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Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Réveils...

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Isabel Kittredge

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Messages : 26
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MessageSujet: Re: Réveils...    Dim 31 Mar - 20:30

Trop émotive ! Ne s’endurcirait-elle jamais ? Qu’y pouvait-elle ? Avoir cru que Louis leur avait fait manger le chat l’avait révoltée, pleurer de peine soulagée, de joie épuisée.

… arrête de pleurer…

Gauche, comme toujours, l’Ayerling tentait de la consoler. Elle renifla :

Ça t’ennuie, hein, que je pleure ? Désolée de mouiller ton uniforme.


Ben non, il ne lui en voulait pas, allant même jusqu’à déposer un fac-similé de baiser sur son front. Beaucoup plus troublée qu’elle ne le parut, Isabel cacha ses émois en flattant son « chat ».
Belle bête, en vérité !

*M’as tout l’air d’un lion-tigre, ma chatte !*

C’était déjà étrange de voir pousser des légumes à vue d’œil, que dire d’un animal hybride ?

La vie au camp se poursuivit bon an mal an. Au moins, fidèle à sa promesse, Alpha ne ratait jamais l’heure de leur repos en commun. Ils confrontaient parfois leurs expériences de la journée mais elle ne s’étendait pas dessus. À quoi bon l’embêter avec des intrigues de cour auxquelles il ne pigerait rien ? Si elle lui racontait ses chasses avec Louis et Hélène, leurs préparations culinaires et autres menus détails, elle passa sous silence les déboires de Sissi. Cette dernière avait été très claire à ce sujet : se taire. Toutes sortes de menus incidents se produisirent à son encontre mais elle ne voulait pas les ébruiter.


*Voilà ce que c’est que d’être l’élue d’un chef…*

Elle n’enviait pas Sissi, respirant d’aise qu’aucune femelle ne veuille réellement s’amadouer l’Ayerling.
Celui-là… Il était si… différent !
Jamais un geste ou un mot déplacé alors qu’ils passaient toutes leurs nuits dans le même lit. Sa cousine, Charmian, lui avait pourtant assuré que les hommes ne pensaient qu’à… ça ! Elle lui en avait dit des choses ! Juste pour le plaisir de la voir rougir jusqu’à la racine des cheveux. N’avait-elle pas aussi parlé de mâles privés de leur virilité pour veiller sur des harems ou conserver une voix juvénile incomparable ? Bien sûr, l’Ayerling ne chantait jamais… et, d’après ce qu’elle, dans sa candeur virginale, avait pu constater, il ne semblait pourtant rien lui manquer à l’endroit voulu. Qu’est-ce qui clochait alors ?
Elle aurait souhaité s’en ouvrir aux autres femmes du camp mais craignait tant le ridicule, qu’elle se tut. Surprendre ici ou là, les doux regards échangés entre Achille et Sissi ou ceux si délicats, entre Louis et Hélène, la faisait soupirer. Si d’autres femelles soupiraient, ce n’était pas de tristesse mais de haine. Un mauvais feu de jalousies rentrées ronflait. Que Louis prévienne une fatalité à l’égard des deux ex-reines n’étonna Isabel qu’à moitié. Elle redouta les conséquences de cette tentative d’empoisonnement avortée mais, une fois de plus, se pipa mot là-dessus, sa charité naturelle envers autrui prenant le dessus. L’affaire fut prise au sérieux puisque Alpha participa au débat des « chefs »
À son retour sous leur toile commune, sa curiosité poussa Miss Kittredge à demander :


Qu’est-ce qui vous a retenus si longtemps ?... Partir ? Ensemble ? Pourquoi ?


Tu as dit ne pas supporter que je m’éloigne de toi, donc…

*Donc quoi ???*

Elle se mordit la langue mais n’en pensa pas moins :


*Si je ne m’abuse, c’est toi qui, en premier, as dit ça !*


Ça la turlupina beaucoup, au point de ne pas avoir envie de dormir du tout. Heureusement, la « chatte » avait suffisamment occupé le guerrier du futur avec ses câlins pour qu’il ne se soit pas encore déconnecté du monde extérieur en deux secondes, selon son habitude.
Tant pis si elle le dérangeait, Isabel insista :


Qu’en est-il au juste de ce projet de départ ? … oui, je dois savoir. On ne me dit jamais rien, à moi ! C’est agaçant !

