa vue…or là, c’était la moindre de ses intentions.

On dirait que ça vous amuse, MOI PAS ! Vais me plaindre au maire, et…

Te gêne pas, ma jolie, plains toi à qui tu voudras…veux bien voir ce qu’il ferait le maire.

À court d’arguments !?

Ah, ben tant mieux pour vous.

Adorable. Quelle fougue. Décidée à passer sa faim avec les quatre petits pois égarés elle l’ignora alors, sans la brusquer, il fit claquer ses doigts. Berith adorait jouer le numéro de « Vois comment je t’épate ». Une seconde plus tard la petite cuisine se vit transformée en ravissante pergola fleurie de jasmin, face à une mer idyllique où trônait une table pour deux, dans toutes les règles de l’art le plus exquis.

Je m’en veux d’avoir ruiné ton délicieux déjeuner…permets moi de te convier à un banquet quelque plus substantiel !

Mine de rien, d’un clignement, il avait troqué ses habits simples par une merveilleuse tunique de soie bleue de mer qui rehaussait encore plus sa beauté. Si elle en fut surprise, Lucrèce le dissimula avec grâce et se laissa conduire vers la table. Rompu aux bonnes manières, il écarta sa chaise, sans se priver au passage d’effleurer son dos d’un soupçon de caresse, la sentant frissonner.

Surgi de nulle part, un domestique plus muet qu’une carpe, s’acquitta avec parfaite obligeance de servir le banquet d’exception, accompagné des vins les plus capiteux. Parfaitement maîtresse de cette situation qui aurait échappé à quiconque moins roué qu’elle, Lucrèce entraîna la conversation vers un jeu de questions et réponses, pertinentes toutes, marquant un point pour son audace hors pair.

Qui je suis ?...Voyons, si je te jure être le boulanger du coin, tu me croirais ?...Tu as raison, jurer ne me vaut rien…je suis un menteur consommé…comme toi, ma douce Lucrèce !

Il adora sa façon d’arquer le sourcil, moqueur et interrogeant. L’éclat de ses yeux si sombres valait le détour. Malgré lui. Berith sentit un frisson de plaisir anticipé le parcourir. Sans laisser de déguster les mets exquis, la belle questionnait, analysait et arrivait à des conclusions étonnantes.

Tu as tout bon, ma fleur…tout bon. Tu as raison…je ne suis pas un ange.

Son sourire mystérieux lui fit courir plus vite le sang dans les veines, il se sentait, tout à coup, terriblement vulnérable à ce charme exercé, plus capiteux que l’ambroisie des Dieux.

Oui, je sais que tu n’en es pas un non plus, ma diablesse…tu es le genre de femme que tout démon sensé espère rencontrer…et tu as déjà fait tes calculs, je le sais… tu entrevois déjà les milles possibilités que t’apporterait une entente avec moi… N’essaye pas de me mentir…

Il releva doucement son menton et braqua son regard si bleu dans celui si impitoyablement sombre de la jeune femme. Pendant un instant, ce fut comme se noyer l’un dans l’autre avant de, sans préavis, ni savoir qui avait fait le premier mouvement, leurs visages se trouvèrent très proches…trop comme pour éviter sentir la caresse de son haleine ou l’invitation de ses lèvres.

Ce fut pas tout simplement un baiser. Ce fut un embrasement des sens, une éruption volcanique de désir dévorant…Comment arriva t’il à claquer encore des doigts !? Jeff n’en eut pas la moindre idée mais le fait est qu’ils se retrouvèrent, emmêlés dans un combat délicieux, dans un lit énorme, isolé de la réalité par des tentures éthérées dansant dans la brise marine…

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Lucrèce Borija

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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Mer 16 Mai - 20:13


Elle lui avait défoncé la gueule avec son poêlon et il avait ri, puis… De sa petite cuisine, elle s’était vue transporter dans un environnement de rêve. Pergola entourée de jasmin, mer d’huile en façade, table dressée pour deux, service discret…

*Il me la joue à l’épate, ce mec…*


Et pan, au lieu de sa bête robe de coton, elle était vêtue d’une soie divine du bleu qui lui seyait à merveille !

*Bon, tu ne rêves pas. T’as rien reniflé depuis près d’un mois, ni fumé, ni piqué. Ce qui se passe là, n’est pas… normal*

La galanterie même, le sieur inconnu lui avança sa chaise et sa caresse dans le dos ne passa pas inaperçue.

*Wow ! Il y va fort ! Je lui plais ? *

Prenant son allure la plus assurée, comme si tout ce cinéma lui était naturel, elle trinqua en battant des cils :


Me direz-vous au moins votre nom, cher hôte ?


Qui je suis ?...Voyons, si je te jure être le boulanger du coin, tu me croirais ?

Elle éclata du rire qui la caractérisait :

Jamais de la vie ! Si tu es boulanger, je suis meunière ! … Je pencherais pour une hallucination, sauf que là, ce consommé de langoustine est d’un divin… ou devrais-je dire démoniaque ?

Tu as tout bon, ma fleur… tout bon. Tu as raison… je ne suis pas un ange.

Ça tombe bien, je ne suis pas de ce bord là, rit-elle en avalant un flûte de plus.

Oui, je sais que tu n’en es pas un non plus, ma diablesse… tu es le genre de femme que tout démon sensé espère rencontrer… et tu as déjà fait tes calculs, je le sais… tu entrevois déjà les milles possibilités que t’apporterait une entente avec moi… N’essaye pas de me mentir…

Lui mentir ? À lui ? Oh que oui ! Elle allait se gêner !
Quelque part, elle se sentait vulnérable, d’une autre invincible. Par un sixième sens inédit, elle sut très exactement comment agir.
Qu’il l’embrasse la chavira. Comment cela aurait-il pu être autrement ?

Wow ! Tout simplement wow. Des amants, elle en avait connus de tous les genres : timides, pressés, guindés, sauvages, etc. Tant que le cadeau était à la hauteur, elle admettait tout.
Ce client-ci n’était pas commun. L’énorme lit où il voulut jouer fut ravagé de maîtresse façon.
Elle ne fut pas déçue et… lui non plus. Pas question qu’il mène la danse uniquement à sa façon.
Quand il la laissa passer aux commandes, Lucrèce lui dévoila quelques petits talents qui eurent l’heur d’être agréés.

Elle se réveilla avant lui. Curieuse comme une chatte, Lucrèce chercha la salle de bains qu’elle dénicha sans mal. Elle avait déjà évolué dans l’opulence mais trouva que là, ça valait vraiment le détour.
La baignoire-piscine avait sûrement connu diverses débauches nautiques… On verrait peut-être plus tard. Le nombre de flacons de parfums, parfaitement rangés sur des étagères, laissaient présager bien des plaisirs, d’autres accessoires aussi. Une longue douche lui suffisant pour le moment, Lucrèce s’empara d’un des peignoirs blancs à disposition, et repartit en exploration. Bras écartés en travers les draps chiffonnés, par endroit déchirés, Jeff roupillait encore. Il avait quand même fini par lui avouer un prénom. Le vrai, un faux ? Qu’elle importance ?
À pas de loup, elle quitta la chambre et erra un peu dans un labyrinthe de couloirs. Au moment d’aborder une descente d’escaliers, elle butta sur un homme, un domestique apparemment.

Où sont les cuisines ? J’ai la dalle !

L’autre lui assura qu’un petit déjeuner serait servi dès que le maître sonnerait.

Je n’ai pas envie d’attendre ! trépigna-t-elle de son petit pied nu. Je pense que contrarier votre maître ne serait pas bien vu...

Bingo ! Le bonhomme devait avoir la trouille de son patron car il n’objecta plus, la conduisant lui-même au lieu visé.
Deux autres impavides s’activaient aux fourneaux. Sans leur demander de permission, Miss Borija se servit du café et rafla deux viennoiseries qu’elle s’empressa d’aller grignoter sur la terrasse repérée.
Le paysage était soufflant de beauté. Où diable était-elle ?


*Une île du pacifique ?*

Tout en dégustant son encas, la jeune femme laissa son esprit vagabonder. Elle avait levé un gros poisson, le meilleur depuis longtemps. Les avantages seraient certainement nombreux mais elle craignait la servitude, voire la dépendance. Était-ce possible d’avoir réellement rencontré le diable ? Elle n’était pas croyante et, si quelques bribes d’éducation religieuse subsistaient, elle s’en fichait. Il fallait reconnaître que rien n’avait été très normal depuis qu’il l’avait abordée. Les déplacements étaient très bizarres, il claquait des doigts et pouf…

*Si ça tombe, je ne suis que le joujou du moment… quand il en aura marre, il m’enverra paître… Bah, un bon tien vaut mieux que deux tu l’auras. *

Tout ce luxe à portée aurait tourné la tête à moins bien sensé qu’elle. Elle décida de profiter à fond de chaque instant de grâce qui lui serait offert.
La voix dans son dos la fit sursauter :


… Bonjour, beau ténébreux ! Bien dormi ? …


Il semblait de bonne humeur, donc elle se rassura. Il ne la jetterait pas, pas encore.
Jeff s’installa près d’elle lui piquant son dernier bout de croissant avant de claquer des doigts et de faire apparaître un nouveau banquet sur la table rallongée magiquement.
Malgré elle, Lucrèce saliva et s’empressa de faire honneur aux plats sans j’empiffrer pour autant quoique l’envie fût présente. Après tout, à l’occasion, elle avait de bonnes manières.


… Oui, j’ai toujours eu de l’appétit, privations de l’enfance… Tu le sais, évidemment. Que ne sais-tu pas, dis-moi ?

Tout en mastiquant, elle ouvrit grand les pavillons. Chaque information soutirée pouvait être capitale dans le futur, pour autant qu’il y ait un futur…

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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Jeu 17 Mai - 16:41

La torride tournure de cette rencontre si peu casuelle n’était que pour le réjouir. La brune demoiselle répondait à toutes ses attentes et les dépassait même, avec un enthousiasme plus qu’éloquent. Amante sagace, passionnée et inventive, elle le combla de plaisirs délirants, exigeant de lui de se surpasser avec sa prestation. Quand enfin, repus et satisfaits, ils se laissèrent vaincre par un impératif besoin de repos, Berith eut la saine conviction d’avoir trouvé la partenaire parfaite.

