Gods Games

Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Bons voyages...

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Josh Cromwell

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Messages : 23
Date d'inscription : 02/02/2013

MessageSujet: Re: Bons voyages...    Lun 11 Mar - 22:59

Ce fut plus fort que lui ! Josh avait à portée demain l’exutoire au mal qui le rongeait depuis ses quinze ans. Comment résister à exprimer une vengeance rentrée depuis tant d’années ? Même dans son enfance innocente, il aimait jouer. Le suicide de son père, la banqueroute, sa déroute avaient enfin un visage : Neil Chesterfield ! Mais malgré tout le mal reçu, les années vécues auprès d’Emily l’avaient façonné. S’il lui en voulait à mort pour ce qu’il représentait, Neil ne méritait pas d’être éradiqué. Les meilleurs plans ont leurs failles… Qui aurait pu prédire que Chesterfield réagirait de façon si… exagérée ? Ses « amies » lui en voulaient ? Il s’en ficha… un peu.
Être arrêté sur la proue, par contre…
Ses culpabilités le submergeaient-elles ? Il ne résista que peu à ceux qui l’embarquèrent. Le déni de Maya fut peu perçu.


*J’ai tué Emily… Je l’ai laissé prendre le volant…*


L’interrogatoire musclé, pas très orthodoxe, lui fit mal. Des oranges dans une taie d’oreiller laissent peu de traces mais font des dégâts :

Avoue que tu l’as embobinée pour qu’elle te lègue tout son fric !

J’ai été aussi surpris que tous…

Tu l’as soulée jusqu’à ce que mort s’en suive ?


On avait bu ensemble, c’est tout ce dont je me rappelle…


On le laissa croupir « gentiment » des heures durant.
Emily Hardwood avait été son mentor, son initiatrice, sa voie alors qu’il n’était encore qu’ un adolescent confronté aux dures réalités de l’existence. Elle était parvenue à l’orienter, mais pas entièrement…
Qu’avait-il connu à part elle, avec elle ? L’art de se sortir des guêpiers, d’arnaquer, duper ? Oui, et non… Josh croyait en peu de chose mais surtout en sa bonne étoile. Tomber de si haut, atterrir si bas pour remonter royalement en surface, tel était son lot.


*Suis qu’une balle qui vaut... que dalle ! Je touche le fond… je rebondis… Cette fois aussi ? *

Tout à son isolement, il s’abîma dans de très sombres réflexions. Sans Emily, il se sentait vide, perdu.
Dès qu’il avait été « libre » de l’emprise de ce guide, l’instinct avait pris le dessus. S’il avait liquidé certaines sociétés, c’est parce que leurs pratiques le dégoûtaient depuis longtemps. Elles lui faisaient trop penser à la Chestco ! Âpres aux gains, sans souci de qui elles écrasaient ni des retombées finales, elles ne méritaient pas de survivre. On l’accusait d’avoir pensé aux bénéfices ? Un comble !
Plus il y pensa, plus sa résolution s’arrêta. Si un procès devait avoir lieu, il serait retentissant !


Sa réclusion ne dura que le reste de la nuit. Allez savoir pourquoi Maya Clairborne l’attendait à sa libération ? Sa condition de fille d’ambassadeur avait-elle joué en sa faveur ? Il grogna :


Qu’est-ce que tu me veux ? M’offrir des oranges ? J'ai eu mon lot! Dois-je te baiser les pieds en remerciement ?

Je te dirais de m’accompagner prendre le petit déjeuner mais ton humeur n’admet rien en ce moment…Oh ! Un simple merci suffit…Si pendant un instant tu arrêtais de jouer les mufles, tu découvrirais que tu peux même être charmant…

Dans tes rêves ! Ça te plait de jouer les samaritaines ?

Ben non, imagine toi, je n’avais pas envie de te laisser moisir au cachot jusqu’à Sydney…

Qu’est-ce que ça peut bien te f****e ?


La façon dont elle se lova contre lui pouvait prêter à confusion. Lascive pendue à son cou, elle était dangereusement proche :

Figure toi ce que tu voudras, Joshua Cromwell, mais tu vas sans doute te gourer de bout à bout…disons que l’injustice flagrante me tue…Repose toi bien, tu sembles en avoir besoin…

*et je suis Mickey Mouse, ou santa Claus tant qu’à faire ! * Comment vas-tu tuer... le temps, toi ?

