Gods Games

Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Bons voyages...

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Josh Cromwell

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MessageSujet: Bons voyages...    Dim 3 Fév - 17:02

Qui aurait pu croire qu’Emily lui manquerait à ce point ? Personne ne s’en doutait mais le fait demeurait. Il n’avait pas pleuré aux funérailles de son amante, avait accepté le testament sans sourcilier puis s’était… enivré copieusement, seul dans le salon désert de l’immense maison léguée.
L’avenir ? Voilà bien un truc auquel Josh pensait rarement. Son but semblait atteint, pourtant il n’était pas satisfait. Le serait-il jamais ?
Maintenant, grâce à la générosité d’Emily, tout, absolument tout était possible.
Affalé sur un fauteuil, il resta longtemps à méditer dans les vapeurs d’alcool et la fumée des cigares consumés l’un après l’autre. Le majordome, James, partie intégrante de la baraque, l’y secoua au matin :


Monsieur, Madame serait fâchée de vous voir ainsi. La salle de bains est prête, des vêtements frais aussi. Votre petit-déjeuner vous sera servi par Constance puis, elle et moi nous nous retirerons…

Josh haussa les épaules en levant sa grande carcasse du siège de cuir. Il se doutait que la domesticité ne survivrait pas à la patronne. Qu’en avait-il à cirer ?

Je suppose que vos gages sont réglés. Dites à la femme de chambre de liquider la garde-robe d’Emily. Constance et elle peuvent y piquer ce qu’elles veulent ou tout donner à leurs œuvres de bienfaisance.

Cromwell aimait aller vite. Régler de menus détails ne lui demanda que quelques semaines.
Un deuil très actif, suspect, aux yeux de beaucoup.
On vit Josh dans de nombreuses boîtes de nuit, champ de course, casinos et autres lieux de jouissance. Il n’attendait que l’encaissement définitif du pactole pour tirer sa révérence.
Les liquidations auxquelles il se livra en déconcertèrent plus d’un. Non, mais ! Ils espéraient quoi ? Qu’il fasse tourner les boutiques ? Mal leur en prit.
Un de ses très rares « amis » - Michael Sorensen – le tira d’une belle bagarre dans un tripot louche. Josh était tellement beurré qu’il rigolait comme un bossu à chaque phrase que l’autre lui débitait.
Michael ne riait pas lui !


Ecoute-moi, le secoua-t-il sans ménagement, c’est très sérieux ! L’administrateur que tu as viré est furieux, il a demandé qu’on rouvre l’enquête… Rien d’officiel encore mais, si j’étais toi, je prendrais le large !

Rien a me reprocher, moi ! Hips !

Je le sais mais… Tiens, j’ai tout prévu ! Tu voulais bouger, tu seras servi !

Il lui avait fourré des documents dans sa poche intérieure puis… grand trou noir.

Quel réveil ! Des gueules de bois, Josh en avait connues, mais là…
La salle d’eau fut visitée façon express. Ne tenant pas sur ses longues guiboles, Josh s’écroula à nouveau sur son lit et s’étonna de son environnement.


*Sur un bateau ?? C’est quoi, ce délire ? *

Après quelques minutes, son malaise dissipé, Josh reprit du poil de la bête. Il passa la tête sur la petite terrasse de sa suite et aucun doute ne subsista : il était en train de naviguer sur un paquebot de luxe. Après une douche, négligeant corbeille de fruits et bouteille de champagne, il inventoria ses placards. On l’avait gâté, rien ne manquait sauf… la mémoire d’un embarquement quelconque.
Vu l’heure tardive, il endossa un smoking.
Se repérer sur un tel navire ne fut pas aisé mais trop difficile non plus. Il lui suffit d’agripper au collet le premier employé de service :

Je veux voir le responsable des enregistrements, au trot !

Le gars, un peu paniqué par la tenaille qui lui broyait le bras, guida Cromwell dans les méandres de ce monstre des mers. Chemin faisant, Josh apprit qu’ils avaient appareillé depuis la veille en direction de… l’Australie. Du diable que foutait-il là ?
Lorsqu’ils arrivèrent en vue du bureau requis, Josh libéra son otage qui détala sans demander son reste tandis qu’un poing vigoureux tambourinait à la porte de la cabine désignée.
Un homme las finit par ouvrir. Josh l’apostropha d’un ton sec :


C’est vous Dalwish des enregistrements ?

Le bureau est fermé, Monsieur ! S’il y a un souci avec votre cabine, demandez à l’hôtesse qui…

Ma cabine n’a rien à voir ! L’ennui est que je n’ai rien à faire ici ! Comment ai-je atterri ici ? Je veux retourner à terre !


D’abord suffoqué par l’outrecuidance de son visiteur, Dalwish fronça les sourcils puis se détendit :


Vous êtes Mr. Cromwell, n’est-ce pas ? On m’a prévenu que vous risquiez de ne pas être très… commode. Je vous rassure tout de suite, tout est en ordre ! Votre ami, Mr. Sorensen vous a fait monter à bord… en civière. Vous étiez… comment dirais-je, euh… dans les vapes… Mais tout est parfaitement en règle !

Quel salaud ! Il a dû me droguer. Comment je fais pour rentrer ?


Mon cher Monsieur, nous n’allons pas faire demi-tour pour si peu… ni larguer un canot dans ces eaux… en pleine nuit. Nous longerons une côte demain fin de journée. Si vous y tenez toujours, on pourra envisager de vous y débarquer…

Et comment que j’y tiens !


Furieux, Josh tourna les talons. Il traça sa route, l’esprit en ébullition, sans se soucier de qui il télescopait au passage. Un besoin impératif de grand air le poussait en avant. Pourtant, après un trajet assez long, des effluves alléchants flattèrent ses narines. Un pincement au creux de l’estomac s’ajouta. Mince ! Il crevait de faim.
Un restaurant était proche, pas de doute. Il y fonça.


Sa commande passée, seul à une table près de larges vitres extérieures, Cromwell rongea son frein en dévorant des petits pains, à défaut de mieux. Outre son apéritif, n’ayant que cela à disposition, il tenta de se mesurer. Son pied frappait néanmoins le tapis de sol en dépit du rythme de la musique douce diffusée dans la salle. Enfin, il entrevit un garçon porteur de saveurs dans sa direction. La salive noya sa bouche comme chez un bon chien de Pavlov. Déjà il saisissait ses couverts quand, avec horreur, à moins d’un mètre du but, il vit une donzelle percuter le serveur dont le plateau vola par terre.
La miss se confondait en excuses, lui vit rouge :


Quelle gourde, non mais vraiment !
rugit-il en se levant brusquement de table.

Pointant méchamment le pauvre serveur, il lâcha :

Laissez ce bordel, j’en ai marre d’attendre ! Où est le plus proche fast-food ? Même si c’est dans les soutes, m’en fous ! J’AI FAIM !
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Lindsay Fairchild

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Dim 3 Fév - 17:11

Bye bye ! Ciao ! Arrivederci !!!

Lindsay jubilait ! Que c’était bon être libre comme le vent, à bord d’un superbe paquebot, en partance pour l’Australie, loin de tous ceux qui l’aimaient à l’en étouffer, de tant la couver. Elle ne leur en voulait pas. Ça, jamais de la vie ! Au contraire, elle adorait ses parents, sa tante Becky, sa famille en entier, mais il lui fallait reconnaître, par la force des chose et l’attrait ineffable de l’indépendance, qu’elle ne les aimait que plus avec une considérable distance entre eux !

Voilà, c’était fait ! Sans hésitation. Que son adorable tante ait dû abandonner la partie et séjourner à l’hôpital pour se faire extraire l’appendice l’avait peinée, sans plus. Après tout…qu’y pouvait elle ? Tantine ne courant aucun danger, autant profiter de la vie, en commençant par ce merveilleux voyage !

Une voiture de la compagnie maritime l’avait transportée de son hôtel jusqu’au quai d’embarquement où une charmante hôtesse l’avait prise en charge. Bénéfice d’être passager de 1ere classe. Elle se limitait à sourire et dire merci. Sa cabine, tel que promis, un rêve. Fleurs fraîches, une somptueuse corbeille de bienvenue et du champagne à point l’attendaient. Une diligente camériste s’occupait déjà de défaire ses bagages rangeant tout à sa place avec la science que donne la longue expérience avec des clients exigeants.


Elle sortit au balcon de sa suite et respira profondément…Soit, on ne pouvait pas encore parler de l’air pur du large puisqu’on était encore au port mais c’était déjà la sensation de voyage, d’aventure ! Nez en l’air, yeux fermés, mille rêves en tête…et la sensation d’être observée. Reprenant une attitude plus digne, elle se tourna vers le balcon voisin au sien, un jeune homme s’y tenait…L’espace d’un instant très bref, tout sembla s’engouffrer dans un tourbillon, elle s’agrippa à la rambarde, respira un bon coup et tout rentra dans l’ordre. Il sourit, faisant un petit geste de la main. Elle fit de même avant de rentrer. Une curieuse sensation de « déjà vu » la tarauda alors qu’elle se battait avec le bouchon du champagne. En ressortant un peu plus tard, il avait disparu mais par contre, Lind eut droit d’assister en direct à l’embarquement d’un passager singulier. Descendu d’une ambulance, il monta à bord porté dans une civière.

Et son dernier souhait sera mourir en haute mer et y être balancé !, soliloqua Lind, en pouffant même si l’idée était loin d’être drôle, comme quoi…si tu payes…tu meurs où tu veux !

Oubliant son voisin immédiat et le mourant embarqué, Lindsay se mêla à tout ce beau monde émoustillé par le début du voyage avant de décider employer sa première journée à bord à se faire le plaisir d'une longue séance relax-beauté dans le magnifique spa à bord. Ce soir, elle dîna léger, dans sa cabine et s'endormit tôt pour être en forme le lendemain...

Première journée au large. Après quelques heures de flânerie insouciante, elle se déclarait ravie de n’avoir rencontré personne de sa connaissance. Le monde tournait rond et tout était parfait. Elle retourna à sa cabine pour prendre un bain et se changer en prévision du cocktail offert par le capitaine en guise de bienvenue à bord. Tout se passa dans les règles de l’art comme on pouvait s’y attendre et après quelques échanges polis avec l’un ou l’autre, la douce enfant jugea qu’il était temps de se nourrir plus substantiellement qu’avec des canapés.

Une hôtesse la guidait vers sa table. En passant, une jeune femme rencontrée au cocktail l’appela par son nom, sourires, de loin, on se mit d’accord pour se retrouver plus tard. En se retournant pour poursuivre son chemin, elle se trouva face à face avec un serveur empressé qui pour éviter de la percuter fit un mouvement trop brusque , envoyant valser le contenu de son plateau dans les airs…


Oh mon Dieu…je suis désolée…quelle sottise de ma part…je ne…

Le serveur, assez pâle assura qu’il n’en était rien mais pas ainsi le grand bonhomme à qui, en tout évidence, semblaient destinés les mets éparpillés par terre.

Quelle gourde, non mais vraiment !

De sa vie, personne n’avait eu l’audace de la traiter de gourde. Retournée tout de go, elle dévisagea l’outrecuidant qui s’était levé de sa table et s’en prenait au pauvre serveur avec un vocabulaire très inadapté aux lieux et encore moins aux présents.

Quel ours mal luné vous faites, monsieur, franchement, vous ne voyez pas qu’il s’agit d’un lamentable accident !