Se réveiller dans la solitude de leur glorieux champ de bataille ne le surprit pas. Il devina la miss partie en discrète inspection des lieux. Cela le fit sourire, rêveur, imaginant déjà en quoi occuper les heures à venir. Elle avait réussi à aiguiser encore plus sa curiosité. Mélange astucieux de savoir faire exercé, d’ esprit analytique jaugeant sans faille pour et contre, ne visant que son profit et satisfaction. Nature passionnée, irrévérente, sa force résidait en son assurance pleine de dominer la situation ; soumission étant synonyme de défaite, le reste était facile à imaginer. Or Berith était un grand connaisseur de la nature humaine. Tout homme ou femme a son point faible, Lucrèce ne serait pas l’exception…

Abandonnant ses réflexions, il finit par se lever. Un domestique se présenta illico, lui présentant une tasse d’aromatique café, annonçant que le bain du Maître était prêt. C’était le rituel normal mais il le renvoya, sans plus. Une douche plus tard, vêtu d’un peignoir de bain noir, il se lança à la recherche de son invitée et ne tarda pas à la découvrir, dans une terrasse, admirant la mer sublime, croquant un croissant. S’immisçant dans son esprit pris au dépourvu, Jeff, amusé, capta quelques de ses pensées.

*Si ça tombe, je ne suis que le joujou du moment… quand il en aura marre, il m’enverra paître… Bah, un bon tiens vaut mieux que deux tu l’auras. *

*Perfide intérêt qui fais tourner le monde…quelle adorable petite tête si froide !*

Alors, ma chatte…on se prélasse au soleil ?

Surprise, elle avait sursauté mais repris aussitôt la maîtrise de soi. Admirable, tant d’assurance lui plaisait, cela mettait du piquant dans une situation qui aurait pu, sans cela, être de navrante banalité.

Bonjour, beau ténébreux ! Bien dormi ?

Parfaitement bien, merci… Je vois que tu m’as devancé…je meurs de faim !

Lui chipant le reste de son croissant, il se laissa aller à ses côtés. Un claquement de doigts suffit pour faire apparaître un superbe buffet-brunch, vu l’heure plutôt avancée de cette glorieuse matinée.

Je pense que nous avons besoin de quelque chose de plus consistant qu’un croissant.

Elle partageait son avis. Il la savait affamée mais elle sut en faire exquise abstraction et sans manquer de parfaites bonnes manières, procéda à déguster savamment des mets offerts. Il se contenta de son premier café, se délectant de ses faits et gestes .

Admirables les femmes qui ne font pas d’histoires à l’heure de manger, dit il, un rien moqueur en caressant au passage la cuisse dorée qu’un glissant pan de peignoir laissait à découvert.

Sans départir de son calme, elle sourit en avouant :


Oui, j’ai toujours eu de l’appétit, privations de l’enfance.

Il sourit, à peine ironique alors qu’elle poursuivait, le regard pétillant d’enjôleuse malice.

Tu le sais, évidemment. Que ne sais-tu pas, dis-moi ?

Nouveau sourire, malin cette fois, tout en se servant un nouveau café.

Voilà une bonne question. Tu sembles bien t’en douter, de la réponse, tout de même…mais oui, je sais beaucoup de choses…énormément de choses. Privilèges du rang, supposerons nous…Bien entendu, et cela tu l’as deviné aussi, je ne suis pas un mortel quelconque mais ce n’est qu’un détail de moindre intérêt, n’est ce pas ?

*Tu veux rire…c’est LE détail par excellence…fais toi de la pub, mon pote, tu as tout bon !*


Elle ne perdait miette de son discours, tout en continuant à manger. La belle faisait provision de toute information qu’il voudrait fournir pour après décortiquer et ranger en bon ordre, en attente de pouvoir s’en servir. Cliché classique. Après tout, tout aussi irrésistible que Lucrèce put être, elle n’était qu’une coureuse de fortune, une de très habile mais cela ne changeait rien au concept premier.

Parler de moi ?...Ma foi, si ça peut t’intéresser… Enfance ? Non, pas que je m’en souvienne…pas une normale en tout cas. Famille ?...ben non, pour ce que ça peut servir, d’ailleurs… disons que j’ai une espèce de frère…Oui, il doit être par là…il est toujours à tourner dans les alentours…Un véritable trouble fête, mais ne te laisse pas impressionner par lui…au cas de le rencontrer !

Et Berith espéra qu’il n’en serait rien. Manakiel pouvait être très inopportun, à ses heures.

Leur conversation se poursuivit, anodine pour un non initié. En fait, celle là était une joute de questions et réponses, tissée de demi-vérités et mensonges romancés. Ils excellaient tous deux dans l’art de la simulation. À mesure qu’ils s’emmêlaient dans ce jeu passionnant, Berith s’efforçait, question de simple routine, de percer un peu plus ce que cachait ce vernis mondain mais l’esprit de la belle s’avérait difficile à accéder, rendant son intrusion pénible. Il en avait eu un certain aperçu la veille, lors de leur rencontre mais avait supposé que c’était la crainte qui la faisait se fermer ainsi. Blasé, le démon curieux avait cru qu’après la savoureuse mise en confiance, la belle se livrerait à lui, sans réticence. Mal lui en prit. Mutine, l’enjôleuse de charme n’en demeurait pas moins sécrète, adroitement évasive.

*C’est pas normal ça…M***e ! C’est pas comme ça que je veux que ça se passe !!!*

Habitué à être le Maître du jeu, il prenait mal cet affront à sa supériorité. Son humeur vira au morose de manière si évidente qu’elle n’en fut pas dupe…et comble de l’offense, en rit. Bien sûr, la douce créature sut si bien mener son propre jeu, qu’il remisa ses griefs, décidé à tirer le meilleur parti de la situation.

*J’y penserai après !*

Surtout que depuis un bon moment, le fait de la deviner nue sous son peignoir blanc, mettait à rude épreuve sa capacité de réflexion. L’imaginer offerte et consentante entre les fruits et les fleurs qui ornaient la table, exacerbaient ses pulsations déjantées. Ce n’était pas lui qui allait se priver des plaisirs promis par son regard velouté.

Tu sais que tu joues avec du feu…c’est dangereux de le faire !

La délicieuse insolence de sa réponse n’étant qu’une provocation de plus, il envoya au diable les bonnes manières, la relevant sans trop de douceur, lui arracher le peignoir ne fut qu’un prélude prémonitoire. Elle ne s’en offusqua pas, que du contraire, elle prenait autant de plaisir que lui à ce jeu. De gestes d’une lenteur voulue, se laissant admirer à la lumière du soleil éclatant, elle défit le nœud de son unique vêtement et le fit glisser, sans se presser, pour après laisser courir ses mains savantes en gracieux arabesques sur son corps hérissé de désir, le soumettant à la plus excitante des tortures, sans consentir qu’il la touche.

*C’est moi qui donne les ordres…Bon sang…que c’est bon !*

Faisons donc durer le plaisir !

Quand il la poussa sur la table avec une brutalité inattendue, sans se soucier de la casse, ses yeux élargis de surprise le firent sourire, carnassier.

Jouons, diablesse…on verra qui s’en sort le mieux !


Si elle pensa qu’il s’abattrait sur son corps comme un affamé, ce qui était pourtant bien le cas, la jeune femme dissimula adroitement sa déception. Berith ne posa pas une main sur ce chef d’œuvre de chair frémissante, au lieu de cela s’empara d’une orchidée à longue tige et fit glisser, de façon quais imperceptible les pétales frais sur sa peau échauffée de soleil et désir. Il la parcourut, consciencieux, la sentant frémir à chaque attouchement. Impitoyablement, chaque centimètre carré de cette anatomie de rêve fut caressé, titillé, provoqué, éveillé à mille sensations qui comme autant de petites langues de feu la mettaient au supplice…Il voulait la soumettre à son délire fantasque, l’entendre demander grâce, la sentir s’enrouler autour de lui comme une serpent tentateur pour l’amener à flancher le premier. Il voulait et voulait tant de choses, en exigeant autant…

*Enfin…qui sait, pour une fois…si je fais semblant de perdre…on s’en fout un peu, non !?*

Faire semblant ? Personne n’y croirait, lui le premier mais l’instant se prêtant mal aux débats de conscience…il préféra d’autres ébats.

Tu as de la fraise…là !, d’une chiquenaude, il envoya balader le bout de fruit de l’épaule de la belle.

Rouler sur la table, les avait mis en piètre état, ils étaient couverts de restes de fruits écrabouillés, fleurs flétries, confitures diverses, miettes et autres éléments de leur repas qui avait connu une fin si mouvementée.


Retrouvons une allure présentable et on pourra aller faire un tour…par là !...Où nous sommes ?...Quelle importance !...Tu ne veux tout de même pas retourner au village ?...Oui ?...Quel adorable poison tu fais, Lucrèce…Bien sûr que je peux le faire…je peux faire n’importe quoi…

Qu’ils se ressemblaient ! Point de sentiment, le pouvoir primait. Ceux du village ne l’aimeraient ni l’accepteraient mais en toute évidence, la miss entendait se faire respecter, quelque fut le prix…

Bon point pour toi, ma chatte…il n’y a que cela qui compte !
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Lucrèce Borija

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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Ven 18 Mai - 16:19

Son nouvel amant était très particulier. Il savait de nombreuses choses à n’en pas douter mais ne les lui délivrerait pas toutes d’un coup, sinon rêver.

Oui, je sais beaucoup de choses…énormément de choses. Privilèges du rang, supposerons-nous…

*Privilège de rang, j’enregistre ça. Pas un mortel quelconque ? *¨

Il ne disait pas être immortel ? Étrange, ça.
Tout en léchant savamment sa fourchette d’oeufs brouillés, elle glissa :


Si tu veux que je te gâte, je dois en savoir un peu plus sur toi. Parle-moi de ton enfance, de ta famille…

Pour quelqu’un qui prétendait en savoir long, Lucrèce jugea qu’il en ignorait vachement beaucoup.


J’ai une espèce de frère…

Ici ? Proche ?