Moi ? Je vais prendre un bain, un bon petit déjeuner et jouer au tennis…À plus !

*Va au diable !*

Cette femme l’énervait autant qu’elle l’attirait. C’était indéniable, certains signes ne mentent pas.
Mais, seule chose de sûre : si elle persévérait à se comporter en une Emily en puissance, elle pouvait courir !
Contrarié, très tendu, il tourna un bon moment en rond dans sa cabine, lieu assigné à défaut de mieux.
Une bouffée d’air frais se présenta en la personne de Miss Fairchild. En voilà une qui, au moins, ne déclencherait jamais ses foudres. Elle avait ignoré sa réclusion et s’en inquiétait à présent. Il lui devait une certaine part d’honnêteté :


Que te dire que tu ne saches déjà ? On me suspecte d’avoir provoqué la mort d’Emily !

Suspect mais pas inculpé !...Le « que dira t’on » est un mal avec lequel on apprend à vivre…ce qui ne veut pas dire que tu vas jouer les ermites pour autant…

J’en ai soupé de la soi-disant jet set ! Va t’amuser, frangine ! C’est bal ce soir !

Impayable, cette Lind ! Elle le poussait à profiter de la soirée comme si rien, d’oublier vengeance, etc. et de se comporter en gentleman.
Dans le fond, why not ?


La compagnie fut plaisante et décontractée. Maya restait insondable. Mi-séductrice, mi moraliste, Josh avait la nette impression qu’elle tentait de le ferrer dans un jeu qu’il n’était pas certain de gagner ni d’apprécier. Ils dansèrent fréquemment ensemble mais Josh ne rata pas de faire profiter de son art d’autres passagères.
Les hasards de changements de partenaires firent que Cromwell retrouva Miss Clairborne dans ses bras peu avant minuit.


Tu as l’air de bien t’amuser ... Non, ça ne m’ennuie pas du tout !... Ben oui, j’en profite, et alors ? Jalouse ?

Elle prétendait le contraire avec une certaine véhémence quand un Chesterfield assez fringuant les aborda :

Salut Josh ! D’abord, je tiens, au nom de la Chestco, à te présenter toutes mes excuses. J’ai vérifié : tu as raison et je comprends tes motivations…


Qu’attendait ce mec ? Qu’il lui avoue, comme si rien, avoir manœuvré contre lui ? Très ironique, il grinça :

Tu as vraiment une santé délicate…

Ouais, j’ai souvent des réactions exacerbées avec les médocs…

Un comble pour un fabriquant de pilules !


Sur ce, grand seigneur, Neil ne désirait rien de plus que de réparer les torts commis par sa société.

*Ben voyons ! Comme si j’allais gober ça !*

Admirant malgré tout le culot du gars, la question suivante pris Josh de court :

Qu’avez-vous en valeurs sur vous, là, tout de suite ?

Qu’est-ce que ça pouvait lui faire ? Escomptait-il aller au casino ?

Maya, aussi surprise que lui par une telle requête, y alla de son mot. En fin de compte, Chesterfield croyait dur comme ferme à un naufrage imminent.


Tu as fumé quoi ? Ne me dis pas que tu as posé un engin qui…


Sœurette vint à la rescousse, elle partageait les mêmes craintes.


*Qui se ressemble s’assemble ! Ils sont fous à lier !*


Partagée entre crainte et doutes, Maya insista aussi à ce qu’ils regagnent leurs cabines y rafler un nécessaire de survie, juste au cas où.
Il ne l’imita pas dans sa course, préférant picorer gentiment dans le buffet.
Les douze coups s’égrenèrent. Au dernier, Maya n’était toujours pas revenue dans la salle.
Les bons vœux et embrassades explosèrent avec les confettis dans une ambiance de délire.
Enfin, il la vit et fendit la foule du mieux qu’il put mais, avant de la rejoindre, une alarme retentit.
Suffisamment instruit sur les règles de la navigation, Josh comprit immédiatement de quoi il retournait. Séparé de Maya par un flot de passagers qui, plus ou moins calmes, n’en transpiraient pas moins de panique, Josh pesta.
Ce damné Chesterfield avait pressenti ça ?? Impossible ! Néanmoins, il fallait se hâter.
Neil avait parlé de valeurs ? Mentalement, il fit l’inventaire de ses poches. Peu de choses en vérité. Il avisa une boutique qui fermait lentement son volet et s’y rua.
L’employé tenta de le stopper mais la lueur farouche dans les yeux de Cromwell le força à obtempérer.
Couteau de chasse, jumelles, rivière de diamants ? Sa carte passa.
Neil avait donné rendez-vous au canot 23. S’il bouscula de nombreux quidam, il s’en ficha.
Était –il le premier ? En tout cas, son œil d’aigle ne rata pas deux sacs bien bourrés à proximité.
Ses mains les saisirent. Près du canot, un tri sévère s’effectuait. On le refoula :