*Un ours magnifique…mais ours quand même !*

Si les regards tuaient, elle serait sans doute tombée raide mais éducation et présence d’esprit na manquant pas, elle se contenta de le toiser, froidement en disant :

Puisqu’il semblerait que j’ai ruiné votre dîner, je vous prie d’accepter être mon invité.

*Tu es tombée sur la tête, ma fille…tu as vu l’air d’ogre qu’il a !?...Oui…mais quel ogre !*

Comme l’autre semblait partagée entre sa mauvaise humeur et sans doute un certain reliquat de bonnes manières, elle crut bon avoir le fin mot de l’histoire.

En fait, j’insiste !, et s’adressant à l’hôtesse, interdite, ce sera une table pour deux, je vous en prie.

Pendant un instant, elle craignit qu’il n’aille en plus lui crier dessus alors s’armant de son plus beau sourire, se présenta :

Je suis Lindsay Fairchild…j’espère que le service sera rapide, il semblerait que nous sommes déjà deux à mourir de faim !

Advienne que pourra…
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Lun 4 Fév - 22:45

La faim, il connaissait. Entre fugue volontaire et rencontre avec Emily, il l’avait maintes fois subie alors qu’avant... Dire qu’il lui était arrivé de faire la moue dégoutée devant foie gras ou homard…
Ce salaud de Michael, qu’il considérait comme pote, l’avait embarqué malgré lui sur un rafiot !
Pas n’importe lequel, il est vrai mais quand même...
Son estomac, privé de solides depuis quasi deux jours, réclamait gravement sa pitance, quelle qu’elle soit. Et là, alors qu’elle approchait, elle fut gâchée par une tamponnade inattendue.
La responsable eut l’air choqué par sa saillie. Il n’en avait cure. Ne voilà-t-il pas qu’elle se gaussait :


Quel ours mal luné vous faites, monsieur, franchement, vous ne voyez pas qu’il s’agit d’un lamentable accident !


Lamentable ??? Le mot est faible !

Ils se toisèrent un instant, puis la mignonne personne – oui, elle l’était – arrondit les angles en insistant à l’inviter à dîner tout en se présentant :


Ce sera une table pour deux, je vous en prie… Je suis Lindsay Fairchild…j’espère que le service sera rapide, il semblerait que nous sommes déjà deux à mourir de faim !

Le sourire était charmant… désarmant.


Josh Cromwell, dit-il en lui tendant la main. Ma table est là, si vous y tenez, posez-vous !


D’un claquement de doigt, habitué à être obéi au quart de tour, il commanda de nouveaux apéritifs :


Mademoiselle Fairchild prendra… Pour moi bourbon sec ! Et ne lésinez pas sur les zakouskis, cette fois !

La raideur de ses épaules céda un peu devant l’air de chatte alléchée de son « hôtesse » :

Ainsi vous avez faim ? C’est rare de nos jours de voir une belle plante affamée d’autre chose que de feuilles de salade… Quoi ? Je vous choque ? Si vous y tenez, rien ne vous retient d’aller ailleurs… Ah ? Vous avez entendu parler de moi *Ben voyons…* Je ne pense pourtant pas être très coté dans la jet set… Ouais, apparemment c’était bien moi sur la civière. Une blague d’un pote… Il tenait à me faire changer d’air…


Comme par magie, le service fut très diligent. Rapidement, ils purent savourer leurs boissons en comblant un peu leur creux.
Pour une raison insoupçonnée, Josh commença à prendre goût à la situation. Après tout, Michael n’avait peut-être pas eu tort de lui forcer la main en le poussant à une croisière involontaire.
Tablant sur l’intérêt de la jeune femme, il meubla la conversation :


Je ne connais pas l’Australie. C’est bien là que nous nous rendons, non ?… Vous, pourquoi y allez-vous ?


Elle le bassina d’une histoire dont il n’avait rien à cirer où il était question d’une tante, d’étouffement et de liberté.

Ah ! Voici nos entrées! dit-il en se frottant les mains.

Alors que les choix du menu étaient vastes, par un hasard tel qu’il n’en existe que rarement, ils avaient choisi exactement les mêmes. D’aucun aurait pu y voir un signe d’accord, Josh ne s’attarda pas à ce détail, préférant savourer ses st Jacques en toute paix gustative.
Bien sûr, il termina son assiette en quelques coups de fourchette. Après une longue rasade de vin blanc, il claqua la langue, satisfait.
Miss Fairchild, elle, dégusta longuement, religieusement. Il la contempla, le coin de l’œil amusé.
Que cherchait-elle en l’invitant à sa table ? Prouver qu’elle savait réparer ses torts, se montrer grande dame ? Le draguer ? Les femmes, Josh en avait fait le tour dès sa puberté accomplie. Sa longue errance lui en avait fait connaître de tous genres. Là, il ne parvenait pas encore à cerner celle en face de lui, mais quelle importance ?
Apparemment, la demoiselle ignorait tout de lui, bonne chose. Elle semblait surtout désireuse d’affirmer une indépendance fraîchement acquise et, selon ce qu’il percevait, elle semblait prête à franchir des interdits refoulés jusque-là.
Une énorme côte de bœuf rassasia enfin Cromwell. La miss, même en manifestant un solide appétit cala à la moitié de la sienne. Sans façon, Josh échangea les assiettes et acheva le plat d’une demoiselle mi-amusée, mi-choquée :


Vous savez, dit-il en mode excuse, j’ai été dans le cirage plus de 24 heures… Ah ? Vous m’avez vu embarquer ? Vous en avez de la chance. Moi, je ne me souviens de rien, seulement de ma dernière virée à terre… Oui, mémorable !


Il souligna sa dernière phrase avec un grand sourire tout en se frottant la mâchoire encore bleuie des coups reçus
.

Prendrez-vous un dessert ? … Non, pas moi, merci. Mais dites-moi, si vous êtes seule ce soir, que diriez-vous d’accorder nos solitudes ?


Chic, elle se troublait ! Josh adorait mettre les autres – femmes surtout – dans l’embarras :


Nous pourrions aller danser, écluser quelques verres ou jouer au casino ? Il doit bien y en avoir une paire dans le coin, non ? J’ai besoin de me défouler après avoir tant dormi. Pas vous ?


Si elle souhaitait l’accompagner, tant mieux ; si pas, tant pis…
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Lindsay Fairchild

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Mar 5 Fév - 9:33

Très homme du monde, il se présenta, prit l’affaire en main et donna des ordres. Elle le laissa faire. Après tout si cela pouvait lui faire plaisir de jouer le macho dominant, ce n’était pas elle qui allait discuter. Apéritifs commandés et servis en moins de temps qu’il ne faut pour y penser, il prit quand même le temps de s’avouer surpris qu’elle ne fut pas une de ces femmes-lapin qui ne s’alimentent que de salades. Qu’à cela ne tienne, son appétit était solide et aucun souci de ligne ne l’accablait. S’il essaya de la choquer, ce fut raté, Lind n’avait aucune envie de passer sa soirée à contempler les étoiles ni lire un roman.

Certes Mr . Cromwell avait l’allure d’un de ces prédateurs dangereux dont tout fille de bonne famille, avec deux doigts de bon sens devait fuir à toutes jambes mais il était décidément plus intéressant que tout autre homme avec lequel elle fut sortie auparavant. Cet homme sentait le danger, l’aventure, l’interdit et Dieu sait quoi d’autre d’absolument irrésistible. Soit, elle était un peu folle. Sans doute tant de soudaine liberté avait des effets néfastes sur son habituel bon sens mais jusque là, la situation n’avait rien de répréhensible.


*Ouais…tu invites un parfait inconnu dîner avec toi…rien d’extraordinaire…tu fais ça tous les jours !*

Un inconnu monté à bord en civière, suite à un drôle de tour d’un non moins drôle de copain. Il ne connaissait pas l’Australie et n’avait pas eu l’intention de s’y rendre mais puisqu’on en était là voulut savoir ce qui la poussait à y aller.
N’ayant rien à cacher, Lindsay brossa un bref tableau de ses motifs mais eut la quasi certitude que Mr. Cromwell s’en fichait comme d’une guigne, en fait la seule chose qui semblait le préoccuper était son repas, qui arrivant à point nommé, fit de lui un homme comblé.
Il ne s’attarda pas à en faire de commentaire et faisant honneur à son bel appétit, quoiqu’on aurait aussi pu le qualifier de grande fringale, expédia l’entrée en deux temps trois mouvements pour après prendre son temps pour l’observer alors qu’elle dégustait tranquillement son plat. À peine posés ses couverts, on retira les assiettes pour les remplacer avec la pièce de résistance. Encore là, le bel ours ne lambina pas. De sa vie, Lind n’avait vu une si belle côte de bœuf disparaître aussi vite et fut assez soufflée quand, avouant ne pas pouvoir finir la sienne, Monsieur échangea les assiettes avec un sans gêne ahurissant.

Wow ! Vous étiez vraiment affamé !

Vous savez, j’ai été dans le cirage plus de 24 heures…

Rigolant en douce, elle but un peu de vin.

C’était donc vous !...J’ai été témoin de votre arrivée…très dramatique, faut le dire…J’ai même pensé à quelque farfelu désirant rendre son dernier soupir en mer…je me réjouis de m’être trompée…sur le fait de rendre l’âme, bien entendu.

Le cher homme, lui, ne gardait pas le moindre souvenir de son entrée en scène, sans par contre oublier d’autres choses qu’il jugeait mémorables. Chacun son petit cœur ! Qu’il se passe de dessert ne l’étonna pas trop, pas après ce qu’il venait d’engloutir. Elle, par contre, se fichant de pécher de gourmande, commanda un Mousse au chocolat, dégusté avec grande science jusqu’au moment où, mine de rien, il laissa tomber :

Mais dites-moi, si vous êtes seule ce soir, que diriez-vous d’accorder nos solitudes ?

La cuillère à mi chemin, elle leva les yeux vers lui.

Accorder…nos solitudes ?

*Oui…parce que, pardon mais cela peut se prêter à interprétation !*


Son regard n’avait rien d’angélique mais ses propos furent l’innocence même :

Nous pourrions aller danser, écluser quelques verres ou jouer au casino ? Il doit bien y en avoir une paire dans le coin, non ? J’ai besoin de me défouler après avoir tant dormi. Pas vous ?

Soulagée, elle savoura sa cuillerée de Mousse puis s’essuyant les coins de la bouche de sa serviette, sourit :

Pourquoi pas ? Ce pourrait être amusant !

*En tout cas bien plus qu’une sortie avec ce fade de Richard ou le crétin de Philip !*

En quittant le restaurant, Lindsay sentit pas mal de regards suivre leur sortie et ne put pas éviter de sourire en s’imaginant ce que penseraient certains en la voyant en pareille compagnie. N’étant pas trop fixés par où commencer, il proposa un tour sur le pont, question de prendre un peu d’air. Elle agréa, sans plus et un moment après, l’air frais du large la fit frissonner bellement.

Fait pas trop chaud…on fait un tour au petit trot !?, rigola t’elle, quoique ce serait mieux remettre ça à sous d’autres latitudes…

S’il avait une autre idée en tête, Josh ne lui en fit pas part mais ses yeux avaient un éclat malicieux qui disait plus que mille mots, Lindsay soutint son regard avec le même degré de rieuse malice puis faisant une joyeuse virevolte le précéda vers la porte. Ils flânèrent un peu avant de se décider pour entrer au casino. Quelque part entre le 21 et la roulette, ils passèrent du « vous » au « tu », sans aucun prétexte étudié. Il avait plus l’habitude du jeu mais Lind avait la chance du débutant et se découvrit un singulier talent pour le lancer des dés…

WOW ! Tu as vu ça !!! Encore un Sept…yeah !...on fait sauter la banque, dans ce jeu !?