Pour des révélations surprenantes, soutirées comme contre son gré, l’Ayerling la gâta. Amelia avait dans l’idée de construire un dirigeable, chose déjà extraordinaire en soi mais le meilleur était à venir quand l’Américaine désira approfondir les raisons de ce projet :

Ok, pour la même raison que toi… supporte pas que tu sois loin… suis perdu sans toi… si j’ai compris quelque chose à l’interprétation qu’on donne à ça, ben, je t’aime… Ton dico est une grande source d’infos …

Et de lui sortir une définition qui, selon lui, correspondait pile poil à leur situation, non sans réclamer un impérieux besoin de sommeil.

Tu peux dormir
, soupira-t-elle attendrie malgré elle.

Geste instinctif ? Elle ne put s’empêcher de passer ses doigts dans la toison drue des cheveux courts du guerrier. Rien de comparable avec la fourrure d’Artémis, hélas ! N’empêche que cela la combla.

*Il dit je t’aime comme il dirait passe-moi le sel… Il n’a aucune conscience de la portée de ces mots… Faudra lui apprendre… faudra apprendre aussi…*

Les jours suivants furent chaotiques. Une femme au langage étrange fut admise au camp et, si les empoisonneuses tentèrent de s’évader, la Houle les rattrapa, mettant un terme définitif à leurs manigances.
Isabel vit peu l’Ayerling pendant cette période. Néanmoins, elle sourit devant ses efforts pour convaincre Sa Majesté Louis XIV de porter une oreillette de communication. Car une intervention envers leurs ennemis avait été décidée. Le roi de France s’était porté volontaire pour cette mission d’infiltration hautement précaire. Il fut jugé apte et équipé en conséquence. Isabel ne put s’empêcher d’en discuter avec Hélène qu’elle trouva sereine et confiante :


Es-tu certain que Louis soit à la hauteur ?... Non, je ne doute pas de ses capacités, loin de moi une telle idée ! Mais… C’est affreusement dangereux !


La belle de Troie vouait à son élu une confiance absolue. On verrait bien…

Tous supportaient le téméraire dans sa tentative d’espionnage direct. Impavide, Alf les renseigna sur ses progrès au sein du camp adverse. Bientôt, on réclama les talents d’archers, Isabel fut du lot des expéditeurs de poudre de sommeil. Quoi de plus facile ?


*Devrais m’inscrire aux prochains J.O…*

Encore une carrière vaine…
Les résultats de l’infiltration furent très prometteurs. Comme prévu, la majorité des ennemis dormait avec l’assaisonnement délivré par le 14ème du nom. La place s’investit en toute paix.
La plupart des maîtres de la colline s’installèrent au mieux. Isabel trouva une petite tente qui convenait parfaitement à son « ménage » à trois. Artémis prenait maintenant beaucoup de place. Heureusement, elle conservait des attitudes de chatons, sauf à la chasse où elle accompagnait indéfectiblement sa maîtresse pour le plus grand bonheur des ventres affamés.
Alpha ne tardant pas à les rejoindre, Miss Kittredge lui sourit
:

J’ai fait un peu de ménage. Ces gens dédaignaient l’hygiène ! Pourquoi ce front soucieux ? Tout baigne, n’est-ce pas ?


L’Ayerling ne manqua pas d’argumenter ses doutes. Il est vrai que la prise de cette place, jugée forte, s’était avérée très – trop ? – aisée.


Ne sois pas si pessimiste !... oui, ils doivent être quelque part…

Combien ces gens avaient-ils capturé de frais ressuscités ? Où étaient-ils ? Isabel préféra reporter ces soucis au lendemain, fameux jour que celui qui verrait s’affronter Achille et ledit Boss, funeste jour où Isabel devait connaître les affres de la jalousie.
Elle l’avait cherché dans le camp afin de lui demander de donner des conseils au Grec pour son futur combat. Pas qu’elle doute de l’issue mais sait-on jamais ?
La foudre lui serait tombée aux pieds que Miss Kittredge n’aurait pas été plus stupéfaite en découvrant son « mari » enlacé par la plus lascive des créatures. Artémis, complice, alla flanquer la trouille de sa vie à l’Egyptienne tentatrice tandis que le guerrier se défendait de toute manœuvre volontaire.