Vous devez porter un gilet ! Retournez en chercher un ! Ne courez pas, nous avons le temps, et pas de sacs à bord !

Mince ! Un éclair le traversa :


*Si on est séparés, ils en auront besoin !*


Du coup, il se délesta d’un des sacs.
À aucun moment, il ne vit les autres complices. La sirène d’évacuation générale meuglait. Malgré ses protestations, on l’empaqueta avec d’autres dans le premier canot en chargement.


Qu’est-ce qui se passe ?

Il eut beau demander, personne ne savait rien. Ça ne sentait pas la fumée, nul n’avait perçu de choc ou d’explosion. Rongeant son frein, Josh subit l’immersion.
Une veine, la mer était d’huile mais un brouillard à couper au couteau cernait tout.
Puis vint un étrange engourdissement qui ralentit tous mouvements. Il lutta tant qu’il put, tenta de se lever mais n’y arriva pas.

Le soleil tapait dur, trop dur. Un gout affreux de saumure en bouche, Josh s’ébroua. Il était à plat ventre sur…

*Du sable ? *

Hagard, il mit du temps à ajuster sa vision.

Aussi bien à gauche qu’à droite, il ne vit qu’un long banc de sable blanc piqué de rochers et de palmiers.
Trempé jusqu’aux os par un doux ressac, il redressa sa carcasse et jaugea l’horizon.
Pas une embarcation en vue ! À part le vol paisible de quelques oiseaux de mer, il lui sembla être seul au monde. Non loin, la faible houle frappait un paquet de toile. Y courant, Josh reconnut le sac piqué sur le pont. S’en emparant, il le tira au sec et alla en lisière du bois proche qui offrait de l’ombre. L’inventaire lui plut.


*Me reste plus qu’à jouer aux robinsons ! *


Une des bouteilles d’eau fut entamée illico. Songeur, Josh fit lentement le point…
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Lindsay Fairchild

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MessageSujet: Re: Bons voyages...    Jeu 14 Mar - 23:22

Rêve ? Réalité ? Peu importait. À quoi bon se poser des questions ? À quoi pouvait servir le bon sens ?...Lui en restait il, d’ailleurs ? Lindsay se fichait de tout. De tout ce qui ne fut cette sensation glorieuse de bonheur parfait en se trouvant dans les bras de Neil. Seuls comptaient ses mots :

On sait… tous les deux ! Écartons-nous, je dois te parler, sérieux…

*Atterris, ma petite…*

Elle descendait à peine de son nuage quand il la fit y remonter pour l’espace d’un instant magique en l’embrassant follement pour juste après se lancer pratiquement sur le buffet et faire une démonstration de gloutonnerie sans équivoque.

*Non mais…c’est quoi, ces manières de réfugié africain !?*


Euh, Neil…excuse moi de te déranger…mais il y en a pour tout le monde !

Sa réponse eut l’heur de la surprendre encore plus que ses piètres manières :

Ouais, je n’ai quasi rien mangé aujourd’hui mais j’ai l’intime conviction que ce bon repas sera le dernier avant longtemps. Tu devrais en faire autant, sans déconner ! Emplis ton sac, tant qu’à faire !

Règle d’or en ce genre de circonstance équivoque : ne jamais contredire le fou de service, quoiqu’en y pensant bien…

Tu as eu…une sorte de prémonition ou quelque chose dans le genre ?..Tu sais, cela peut arriver…

Mine de rien, elle glissa dans son sac sel, poivre, des couverts, avant de déguster délicatement quelques des mets offerts.