Oui, il doit être par là…il est toujours à tourner dans les alentours…Un véritable trouble fête, mais ne te laisse pas impressionner par lui…au cas de le rencontrer !

Enregistré ! Deux et deux feraient toujours quatre.

*Toi, mon lapin, t’as peur de ton frangin et tu crois qu’il t’est supérieur… *

Voilà qui mettait encore plus de piquant. Il la fit parler de choses et d’autre, surtout d’autres, Lucrèce restant persuadée qu’il connaissait d’avance toutes les réponses qu’elle émettait en parfaite simplicité. Quoiqu’elle fît semblant de badiner, les rouages du cerveau de la Miss fonctionnaient à plein régime. Devina-t-il qu’elle gambergeait au lieu de se délecter des fraises mûres à souhait ? Elle sentit le changement d’humeur et y remédia à sa façon.
Il avait déjà salivé en voyant sa cuisse bronzée, elle poursuivit son avantage en relevant le genou jusqu’à ce que son pied nu lui touche doucement l’entrejambe. Au quart de tour, il réagit au massage :


Tu sais que tu joues avec du feu…c’est dangereux de le faire !

Je t’ai chauffé le cul à blanc hier et tu n’en gardes aucune trace, donc…

Elle reçut ce qu’elle avait provoqué. Elle joua l’effarouchée surprise quand il la dénuda et l’abattit sur la table mais se délecta du reste. Le nœud du peignoir noir dont Jeff s’était vêtu ne résista pas, lui non plus. Il la titilla de maintes façons, et elle lui rendit la pareille de sa langue et de ses dents.
Un mamelon mordillé ici, une jugulaire léchée là… On joua à qui perd gagne. Elle finit par s’offrir et accepta son estocade joyeusement avec un petit sentiment de victoire.

Ils furent dans un bel état au milieu du buffet ravagé.
Jeff lui proposa de se nettoyer et d’aller faire un tour. Pourquoi pas mais où ? Où étaient-ils d’abord ? Pas de réponse. Alors elle osa :


Allons au village. J’aimerai faire rendre gorge à certains. Tu peux faire ça ?

Quel adorable poison tu fais, Lucrèce…Bien sûr je peux le faire…je peux faire n’importe quoi…

*N’importe quoi ? Miam ! *

Elle nota. Il admettait l’escapade, elle se frotta les mains à cette perspective pleine de promesse.
Au village, Lucrèce avait souvent dû jouer au paria. Elle avait essayé de s’adapter, de se conformer aux règles mais les estimait débiles, et ce caillou, magique quand il voulait, l’agaçait au plus haut point.
On vous passera les détails du nettoyage en règle auquel se livrèrent de concert les complices, pour en arriver au village.

Très assurée au bras de son amant, Miss Borija visa direct la maison commune.
Jeff l’avait vêtue d’un tailleur blanc haute couture et d’un chapeau un poil démesuré qui lui conférait une allure de reine parmi la foule dépenaillée et affairée du cru.
Elle tiqua à peine quand elle apprit que le maire qu’elle avait croisé était remplacé par une mairesse… qu’elle détestait.
Le village avait déjà subi tant de choses ! Ne se mêlant pas de près à la vie politique des autres, elle connaissait pourtant Bones qui avait déjà secondé Chesterfield à l’occasion de ces escapades extérieures. Les femmes resteraient toujours des femmes, et quand une beauté se pointait, les critiques fusaient. Lucrèce n’y avait pas échappé. L'heure de la vengeance avait sonné.


Je veux voir Mrs Bones !... Oh, elle est occupée ? Sachez que j’ai d’autres chats à fouetter. Vous serait-il possible de la contacter ? Ou si tu veux un autre point de vue, elle a intérêt à se radiner. C’est plus clair ?

Impressionné par la belle et son cavalier, on fit diligence. Enfin, elle pouvait toiser de haut la « chef » et non pas telle une banale quémandeuse :

Mrs Bones, j’aimerais vous signaler que vos installations ne valent rien... Vous le saviez ? Puis-je vous demander ce que vous escomptez faire pour y remédier ?... Ah ! Vous ferez ce que vous pourrez ?

Un souffle à l’oreille de Jeff la renseigna sur divers moyens de communications inconnus alors. Sous ses conseils, faisant fi du barrage des employés, elle s’empara d’un microphone et ameuta le bon peuple :

Villageois, l’heure du changement a sonné. Que ceux qui désirent une nouvelle ère me rejoignent à la pierre.

Jeff rigolait en douce, elle se sentait toutes les audaces du monde.
Royale, elle fendit la foule se sentant en tout point soutenue par son démon personnel.
Très droite, elle affronta le peuple :


Désormais, ce caillou vous apportera ce que vous désirez…. Oui, Mrs Hopkins, c’est bien moi, Lucrèce Borija. Je vais oublier notre mésentente au sujet de la tarte au sucre que vous m’avez offerte alors qu’elle était au sel. Que souhaiteriez-vous qui vous fasse plaisir ?...

L’assistance était intriguée, impatiente de voir de quoi il retournait. Hopkins désirait un lopin de terre avec de beaux cochons à engraisser ? Un battement de cils vers Jeff, son sourire, et la vieille bigote se retrouva avec un porcelet dans les bras au grand ébahissement de l’assemblée.

Votre terre se situe à l’ouest. Vous trouverez. Suivant ?

Des vœux fusèrent dans la cohue empressée. La majorité des souhaits étant bénigne, tous s’accordèrent selon la volonté de celui qui lui tenait la main. Puis quelqu’un proposa :

Je vote pour Miss Borija à la tête du village !

Nombreuses furent les voix qui imitèrent cette première. Puis Mrs Bones entra en lice :

Vous n’êtes pas satisfaits de mes améliorations ? Vous voulez du changement ? J’abandonne mon poste à cette p**e si elle me donne… deux seaux de diamants ou une réplique de Taj Mahal en habitation.

Défi de taille. Lucrèce se tourna vers Jeff et se décomposa en constatant son absence.


Vous l’aurez… demain, tantôt… Je vous le promets.


Bones rigola :


Sans son mec, cette catin ne pondra que du vent. Je la bannis du village.

Une motte de terre frappa Lucrèce en plein désarroi. Aucun désagrément ne survenant à cette attaque, d’autres suivirent. Le tailleur blanc vira de couleur, Lucrèce aussi.
Bombardée d’ordures, humiliée, blessée, elle fuit à toutes jambes droit devant elle.
Jamais plus elle n’oserait revenir au village. Jeff l’avait abandonnée, et elle se retrouvait plus piteuse qu’avant.
La mer l’accueillit, la lava. Si ses pleurs se mêlèrent au sel de l’eau, personne ne s’en soucia jusqu’à ce que...
C’était quoi ça ? Une aurore boréale ? Soudain baignée d’une aura merveilleuse, Lucrèce se sentit comme désincarnée. La tête vide, la tête pleine, elle ne sut pas trop ce qui lui arrivait quand elle se retrouva immergée à nouveau dans l’eau de mer.
Le bain forcé la ramena à la réalité. Elle était trempée, souffrait d’ecchymoses multiples ainsi que de coupures. Et il fut là dans toute sa splendeur ténébreuse. Elle ui sauta sur le râble, prête à lui lacérer le visage de ses ongles pointus:


T’étais où ? … Ton frère ? Et puis quoi ? M’en fous ! Tu m’as fait passer pour une c***e !... Bien sûr que j’ai mal… à l’orgueil ? Partout, si tu veux le savoir !... Ben voyons. Tes excuses repasseront.

Il en mit des formes pour la réconforter !
Au fond d’elle-même, sans en connaître la cause, elle savait : Jeff s’était joué d’elle… lui avait appliqué une petite leçon. Mais il regrettait sincèrement, elle l’aurait juré.
Il fut tendre cette fois et, quand il effaça d’un geste les vestiges de ses affronts, Lucrèce se calma.
Là où il l’emmena ensuite, son attitude sembla quémander un pardon…

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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Dim 20 Mai - 15:56

Pouvoir ! Ta seule mention éveille des rêves, bouscule les ambitions, fait miroiter mille mirages…Pouvoir ! Que de traitrises, que de splendeurs…

Berith ne pouvait que sourire, ravi de sa trouvaille. Les yeux de la miss avaient cet éclat qu’il aimait tant : celui de la convoitise. Son esprit ne se livrant pas pour autant, il ne put que deviner quels sentiments agitaient cet esprit si analytique. Elle cherchait revanche. On pouvait la comprendre. Ils n’avaient pas été trop généreux avec elle, les gens du village. Cela, il pouvait le comprendre aussi, Lucrèce éveillait trop de passions à son passage et étant donné que la majorité de la population était féminine on pouvait, sans problèmes, imaginer cause et effet.

Après une langoureuse séance de nettoyage pour effacer les traces de leurs ébats fous, il fallut se préparer pour la deuxième étape. Ce retour au village promettait bien de joies.

Tout d’abord, ma belle, faut projeter une image qui impacte…

L’effet fut plutôt réussi. Tailleur blanc qui lui allait comme un gant et un chapeau épatant dont les larges bords ondoyants lui donnaient un chic d’enfer. Cette fille pouvait porter n’importe quoi, elle était sublime. Qu’elle vise d’entrée la maison communale simplifiait les choses, que chemin faisant elle laisse sans voix ce petit monde, encore mieux. Berith se sentait parfaitement à l’aise en l’escortant. Son rôle, pour le moment, se bornerait à être celui de l’assistant, il laisserait Miss Borija se débrouiller avec ses propres moyens et il fallait dire qu’elle n’en manquait pas.

Sauf qu’il fallait les peaufiner, ces moyens, mais cela viendrait plus tard.

Le Pouvoir est une affaire complexe. Il ne suffit pas de le convoiter, il faut savoir le gagner et surtout être assez roué et fort pour le conserver. Convaincre les autres est une autre paire de manches. Cela, Berith le savait merci de sa longue expérience. Lucrèce avait beaucoup à apprendre, son entrée ne scène, pourtant éclatante, ne tarda pas à tourner à l’aigre quand la mairesse de service se pointa et lui décida qu’il était temps de disparaître. Il y a des leçons qu’il faut apprendre sur le tas !
Pauvre Lucrèce, elle s’en prit plein la gueule ! Ces minables changeaient de casaque au gré du vent. Point un : on ne gâte pas les gens pour gagner leur sympathie, c’est bon pour les démocrates de salon. Point deux : pas de promesses mais des faits immédiats. Point trois : si tu veux gagner assure toi d’en être capable tout seul.