Il lui assura que très difficilement et l’entraîna en riant vers les machines à sous.

Oh la…ça fait trop mémère…peux pas m’essayer au poker ?...Je plumais mes copines au pensionnat !

Josh la laissa essayer mais à la deuxième ronde, elle dut reconnaître que ses partenaires de jeu n’avaient rien à voir avec les pensionnaires de Beau-Soleil.

J’aime pas perdre…pas une petite table de Memory ? Là, suis imbattable !

La roulette lui sembla excitante mais s’abstint de jouer et le regarda gagner deux fois de suite et perdre trois avant d’assurer que se faire plumer n’avait rien de réjouissant et ce fut son tour de l’entraîner hors de l’antre de jeu pour filer droit vers une disco bruyante.

Au bout de deux heures à se trémousser au rythme des derniers hits à la mode, de chanter à chœur avec plus d’enthousiasme que de science et de rire en conséquence, elle devait reconnaître que sous ses dehors d’ours , Josh Cromwell, en plus de sexy s’avérait être une joyeux compagnon de fête.

La soirée s’allongea, sans qu’ils y prennent garde. Bavarder ? Pas trop. Que peut on se raconter dans un endroit bondé et bruyant ? Ils s’amusaient, tout simplement, prenant plaisir au simple fait de partager ces heures désinvoltes, sans aucun souci des lendemains…


Quel délice, avoua t’elle alors que la musique changeait pour se convertir en un slow très reposant, je suis si heureuse…non ! Cela n’a rien à voir avec tes beaux yeux…en fait, juste avec le fait que tu sais très bien danser et ne m’écrabouilles pas les pieds…C’est rassurant !
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Sam 9 Fév - 9:05

Depuis combien de temps Josh ne s’était-il pas autant détendu ? Un bon lustre, le plus probable.
Avec son style incomparable, Emily l’avait pris sous son aile, façonné, changé… un peu. Souvent Josh s’était sentit tel une fauve encagé. Il avait mordu, elle avait griffé. Entre dominant et dominé la nuance était faible dans ce couple impensable. Chacun d’eux avait concédé bien des choses mais était resté indépendant, ou presque.
Là, pour la première fois depuis longtemps, Josh se sentait investi par la liberté de ses actes.
La jeune femme rencontrée par le hasard d’une bévue lui conféra une sorte de bouffée d’oxygène inattendu.
Lindsay Fairchild était… marrante.
Quoiqu’elle tentât de paraître libre de contraintes, assumée, épanouie, Josh perçut un ancrage profondément enraciné dans le bcbg.
Tout, dans cette soirée, le lui prouva. N’empêche qu’il s’amusa vraiment, totalement.
Balade sur le pont, prétexte d’un vent frisquet, envie de s’éclater au casino, il la suivit dans ses petits délires, curieux de voir jusqu’où la jolie Miss pousserait la « plaisanterie ».
Contrairement à ce que son allure présumait, Josh était devenu gentleman, malgré lui. Pas question de profiter de la situation… pour le moment. Elle semblait bien rigoler, lui s’étonnait du plaisir tiré. Que demander de plus ?
Après des parties de jeux bidons dans lesquelles il ne s’investit pas entièrement ( faut pas attirer l’attention sur certains talents… ) il l’accompagna dans une discothèque où ils se défoulèrent très sagement.
Lors d’un slow, elle céda enfin du terrain :


..Je suis si heureuse…

Mon charme t’a vaincue ? rigola-t-il.

Non ! Cela n’a rien à voir avec tes beaux yeux…en fait, juste avec le fait que tu sais très bien danser et ne m’écrabouilles pas les pieds…C’est rassurant !

J’ai eu une prof incomparable, ses rumbas étaient… mortelles. Je te montrerai peut-être… un autre soir.

Elle s’intéressa aussitôt à cette prof et, exprès, Josh se montra choquant :

Emily avait quasi 20 ans de plus que moi et était loin d’être une mère avec moi ! Elle m’a appris à « danser » sur tous les rythmes de la vie !

Si elle était choquée, Lind le cacha bien.
Là, il jugea que la petite Miss avait assez éclusé. S’il avait voulu insister, peut-être aurait-il poussé son avantage.


Je te raccompagne à ta cabine,
décréta-t-il soudain.

Les adieux furent brefs, sans enlacements ou discours idiots. Il déposa simplement un discret bisou sur la joue veloutée :

Dormez bien, Miss Fairchild !

Hop ! Il tourna les talons.
Douche, whisky en rince-bouche, il rêvassa ou rumina longtemps encore en contemplant le plafond de sa cabine.


*Elle se cherche… C’est pas toi qu’elle va trouver… T’es pas assez… bien…*

Quatre heures plus tard, il se leva en pleine forme.
Ses muscles, il ne les devait pas au hasard. Tous les jours que Dieu fasse depuis Emily, il avait tenu à un entraînement rigoureux. Avant elle, c’était à la dure vie menée qu’il les devait.
Un plongeon dans la piscine du pont supérieur s’imposait avant un passage obligé au fitness.
Son papillon vigoureux n’avait rien à envier à celui des champions.
Il enfila les longueurs, persuadé qu’à cette heure nul ne remarquerait ses exploits nautiques.
Raté…
Il l’avait aperçue dans la salle de bal. Comment autrement ? Peut-être était-elle la raison de sa transition avec Lindsay ? En tout cas, la beauté blonde l’ignora ( ou fit semblant de?) et plongea alors qu’il sortait en tordant ses cheveux longs. Un regard vers elle, un demi-sourire, il s’épongea puis prit la direction de la salle de sport de cet étage.
X pompes, engins divers plus tard, il était en nage en revenant sur le pont menant aux cabines, une simple serviette nouée sur les reins.
Une Miss Fairchild trempée d’eau chlorée l’y croisa. Elle avait nagé aussi ?


Matinale ? J’aime ça ! dit-il en bonjour avec un grand sourire. On se fait un tit dej ?... ok !

Le regard admiratif perçu ne lui échappa pas. Qu’en pouvait-il s’il plaisait aux filles ? Emily l’avait fréquemment charrié là-dessus. Lind était d’une fraîcheur inédite…
Un petit déjeuner n’engageait à rien… Juste au plaisir de la compagnie.


À la table dévolue, ils se rencontrèrent à nouveau, en tenue adaptée. Le buffet étant ouvert, autant en profiter.
Tous les goûts étant permis, ils se servirent selon leurs choix.
Josh opta pour des fruits frais en abondance et quelques céréales. Voulait-elle le surprendre en chargeant son plat avec des matières grasses ?


Tu veux vivre dangereusement ? rit-il en emplissant une tasse avec du café. Une tendance dit qu’il faut manger gras le matin mais j’arrive pas à m’y faire. Quand j’avais un quignon sec sous la dent, j’étais content !

Elle s’étonna, il sourit, énigmatique :

J’ai pas toujours eu du blé à profusion… Cette table te convient ?

Elle toucha à peine à ses graisses, le dévorant des yeux, lui, plutôt.


Suis pas un animal de foire ! Pourquoi tu me zieutes ainsi ? … Ouais, mam’zelle ! Suis une sorte d’ours dans un costume chic. Ça te dérange ? … On se connaît à peine mais je veux que les choses soient claires : je ne suis pas un homme du monde ! …

Ah ? Elle redressa les épaules et soutint son regard comme quoi, elle s’en était douée.

Tu sais, je pourrais t’embobiner, te raconter n’importe quoi, et tu me croirais si je le voulais. Je préfère être franc… Je suis ici contre ma volonté. Ce monde m’est familier par la force des choses… Emily ? Oui. Elle a tenté de me forcer dans un moule dont je ne voulais pas. Les retombées ne sont pas éteintes, je ne souhaite pas t’entraîner là-dedans… pour ton bien.

Elle se défendit du mieux possible. Il plaqua :

Je débarque dès que l’on touche terre. Bonne chance à toi !

Il quitta la table, la laissant… interdite( ?) Et rejoignit sa cabine où il entama ses préparatifs de départ.
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Lindsay Fairchild

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Sam 9 Fév - 11:11

La vie était belle ! Elle était là, à bord de ce somptueux paquebot, jouissant d’une liberté longtemps rêvée, sans d’autre juge de ses actes qu’elle-même et, sacrée veine, en dansant avec un homme superbe, qui n’avait rien à voir avec un de ses baveux prétendants, toujours prêts à lui débiter quelque mièvre niaiserie au creux de l’oreille en essayant de conquérir son attention, pour plus tard avoir sa main et bien entendu, ce qui venait avec…c’est à dire, un compte en banque enviable et plus tard la fortune Fairchild.

Josh était différent. Sur tous les aspects. De toute cette folle soirée, il n’avait essayé aucune manœuvre douteuse. Quand Lind avait dit que c’était rassurant, ce n’était pas seulement de ne pas se faire écrabouiller les pieds…c’était le tout. Lui, son attitude, son aplomb, sa présence…Mais puisqu’on parlait danse, voilà qu’il étendait un peu l’information :


J’ai eu une prof incomparable, ses rumbas étaient… mortelles. Je te montrerai peut-être… un autre soir.

*Rumbas mortelles !...dis donc…*

Ce serait intéressant…j’ai toujours aimé danser. Tu as eu de la chance d’avoir…une prof si talentueuse…

Et l’autre de lâcher ses vérités sans aucun souci…de rien.


Emily avait quasi 20 ans de plus que moi et était loin d’être une mère avec moi ! Elle m’a appris à « danser » sur tous les rythmes de la vie !

*Tiens donc, bel ange…on aurait pu s’en douter, qu’il a son parcours, celui là…qu’est ce qu’il croit ? Que je vais me signer en criant au diable ?...Tu lui fais l’effet d’une petite oie, ma douce enfant !*

Bien pour elle, alors…tu devais être un élève…avantagé !

*Elle aura eu sa récompense…chacun fait ce qu’il peut !...Enfin !*

Frayant le paternalisme le plus attendrissant, Mr. Cromwell décida qu’il était temps de mettre fin aux réjouissances et l’accompagna jusqu’à la porte de sa cabine. Adorable, il l’embrassa chastement sur la joue et lui souhaita bonne nuit.

Faites aussi des beaux rêves, Mr. Cromwell !

Fermée la porte, Lindsay s’y adossa avec un soupir. Quelle soirée extraordinaire. Elle s’était tellement amusée. Pour une fois, sans contraintes, elle avait pu être tout simplement elle, sans crainte de mauvaise interprétation. Josh s’avérait comme une immense bouffée d’air frais dans son existence coincée de mille préceptes. C’était sans doute tout bête, il était à couper le souffle et pourtant, elle se sentait aussi tranquille avec lui que s’il avait été son grand frère…

*Drôle de frangin…ça aurait été quand même marrant d’en avoir un de pareil…*

Elle rigolait sous la douche en s’imaginant le parfait ensemble familial coloré par un fiston comme celui là. Sans être fatiguée, le lit lui sembla d’un délice incomparable et fermant les yeux, se laissa aller à cette douce rêverie, précédant le sommeil. Curieusement, ses pensées n’eurent rien à voir avec son bluffant compagnon de soirée mais avec un autre homme, entrevu à son arrivée, sur le balcon d’à côté et revu ce soir en compagnie d’une déesse blonde avec qui il semblait beaucoup s’amuser.