J’ai fait un drôle de rêve…et parfois des idées étranges me tournent dans la tête…*sur toi, avec toi…* sur des lieux que je ne connais pas…c’est pareil pour toi ?

Je n’en sais rien d’où cela me vient, autant que toi, en tout cas ! Écoute, si après les douze coups il ne se passe rien d’anormal, je t’autorise à me jeter par-dessus bord, ok ?

Elle fronça les lèvres, un tantinet réprobatrice.


Tu es complètement dingue, s’il se trouve…c’est peut être un effet secondaire de ton malaise…enfin…

Tout en parlant, Lindsay se livrait à un choix exhaustif de ce qui pouvait tenir dans son sac et rester consommable. Elle se voyait très mal en y enfournant du saumon ou des langoustines mais trouva tout un assortiment de mini conserves de pâté et autres délicatesses du genre et les fit disparaître très discrètement.

Je ne pense tout de même pas te balancer par-dessus bord…*une visite chez le psy devrait arranger quelque chose…* Tout ceci est plutôt absurde et on peut dire que ton comportement fraye l’irrationnel…tout comme le mien, d’ailleurs !

La suivante grande idée fut d’aller prévenir Josh et Maya de l’imminence de la catastrophe. Inutile essayer de le retenir, déjà il l’entraînait. Comme entrée en matière, celle de Neal fut glorieuse. Il avait fait maintes vérifications sur l’affaire Cromwell, présentait ses excuses à Josh, comprenait son envie de lui faire la peau et promettait réparation des torts. Ce qui, bien entendu, ne laissait pas trop d’espoir quant à sa stabilité mentale. La suite fut la cerise sur le gâteau :

Qu’avez-vous en valeurs sur vous, là, tout de suite ?


Il fallut, logiquement, expliquer qu’on était à point de naufrager quoique rien ne laissait supposer une telle éventualité. Tout soupçon était permis.

Je sais que cela semble ridicule…mais…je crois en ce que dit Neil…J’ai eu…aussi des…pressentiments !

Candidate sûre au divan du psy à perpétuité.

Et puis…si on se trompe…quoi ?...On se trompe, un point c’est tout et on en rigolera demain…

Maya prit parti de les croire et s’occupa de convaincre Josh de faire de même.

Au douzième coup, rendez-vous au canot 23 !


Mais au lieu de la laisser courir se préparer pour la catastrophe, Neil l’entraîna sur la piste de danse.

Je suis peut-être fou à lier mais, si ce soir devait être notre denier, je veux le passer avec toi ! J’ai sûrement rêvé tout ça mais… c’était le plus extraordinaire rêve de ma vie ! Promets-moi de ne pas te fâcher, de ne pas m’oublier, Lind, quoiqu’il advienne !

Comment pourrais je ?...Je sens…je sais…je dois être folle moi aussi…mais…je crois t’aimer depuis…depuis très longtemps…

*Ça y est, ma fille…bonne à lier !*

Mais il ne sembla pas le considérer ainsi. En fait, Neil était plutôt préoccupé d’arriver près d’une issue…Le décompte des secondes commença…sans que rien ne laisse prévoir une catastrophe. L’annonce du nouvel an se fit.

Tu vois, on est encore là…Bon anniversaire, Neil…et bonne année !


Et tant qu’à faire, lui sauter au cou pour l’embrasser comme une folle.

Tu es peut être dingue…mais c’est bon pour moi …

Sa déclaration délirante fut interrompue par le signal d’évacuation. Et ce n’était pas un exercice.

Comme dans un mauvais rêve, Lindsay percevait des bribes hachées de mots, de cris…

Pas de panique … priés d’évacuer vers les canots de sauvetage… consignes données …aideront en cas de difficulté…

*Vais me réveiller…ce n’est pas réel…*

Mais la main de Neil la tirant à sa suite était bien réelle, tout comme la ruée des passagers affolés. Il y en avait qui rigolaient croyant à quelque blague élaborée, d’autres prenaient la chose plus au sérieux et essayaient de suivre les fameuses consignes mais la plupart perdait carrément la tête.

Me lâche pas, Neil…NEIL !!!