…elle m’a sauté dessus…pouvais quand même pas lui tordre le cou… je crois qu’elle ne me voulait aucun mal…


Elle te voulait beaucoup de bien, en effet ! grinça-t-elle en tournant les talons.

S’éloigner, s’éloigner vite et tenter de réfléchir en restant sourde aux dires du guerrier fut aisé puisqu’il devait vaquer à d’autres occupations.
Il avait osé !!! Mais qu’en pouvait-il ?


*Il ne sait rien de rien des femelles, de leurs manœuvres… *


Ça faisait un mal de chien quand même.
Les patates s’épluchèrent machinalement. La tête ailleurs, Miss Kittredge aida Louis et ses réquisitionnés au repas quotidien.
Les oignons, ça fait pleurer. Isabel n’éprouva aucun remord à verser des larmes même si le roi de France tiqua devant sa mine déconfite. Muette, elle vaqua tant bien que mal.
Les idées se bousculaient encore quand, sans crier gare, l’Ayerling déboula et l’entraîna à sa suite à l’écart :

Tu n’as pas besoin d’être fâchée…

Je ne suis pas fâchée, Alpha. Je suis déçue que tu aies embrassé cette fille… Tu n’avais pas l’air particulièrement répugné


Il semblait si sincère ! Il l’était, sans doute possible. Cependant il était confus, chose somme toute normale.

… j’ai rien à foutre d’une reine du Nil, pour bien roulée qu’elle soit…C’est toi que je veux, compris !?

Hélas, l’heure d’un combat épique sonnait. Avant qu’elle ait pu vider son cœur, une arène s’organisait. Pendant la joute, plusieurs fois, Isabel dut se détourner et cacher son visage contre la fière poitrine de son « mari » Elle n’aimait pas la violence même si ce monde étrange la forçait à l’accepter. À un moment, elle craignit le pire. C’est qu’ils s’en prenaient plein la figure les combattants !

Remplace-le !!

Il n’écouta pas ; puis, tout fut dit... ou presque.
La victoire se célébra à coups de chopes d’hydromel façon Louis. La surveillance du camp n’en fut pas négligée pour autant.
Prête à changer de gîte, rangeant ses effets dans un sac, Isabel fut interrompue par un Alf au front barré d’un pli soucieux :

… oui, je déménage ! Hélène et Sissi m’offrent l’hospitalité… BIEN SÛR que ça a un rapport !

Sans cesser son empaquetage, elle lui sourit, de travers :

Je te le confirme, je serai mal sans toi… Par contre, je ne suis pas certaine que tu ressentes la même chose… non ! STOP ! Tu m’as fait un discours très académique sur le mot aimer. On le dit trop souvent sans y penser, sans savoir, en comprendre les implications. J’aime les fleurs, la musique, les gens en général et… toi en particulier… Tu piges rien ( haussement d’épaule) c’est normal. Alpha, aimer n’est pas seulement désirer. Tu aimes ma compagnie, tu l’apprécies, j’en suis… contente. Mais j’estime que tu n’as pas eu tellement le choix ! … On s’est tombé dessus, on a appris à s’estimer, seulement… pour une relation durable, cela ne suffit pas.

Il s’empêtra dans des détours labyrinthiques qu’elle dévia :

Alpha… Tu dois faire tes expériences, puis tes choix… Oui, moi je sais maintenant. Je sais que tu dois connaître d’autres femmes avant de décider si je… suis celle qui te convient ou pas.
Je n’aurais pas dû m’imposer. Tu es libre… d’aimer qui tu voudras…

La mort dans l’âme, elle zippa le sac et le plaça en bandoulière. Au même moment un son de corne creva l’air.

La contrattaque !
dit-elle en échangeant sac contre arc. Ils coururent au point stratégique.
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Alpha 247

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MessageSujet: Re: Réveils...    Mer 17 Avr - 20:07

La meilleure technologie de la Fédération avait créé un guerrier parfait. Un Ayerling surdoué pour tout combat.