*Qu’est ce qui te prend ?...Tu ne le connais même pas…pourtant…sais pas…*

Étranges rêves que les siens…Elle n’en gardait pas un souvenir clair en s’éveillant, tôt, le lendemain mais une espèce d’angoisse sourde lui nouait le ventre…

*Finis de te réveiller !*

Aller nager lui sembla une bonne idée. Quelques longueurs de bassin suffirent pour la remettre en forme et retrouver sa bonne humeur. Encore assez ruisselante, elle retournait à sa cabine quand l’apparition d’un Josh vêtu d’une simple serviette autour des reins eut le don de chambouler le paisible décours de ses idées.

Matinale ? J’aime ça ! On se fait un tit dej ?

Euh…oui, pourquoi pas !? Suis prête dans un quart d’heure…ça te va ?

Il était tout à fait d’accord, surtout qu’il avait aussi besoin de passer quelque chose de plus habillé. Se montrer dans cette ténue si légère risquait de déclencher une émeute.
Face au fastueux buffet dressé pour le petit déjeuner, Lindsay passa outre toute retenue et n’écouta que sa faim. Qu’y pouvait elle d’avoir un si bel appétit et aucun problème pour conserver la ligne ? Autant se faire plaisir. Le bacon croustillant était une tentation irrésistible. Tout comme jambon, œuf à la coque, tartines au beurre, fromage. Par contre, l’ours athlétique qui l’accompagnait choisit fruits frais à gogo et céréales.

Tu veux vivre dangereusement ? Une tendance dit qu’il faut manger gras le matin mais j’arrive pas à m’y faire. Quand j’avais un quignon sec sous la dent, j’étais content !

Tant que ça ? , s’ahurit elle en se servant du jus d’orange, ce qui complétait son plateau.

À quoi venait ce sourire énigmatique ?

J’ai pas toujours eu du blé à profusion… Cette table te convient ?

Pour toute réponse, elle y posa son plateau et s’asseyant le regarda avec attention, ce qui sembla le mettre mal à l’aise.

Suis pas un animal de foire ! Pourquoi tu me zieutes ainsi ?


Le ton presque bourru la fit retomber brusquement sur terre.

Je ne pense pas que tu en sois un…

Ouais, mam’zelle ! Suis une sorte d’ours dans un costume chic. Ça te dérange ?

*Âme sensible, nounours !*


Vois pas pourquoi
, riposta t’elle avec morgue.

On se connaît à peine mais je veux que les choses soient claires : je ne suis pas un homme du monde !

Elle se redressa et braqua son regard au sien.

Et bien tant mieux ! Parce qu’ils sont ennuyeux, les hommes du monde !

Et l’autre d’y aller en toute joie de cœur, avec sa mise à jour.

Tu sais, je pourrais t’embobiner, te raconter n’importe quoi, et tu me croirais si je le voulais. Je préfère être franc…

Dis moi idiote tant qu’à faire ! Mais…quelle mouche te pique ?


Je suis ici contre ma volonté. Ce monde m’est familier par la force des choses…

Ne me dis pas…Emily a poli le diamant en brut et fait de toi ce que j’ai face à moi !, rétorqua t’elle, poison.

Emily ? Oui. Elle a tenté de me forcer dans un moule dont je ne voulais pas. Les retombées ne sont pas éteintes, je ne souhaite pas t’entraîner là-dedans… pour ton bien.

Elle soupira, agacée par cette tournure moraliste qui lui allait si mal.

Mon Dieu…dois je tomber à genoux et remercier tant de grandeur d’âme !? Tu penses vraiment que je suis si niaise que ça pour tomber pâmée à tes pieds…ou dans tes bras…ou dans ton lit ? Tu l’as bien dit…on se connait à peine et décidément tu n’as pas la moindre idée de qui je suis ni ce que je pense…bien sûr, à tes yeux de grand baroudeur de la vie…une douce petite oie blanche qu’il faut mettre à sauf…et à la fin…pense ce que tu voudras !

Je débarque dès que l’on touche terre. Bonne chance à toi !

DE MÊME !!!
, gronda t’elle assez fort pour que leurs voisins de table se retournent, et quoi ? Vous n’avez jamais vu des gens discuter !?

Du coup, l’appétit s’était enfumé. Et dire que peu d’heures auparavant elle était ravie de l’avoir rencontré et s’était sentie à l’aise, rassurée avec lui.

*Non mais…le pauvre mec est plus éprouvé par la vie de ce qu’il pense lui-même…ou sous ces dehors d’ours magnifique il a l’âme d’une vierge effarouchée…Dis donc, Emily, où que tu sois…qu’est ce que tu lui as fait, à ce noble cœur !?*

Elle se leva brusquement de sa place, sans prendre garde au distrait qui arrivait avec son plateau bien garni. La collision s’évita de justesse.

Excusez moi…suis un peu étourdie ce ma…tin…Tiens, c’est vous…mon voisin de balcon, non ?...Bon appétit…

Quel stupide besoin avait elle de le regarder de la sorte et lui d’en faire autant ? Cela ne dura que deux secondes et elle continua son chemin en essayant de ne bousculer personne. De retour à sa cabine, Lindsay dut s’asseoir jusqu’à calmer les battements erratiques de son cœur et découvrir qu’elle était tout simplement furieuse…avec Josh.

*M’en fous s’il pense que je suis tombée sur la tête…il va pas se tailler sans savoir ce que je pense de son petit cirque débile…*

C’était assurément l’idée la plus ridicule qu’elle ait eu de sa vie. L’employée du magasin la regarda avec des yeux ronds quand elle se présenta pour acheter une bouteille de bourbon. Soit, à 10.00 du matin cela se prêtait à interprétation ! Sans hésiter, ses pas la menèrent face à la porte de Mr. Cromwell. Toc. Toc. Un grognement d’ours voulant savoir qui embêtait.

Room service !

La porte fut ouverte à toute volée et elle se trouva sur le seuil face à un individu définitivement mal luné.

Surtout ne t’avise pas à me gueuler dessus !...Non, je ne suis pas venue implorer que tu m’entraînes dans la débauche de ta vie d’ours en costume chic ni rien qui y ressemble…Puis je entrer ?...Juste parce que discuter sur le pas de la porte finit toujours par attirer l’attention…

Il n’avait pas la moindre intention de lui franchir passage alors sans se gêner elle le poussa, entra et ferma la porte.

Pas de souci…prends pas cet air horrifié, je ne pense pas te sauter dessus, rien plus loin de mes intentions…J’ai parfaitement bien pigé ton petit discours de tantôt…Mignon tout plein de vouloir me sauver de ma propre sottise ! Merci…j’ai pas besoin d’aide…Je te trouve sympa, sans aller plus loin…ok, si cela te remonte le moral…tu es à tomber mais ça, tu dois le savoir…ce sont pas les filles qui doivent manquer pour te le dire…Je suis folle ? Sans doute un peu…l’air frais du large a des effets lénifiants sur les esprits coincés…enfin, pas sur tous…Tu fuis de quoi, au juste, grand homme ? …Enfin, je suppose que ce ne sont pas mes oignons. Dommage, pas plus tard qu’hier soir je me disais que j’aurais aimé avoir un frère comme toi…Ben…être fille unique est diablement ennuyeux !

Elle se tut un instant, le temps de reprendre son souffle et le dévisager avec un soupir.

Enfin…excuse moi l’irruption…je suis un peu impulsive…Tiens, voilà pour t’égayer les préparatifs de fuite…Sois heureux, Josh…Bonne vie !

Faisant demi tour, elle ouvrit la porte et sortit calmement.

Pas de Josh à l’horizon le reste de la journée. Le bateau était assez grand pour s’y perdre. Sans doute, leurs chemins ne se croiseraient plus jusqu’à la prochaine escale où il prendrait le large. Ayant mieux à faire que se morfondre avec les problèmes existentiels de Mr. Cromwell, elle s’adonna allègrement à jouir de la croisière.
Celui qu’elle croisa plus de fois que voulu fut son beau voisin. Force de se voir un peu partout, ils finirent par échanger un peu plus qu’un « bonjour » en passant. Parfois il était seul , à d’autres accompagné de sa blonde époustouflante ou tantôt entouré d’un joyeux groupe auquel elle finit par se joindre, après tout la vie à bord était exempte de tout protocole guindé.

Rumba ! Quelle science. Son voisin s’y prenait à merveille. Leurs pas s’accordaient à la perfection. Plus loin, ô surprise, Josh Cromwell, d’évidente bonne humeur, formait un duo parfait avec la blonde de Neil…le voisin. Pour la suivante danse, échange de partenaires. Un slow tout bête.

Alors…c’est pour demain ?...Comment que quoi ?...Tu fichais pas le camp en douce à la prochaine escale ?...Ma foi, rigola t’elle, changer d’avis est une liberté constitutionnelle, non ?
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Lun 11 Fév - 23:04

Ah, les bonnes femmes ! Dieu sait s’il en avait culbuté avant de rencontrer Emily.
Croyez-le ou pas, Josh lui était resté fidèle même si les occasions de déraper avaient été nombreuses, très, trop. Mrs Hardwood n’était pas partageuse.
Elle avait mis les points sur les I dès qu’elle le fourra dans son lit :


Écoute, mon petit ( il la dépassait de deux têtes) T’as une belle gueule et, selon ce que je vois, d’autres attributs attractifs. Je ne vais pas que te b****r, je vais t’apprendre à, et pas que ça ! Je te crois assez intelligent pour capter l’essence de notre « association » Tu as beaucoup à gagner ! Je te promets que tu ne seras pas ma chose ni moi la tienne, jamais !

Quel contrat ! Ils le respectèrent en se respectant mutuellement ensuite.
Parfois Josh avait rué. Leurs engueulades laissaient des traces dans les meubles ravagés ou sur les visages bleuis ? Qu’importe ! S’ils se boudaient, cela ne durait guère.
Ensemble, ils avaient quasi fait le tour du monde.
Elle l’avait initié dans bien des domaines qu’il n’aurait pas touché sans elle. Déjà roublard, il apprit la finesse de cet art ainsi que d’autres. Il lui devait tout.
Maintenant, il était seul à affronter son destin sans sa muse féroce.
Sorensen, presque son unique pote, l’avais mis en garde et expédié malgré lui vers une terre lointaine. Il devait apprendre à voler de ses propres ailes pour autant qu’on ne les lui coupe pas.

Miss Fairchild était mignonne, gentille, à croquer… Elle ne méritait pas qu’il l’entache avec ses histoires.
Il venait d’utiliser son PC portable quand on frappa à sa porte.
Les nouvelles reçues n’étaient pas réjouissantes. Le pire se concrétisait. Le testament était contesté, le corps d’Emily allait être exhumé pour une seconde expertise. À demi-mot, Michael lui demandait de ne pas faire de vagues, d’accepter de rester anonyme. Il allait arranger le coup.


*M***E ! *


Son humeur n’était pas des plus roses quand il beugla :

C’est quoi ?

Room service !

Avec cette voix-là ? Mon œil !
Mais qu’est-ce qu’elle lui voulait, celle donzelle ? Porte ouvert à la volée, elle prit les devants avec culot :


Surtout ne t’avise pas à me gueuler dessus !...Non, je ne suis pas venue implorer que tu m’entraînes dans la débauche de ta vie d’ours en costume chic ni rien qui y ressemble…Puis je entrer ?...Juste parce que discuter sur le pas de la porte finit toujours par attirer l’attention…

Elle n’avait pas tort… D’autant qu’elle s’insinua dans la pièce en le poussant. Il ferma derrière elle.
Débuta une sorte de discours dans lequel il eut du mal à se retrouver.
En gros, la demoiselle le remerciait de la croire innocente, qu’elle savait où elle allait, qu’elle le trouvait à tomber ( si, si, tel quel !) mais qu’elle aurait aimé l’avoir pour frangin, rien de plus, rien de moins. Et de lui filer une bouteille de bourbon en main avant de filer par où elle était venue après des souhaits de bonne vie !