La marée humaine s’écoulait entre eux. Il avait suffi d’une seconde pour la séparer de lui. Poussée, bousculée, on l’éloigna de lui.

NEIL !!!!


*Pas pleurer…pense…pense…garde la tête froide…pense…*

Facile à dire. Sans savoir comment elle y était parvenue, Lindsay se retrouva près de sa cabine. Elle s’y rua. Quel havre de paix. Respirant profondément, elle essaya de chasser la terreur qui lui nouait les tripes.

Pense pratique, Fairchild…Naufrage, pas garden party !!!
, se répétait elle en fourrant dans un sac ce qui était supposé de servir en cas de naufrage. Objets de toilette, médicaments, son couteau suisse, les bouteilles d’eau minérale du mini-bar et après réflexion toutes les mignonnettes d’alcool fort, vêtements de rechange, ses bijoux et une paire de solides baskets.

On nous trouvera avant que tu ais le temps de l’ouvrir, ton sac…,
se dit elle en espérant ne pas se tromper. La sirène ululait à fond…le message d’évacuation se répétait en boucle. Happant au vol son gilet de sauvetage, elle l’enfila et quitta la cabine en coup de vent. Un stewart qui passait par là, la saisit du bras.

Vous devriez être aux canots, Miss…venez !

Béni soit il. Elle essaya de voir Neil, Josh ou Maya dans la foule mais se vit embarquée dans un canot qu’on descendit aussitôt. Serrant son sac, Lindsay se fit toute petite à sa place entre inconnus et se mit à prier doucement. Une brume étrange, épaisse comme purée de pois les enveloppa, comme un linceul, on aperçut encore les lumières du paquebot, imprécises pendant un instant…
Inexplicable torpeur. La tête lourde, les sens chavirés comme après une folle nuit de fête, Lindsay ouvrit les yeux et les referma aussitôt à moitié aveuglée par l’éclat du soleil. Le silence rompu uniquement par le clapotis de la mer la mit sur avis. Affolée, elle rouvrit les yeux et se découvrit allongée au fond du grand canot…désert. Personne. Aucun des autres passagers, pas plus que les deux matelots…Elle était seule dans un canot à la dérive au beau milieu de nulle part, en plein océan…C’était le bon moment pour céder à une crise de panique. Elle ne s’en priva pas. Mais après avoir hurlé comme une démente, tremblant de tous ses membres et pleuré toutes les larmes de son corps, il fallut bien reprendre son souffle et faire un bilan exhaustif de la situation.
Pour une raison qui lui échappait, on l’avait abandonnée là. C’était la seule explication à peu près logique qui lui venait à l’esprit. Les autres s’étaient enfumés, sans laisser de trace mais tout l’équipement inhérent à un canot de sauvetage se trouvait encore à bord. Lindsay se livra à un inventaire frénétique. Eau, vivres, fusées de signalisation, trousse médicale, couvertures…

Bonne année, Fairchild…

Son fameux sac de survivance, empaqueté avec tant de science, livra une mignonnette de vodka.

À ta santé, ma fille…t’as perdu l’homme de ta vie, le bateau, la terre ferme…t’es foutue au milieu de rien…

Dieu sait qu’elle aurait éclusé comme pilier de bar jusqu’à tomber raide au fond de l’embarcation si par un de ces hasards bienheureux qui se suscitent parfois en pleine débâcle catastrophique, une vision inespérée n’avait distrait la belle de la tentation alcoolique…Une plage, des palmiers ondoyant sous la brise…au-delà d’un gentil récif où rompaient des vagues écumantes.

Ben là…ça passe ou ça casse…

Ça cassa un peu de partout mais se maintint assez à flot comme pour échouer sur le rivage désert…Sautant à terre, les jambes flageolantes, le cœur emballé, les idées en débandade, elle se mit en devoir de déménager le barda de l’épave…

Propos pour la nouvelle année…être un bon robinson…Coucou !!! Pas de Vendredi, par là ?

Ni de Samedi ni de Dimanche…Elle s’assit à l’ombre d’un palmier, entourée de ses trésors, vêtue de Valentino, se réjouissant sottement de ne pas avoir perdu ses sandales Jimmy Choo ni son sac de soirée…et se posant mille questions alors, qu’en toute évidence, il n’y avait personne pour y répondre…
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