*Doublé du plus grand imbécile de tous les temps !*

Alpha n’était pas de ceux à faire des crises de conscience, reconnaître des fautes ou s’émouvoir de son propre sort, mais là il était à point de se déclarer forfait. Isabel le déboussolait. Elle mettait en échec toute sa science, sa logique, son pragmatisme, ses meilleurs arguments, si solides et légitimes. Il lui suffisait de le regarder avec ses grands yeux bleus en énonçant ses verdicts contondants pour le laisser comme deux ronds de flan, perdu, confus et démuni.
Que la telle Nefertiti lui voulait du bien ? Il n’avait certes pas prévu une attaque de cette sorte et devait reconnaître ne pas vouloir trop s’en plaindre. À faire la guerre comme ça, on pourrait presque y prendre plaisir. Évidemment, s’il devait croire à l’expression de sa douce compagne, elle aurait préféré découvrir l’égyptienne lui fichant un poignard dans le dos !

Je ne suis pas fâchée, Alpha. Je suis déçue que tu aies embrassé cette fille !


*Déçue est peu dire…à mort !*

C’est elle qui m’embrassait…j’ai rien fait, moi !, se défendit il, vertueux.

Fait rapidement démenti par la suivante assertion :

Tu n’avais pas l’air particulièrement répugné.

Euh…pas trop…c’était agréable !

Ce n’était pas la bonne réponse mais qu’y pouvait-il si on ne lui avait jamais laissé le loisir d’apprendre l’art de bien mentir ?

Mais, je ne voulais pas !, ce n’était pas un mensonge, il ne s’y était pas attendu, c’est tout !

Il eut beau assurer n’avoir rien à faire de la sinueuse reine égyptienne, rien n’y fit et pour faire mieux, la discussion dut en rester là parce que le moment était venu où Achille affronterait la brute d’Ulric, alias le Boss. Autant profiter de cette accalmie pour garder Isabel près de lui en pressentant que les temps à venir ne seraient pas des meilleurs.
Le combat se déroula comme prévu même si la Maître de la Colline s’en prit plein la gueule tout en affichant un superbe talent. On ne pouvait pas nier que le Grec était né pour se battre. Alpha suivit l’affaire sans grande émotion, prêt à intervenir si la chose se corsait, ce qui n’arriva pas. Achille expédia l’affaire proprement et le Boss passa à l’histoire. Point barre.

On célébra la victoire, selon Sven, comme au bon vieux temps, en buvant de l’hydromel. Homme sans vices, ni grands ni petits, Alpha participa sobrement, préoccupé surtout de ne pas voir Isabel dans le groupe en liesse. À peine le décorum le permit, il fila à sa recherche et la trouva sous leur tente, fourrant ses affaires dans un sac.

Tu penses aller quelque part ?, s’enquit-il, en devinant que ses soucis commençaient à tourner pire que supposé.

Oui, je déménage ! Hélène et Sissi m’offrent l’hospitalité…

Ça allait mal. Très mal. Comme un puzzle qui s’assemble, la logique de l’affaire l’accabla.

Ça a un rapport avec ce qui…

Son « BIEN SÛR » fit plus de mal que prévu. Mais moins que le discours qui s’en suivit.

Je te le confirme, je serai mal sans toi… Par contre, je ne suis pas certaine que tu ressentes la même chose…

Il sentit un froid désagréable lui courir l’échine.

Tu sais bien que…

Elle avait le don de le décontenancer, lui couper la parole et imposer son avis, comme s’il était quantité négligeable et son pauvre avis comptait peu ou rien. Sans lui laisser placer un mot, Isabel poursuivit, implacable avec son idée. Comme quoi lui dire qu’il l’aimait résultait discours académique, et que, bien entendu, il n’avait pas la moindre idée de ce que cela signifiait. C’est vrai que parler sentiments n’était pas son fort, mais il savait ce qui lui tenait à cœur même si sa façon de l’exprimer n’avait pas été, en toute évidence, la bonne. Ce qu’il tira au clair de ce flot de paroles si sensées c’est qu’elle aimait pas mal de choses, les gens en général et lui en particulier. Son air devait être celui du largué de chez largué car elle haussa les épaules, résignée.

Tu piges rien, c’est normal. Alpha, aimer n’est pas seulement désirer. Tu aimes ma compagnie, tu l’apprécies, j’en suis… contente. Mais j’estime que tu n’as pas eu tellement le choix ! … On s’est tombé dessus, on a appris à s’estimer, seulement… pour une relation durable, cela ne suffit pas.