Pas étonnant que le village en plein lui tombe dessus. Ces bigots de deuxième zone préféraient rester avec leur petite mairesse exemplaire, si prude et raisonnable, que risquer leur vertu en se tournant vers cet oiseau du paradis qu’était Lucrèce à leurs yeux. Certes beaucoup regrettaient d’avoir à la chasser de la sorte mais les êtres humains étant comme les lemmings…la masse l’emporte.

Jeff connaissait très mal ce sentiment solidaire qu’on nomme pitié. On se doute bien pourquoi. Mais voir Lucrèce, éperdue, courir vers la mer et s’y jeter, en pleurs, remua en lui quelque chose d’indéfinissable. Il avait eu la saine intention de lui faire comprendre les choses sauf que la leçon avait très mal tourné et qu’elle aurait toutes les raisons du monde pour lui en vouloir.

C’est bien pour cela que quand elle lui sauta dessus, toutes griffes dehors, Berith ne fut pas trop surpris. Après l’avoir empêchée de lui lacérer le visage de ses ongles effilés, vinrent les explications. Quelques mensonges habilement placées faisaient généralement l’affaire mais la miss était déchaînée et se fichait de ses paroles comme d’une guigne. Peu importa qu’il invoque son frère, une urgence planétaire, ou quoique ce soit d’autre.

Tu m’as fait passer pour une c***e !

Il avait bien évalué l’esprit de la belle. Son amour propre en avait pris pour son compte, c’était cela qui la blessait le plus.

Tu n’as pas trop mal ? Ces salauds n’y sont pas allés de main morte !

Bien sûr que j’ai mal !, renifla t’elle, furieuse.

Avec une douceur qu’il ne se connaissait pas, Jeff nettoya les souillures qui maculaient son visage, s’attardant sur sa joue meurtrie.

Tout va aller bien…c’est juste ton orgueil qui en a pâti…où cela te fait mal ?

À l’orgueil ? Partout, si tu veux le savoir !

Il sourit amusé et juste un peu ému par le ton cassé de sa voix. Elle ressemblait à une petite fille fâchée mais affolée aussi.

On va arranger cela, ma chatte…tout doux, là…Je ne voulais pas te lâcher…mais il a bien fallu le faire. Laisse moi y mettre remède…

Ben voyons. Tes excuses repasseront.

Elle reprenait vite fait ses esprits. Pas de faiblesse dans son répertoire. Lucrèce lui en voulait et il ne fallait pas être foncièrement doué pour deviner que la belle avait la rancune tenace. Mais lui était un des Élus et non pas un homme du commun se laissant chavirer par les beaux yeux d’une femmes ou émouvoir par ses larmes.

Tu m’en veux ? Tant pis alors. Vais pas donner une excuse de plus. C’est à prendre ou à laisser. Tu as voulu jouer à la toute puissante en oubliant un petit détail, ma jolie, l’être demande un peu plus de savoir faire qu’exaucer des petits vœux à la con de gens qui ne pensent qu’à leur estomac.

Elle n’était pas plus rassérénée pour autant, il s’en ficha assez, se contentant d’être à peine un peu plus tendre pour effacer toute trace physique de l’agression subie. Peu à peu, il sentit sa hargne s’apaiser. Elle n’était pas bête, la miss et avait sans doute deviné que sa chance pouvait tourner très vite. Elle n’avait pas tort. Les rouages de son cerveau devaient tourner à toute vapeur en évaluant pour et contre. Sa merveilleuse ambition l’emporta.

*Il y en a toujours qui sont prêts à vendre leur âme au diable !*

Cette pensée le fit rigoler en douce en la faisant sortir de l’eau.

Pauvre Lucrèce, regarde moi donc dans quel état on t’a mise…tu ressembles à un chat noyé.

Cela faillit de nouveau déclencher sa colère mais d’un sec claquement des doigts il fit disparaître les vêtements ruinés, les remplaçant par une tunique simple mais seyante.

Je m’imagine que retourner au village ne te tente pas trop…pour l’instant.

Quelle question ! Cette simple supposition lui tira une moue. Il rit.

On s’entend, je n’en ai aucune envie, non plus. T’en fais pas, ils vont payer l’affront, cela leur rabattra le caquet !

Curieusement elle ne sembla pas trop intéressée par ce qu’il comptait faire et voulut plutôt savoir où ils iraient.

Par là. Un peu d’isolation aidera à la méditation.


Avec sa suffisance habituelle et sans lui faire part de sa décision, Berith la transporta loin de ce village de malheur et ses habitants bâtés.

La première impression qu’on avait de l’endroit était assez décevante. Soit la mer était d’un bleu aigue marine, le ciel sans nuages et les quelques palmiers s’abandonnaient à la brise chaude avec langueur. Une belle plage faisait le tour des lieux et à peine si on percevait quelque végétation pour egayer l’îlot.

Ça te plaît ?

En tout cas elle était surprise. Il l’avait amenée une minable petite île déserte, point perdu au milieu de l’océan. Point de merveilleux paradis tropical, avec ressort cinq étoiles et luxe sybaritique. Prenant sa main, il la tracta à sa suite tout en parlant.

N’oublie jamais le mauvais moment, tu en tireras une leçon plus que valable. On n’apprend que des erreurs commises, la prochaine fois tu ne te laisseras pas avoir… Pourquoi je te dis ça ? …C’est comme cela que ça se passe, ma jolie… Tu crois avoir tout vu et en savoir pas mal…Non, je te sous-estime pas, au contraire…oui, j’admire ton aplomb… Non, Lucrèce, je ne me paye pas ta tête…Viens plutôt que je te montre ce coin de paradis…Vierge et inédit, juste pour nous deux…Non, il n’y a pas un chat aux alentours, ça je te l’assure.

L’idée ne sembla pas la faire raffoler outre mesure mais ce n’est pas pour autant qu’elle livrait ses pensées. Tout comme la veille constater cette résistance le gêna surtout parce qu’il en méconnaissait la cause. Il avait parcouru l’histoire des hommes, influençant, magistral, les esprits, les époques, les ères et voilà que les pensées de cette fille lui échappaient.

*C’est ridicule !*

Cela l’était mais il s’arrangerait bien pour y remédier. Comment ? Foi de Berith qu’il la trouverait, l’astuce ! Pour le moment, le beau diable préféra jouer au maître de céans et montrer à Lucrèce le reste du « domaine ». Il n’y avait pas grand-chose à voir sauf le bungalow niché dans un petit havre de verdure. Une fois qu’ils eurent passé le seuil, l’expression de la jeune femme s’adoucit un peu. Sans être d’un luxe renversant, l’intérieur surprenait. Agencé en tout confort, il ne manquait rien pour combler les désirs les plus exigeants. Elle parcourut l’endroit, curieuse comme un chat, ravie de découvrir qu’au milieu de ce rien si isolé, elle n’allait tout de même pas devoir jouer aux Robinsons.

Viens…assieds toi. On doit parler !

Si son ton brusque la surprit, elle fit comme si rien et prit place dans le fauteuil de rotin aux coussins fleuris qu’il désigna.

Tu crois avoir tiré quelque chose au clair, aujourd’hui ?...Oui, je parle de ton expérience de tantôt ?...Bien sûr que ce ne sont qu’une bande d’abrutis mais ils ne se sont pas laisser berner par deux tours de passe passe. La mairesse est une femme habile, elle a déjoué tes intentions en un clin d’œil…Que je t’ai laissée seule ?...Allons, ma toute belle, crois tu sincèrement que je vais être collé à tes basques pour exaucer tous tes vœux ? Je ne suis pas ton génie de la lampe, ma chérie, ça, tu devrais quand même l’avoir deviné !

Il resta debout, la dominant de toute sa taille sans qu’elle semble en être affectée.

Soyons francs…oui, cela m’arrive parfois. Tu devrais t’y mettre aussi, soit dit en passant. Hier il me semble avoir dit que je n’étais pas un mortel quelconque…en fait, cela fait très longtemps que je hante les lieux…disons que depuis la nuit des temps…

Son sourcil arqué était interrogeant, il s’approcha et flatta lentement sa joue.

Tu as un grand potentiel, Lucrèce. Tu es forte et obstinée mais tu te doutes bien que cela ne suffit pas pour arriver à tes fins…Pendant très longtemps tu as tenu ta tête hors de l’eau…oui, juste cela…tu es une survivante de la vie, ma belle, rien d’autre…Oui, tu es jeune, belle et as le cœur dur…c’est un bon début mais…que deviendras tu dans quelques années quand l’âge fera des ravages à ta beauté, quand ton corps ferme s’affaissera ?

Tiens, à croire qu’elle n’y avait pas pensé, à cette possibilité.

Tu te doutes bien que cela pourrait changer…suffit de le vouloir !

Sa main s’attarda sur son épaule en une esquisse de caresse mais la retirant au bout d’un instant, il s’éloigna de deux pas.

Si tu m’obéis, Lucrèce et je t’apprendrai à être puissante, à plier les autres à ton bon plaisir. Tu prendras ta revanche…et moi j’aurai avec qui causer. Cela entraîne, bien sûr, quelques responsabilités inévitables…Lesquelles ?...Ne me déçois pas, ma chérie…ta petite tête travaille vite et bien…réfléchis…juste un petit peu suffira !...Mais en attendant…allons nous promener un peu…un tour en voilier, ça te va ?

Et ses doigts claquèrent…
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Lucrèce Borija

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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Lun 21 Mai - 10:32

Laver un tel affront cuisant ne demanderait de cesse ! Non, mais ! Pour qui se prenaient-ils ces abrutis du village ? Et pour qui se prenait-il ce « diable » qui l’avait abandonnée face à une meute affamée ? Elle l’aurait bien écharpé s’il n’avait eu une certaine… retenue.
Sans doute il la devinait amère, furieuse et déçue. Qu’il lui soigne ses bobos et la vête de frais n’arrangea pas pour autant l’humeur de Lucrèce. De plus, au lieu de la réconforter dans un des lieux qu’elle affectionnait, il l’emmena tout simplement dans une île déserte. Elle attendait mieux, beaucoup mieux…


On n’apprend que des erreurs commises, la prochaine fois tu ne te laisseras pas avoir…

Des erreurs, j’en ai reçu ma leçon, merci ! Tu devrais être au courant. Arrête de me sous-estimer… S’il te plaît.