Emily Hardwood l’avait souvent fait tourner en bourrique avec des sautes d’humeur pas possible.
La petite voulait s’assumer ? Grand bien lui fasse. Il aurait voulu en placer une dans son laïus mais s’était tu quasi tout le temps, trop curieux de voir jusqu’où elle irait.
Ce qu’il en retint fut qu’il la crut à moitié fêlée de la cafetière, vexée, avec un immense besoin d’autosatisfaction.
Une réflexion s’imposa. Le niveau de la bouteille donnée baissa.
Débarquer ou pas ?


*Si ça tombe, on te cueille dès que tu mets un pied dehors… quoique… Mike a pris ses précautions… Rester anonyme ? Raté, vieux ! *

Il s’était présenté sous son vrai patronyme au bureau des enregistrements, en ignorant complètement les possibles retombées.
Il roupilla longtemps après avoir éclusé la moitié de son « cadeau » de départ.
Rester confiné ne l’avait jamais agréé. Il sortit enfin, et chercha un coin peu animé, chose rare ! L’endroit déniché n’était pas dépeuplé, hélas ! Mais, puisqu’une seule demoiselle y lisait, il s’installa sur le transat voisin.
Il avait déjà tiré plusieurs bouffées de sa cigarette quand ses « bonnes manières » refirent surface :


La fumée ne vous dérange pas, au moins ?... vous en voulez une ?

Son sourire l’éblouit ! Mince, qu’il avait dû être préoccupé pour ne pas l’identifier ! C’était la belle plante croisée à plusieurs reprises, notamment le matin même, à la piscine.


Le briquet présenté ne trembla pas quand il lui alluma son clope.
Elle ne dit rien en aspirant la nocive fumée, il jeta un œil au roman sur ses genoux ( ou à ses genoux sur lesquels il y avait un roman)
.

Grisham ? J’aime bien cet auteur! Le « Testament » m’a marqué… *Oh combien !*

Un truc en entraînant un autre, ils discutèrent littérature un moment avant de passer à d’autres sujets. Il fallut bien se présenter :

Josh Cromwell ! Et vous, Miss…?

Le nom de Clairborne ne lui était pas complètement inconnu mais il fit comme si.
Quelque chose d’indéfinissable titilla Josh en conversant avec la splendide jeune femme.


*C’est une Emily en puissance ! FUIS !*

Il prit cependant son temps, les dires de cette créature méritaient le détour. Innocemment, ( en apparence) il dit :

Qui était donc celui qui vous escortait hier ? … ben oui, inratable !

Arrêt sur image, creux à l’estomac.

Ches… Chesterfield ? Le magna de la Chestco ?

Il se retint de jurer, le cerveau en ébullition. Celui par qui était venu le malheur était à portée de main ! Son père avait tout perdu en investissant des parts énormes dans cette firme.
Dieu que la vie était belle quand on a une vengeance à portée !
Il n’en oublia pas la civilité pour autant :


Je vais rentrer en cabine. Vous êtes libre ce soir ?

Elle l’était.
Après un dîner assez arrosé, il la convia à au casino. Cette fois, il la joua fine. Les cartes et lui étaient tellement complices ! Les dés encore plus.
Ne désirant pas trop attirer l’attention, il dédaigna un jeu gagnant, baisa la main de sa compagne qu’il entraîna dans la salle de bal. Les danses s’enchaînèrent. Il adora les réparties de Miss Clairborne mais ne put s’empêcher de regarder fréquemment sa… proie.
Il évoluait savamment, pas à dire, ce Chesterfield qu’il repéra illico aux bras de…


*Il lui plaît, ce dadais ?*

Lindsay Fairchild paraissait en effet subjuguée par son sémillant cavalier. Qu’à cela ne tienne ! Il peaufina approches et rejets de la partenaire avec l’art de la rumba puis le « hasard » voulut que les couples s’échangent.
Rien qu’un slow ? Mieux que rien.


Salut beauté ! Calmée ?

Elle le paraissait, en tout cas. Un rythme plus tard, elle l’interrogeait :


Alors…c’est pour demain ?

Euh… Quoi, demain ?

Comment que quoi ?...Tu fichais pas le camp en douce à la prochaine escale ?


Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, lui susurra-t-il avec un sourire carnassier.

Elle commenta, il approuva.
Raccompagnant Lind à sa table, il s’y assit aussi en commandant des boissons :


Je t’ai vue avec l’autre gars, il est sympa ?...

Ouais, il l’était et patati et patata. Elle sembla intriguée par son revirement et… sa cavalière.
Il biaisa
:

Des circonstances font que, parfois, il faut jongler, ou jouer sur divers tableaux… (Rogue)Arrête avec Emily ! Tu ne sais rien de rien ! (Amical) Suis d’accord d’être ton grand frère si tu cesses de me bassiner, ok ? (mielleux) et si on allait les retrouver ?

Un face à face avec son ennemi juré le tentait vachement.
Cela se passa bien… selon le protocole des convivialités voulues en ce milieu.
Quand on lui demanda, poliment of course, ce qu’il foutait là, Josh eut l’amabilité d’émettre :


Je me cache. On me recherche pour meurtre !


On le regarda comme deux ronds de flans, il ajouta :


Mais demain nous touchons Hawaii. On se fait une excursion à quatre ?


Il s’endormit avec en tête des projets pas exactement très catholiques…
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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Mer 20 Fév - 22:46

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

Ce commentaire et son sourire de prédateur. Voilà qui ressemblait bien à l’idée qu’elle s’était faite de cet homme. Il pouvait être n’importe quoi, mais jamais un imbécile !
Sans se soucier de sa compagne de soirée, à savoir la blonde époustouflante qui dansait avec Neil, il la raccompagna à la table, rit place et commanda des boissons sur le ton autoritaire qui lui semblait particulier.

*En voilà un qui agit en maître absolu de la situation !*


Je t’ai vue avec l’autre gars, il est sympa ?

Jamais de sa vie, Lind n’avouerait que chaque fois que son beau voisin de cabine était dans les alentours, des drôles de sensations la faisaient frémir. Armée de son sourire le plus doux et innocent, elle dévisagea Josh.

Oui, il est très sympathique…en plus de charmant et poli mais ça ne t’intéresse pas vraiment…par contre je suis très curieuse de savoir, à part le fait de ne pas être un imbécile qui change d’avis, ce qui t’a finalement décidé à rester parmi nous…la beauté dorée, là…elle y a quelque chose à voir ?

Et le voilà qui biaisait avec grand style.

Des circonstances font que, parfois, il faut jongler, ou jouer sur divers tableaux…

Ah ! Quelle prenante théorie, je retiendra ça, sait on jamais quand cela peut servir, elle sourit, malicieuse, encore une des leçons inculquées par Emily ?

Changement de ton, sans être vraiment agacé.

Arrête avec Emily ! Tu ne sais rien de rien !

*Ou peut être plus que tu ne crois, ours…morte ou pas, elle t’a marqué de façon indélébile !*

Mais, bien entendu, se garda son commentaire, tout en suivant, du coin de l’œil, les évolutions de Neil et sa blonde avant de considérer Josh avec un petit air chagrin.

Tu vas pas te fâcher, quand même…c’était pas voulu…

*Lind, tu es une vache !*


Mais cela donnait ses résultats. Le ton redevenait parfaitement amical.

Suis d’accord d’être ton grand frère si tu cesses de me bassiner, ok ?

Ok, je ne parlerai plus de cela, promit elle, avec une sagesse démentie par l’éclat pétillant de ses yeux, mais faut dire que tu es un grand frère du genre impératif…enfin…on ne peut pas tout avoir…

Et si on allait les retrouver ?

Je savais bien qu’il y avait un intérêt caché dans toute cette apparente douceur…allons y, donc…de toute façon, elle n’a pas l’air prête à filer avec Neil, ta blonde…plutôt à lui arracher les yeux…

Manœuvre parfaitement réussie, ils arrivèrent pile poil pour éviter l’élégante défection de de Miss Miel et Or, alias Maya Clairborne.

*Ouais…avec ce nom d’abeille, elle butine par ci…par là !*

Les deux autres couples complétant le groupe se joignirent à eux et mine de rien, la conversation reprit bon train, une fois qu’on se fut réinstallé à table.

*C’est dingue ce qu’on peut débiter comme bêtises entre inconnus !*


Personne ne songeant à aborder des thèmes existentiels ou autres artifices philosophiques profonds, la question de rigueur finit bien par être mise sur table : Que fait quelqu’un comme toi dans un endroit comme celui-ci ?...Il fallait avouer que le manque d’originalité semblait être à l’ordre du jour, là ! Tous avouaient être là pour s’amuser, prendre du bon temps, oublier les tracas de la vie de tous les jours, pour aller en Australie, etc…Lindsay faillit applaudir quand vint le tour de Josh et celui-ci lâcha, le plus tranquillement du monde :

Je me cache. On me recherche pour meurtre !

*Ben dis donc…mais avec lui, s’il se trouve…et c’est vrai !*

Un aveu pareil était remuant mais faute de mieux, on prit le parti d’en rire. Curieusement, les Redvers et les Westcott prirent rapidement congé en assurant que le lendemain, ils se levaient tôt pour aller à terre. On ne leur demanda pas de détails.

Voilà ce qui s’appelle détaler comme des lapins…je crois que frayer avec un assassin en puissance les a mis sur les nerfs !, commenta Lindsay en buvant une gorgée de sa boisson.

Miss Clairborne lui décocha un regard agacé, Neil un sourire et Josh une espèce de moue amusée à interpréter comme on pourrait, avant de proposer une excursion à quatre pour le lendemain.

Pourquoi pas ? Il y a des sites fantastiques !, dit la blonde Maya.

*Bzzz…bzzz*


Apparemment, elle était la seule à connaître les lieux mais Josh assura qu’il se chargerait des préparatifs. On se souhaita une bonne nuit et chacun alla retrouver Morphée de ses propres moyens. Des rêves étranges hantèrent la nuit de Lind, curieusement Neil Chesterfield y jouait un rôle prépondérant. Réveillée très tôt, il manquait encore une paire d’heures pour le rendez vous avec les excursionnistes du jour, Miss Fairchild passa sous la douche, dans l’espoir de reprendre ses esprits pour être fraîche et dispose pour la journée. Sanglée dans son peignoir, elle ouvrit son PC portable pour réviser ses mails. Pourquoi au lieu de le faire dut elle plutôt lancer une recherche sur Chesterfield ? Simple curiosité, sans doute. Elle n’apprit pas beaucoup plus qu’il ne lui ait déjà dit. Comme quoi, c’était un homme sans mystères ni secrets obscurs. Le plus jeune P.D.G dans l’histoire de la Chestco, il avait hérité de l’affaire à la mort de son père et s’y investissait à fond. Il avait donné de quoi parler dans la chronique mondaine mais cela semblait appartenir au passé. Depuis qu’il avait pris les rênes de l’entreprise familiale, une multinationale respectable, c’était à croire que le cher homme avait rayé son nom du tableau social.