Je ne te sous-estime pas, au contraire…oui, j’admire ton aplomb…

On me l’a déjà faite, celle-là ! Tu te payes ma tête, comme tant d’autres, rien de plus.

Elle en avait marre des gigolos à la manque qui promettaient monts et merveilles avant de la larguer avec un chèque en banal dédommagement.

Non Lucrèce, je ne me paye pas ta tête… Viens plutôt que je te montre ce coin de paradis…Vierge et inédit, juste pour nous deux… Il n’y a pas un chat aux alentours, je te l’assure.

*Qu’est-ce que j’en ai à foutre qu’il y ait du monde ou pas ? Du moment que je ne suis pas obligée de voir la tronche de Bones…*

Tiens ? Il était contrarié et elle sentait à nouveau poindre un semblant de migraine sous sa masse de cheveux buns, comme à chaque fois qu’il…

*N’arriverait-il pas à me lire ? *

D’où tenait-elle la certitude de cette faculté – parmi tant d’autres – de son amant ? Les réponses parfois hasardeuses de Jeff ne signifiaient-elles pas qu’il ne la cerne pas en entier ?

*Pourvu que ce soit vrai !*

Au moins l’habitation proposée fut plus agréable du dedans que du dehors. Quant à être loin de tout, autant que ce soit avec confort.
Il la laissa à loisirs découvrir son gîte puis :


Viens…assieds toi. On doit parler !

Qu’elle en ait envie ou pas, pas le choix. Posée sur un fauteuil enterrasse, elle subit un petit discours philosophique qui la laissa de marbre :

*Cause toujours, tu m’intéresses*

Un beau ramassis de conneries dans lequel elle intervint parfois pour prouver qu’elle ne dormait pas.

Soyons francs !

Dois-je croire que tu peux l’être, sourit-elle narquoise.

Cela m’arrive parfois. Tu devrais t’y mettre aussi, soit dit en passant.

*Cours toujours !*

Hier il me semble avoir dit que je n’étais pas un mortel quelconque…en fait, cela fait très longtemps que je hante les lieux…disons que depuis la nuit des temps…

*Rien que ça ? Et moi, je suis la reine d’Angleterre. *


Elle doutait soit, mais très peu. La magie, les trucs surnaturels, elle n’y croyait pas tant cela allait à l’encontre de son vécu. À divers tournants de sa vie tumultueuse, il lui était arrivé de prier pour que ça change. Dieu, Diable, nul n’avait répondu à ses désirs. Serait-ce enfin un virage ? Jeff faisait l’impossible pour lui faire croire que c’était le cas. Il mit le doigt sur un point délicat :

Oui, tu es jeune, belle et as le cœur dur…c’est un bon début mais…que deviendras tu dans quelques années quand l’âge fera des ravages à ta beauté, quand ton corps ferme s’affaissera ?

Bonne question ! Tous veulent croire qu’ils ont la vie devant eux pour réaliser leurs buts. Qu’adviendrait-il si elle se retrouvait vieille et chenue sans un sou en poche ?
L’avenir, elle l’avait entrevu bêtement : épouser un milliardaire et profiter de sa fortune. Au fond d’elle, ce n’était pas sa vision exacte des choses…
Jeff savait-il ? Apparemment non. Il lui proposa une sorte de pacte. L’obéissance contre pouvoir et jeunesse éternelle ?


Ne me déçois pas, ma chérie…ta petite tête travaille vite et bien…réfléchis…juste un petit peu suffira !...Mais en attendant…allons nous promener un peu…un tour en voilier, ça te va ?

En voiler, avion, soucoupe volante tant qu’à faire ? Tout, n’importe quoi pour mettre ses idée à sauf.

Le trimaran était très marrant. Idéal pour se rafraîchir la tête, déjà ça.
Ils profitèrent des vents, s’amusèrent à barrer avec des dauphins dans l’étrave ou la proue.
Lucrèce chassa tout de son esprit. Entre tentations et raison, elle fit le ménage.
L’exercice avait aiguisé divers appétit.
Revenus rompus de la joute nautique, elle insista pour cuisiner :


Ne claque pas des doigts, sauf si tu peux nous donner les provisions de bouche. Celles qui te plairont.

S’il crut la navrer avec des langoustes, un agneau dépecé et leurs aromates, elle agita ses mains.
Entre autres tapinages, Lucrèce avait vaqué en maints usages, celui de cuistot également.
Les plats, dressés et servis, comme dans un resto 3 étoiles, semblèrent agréer le beau diable.
Entre deux bouchées, elle but un peu des vins fournis et battit des cils :


Je vois qu’outre ma compagnie, tu apprécies ma façon de cuisiner… Tu demandais de la franchise ? Je vais te l’offrir… demain. Un tel contrat ne se conclut pas à la légère, n’est-ce pas ?... Au matin, tu sauras.

S’il n’avait tenu qu’à elle, elle aurait bondi sur l’occasion d’enfin accéder au pouvoir extrême s’il n’y avait eu ce tenace petit mal de crâne qui l’empêchait d’y voir totalement clair.
Après une soirée arrosée et des débauches sans nom, elle s’étonna du lieu où elle se réveilla...

Un décor éthéré où un brouillard épais régnait. La voix désincarnée qu’elle avait déjà entendue après l’attaque des villageois obnubila son esprit entier :


Pouvoirs ? Vengeance ? En voilà des fadaises ! Est-cela que tu veux : devenir une poupée au service d’un pion ? Tu vaux mieux que ça ! Réfléchis… Choisis…

Ai-je seulement le choix ?

Son timbre paniqué s’évapora avec la buée ainsi que la voix suave, additionnée de suggestions lénifiantes, qui lui conseillait la conduite à tenir.
Très réveillée soudain, Lucrèce fila sous la douche sans souci des grognements du mâle dérangé par son sursaut.
Devenait-elle schizophrène ? Malade, ça oui !
Son esprit en feu se calma peu à peu sous le jet puissant mode écossaise.
Qu’un Jeff en Adam la rejoigne ne l’étonna pas trop.


… je réfléchissais… à toi, à nous, à tout…


Il la serrait de bien trop près pour garder la tête froide, pas que la tête du reste. Enflammée par cet assaut matinal, elle rendit les armes entre deux soupirs :

Je… Je ferai ce que tu veux… Je suis à toi, tout à toi…

Mentir était une seconde nature chez elle. Jeff dupe ? Probablement pas. Au mal de crâne subi, Miss Borija devina qu’il tentait encore de la percer à jour. Faute de mieux, il la crut...
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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Mer 23 Mai - 23:22

Au matin, tu sauras…

Bien sûr, pourquoi pas ? S’il avait été un de tant Jeff n’aurait eu de mal à y croire. Mais il était suspicieux par nature et la savait menteuse. Elle ne voulait que gagner du temps. Dans quel dessein ? S’il avait su percer cet esprit opiniâtre, les raisons lui seraient peut être apparues avec une clarté vexante.

Nuit extraordinaire. Lucrèce conjuguait bien de « vertus » dont il raffolait. Elle s’adonnait aux plaisirs de la chair avec maestria. Fougueuse et passionnée, elle répondait à ses demandes sans hésitation, jouant son jeu, en inventant d’autres.


*Je pourrais bien m’y habituer…elle est spéciale…mais si affreusement têtue !*

C’était la première fois qu’il avait autant de mal pour percer un esprit. Il y en avait des plus forts que d’autres mais tôt ou tard ils finissaient tous par fléchir. Cette idée le réconforta quelque peu mais pas au point de le laisser dormir en paix. Lucrèce par contre avait sombré dans un sommeil profond…autant en profiter pour sonder son subconscient. Ce qu’il découvrit faillit le faire écumer de rage.

*Protection externe ? Mais qui ose ?*

Les possibilités n’étaient pas si nombreuses que cela, il le savait sciemment. En fait il n’y avait que deux êtres capables d’enfermer si efficacement un esprit dans un cocon ultra protégé pour le mettre à sauf de son intrusion. L’un était Manakiel, capable de faire n’importe quoi pour lui damer le pion et l’autre avait sans doute mieux à faire que s’occuper de sa dernière conquête.

*Et m***e !*

Il finit quand même par s’endormir mais aurait pu jurer entendre Lucrèce murmurer quelque chose en songes. Une espèce de question…sur un choix. Il ne s’en préoccupa pas plus jusqu’au moment où, sans préavis, la belle bondit du lit, comme si une vipère l’avait piquée et fila dans la salle de bains.

*Il la manipule…mais dans quelle fin ?...T’embêter, quoi d’autre ?*

Décidé à en savoir plus, il alla la rejoindre sous la doche. La miss semblait bien rêveuse sous le jet d’eau, un peu trop froide à son goût, il régla la température avant tout autre chose.

Alors, ma beauté…à quoi penses tu, si absorbée ?

Elle leva vers lui un regard de velours qui se voulait innocent.

Je réfléchissais…

Vraiment !? Ce n’est pas un peu tôt pour s’y mettre ? Et…à quoi, si on peut savoir ?

À toi, à nous, à tout…

Il aurait voulu y croire. Pour peu qu’il pouvait la deviner, Lucrèce ne s’éperdrait jamais en romantismes absurdes comme penser à un « nous » au deuxième jour passé ensemble. Il n’avait rien du prince charmant ni elle de la belle au bois. Mais le jeu était plaisant…et mettre les choses aux clair avec son dérangeant frangin pouvait bien attendre un peu.

Elle répondait merveilleusement à son assaut désabusé. Que de plaisirs insoupçonnés leur réservait encore le futur…s’il y en avait un, bien sûr.


Je… Je ferai ce que tu veux… Je suis à toi, tout à toi…


Reddition ? Ce serait trop facile. Elle était sans doute assez subjuguée par la promesse miroitante d’éternelle jeunesse et allez savoir quoi encore mais Lucrèce n’était pas du genre à fléchir et encore moins à se livrer à des aveux pâmés, entre deux soupirs.

Tu es une diablesse intrigante, ma chatte…mais tu n’as pas besoin de simuler avec moi…Ne dis rien ! On s’entend, cela suffit…pour le moment !...Tu m’as compris ?

Brutal, il la plaqua contre la paroi, lui relevant le visage, la forçant à le regarder droit aux yeux. L’éclat de rage mal contenue perçu dans les siens le fit sourire.

Fâche toi, c’est ton droit. Je suis le plus fort…Restons clairs, ma douce. Ici, on ne joue pas à la romance du siècle. Tu me plais, je te plais, on la passe très bien ensemble et on a les mêmes intérêts dans la vie. Autant s’allier et on arrive à nos fins en tirant en sus grande satisfaction.

Il caressa lentement sa joue, puis son cou…avant de poursuivre, impénitent, avec le reste de son corps.

Tu es magnifique et tu le sais, c’est ta meilleure arme…avec ton esprit. Tu es futée comme un renard et as une force inouïe pour surmonter tout écueil. Comme moi. Je sais que tu feras n’importe quoi pour avoir ce que tu veux et tu sais que je peux te le donner. Nous en avons parlé hier soir mais tu n’as écouté que d’une oreille en faisant des calculs. Je ne peux pas lire en toi et tu en profites…mais pas de souci…je sais assez sur toi comme pour deviner pas mal…

Ses baisers se firent plus tendres, les siens aussi. Avec un petit effort, on pourrait presque y croire.

On fera avec ce qu’on a. Cela ne donnera que du bon, si tu m’obéis au pied de la lettre. D’accord ?

Instruire Lucrèce sur les arcanes du pouvoir fut un délice sans pareil. Élève attentive et fort douée, elle comprenait sans problèmes les détours de la simplicité humaine, car la nature est simple, en soi. Tous désirent à peu près la même chose : être au dessus des autres. La difficulté principale est de convaincre les autres qu’il vaut mieux pour eux se plier aux exigences du plus doué. Ce qui, bien sûr, n’est pas évident, à tous les coups. C‘est juste là, qu’entre en jeu la force de conviction et pour cela on pouvait compter sur le talent inné de Miss Borija.

Au bout d’une semaine, Jeff jugea que la jeune femme avait assimilé de façon très satisfaisante ses enseignements. Elle était pleine d’idées plus ou moins perverses et n’aurait cesse de les mettre en exécution dès que l’opportunité se présenterait.

Je peux comprendre ton impatience, chérie mais c’est juste maintenant qu’il faudra faire preuve de grande mesure. Tu ne peux pas entrer en scène et radier des cadres tous ceux qui te gênent si bien. Cette mairesse si désagréable et butée en tout premier lieu. L’heure est à la subtilité…N’ai aucun souci pour ce qui s’est passé l’autre jour, ils ne se souviendront de rien. Ce n’est pas un retour, pour eux…tu n’es jamais partie. Il faudra gagner leur confiance…tu sauras parfaitement t’y prendre.

Elle n’en semblait pas si convaincue. Alors, enjôleur, il parla des « petits » dons qu’il lui octroyait.

Tu pourras lire leurs pensées, donc anticiper et les surprendre…en outre, tu pourras jouer avec le temps, un laps court mais suffisant, juste pour retourner une situation et la reprendre à ton profit. Ils seront confus et tu en profiteras, ma douce, je sais que tu le feras avec grand art. La Pierre sera généreuse à tes demandes…cela générera l’envie mais tu seras si grande dame que partager ta chance ne te gênera pas. Rien ne gagne plus d’adeptes que la grandeur d’âme…c’est ce qu’assure mon frère. Et puis, ma toute belle, tu sais que je ne serai jamais loin…je ne veux pas me passer de toi.

Ces mots amenèrent un sourire mutin à ses lèvres mais n’atteignit pas ses yeux, ils demeurèrent aussi sombres et insondables que son esprit. Il lui flatta la joue avant de lui frôler la bouche d’un baiser léger.

Relâche toi, rien ne peut aller mal…Dans très peu de temps, tu sauras me donner raison.

Un instant plus tard, ils avaient abandonné leur île et se retrouvaient dans le bungalow de Lucrèce, à l’orée du village. Jeff contempla les alentours d’un œil exercé.

C’est un peu triste comme décor !

Un claquement de doigts et mine de rien, la pelouse fut plus verte que celle des voisins, des arbustes fleuris ornèrent le devant de la maison qui eut aussi droit à une petite mise à neuf, tout devint plus pimpant, plus joli qu’avant sans être tapageur. L’intérieur aussi avait subi des changements subtils, de sommairement confortable c’était devenu franchement douillet avec une touche de luxe de bon ton. Lucrèce découvrit plus tard que sa fade garde-robe de paria de service avait aussi subi une agréable mutation.

Les questions ne manqueront pas, contente toi de sourire et laisser entendre que tu as…certaines influences. Cela suffira. Maintenant je dois te laisser, il y a une paire de choses qui demandent ma présence…ailleurs !

Une certaine appréhension dans son regard flatta son amour propre.

Je reviendrai ce soir…à tantôt, ma belle !


Un baiser plus tard, il avait quitté les lieux et passait une rapide inspection pour voir où en était la vie dans ce bled si mortellement ennuyeux…or une paire de choses avaient changé dans le coin. Et pour un bouleversement inattendu, c’en était bien un…

*Mais…qu’est ce qu’ils foutent là ces trois là !?...Tu vas m’entendre, Manakiel !!!*
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Lucrèce Borija

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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Sam 26 Mai - 22:21

Curieux assemblage que celui de Jeff et de Lucrèce. La jeune femme avait toujours su agir au mieux de ses intérêts en visant le plus haut possible. Par quelle « chance » était-elle parvenue à attirer l’attention d’un être comme Jeff ? Bien sûr, le beau diable avait un « faible » pour les jolies créatures et, si elles étaient roublardes en sus, il ne demandait pas mieux. Miss Borija se doutait que ses attributs, si attractifs soient-ils, n’étaient pas les seuls en cause.
La réponse à ces questions lui était venue en rêve- ou du moins à ce qui y ressemblait- et, au matin, sans le vouloir Jeff avait confirmé :


Je ne peux pas lire en toi et tu en profites…

Le soulagement de Lucrèce fut immense, au point qu’elle le prit presque en pitié et s’adoucit.

Leurs rapports évoluèrent. De maître à élève le jour, la nuit les mettait sur un pied d’égalité entre amants passionnés.
Il voulait lui apprendre les subtilités de la manipulation et ses conseils en la matière étaient fabuleux. Avec un tel professionnel, elle aurait pu se mettre à rêver au pouvoir suprême de la domination de l’humanité entière si elle n’avait pas su que son univers se résumerait à ce coin de terre isolé du reste du monde… sauf contre-ordre.
Néanmoins, si Jeff désirait soumettre les villageois, elle se ferait un plaisir de lui obéir en tout et d’être son parfait instrument.


Oui Jeff ! Nous disposerons bientôt d’une belle armée d’esclaves dévoués. Quand est-ce que l’on s’y met ? Voir Bones me lécher les pieds ne me déplairait pas…

Je peux comprendre ton impatience, chérie mais c’est juste maintenant qu’il faudra faire preuve de grande mesure. Tu ne peux pas entrer en scène et radier des cadres tous ceux qui te gênent si bien. Cette mairesse si désagréable et butée en tout premier lieu. L’heure est à la subtilité…

Je vais être lapidée dès mon retour, avec ce qui s’est passé !

N’aie aucun souci pour ce qui s’est passé l’autre jour, ils ne se souviendront de rien. Ce n’est pas un retour, pour eux…tu n’es jamais partie. Il faudra gagner leur confiance…tu sauras parfaitement t’y prendre.

Je vois mal comment…

Il le lui expliqua en des termes assez extraordinaires. Il lui donnerait des dons, et non des moindres. Lire les pensées, jouer avec le temps… Que de perspectives alléchantes !

*il t’a vraiment à la bonne…*

Elle n’essaya pas ses nouveaux talents sur lui. Inutile de le vexer alors que Jeff était dans de telles généreuses dispositions. Elle se contenta de sourire en remerciement, mais le cœur n’y était pas. Comment en aurait-il pu être autrement alors que la peur lui serrait les entrailles.

*Voilà ce que c’est que de servir deux maîtres à la fois…*

Le « retour » au bungalow se passa discrètement. Jeff, toujours bien disposé, améliora nettement son cadre de vie. Lucrèce s’en extasia tout en s’énervant :

Comment je vais justifier ça aux yeux des autres ? Ils savent que je n’ai pas les moyens de me payer tout ça…

Les questions ne manqueront pas, contente toi de sourire et laisser entendre que tu as…certaines influences. Cela suffira. Maintenant je dois te laisser, il y a une paire de choses qui demandent ma présence…ailleurs !

Panique à bord :

Ne pars pas !

Il ne voulut rien entendre, l’embrassa et disparut.

Allez ma fille, au boulot ! soliloqua-t-elle pour se donner du courage.

Un bref coup d’œil au calendrier lui confirma que peu de temps s’était réellement écoulé depuis son « départ ». L’heure de l’action avait sonné.
D’abord, elle fila se rafraîchir à l’étage et se vêtit assez sobrement quoique sa nouvelle garde-robe garnie par les soins de Jeff aurait pu convenir à une princesse. Talons hauts et chapeau extravaguant furent mis de côté. Une petite robe de coton, des sandales, son sac à provisions en paille sous le bras, elle inspira un grand coup avant d’affronter sa nouvelle vie.

Du culot, Miss Borija en avait toujours eu à revendre. N’empêche qu’elle était dans ses petits souliers en remontant vers le centre du village. Lorsqu’elle croisa son premier voisin, elle le salua d’un « bonjour » du bout des lèvres tout en s’empressant d’ouvrir grand son esprit quand l’autre lui rendit son salut. Ce qu’elle perçut élargit son sourire :


*Mazette, quel beau petit lot !*

La suite des idées de Mr. Cole en disait long sur les projets qu’il envisageait de partager avec elle.
Lucrèce passa vite fait et rencontra cette vieille peau de Mrs Hopkins qu’elle contenta d’un mouvement sec de la nuque.