*Bravo…plus sérieux que ça…tu meurs !*

Tant qu’à faire, elle pianota le nom de Cromwell…et là, tout changea. Un frisson lui courant le dos, Lindsay lut une histoire de pouvoir et fortune mise en échec par une retentissante banqueroute et le conséquent suicide du magnat August Cromwell. Lui survivaient alors, sa femme Marguerite et son unique fils, Joshua.

*Mon pauvre Josh !*

Impossible de s’y méprendre en regardant les divers clichés publiés alors à la une de tous les journaux. La suite de ce compte rendu apporta plus de lumière. Cause directe de la faillite Cromwell, donnant lieu à la saisie de tous leurs biens, n’avait été autre qu’une suite d’inversions risquées dans une opération de la Chestco qui avait aussi provoqué d’énormes pertes pour la multinationale.

* Hein ?...Chesterfield cause la ruine de Cromwell…Neil…Josh…Coïncidence? Crois au Père Noel, ma petite!*

Refermant le portable d’un coup sec, elle ressentit le vif besoin de sortir prendre de l’air. Si l’espoir de voir Neil faire de même l’anima, ce fut peine perdue.
On avait convenu de se retrouver pour le petit déjeuner, question de peaufiner les derniers détails. Neil était déjà attablé face à des appétissants œufs brouillés qu’il abandonna pour lui dédier un sourire charmant.

Bonjour ! En forme ? Prête à l’excursion ?

Souriant à son tour, en sentant un « je ne sais quoi » la remuer toute entière, elle prit place.

Oui, ça va très bien, merci et…toi ?


Il se portait à merveille et était ravi de pouvoir découvrir les alentours sauf que…

J’avoue que je n’encadre pas trop ton copain, Lindsay...

Ah bon ?...Je me demande bien pourquoi, Josh est charmant…


*Et c’est lui qui aurait plutôt des raisons pour ne pas t’encadrer…*

Mais enfin, ce n’est sans doute qu’une impression…
, risqua t’elle avec un petit sourire passe partout.

Toute confidence ultérieure fut mise en échec par la resplendissante entrée en scène de Miss Clairborne en tenue d’excursion, ce qui eut le don de priver du don de la parole à la colonie mâle présente en sa quasi-totalité.

Lindsay soupira, fit coucou de la main et fit semblant de s’intéresser intensément au kiwi dans son assiette. Neil, lui, voulut savoir où était passé Cromwell et quels étaient ses plans. La miss informa sur la location d’une voiture et d’un itinéraire soufflant.

Mange plutôt tes œufs, tant qu’ils sont encore chauds, recommanda Lindsay sans savoir pourquoi elle trouvait le besoin de se mêler à l’alimentation du jeune homme.

Il obéit en souriant, avala sa première bouchée et s’étouffa avec.

Bon sang…qu’est ce que tu as !?
, elle lui tapota le dos avec entrain alors que Maya lui présentait un verre d’eau.

Il était cramoisi, suait profusément et avait du mal à reprendre son souffle mais parvint quand même à dire :

Je… Ce truc est… bourré de tabasco !


Mais…qui songe à mettre du… Bois de l’eau !!!


Il en avala au moins un litre, encore les larmes aux yeux, pour après aller s’en prendre au cuistot.

C’est quand même quelque chose, dis donc…baigner les œufs brouillés au Tabasco…on pourrait croire à un mauvais tour !, s’outra Lindsay, sans trouver le moindre écho en Miss Clairborne qui avait décidément la tête ailleurs.

Josh ne tarda pas à se présenter, l’air de fort belle humeur. On finit le petit déjeuner en paix et on descendit à terre. La voiture de location, pour les effets une belle Jeep découverte, les attendait au parking. Maya décida que ce serait elle qui conduirait, vu qu’elle connaissait bien l’île. Lindsay aurait volontiers cédé sa place à l’avant à Josh mais celui-ci voulut s’asseoir à l’arrière avec Neil et le pique-nique.

La blonde conduisait de main experte, sans égards. Bientôt on abandonna les routes pour tout le monde et on s’engagea sur d’autres chemins moins fréquentés. Le paysage était somptueux, le ciel incomparable, la brise chargée de senteurs…et la conversation ,entre cahots et nids de poules, qui se tenait à l’arrière, captée au petit bonheur la chance, prémonitoire.

… Ouais, la Chestco !... Ai pas eu le choix… Mon père m’a drillé… Il est mort…

*En plein pot aux roses…Josh sait…l’autre n’a pas idée…c’est foutu. Ça sent la vengeance plein nez…*

Le cas est que tant de remous avaint leur effet sur le système digestif de Neil. Arrêt d’urgence et le pauvre homme alla rendre son âme à Dieu…ou presque. Mue par un élan de solidarité pour son prochain, Lindsay crut bon lui apporter un peu d’eau.

Ça va mieux ?, question idiote. Il était vert, tremblant.

Sais pas… C’est une première pour moi. D’habitude, suis plus solide que ça…

T’en fais pas, ça peut arriver à tout le monde !

Question de se montrer polis, on s’enquit sur le besoin de peut être retourner à bord mais Neil insista pour poursuivre la virée. De temps à autre, elle se retournait pour voir si cela allait mais il restait les yeux obstinément fermés, luttant bravement, sans doute, contre les assauts de son estomac rebelle.

Le site choisi pour le pique-nique tenait du rêve. Une vision paradisiaque, si on veut. Tout en préparant la table pour le repas avec l’aide de l’abeille…de la blonde, Lindsay, mine de rien, ne perdait pas de vue le manège de Josh. Déjà que Neil continuait d’arborer un teint entre cendré et vert tendre, l’autre s’en donnait à cœur joie en fumant un cigare sous son nez, ce qui était loin de le faire se sentir plus d’aplomb. Il ne goûta pas au repas, pourtant délicieux et à peine s’il accepta un peu de whisky.

La suite des réjouissances du jour était loin de la ravir.


*Super !...rien de mieux…mais qu’est ce qu’il a dans la tête, Josh !*

Se lancer à travers le précipice, jusqu’au sommet suivant, en tyrolienne. Rien d’autre.

Non mais…dis moi trouillarde…qu’est ce que tu veux ? Suis pas un ours vivant au creux du risque, moi !, se défendit elle alors que Mr. Cromwell se payait sa tête tout en l’encourageant, tu…seras à l’autre bout ?...Et si je reste au milieu, quoi ?...Josh, j’ai peur !!!

Maya ne semblait pas beaucoup plus ravie qu’elle. Neil lui, avait la tête de qui refuse carrément de mourir sans noble cause…or là…

Josh tint parole et se lança le premier, en hurlant comme Sioux ravi après son premier scalp. Le guide l’aidait déjà à mettre le harnais. Lindsay inspira un bon coup et se tourna vers Neil…l’espace d’un instant très court, une folle sensation de regret l’envahit, lui donnant presque envie de pleurer mais déjà on la faisait monter sur la plateforme, Josh de l’autre côté l’encourageait en riant. Elle ferma les yeux et s’élança. Quelle sensation vertigineuse, enivrante. Elle hurla à plein poumon le temps de la traversée, jusqu’à ce que « grand-frère, l’ours » la cueille à son arrivée.


Wow…c’était génial… et on retourne comment ?...Tu abuses un peu…j’ai épuisé mon courage, là !

Il lui tapota gentiment la joue en assurant qu’il n’en était rien. Le suivant était Neil.

C’est méchant de lui faire endurer ça, fit elle remarquer, il est déjà blême…s’il lui arrive quelque chose…Sois pas idiot, je ne suis pas folle de lui…mais j’aime pas ce que tu lui fais…c’est tout !

Et bien sur, quand les choses doivent foirer, elles foirent en beauté ! À moitié de parcours, la tyrolienne coinça, on entendit un crac. Arrêt brutal et voilà que Neil s’affaissait, comme patin inanimé, au dessus d’un vide appréciable.

Lind se trouva à hurler comme une folle. Maya de son côté s’époumonait aussi. Josh avait pâli et le guide ne savait pas où en donner de la tête. Et Mr. Chesterfield se balançait doucement…


Tu l’as tué !!!...Tant mieux si non…mais fais quelque chose !!!...Ben c’est toi qui l’as mis dans ce pétrin…à toi de l’en tirer !

Le pépin était moins grave que supposé. Le mécanisme avait tout simplement coincé mais celui qui n’allait pas bien du tout était Neil. Ramené évanoui au point départ, on ne put que le ranimer à peine. Lindsay, faute de mieux, retournée par la voie des airs, ne mâcha pas ses mots :

Fin de l’histoire…on rentre à toute…ou on rameute les secours en hélicoptère !!!

À demi mourante, la victime du jour se trouva néanmoins l’esprit d’assurer qu’il n’avait pas besoin de faire tant de foin. Le retour au bateau se fit en temps record, cette fois ce fut Josh qui prit le volant.

On y est presque…tout va aller bien !, murmurait Lind au bord des larmes en caressant la tête de Neil, posée sur ses genoux, ACCÉLÈRE…il s’est évanoui de nouveau !!!

Leur retour à bord fut remarquable et remarqué. Tout feu et flammes, Josh le tout puissant, gueula de mon mieux, secondé hardiment par Miss Clairborne, qui ne demeurait pas en reste au moment de donner des ordres, pour qu’on les laisse arriver au pied même de la passerelle avec la Jeep. La vue, à l’arrière d’un passager à point de trépasser dut amadouer quelques âmes car on leur franchit passage au temps qu’un des surveillants hurlait au téléphone. Le fait est qu’en arrivant là où on allait, tout était prêt à les accueillir. Neil fut emmené illico à l’infirmerie de bord suivi d’une Lindsay presque en larmes qu’on laissa gentiment poireauter en attente de l’examen médical. Josh et Maya arrivèrent à la rescousse peu après, avec l’air d’avoir discuté chemin faisant.
A peine le toubib pointa son nez, Miss Fairchild lui sauta pratiquement dessus.


Comment va-t-il ?...Qu’est ce qu’il a ?...Il se remettra vite ?...

Il était question de déshydratation, coup de chaleur, de fatigue, stress et autres, en termes médicaux choisis qui firent hausser un sourcil à une Lindsay hors d’elle.

Bonté divine, vous ne pouvez pas parler comme tout le monde ?…Comment va-t-il ?

Pas trop fameux pour le moment, diagnostiqua finalement le Dr. Sommers, dépassé, mais avec la perfusion et du repos…il devrait aller mieux demain. Je l’aurais envoyé direct à l’hôpital mais, même à demi dans les vapes, il a juré de me faire la peau si j’insistais !

Bravo pour lui, c’est bon savoir ce qu’on veut !, soupira t’elle, profondément soulagée, encore une fois, sans trop savoir pourquoi au juste.

Force d’insister, on la laissa entre, mais juste pour un instant. Le patient avait besoin de repos, etc…En fait, le cher homme était aussi pâle que la taie de son oreiller et offrait l’image même de la déchéance humaine mais se trouva le courage, tout à fait adorable, d’esquisser une espèce de sourire.

Salut, toi…je…je passais juste pour voir si…oublie ça, c’est bête…suis là parce que…, elle s’approcha et prit sa main, sais même pas pourquoi je suis là…enfin, si…je sais…mais…je deviens idiote…c’est un truc avec des faux cils et des miettes…et un trou à l’estomac…et envie de pleurer…

Elle perdait la tête, c’était la seule explication, alors avant d’en rajouter une couche de trop, se pencha sur le malade, l’embrassa, genre coup de bec, sur la bouche et faisant demi tour, quitta les lieux aussi vite qu’elle n’y était entrée.