*Elle va la payer avec quoi sa bouffe ? Son c*l ?*

*Tu ne paye rien pour attendre, toi !*

Et ainsi de suite, jusqu’à arriver à la place où trônait la pierre sacrée. La foule habituelle des quémandeurs s’y pressait, plus ou moins en ordre. Comme les autres habitants, Lucrèce prit place dans la file et patienta tout en écoutant propos ouverts ou cachés.
Il s’en était produis des faits ! Qu’est-ce que ces gens racontaient ? Un bébé était né ? Des gens du passé étaient parmi eux ?
Très troublée, elle faillit rater ses vœux à la pierre et se fit bousculer pour se hâter. La majorité des gens priaient intérieurement, Miss Borija ne fut pas du lot :


Ô pierre, dans ton infinie bonté, puisses-tu accorder mon humble souhait. J’aimerais de quoi cuisiner un bon ragout, s’il te plait.

Pas de diamants déposés, juste une fleur de son jardin en offrande, et le miracle se produisit.
À ses pieds se matérialisèrent une quantité impressionnante de victuailles. De quoi faire un banquet en nombreuse compagnie. À fond dans son rôle de repentie, Lucrèce s’émerveilla telle une enfant un matin de Noël:


Je… je n’en demandais pas tant ! Merci infiniment !

Des murmures surpris, offusqués, s’élevèrent autour d’elle. Elle lut suspicion, envie, colère dans la tête de nombreux adorateurs du caillou. Vite, il lui fallait une parade. L’air le plus innocent du monde, Lucrèce avoua :

Depuis peu, j’ai appris que l’humilité plaisait beaucoup à la pierre. Il suffit d’avoir la foi. Mais là… elle a exagéré *Toi aussi, idiote !* C’est… beaucoup trop pour moi… qui vis seule.
Je prends ce dont j’ai besoin et… vous laisse partager le reste.


Preste, elle s’empara d’un filet de bœuf, patates, épices et s’éclipsa tandis que dans son dos, une curée monstre se déclenchait. Tels des chiens se disputant un os, les villageois se ruèrent sur les reliquats de la manne.
Sereine, son panier plein, Lucrèce alla vérifier si les ragots étaient fondés.
Ils l’étaient !
À son grand effarement, elle vit apparaître un étrange cortège. Beaucoup de badauds se pressaient autour d’un trio étonnant. Fendant la foule plus curieuse qu’hostile, deux malabars encadraient un troisième homme mal en point. Le sondage des pensées donna le vertige à Lucrèce qui ne s’attendait pas du tout à de telles révélations. Du coup, elle perdit le contrôle de ses propres idées et, la tête en feu sous le flot d’informations émanant de toutes parts, elle s’effondra sur le bitume.

Des papillons, une sensation d’humidité sur la figure, Lucrèce battit des paupières :


*Ah, le voilà qui se réveille ! Pas trop tôt !* Vous allez mieux ?

Une sorte d’infirmière lui prenait le poignet en regardant sa montre tout en débitant, l’air grognon :

Vous êtes au centre médical. On vous a ramassé dans la rue tantôt. J’ai dû m’occuper de vous ! *J’aurais préféré les autres… !*

Quels autres ? demanda Miss Borija encore confuse.

J’ai pas parlé d’autres, s’offusqua la grosse femme.

Excusez-moi, je mélange tout.


Elle se crut obligée de donner une raison à son évanouissement :

Il y avait foule dehors et il faisait chaud. Pourquoi tant de gens ?

Vous débarquez d’une autre planète, vous aussi ? Pourtant j’ai déjà vu votre tête au marché. Mais c’est vrai que vous ne venez pas souvent au village. Depuis hier, on a des ressuscités en nos murs et un bébé est né !

Des quoi ?

Sa surprise n’était pas feinte et l’autre avait des tendances au commérage. Il ne fallut pas longtemps à Lucrèce pour être au courant des derniers potins. Nurse Wrobel ne tarissait pas d’éloges sur les illustres revenants qui étaient venu faire soigner le roi Louis XIV brûlé aux mains dans un grille-pain. Ils étaient encore là, en compagnie de la seule maman du coin.

Le roi a une de ses dégaines, j’vous dis pas. Mais le plus vigoureux, Achille…

Le soupir de Miss Wrobel en disait long, ses pensées lubriques aussi.

Je peux le voir(Tic jaloux de la nurse) … l’enfant !

Tout le monde veut voir ce gosse. Il est adorable. Puis, pas à dire, c’est un miracle vivant. Mrs Walker, même enceinte en disparaissant, n’est pas partie des mois pour accoucher en revenant…

De quoi être chamboulé, en effet.
Puisqu’elle tenait sur ses pieds sans vertige et que son pouls était bon, la nurse l’autorisa à jeter un œil quelques rideaux plus loin dans le couloir.
Beau spectacle en vérité que ce grand blond musclé qui souriait bêtement avec une chose minuscule dans les bras. L’alitée était radieuse, affectueusement entourée par deux autres gaillards de belle prestance. Celui aux mains bandées serait Louis XIV ? Elle l’imaginait plus petit. Le plus barbu des trois félicitait la jeune mère avec paternalisme tandis qu’une brunette tenait la main de l’accouchée.
Encore pire que cette scène guimauve, un bref sondage des esprits écœura Lucrèce. Toute cette sollicitude autour d’une maternité, franchement…
Pourquoi les gens devenaient-ils tous chèvres devant un poupon rose ? C’était tellement idiot !
Achille… Le héros antique chanté par Homère pouvait-il réellement s’abêtir à ce point ?
À sa décharge, cet air un peu niais allait très bien dans tant de muscles…


*C’est pas vrai !* s’effara Lucrèce en sondant rapidement les pensées du Grec. *Il voudrait un bébé de Sissi ? C’est qui celle-là ? Je t’en donnerai des Sissi, moi ! *

Perplexe d’avoir eu de telles pensées. Elle voulut rabattre le rideau mais son regard plongea dans les yeux du guerrier antique qui l’avait aperçue :

Je… je ne voulais pas déranger, excusez-moi. C’est que c’est si…

Louis l’invitait à s’avancer. Elle aurait pu reculer et modifier légèrement le fil du temps, seulement la curiosité était trop forte. Le sondage express des deux femmes présentes la rassura. Lindsay et Jenny avaient bon cœur et n’écoutaient pas les médisances. Elles reconnaissaient Lucrèce mais lui laissaient le bénéfice du doute.


C’est un petit garçon magnifique ! Félicitation, Mrs Walker.


Faire guiliguili au bébé… soupir… Elle aurait préféré une risette du Grec. Il lui fallut raconter la raison de sa présence au centre médical, un récit véridique – pour une fois – s’émit.

… Et j’ai perdu mon panier. On me l’a volé avant que j’arrive ici. Il ne me reste plus qu’à aller prier à nouveau…

Mrs Chesterfield s’outra, lui proposant de l’accompagner porter plainte pour vol à la maison commune. Belle tentation que de croiser Bones…

*Il est trop tôt pour les hostilités* C’est gentil mais je ne veux créer d’ennuis à personne*tu parles…* Je m’accommoderai.

Ce bavard de monarque, désolé de sa mésaventure dont, involontairement il se sentait responsable, sans demander l’avis de ses amis, l’invita illico à s’associer à leur repas du soir.

Je… Merci beaucoup… d’accord. À ce soir.

Pensive, elle retourna faire la queue à la pierre. Vivement que Jeff revienne et la conseille.

Un gentil mironton de bœuf mijotait sur la plaque quand son beau diable débarqua. Une étreinte étourdissante passée, elle lui servit à boire et lui détailla par le menu sa riche journée pailletée d’émotions en omettant le fait qu’une naissance avait eu lieu. Il devait être au courant, non ? Pourquoi l’embêter avec ça ?


… Tu vois, j’ai été bien sage… Oui, c’était merveilleux de s’intégrer en douce en sachant à l’avance ce que ces gens pensaient de moi… Bien sûr que tu m’as manqué, grand fou ! J’ai pensé à toi toute la journée !

Elle mentait à moitié, mais bon…


J’ai fait des rencontres assez démentes. Comment ça se fait que des personnes historiques soient ici ?... Ah… Manakiel, évidemment.

Il voulut savoir ce qu’elle pensait d’eux, comment ils se comportaient, ce qu’ils espéraient. Elle dut se mordre la langue pour ne pas parler des idées du Grec et dévia en riant :

J’ai même reçu une invitation à dîner ce soir, mais tu penses bien que j’ai dit oui pour la forme… Tu, tu veux que j’y aille ? T’es pas sérieux ?

Oh si, il l’était. Il voulait une espionne humaine sur place et l’engagea vivement à accélérer le mouvement. En un claquement de doigt, elle fut rafraîchie et pimpante.

Et mon mironton ? J’ai mis des heures à…

La seconde d’après, un peu déboussolée, elle était sur le seuil du bungalow des historiques, sapée divinement, une marmite entre les mains …
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Jeff Berith

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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie [FE Jeff]   Jeu 31 Mai - 21:29

Se trouver pratiquement nez à nez avec les chouchous de Manakiel en plein village eut l’heur de lui virer le foie. Nez à nez est trop dire. Il vit sans être vu. Magnifique artifice, celui de l’invisibilité. Aucun besoin de renseigner la populace sur sa présence.

*Pas à dire, ces trois là, cela fait variété dans ce bled…ils causent fureur ! C’est ça, les dames, matez moi ces muscles…*

Tant qu’à faire, puisqu’il y était, il se lançait à un petit sondage mais du coup, un monde fou s’agglutinait autour des trois hommes…Tiens, Lucrèce était du lot ! Son attention se vit distraite par le malaise de sa belle, il fut sottement tenté de voler à sa rescousse mais se taxant d’idiot préféra les choses se débrouiller seules et s’en alla chercher ailleurs de quoi occuper son temps. Il avait pas mal à faire, en commençant par une bonne mise à jour avec son « frère » , qui finalement le laissa un minable goût d’amertume à la bouche et rien de tiré au clair. Il était convaincu que Manakiel tramait quelque chose et ne pas savoir quoi le rendait malade de rage.

*S’il touche à Lucrèce…je le tue !*

Bien sûr savoir que cela était impossible ne fit que raviver sa colère la plus sournoise. Un petit tour à son observatoire futuriste lui donna le loisir de se mette à jour avec les nouveautés des derniers jours et pas à dire, il s’en passaient, des choses. Manakiel avait bien profité de sa distraction. Non content d’avoir facilité l’arrivée des historiques au village, voilà qu’il s’apprêtait à leur rendre aussi leurs chéries. Soit, il ne pouvait plus l’éviter mais au moins ferait il foirer un peu la manœuvre. Manipulation ci, manipulation là, Jeff put créer un décalage temporel entre les deux mondes...ça leur ferait les pieds et qu’ils arrangent comme ils le pourraient !

D’un autre côté, il était assez satisfait de la tournure que prenaient les choses au village. Le pouvoir montait gentiment à la tête de la Mairesse et ses acolytes. Les habitants se divisaient. Convoitise, envie, médisance faisaient rage. Il attisait le feu, mine de rien, en favorisant d’uns plus que d’autres. La cerise sur le gâteau serait Lucrèce. Berith se régalait d’avance, il s’occupa à faire germer quelques idées douteuses dans ces esprits si accessibles. Rigola des mièvres pensées du toubib bleu d’amour pour la jolie Lindsay qui demeurait vertueuse et fidèle malgré quelques pensées turbulentes, en se promettant d’y mettre plus de sel, cela ne ferait que corser un peu la sauce au retour du mari…si jamais il savait se débrouiller pour revenir.

Mais déjà il était impatient d’aller retrouver sa disciple favorite. Il la trouva, affairée à la cuisine d’où émanaient des effluves très appétissants, quoique pas aussi appétissants que le cuistot de charme. Elle répondit avec entrain à son étreinte mais, comme cela commençait à devenir habituel, il la soupçonna d’avoir la tête ailleurs. Curieusement, cela lui produisit une désagréable sensation qu’il ne sut définir en ce moment.

Raconte moi ce que tu as fait de ta journée. Tu t’es amusée ?

En lui servant à boire son whisky préféré, elle se lança dans une narration colorée des menus faits du jour. Elle ne s’était pas ennuyée. Son expérience avec la Pierre le fit rire.

Foi ? Humilité ? Bien trouvé, ma chérie...demain on les verra prier fervents en se frappant la poitrine. Pas mal leur avoir cédé la moitié, je te l’avais dit…cela marche à tous les coups…dans une semaine ils feront la queue en attendant que tu ais fini tes dévotions !...Et, tu n’as fait que cela ?

Elle souriait, mutine, adorable.


Tu vois, j’ai été bien sage.

Il la retint pour un baiser.

Cela t’a plu, être là en dominant la situation ?

Oui, c’était merveilleux de s’intégrer en douce en sachant à l’avance ce que ces gens pensaient de moi.

Je comprends, c’est une sensation grisante, et puis, sans pouvoir se retenir s’enquit, doucereux, t’ai-je au moins manqué un peu ?

*Imbécile…c’est quoi ça !? Tu perds la perspective…*


Sa réponse lui fit chaud au cœur.

Bien sûr que tu m’as manqué, grand fou ! J’ai pensé à toi toute la journée !

À quoi bon se faire des illusions ? Elle mentait, sans doute, mais diable…que c’était bon entendre ça !

Elle avoua avoir fait des singulières rencontres et il ne rata pas son regard émoustillé.

J’ai eu vent de l’affaire, oui. C’est une idée de Manakiel…qui d’autre serait capable de pareille faribole ? En tout cas ce sera un beau tollé. Mais dis moi, qu’est ce que tu en penses, de ces gars ?

Elle resta assez vague sur l’ensemble de l’idée et il n’eut pas de mal à deviner que comme à toutes les femmes des alentours un certain blond avait dû lui taper dans l’œil. Il en avait trop vu dans sa vie comme pour se méprendre de son petit soupir ennuyé en avouant :

J’ai même reçu une invitation à dîner ce soir, mais tu penses bien que j’ai dit oui pour la forme…

Même si l’idée de la laisser trop longtemps près de la tentation, Berith dût reconnaître que cette aubaine inattendue tombait pile pour la bonne réalisation de son plan.

Mais au contraire, ma belle, c’est parfait.

Tu, tu veux que j’y aille ? T’es pas sérieux ?


Il sourit en portant sa jolie main aux lèvres, les y pressant, enjôleur.


Absolument, ma jolie. Que demander de mieux que les fréquenter ainsi, tu pourras sonder leurs intentions, penchants et découvrir sans doute quelque faiblesse que nous pourrons utiliser à nos fins. Oui, tu vas y aller, à leu dîner et tu vas les charmer. Nous nous comprenons, n’est ce pas ?

Et comment que si elle comprenait ! Il mit le souci du détail jusqu’à choisir ce qu’elle porterait pour faire le meilleur effet. Elle protesta, juste pour la forme.

Et mon mironton ? J’ai mis des heures à…

Et bien, tu l’emmènes. Cadeau de bonne volonté. Les gens apprécient cela. Allez, va, tu es une grande fille, tu sauras très bien t’en sortir.

Avant qu’elle ne s’avise à protester, il l’avait fait apparaître sur le perron. Impossible faire marche arrière. S’il songea un instant la laisser se débrouiller seule, il ne sut résister à la tentation de se faufiler lui aussi dans le bungalow. Invisible, il ne perdit miette de cette rencontre.

Ces historiques ne seraient pas faciles à circonvenir ! Des fortes têtes, tous. Des esprits bien trempés, avec des principes fortement ancrés et pas des moindres. Honneur, probité, justice, loyauté et autres vertus que lui dénigrait si bien. La fidélité, pourtant très appréciable chez Richard et fort surprenante chez Louis ne semblait pas trop troubler le guerrier qui, sans jouer les difficiles, cédait au charme de Lucrèce. Assister au baiser que ces deux là échangèrent en guise d’au revoir remua Berith plus que voulu, quitte presque à intervenir et les séparer mais logiquement, se retint.

Lucrèce eut le bon cœur de ne pas sembler ravie en rentrant. Lui, accommodé dans le divan, un verre à la main, fit comme qui n’a pas bougé de là de toute la soirée et joua à la perfection son rôle d’intéressé à peine curieux.


Alors, ça a été, ma chatte ? Pas trop ennuyeux, à la fin ?...Tu en as pris, du temps, quand même…moi, bof…j’ai fini par m’endormir…Non, je n’ai rien mangé…mais non, ne te dérange pas…je n’ai pas faim…pas de ce genre, en tout cas !

Par la suite il s’appliqua, très habilement, à lui faire oublier, l’éclat d’autres yeux et le goût d’une autre bouche.

Les derniers évènements avaient rudement secoué la vie de ce bled de mortel ennui. C’était devenu un véritable essaim de passions déchaînées. Tout y passait. L’intolérance campait avec ses griefs les plus sûrs, la convoitise faisait briller ses dents aiguës, l’envie engendrait colère et celle-ci attisait le feu de tout ce qu’il restait à brûler.

Par le hasard des conversations surprises, Berith apprit quelque chose qui le laissa absolument pantois : un enfant était né. Au début, il ne voulut presque pas donner crédit à pareille absurdité. Une des règles immuables de ce jeu était : seuls les animaux se reproduisent. Où avait été la faille monumentale au plan parfait ? Quand il sut qui étaient les parents du nouveau-né, une certaine lumière se fit sur cette erreur inattendue et le combla de satisfaction car il pouvait rejeter, sans souci, la faute sur Manakiel, puisque c’était son « ange gardien », Luke Walker, le géniteur. Mais coupable ou pas, son « frère » veillait jalousement au grain, malgré tous ses efforts conjugués, Jeff ne put pas approcher de la mère et encore moins du bébé. Une sorte de champ de sécurité, invisible, repoussa son approche.

Tôt ou tard il y arriverait mais pour le moment celui-ci était le moindre de ses soucis. La houle de dissidence qui agitait la populace mettait de l’ambiance. On allait juger les intrus, ce qui promettait bien de joies pour lui qui adorait voir le trouble semé partout. Lucrèce jouait ses atouts avec grand talent, sans éveiller autre chose que l’envie et le blâme, ses manœuvres d’approche et fraternisation avec les historiques pouvaient être jugée comme un succès tactique, sauf un détail cuisant…La belle s’y prenait avec grand entrain, à la fraternisation : Lucrèce séduisait le grec et pas exactement dans le sens propre du devoir à accomplir. Jeff le savait, le sentait…en souffrait. Il la suivait, visible ou invisible, pour savoir, la surveiller, se mortifier de sa propre œuvre. Et ne voyait que les résultats de sa propre intrigue.

Je t’ai dit de les mettre en confiance…pas de t’amouracher de l’un d’eux !, gronda t’il, un soir, après avoir surpris une édifiante scène, dans un coin isolé.

Elle lui avait ri au nez en assurant ne faire autre chose que suivre ses doctes indications.

Ouais…mais là, tu en fais trop !!! Veux plus te voir lui rouler des pelles de la sorte…tu semblais ravie !...Ça te plaît ?...Dis moi la vérité…ÇA te plait ???...Tu es vraiment une traînée, Lucrèce…mais tu es MA traînée, compris !!!

Qu’elle lui fiche une gifle d’anthologie mit le feu aux poudres, déclenchant une bagarre digne de chats de gouttière. Se disant n’importe quoi, gifles à la volée, coups de griffes, coups de dents pour finir en roulant sur le tapis, frénétiques de vindicte, de rage mais aussi agités d’un désir insurmontable qui finit par avoir le dessus.

Alors, elle avait pleuré et il l’avait bercée en prononçant des mots jamais dits, dont il aurait juré même ignorer la veille, effaçant toute trace des sévices infligés avec une tendresse affligée qu’il ne se connaissait pas non plus.

Je perds la tête…c’est ta faute…tu es à moi…seulement à moi…

C’était ce qu’il voulait mais n’osa ni sonder son regard et pour une fois, il se réjouit de ne pas pouvoir lire ses pensées. Il préférait ne pas savoir quelle était sa véritable réponse…
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