*Trop d’air frais…voilà ce que cela donne…s’il a du stress…toi tu fais un burn-out…*

Et le lendemain, c’était la St. Sylvestre…
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Jeu 21 Fév - 22:37

La vengeance est un plat qui se mange froid, tout le monde le sait. Celle que ruminait Josh Cromwell datait de près de quinze ans, depuis qu’un coup de feu avait chamboulé son existence.
Il était trop jeune, inexpérimenté à l’époque, pour comprendre les tenants et aboutissants mais, si novice qu’il fût, il s’était juré de faire payer durement ceux qui avaient réduits sa famille à néant.
Emily Hardwood l’avait manipulé à sa façon. Il en avait toujours été conscient. Quoiqu’elle dise ou fasse, il avait résisté à sa… façon.
Mais la tentation avait eu le dessus. Pour une fois qu’il avait un des responsables de la mort de son père à portée de main, il ne pouvait rater ça !
On ne peut tenir le fils responsable des erreurs de son père… À d’autres !
Dès qu’il sut que Neil et la Chestco ne faisaient qu’un, il nourrit un plan vicieux. Tout fut en place afin que Chesterfield connaisse la honte totale. Le discréditer aux yeux des demoiselles serait du plus jouissif, sauf que…
Le Tabasco dans les œufs brouillés n’était qu’une mise en bouche… Le cuistot avait été suffisamment régalé pour la boucler quant à une manipulation quelconque. Que l’eau soit trafiquée n’était qu’une broutille. Josh n’avait pas imaginé que Neil en boive autant. Qu’il se tape une overdose n’était pas prévu. Le voir remettre ses tripes fut… épatant. L’incident de la tyrolienne, par contre…

*j’ai jamais voulu ça, moi !*

Certes, il avait payé pour flanquer la trouille de sa vie à son ennemi, mais pas pour lui faire réellement la peau !
Quand la petite Lindsay lui bourra le mou, il faillit s’énerver tant elle l’invectivait :


Tu l’as tué !!!

T’es folle !

...Tant mieux si non…mais fais quelque chose !!!...Ben c’est toi qui l’as mis dans ce pétrin…à toi de l’en tirer !

Elle n’avait pas tout à fait tort. De l’autre côté, Maya Clairborne n’en menait pas large non plus. L’une comme l’autre s’attendaient à une action d’éclat. Elles ne seraient pas déçues, d’autant que lui-même n’en menait pas large.
Le système était conçu avec deux lignes. Il lui suffit d’emprunter celle libre pour aller vérifier, à la force des bras, de quoi il retournait.


*NdD !*


Il y en avait qui avaient fait de l’excès de zèle. Le mécanisme n’avait pas cédé par la faute à... la chance ! Tout avait été réuni pour une chute libre impardonnable. Josh agrafa les mousquetons de Neil à son baudrier et le décrocha en douceur pour ensuite revenir avec lui en sécurité.
Intérieurement, il était furieux et son humeur fut perceptible tout le trajet de retour qu’il voulut diriger en personne.
Les incitations de Miss Fairchild à accélérer lui passèrent par-dessus la tête. Il n’avait pas besoin d’elle pour savoir que chaque minute comptait.
Plus qu’un hosto local, le bateau était la meilleure option au cas critique. Maya avait gueulé dans le téléphone sans fil les reliant au paquebot. Il se chargea du reste en arrivant aux barrières de sécurité :


DEGAGEZ ! URGENCE MÉDICALE !

Neil fut transporté à bord. Ils coururent derrière. Mais croire s’en tirer à bon compte était sans compter avec Miss Clairborne qui l’agrippa dès qu’ils furent montés :


Bravo, monsieur…où pensais- tu arriver avec ce jeu à la con ?...Tu as failli le tuer !

Tu dérailles ! C’est une broutille. Il n’a jamais été dans mes intentions de…

Ah bon ? Juste une petite blague ?...Mais bien sûr, suis née hier, moi…Écoute moi bien, Cromwell, je sais à quoi tu joues !...Oui…Je sais…tu as quand même entendu parler de l’internet, non ?...et bien, mon grand, on peut dire que tu fais la une des ragots…

Elle le prenait de court. Il aurait pu se douter que la Miss aurait pianoté mais ne pensait pas avoir suffisamment éveillé son intérêt pour qu’elle se prête à cette recherche. Maya poursuivit :


Je…sais tout !...La Chestco…la faillite…ton père…et…Emily…suis désolée, Josh…mais ce n’est pas de la sorte que tu…

Tu ne sais rien de rien ! Imagine ce que tu veux, joue les conseillères si ça te chante, tu as tout faux d’avance !

Elle se défendit de telles idées mais, diable qu’elle était belle quand elle s’énervait. Avec Emily, ça fonctionnait à tous ses coups de gueule. Pour la lui boucler, la meilleure façon était de… l’embrasser.
Méprise ou pas, même ce baiser sec fonctionna. Elle s’adoucit :


Ce n’est pas le moment d’en parler…allons plutôt voir ce que devient Neil !


*Ouais… vaut mieux voir si on va me coller un nouvel homicide sur le dos !*

Neil s’en sortirait, tout baignait sauf que sa « petite » sœur lui parut fort atteinte. Quoi de plus naturel que de la soutenir dans cette… épreuve ? Maya les planta sur quelques mots :

Je me réjouis que Neil aille mieux…allez, je vous laisse…à plus tard, vous deux !

S’il lui vint à l’esprit de la retenir, Josh l’oublia, se concentrant sur Miss Fairchild :

Dis donc soeurette, t’en pinces vachement grave, là…


Elle s’en défendit, le rendant responsable de tout, comme Maya :

Je te jure n’y être pour rien… Enfin, pas au sens profond. Tu l’aimes, je le hais… Pas lui directement mais ce qu’il représente, c’est pas plus compliqué que ça.

Pour un peu, elle lui aurait arraché les yeux. Pour ce qu’il avait dit ou pas dit ? Bonne question.
En haussant les épaules, Josh erra un peu sur le pont en plein appareillage.
Qu’est-ce que c’était que ça encore ?
Juste avant le retrait de la passerelle, deux types en costards firent le forcing en exhibant des plaques.

*Eh m***e ! *

Persuadé que l’enquête sur la mort d’Emily ou qu’une nouvelle s’ouvrait sur une autre tentative d’homicide, Josh préféra aller se terrer dans sa cabine.
Maya…
Elle l’obsédait cette bonne femme !


*T’es qu’un idiot ! Emily s’écroulerait de rire devant tes hésitations à la renverser... Elle t’écharperait aussitôt d’y avoir seulement pensé…*

Un verre, deux, trois, quatre… On frappa à sa porte. Si c’étaient des flics, ils allaient être bien reçus. Tiens, non ! Il ne s’agissait que d’une Miss Clairborne désireuse de compagnie…

Je ne sors plus ! Désolé, je cuve en solitaire !

Elle ne se démonta pas pour autant et plaça un argument de taille :

Tu n’as rien à te reprocher, n’est ce pas ?...Donc, passe quelque chose de plus habillé…et accompagne moi…je jure agir en bonne foi et sans aucune intention blâmable…

Il ne parvint pas à se dérider quand elle lâcha :


Enfin…c’est comme tu veux…au cas où, je serai au Panorama Grill…il fait beau, ce soir…

Il resta à contempler la porte refermée. Bah…
Sous la douche, il lui en passa des idées par la tête. Sapé de frais, il sut où aller.
Elle n’eut pas l’air trop surpris en le voyant s’attabler sans lui en demander la permission. Un serveur empressé lui fourrant un menu en main, Josh l’étudia, nonchalant :


Ça te dit du homard ? Il faut pour deux couverts… Avant, ma mère n’en préparait qu’aux grandes occasions, et je détestais. Quand je suis devenu apprenti-pêcheur, j’y ai pris goût. C’était trop gag de piquer la bouffe des richards…

Elle garda ses commentaires pour elle, insondable, mais approuva son choix ainsi que celui du vin d’accompagnement. En attendant, ils n’échangèrent que des banalités. Lui qui s’attendait à être bombardé de questions en resta sur sa faim. Sa mine personnelle s’allongea devant le plat reçu. La pièce était belle mais déjà aux trois quarts décortiquée.

Ça n’a aucun charme ainsi, ces bestioles ! M’enfin, je suppose que ça évite de grands nettoyages aux garçons de salle… Un jour, peut-être, je te montrerai combien on y gagne à farfouiller la carapace ! C’est encore plus marrant quand on n’a pas les instruments adéquats…

Si elle émit un petit sourire, Maya ne fit aucun effort de conversation :

*Elle espère que tu vas te déballer… elle peut courir !*


Le repas achevé quoi de mieux qu’un balade digestive sur le pont avant d’aller s’éclater sur une piste de danse?
Le semi mutisme de la Miss l’agaça. À tout prendre, il aurait presque souhaité qu’elle lui crie dessus. Il en avait marre de ces réponses courtes qui commentaient la douce brise, les charmes d’une croisière de luxe et autres idioties.
Arrivés en proue, le vent plus fort la fit frissonner. Il venait d’allumer un cigare qu’il jeta par-dessus bord. Pris d’une inspiration soudaine, il lui accrocha le bras :

Ça te dirait de jouer à Titanic ?... Non, je vais pas couler le bateau, seulement t’emmener là-bas, au bout !

Elle hésitait, le considérant comme un aliéné échappé de l’asile.


Aucun danger ! Viens !

Il lui empoignait le coude quand une voix tonna dans leur dos :

Mr. Cromwell ? Police ! Veuillez nous suivre, s’il vous plait…

*Et m***e !*
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Lindsay Fairchild

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Mar 5 Mar - 22:34

Sa sortie en coup de vent, ne passa pas inaperçue. Josh et Maya attendaient des nouvelles du cher malade, que Lind donna d’un air plutôt absent et arborant, ce dont elle n’était pas consciente, une expression de bonheur…tracassé. Miss Clairborne, fit un commentaire, d’une politesse pincée avant de faire demi tour et s’éloigner, alors que frère ours se montrait compatissant, à sa façon.

Dis donc sœurette, t’en pinces vachement grave, là…

Elle aurait préféré qu’il la boucle au lieu de se montrer si « adorable ».

Si j’en pince ou pas, c’est nettement mon problème…par contre toi, je me demande bien ce que tu mijotes sous cet air si bonhomme…je sais ce que tu as fait et pourquoi…Pas la peine de me regarder comme cela…je sais…Chestco…faillite…et le reste…tu sais bien de quoi je parle…tu en veux à Neil…tant et si bien que tu as failli le tuer cet aprem…me dis pas le contraire…tu en veux à sa peau !

Il eut, bien entendu, le culot de s’en défendre.

Je te jure n’y être pour rien…

Mais voyons donc…, tempêta t’elle, sans toute fois élever la voix.

Enfin, pas au sens profond. Tu l’aimes, je le hais…

*Je l’aime ?...Ah bon ?...J’aime Neil ?...tu t’égares…*


Tu reconnais donc le haïr !

Pas lui directement mais ce qu’il représente, c’est pas plus compliqué que ça.

Elle émit un grondement outré en lui tapant la poitrine du poing fermé, sans force pour l’ébranler mais le geste voulait tout dire.

Pas si compliqué que ça !?...Son père ruine le tien…pas de manière directe non plus, remarque…et toi, tu t’en prends au fils…et quoi ?...Ça arrange quoi, veux tu me dire !?...Bien sûr, si tu me sors avec la version biblique d’œil pour œil, dent pour dent…on est pas sortis de l’auberge !

Et faisant demi tour, le planta là pour aller se réfugier le plus vite possible dans sa suite. Quel jour de misère ! Déboussolée, les nerfs à fleur de peau, elle resta un bon moment à na pas savoir que faire. Pourquoi avait elle eu l’idée d’embrasser Neil ? Coup de tête ? Coup de cœur ? Impossible d’expliquer ces sensations troublantes, ce besoin impératif de le savoir proche, de s’occuper de lui…et comme si c’était peu…ces rêves ! Rien que d’y penser, elle avait des bouffées de chaleur. Soit, Neil était un homme très attractif, sympathique, intelligent, charmant, attentionné…mais de là à provoquer ce genre de fantasmes délirants…

*Tu es pathétique…prends des bains d’eau froide, ça te remettra les idées en place…comme aux fous !*

Elle en finit par rigoler, toute seule, pour de suite après pleurer comme une Madeleine aux espoirs perdus. Un bain, tout comme il faut, avec essences parfumées et tout le toutim, la remit un peu d’aplomb, comme quoi l’aromathérapie sert à quelque chose. Faute de mieux à faire, parce que le temps, il faut le tuer car cas contraire, c’est lui qui vous tue, elle se décida pour un peu de socialisation et alla sur le pont voir l’appareillage.
Les lumières de Honolulu se perdant au loin, l’ambiance à la fête, tout ce monde heureux n’arrangeaient rien à ses états d’âme confus. Les Redvers et les Westcott, croisés au hasard, l’invitèrent à se joindre à eux mais n’ayant ni cœur ni tête pour participer à leur bavardage joyeux, une migraine fit l’affaire et soutenue par leur sentiment solidaire, regagnait sa cabine quand sans trop savoir pourquoi, se retrouva face à la porte de l’infirmerie. L’assistante du Dr. Sommers, pour autant qu’on puisse considérer ainsi cette réplique de Barbie, la considéra avec un sourire artificiel, quelque peu agacé, quand Lindsay s’enquit sur la santé de Mr. Chesterfield et assura que Neil dormait.

Je…je voudrais le voir…enfin…rester un moment à son chevet, si possible !

Vous êtes sa...petite amie ?

Non, je suis sa fe…, riposta vivement Lindsay, sa ravisant à l’instant, affolée en découvrant ce qu’elle avait été à point de dire, nous sommes… simples copains…

Barbie hocha la tête, s’abstint de commentaire et la laissa passer.
Prenant place près du lit, Lindsay le regarda dormir. Il avait l’air si paisible, si innocent de tout, méritant si peu la hargne de Cromwell.

*Il est si noble…si droit...*


C’était une conviction ferme, ancrée au fond de son cœur même si elle n’avait pas idée d’où tenir tant d’assurance mais c’était comme chaque fois qu’il était à proximité…elle se sentait tomber dans une espèce de transe absurde, où des souvenir flous, inexplicables se bousculaient…

*Je deviens folle…*

Qu’il s’agite dans son sommeil en murmurant des incohérences, alerta Barbie qui à son tour appela le Dr. Sommers. Lindsay fut poliment mise à la porte avec le sec conseil d’aller se reposer et attendre le lendemain, à une heure raisonnable pour prendre des nouvelles du malade.

Quelle nuit affreuse.


*Bon sang, Fairchild…avec cet air de déterrée tu feras bonne impression au réveillon !*

Elle s’en fichait un peu, beaucoup, pas mal…de son air et du réveillon, tant qu’à faire. Les autres femmes seraient sans doute occupées à se mettre en beauté, choisiraient leurs toilettes de soirée, leurs bijoux…Ce serait la Fête…

Toc…toc…toc…Elle ne bougea pas du divan mais posa le roman qui avait occupé sa matinée. Les coups se renouvelèrent.


*C’est peut être Josh venu voir si je me suis pendue dans la douche !*

Mais non…

Lind… Lindsay, c’est moi, Neil. Si tu es là, ouvre, s’il te plaît.

Défaillir ? Jubiler ? En tout cas, ses jambes flageolaient bellement en allant ouvrir. Encore pâle mais décidément plus en forme que la veille, Neil Chesterfield lui sembla néanmoins nerveux…pas autant qu’elle.

Hey…bonjour, toi…ça…ça va ?

Oui, je vais mieux, tu vois bien… je…

La suite fut confuse. Très. Délicieusement confuse. Sans savoir comment, elle se retrouva happée dans une étreinte folle. Neil l’embrassait comme si sa vie en dépendait et elle y répondait avec une science ignorée jusqu’à un instant auparavant.

Lind… Tu m’as tellement manqué !

De quoi la remuer à plus d’un titre…Mais le bon sens réclamant droit de cité, elle l’écarta, sans brusquerie.

Ce…je…nous…enfin…

Je… Je ne sais pas ce qui m’a pris…

Tu…n’es pas le seul !, admit elle en essayant de calmer les battements déréglés de son cœur, c’est…fou…je…je n’ai pas l’habitude de…

Peu importaient ses habitudes. Il avait son idée et y tenait.

Mais ne me dis pas que j’ai rêvé les faux cils et les miettes. Tu en as parlé, hein ?

*Pas ça…il s’en souvient…il était presque KO…*

Euh…j’ai dit beaucoup de sottises…sais pas ce qui me prend…C’est, sais pas, une espèce de souvenir récurrent…même si je n’y comprends rien…et puis…qu’est ce que cela peut faire ?

Sa réponse donnait de quoi se faire des idées. Il avait, selon lui, les même souvenirs. Impossible, à l’avis de Lind, à moins d’être dingue, lui aussi. Faute de mieux, un peu de distance évitant d’autres épanchements, elle alla servir à boire. Eau pour le malade, cognac pour elle. Le tout avec main tremblante et la peu rassurante conviction d’être en train de s’engluer dans une histoire de fous. Il fallait faire le point. Il avait son idée, sur cela. Elle la sienne et voilà que le cher Josh fut mis en question. Ce que Neil n’agréa pas totalement.

Josh ? Que vient-il faire là-dedans ? Lind, on doit parler de toi , de moi, de nous, je…

On y viendra plus tard…avant, il faut que tu saches des choses…qui te concernent…enfin…vous concernent… toi et lui…regarde plutôt !

Trois clics plus tard, il était face aux évidences écrites. Noir sur blanc. Deux et deux font quatre.

Plus clair que ça…tu me diras ! Faut pas être un génie pour deviner qu’il t’en veut. Raison ou pas, juste point de vue…après tout sans cette fichue faillite, sa vie aurait pu être autrement…

Tu crois que c’est lui l’origine de mes maux ? Si mon père ou ses collaborateurs sont responsables de sa déchéance familiale, Josh n’est pas un idiot ! Il ne peut pas m’en vouloir pour…

Neil…tout le monde ne pense pas comme toi…surtout Josh…

Finalement, il semblait s’en ficher des embrouilles de Mr. Cromwell même si sa peau pouvait être en jeu.

Merci de me mettre au parfum mais tu sais aussi bien que moi qu’il y a autre chose. Quelque chose qui ne concerne que… nous deux.

Soupir. Bon sens, béni sois tu…ou va te faire voir ailleurs…

Je…suis…confuse…toi aussi. En plus…tu dois être fatigué…tu es tout pâle encore, un bon petit repos ne te fera aucun mal…après tout ce soir…il faut célébrer…le nouvel an et ton anniversaire…

Ce qui ne semblait pas le combler de bonheur. Il fut assez amer en prenant congé.

Amuse-toi bien et… bonne année, au cas où ! N’empêche qu’il faudra que l’on parle !

Elle ne pouvait, décemment, le laisser partir avec l’impression d’être carrément mis à la porte.

Oui, je sais qu’on doit parler. Je veux parler avec toi…je ne sais pas ce qu’on pourra tirer au clair, c’est confus et…étrange…Mettons nos idées en ordre…repose toi et ce soir…enfin, si tu ne joues pas les marmottes…Je…serai là…à plus tard…repose toi !

Quand il fut parti, elle s’adossa à la porte close, le cœur à mille, la bouche sèche, les idées en folie.

*Je t’attendrai, Neil…je t’attends toujours…*

Soudain, investie de nouvelles énergies, elle décida d’occuper son temps jusqu’au soir et commença par choisir la robe qu’elle mettrait et la remettre à la camériste pour la faire repasser avant de sortir faire les boutiques à la recherche d’un cadeau pour Neil.

Maya sortait de la cabine voisine. Lindsay marqua un arrêt, en sentant un vif aiguillon de folle jalousie la transpercer. Miss Clairborne l’avait vue et souriait. Amicale, sans plus et assura être passée prendre des nouvelles du malade après qu’on l’ait informée à l’infirmerie qu’il avait filé.

Oui, on dirait qu’il se reprend bien…et toi ? Ça va ?...Non, j’ai pas vu Josh…pas depuis hier après midi…QUOI ?...Il a passé la nuit au cachot ? Mais…Ah bon ?...Tu sais toi aussi, soupir contrit, oui…fichue curiosité…Il y a des flics à bord ?... Euh, sûr que cela m’étonne…pas toi ?...Ben, c’est que…cela ne tient pas le chemin…ah, tu es d’accord avec moi…Le pauvre doit être dans tous ses états…Bon, non, il n’a rien d’un pauvre homme démuni…mais quand même…Oui, bien sûr, on peut déjeuner ensemble…et Josh ?

Il ruminait enfermé dans sa suite après avoir été mis en liberté, vu qu’à moins de savoir voler, il n’y avait pas où aller. L’Interpol s’était, soi disant mêlé, de l’affaire Hardwood, dont il était le premier suspect.

Suspect mais pas inculpé !...Le « que dira t’on » est un mal avec lequel on apprend à vivre…ce qui ne veut pas dire que tu vas jouer les ermites pour autant…Non, on va nulle part sans toi, vieux frère, tu vas sortir d’ici, beau et fringant, du bras de deux magnifiques filles…Laisse moi en jouer le rôle…ce doit être marrant !...Non, Neil ne sera pas de la partie…il se repose pour être en forme ce soir…au fait, je dois aller acheter un cadeau pour lui…c’est son anniversaire…Sois adorable, Josh…remets ta vengeance pour l’an prochain…ne nous gâche pas le Réveillon…ok ?

Ce fut un déjeuner très amusant. Si on jasa, le trio s’en ficha gaiement…au dessert, Lindsay prit congé et se mit à la recherche du parfait présent. Un superbe briquet Dupont, élégamment emballé et enrubanné, attendit le moment précis.

L’heure avançait. Lindsay batailla un peu avec le fermoir de son collier, cadeau de ses parents pour ses 21 ans et compléta la parure avec les boucles d’oreille et le bracelet assortis. Au début, elle avait eu l’intention de ne porter que ses boucles d’oreilles en diamants mais rêve bizarre fait lors de sa petite sieste-repos-beauté, l’avait fait changer d’avis…


*Depuis que tu te fies aux rêves…surtout de ce genre…changer bijoux contre nourriture…t’es dingue, ma jolie…t’es dingue…*

Elle avait rigolé en douce, pris le cadeau de Neil, mis une touche de parfum et était allée rejoindre le sublime couple formé par une Maya spectaculaire et un Josh à couper le souffle qui l’attendaient pour se rendre au grand salon de fêtes…

L’ambiance était parfaite pour recevoir la nouvelle année. Lindsay dansait sagement avec Mike Redvers qui racontait une blague idiote quand, après une virevolte voulue savante, elle se retrouva dans d’autres bras…

Je savais…je t’attendais…
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Bons voyages...
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