*Relation durable ? Ça fait des mois qu’on vit ensemble !*

Il essaya encore de reprendre la parole, d’en placer une, de lui faire comprendre mais comme d’habitude, se perdit Dieu sait où dans un labyrinthe intrinsèque de vérités confuses d’où Isabel, toujours si compréhensive et secourable, sut le tirer…à sa façon.

Alpha… Tu dois faire tes expériences, puis tes choix…

QUOI !?, à force de ce genre d’expériences, il finirait taré pour de bon.

Oui, moi je sais maintenant. Je sais que tu dois connaître d’autres femmes avant de décider si je… suis celle qui te convient ou pas.

Tu…es complètement folle !

C’était son avis très personnel. La sentence de tant de bon sens et charité pour son prochain tomba comme le couperet de la guillotine.

Je n’aurais pas dû m’imposer. Tu es libre… d’aimer qui tu voudras…

Arrivé à ce point, Alpha 247, Ayerling de la toute puissante Fédération Coloniale du 25ème siècle, fut incapable de trouver ses mots, en sentant un vide douloureux et glacial l’investir. Le son de la corne le tira de cette espèce de transe, le ramenant à sa réalité la plus connue. En l’espace de deux secondes il passa en mode guerrier prêt au combat.
Lénitif bienvenu, ce combat ! Le premier impact des éléphants, caparaçonnés de manière artisanale, fut assez fort, mais on n’était pas là pour se laisser avoir par un truc de foire. Abattus les cornacs, les bêtes, affolées semèrent la pagaille parmi leurs propres rangs. Ce fut le moment d’entrer directement au vif de l’affaire. Se fichant des trois mètres qui le séparaient du sol, Alpha bondit au bas des remparts, reconnaissant une rage étrangère animer ses gestes et ressentant la griserie immorale de son propre pouvoir. Il n’avait jamais tiré une quelconque satisfaction à décimer ses ennemis mais cette fois il les faucha avec la perverse assurance d’être en train de découvrir, en partie, l’essence d’humanité qui lui faisait défaut.


*Isabel n’aimera pas trop ça !*

Un dernier crâne fracassé avant que l’ennemi s’avoue dépassé et prenne la fuite vers les bois, sans qu’on songe à le poursuivre. Il resta là, pendant que les corps s’évanouissaient dans la terre. Un instant plus tard, il ne restait trace de la bataille, seul le sang qui le maculait, le faisant ressembler à un spectre vengeur. Il ne ressentait aucune fatigue, aucune douleur, seule une profonde amertume, qui n’avait rien à voir avec le fait d’avoir massacré son prochain sans arrière-pensée. Presqu’à contre cœur, il fit demi-tour et suivit les autres combattants. Comme en songes, il entrevit Elisabeth et Hélène courir vers leurs héros, éperdues d’amour. Amélia rejoignait Richard. Personne ne courut le rejoindre, lui. Elle était là pourtant, il le savait.

*Tu l’as dégoûtée à jamais en te comportant comme un sauvage *

Alpha essaya de s’essuyer le visage mais ne fit qu’empirer son apparence. En arrivant là où se tenait Isabel, il s’arrêta face à elle, sans trop savoir que dire ou faire.

Je…crois avoir besoin de me laver un peu…avant de…Isabel, nous devons parler !

L’idée ne sembla pas l’enchanter mais en ce précis moment il ne se sentait pas le courage de discuter et sans rien ajouter de plus se mit en quête d’un peu d’eau pour reprendre une allure moins sanguinaire. Quelques baquets d’eau froide que Sven, apitoyé de tant de désarroi, eut le bon cœur de déverser sur lui firent l’affaire. Il passa des vêtements propres et alla rejoindre les autres, qui réunis, discutaient sur les possibles suites de la situation. Le débat montait de ton, les avis diversifiés pointaient néanmoins sur le besoin de pacifier la zone. Cela commençait à prendre des envergures de croisade éperdue lorsque, alors qu’on s’y attendait le moins, Elisabeth d’Autriche prit la parole et remit tous les pions en place avec magistrale sagesse. À croire que les femmes avaient plus de bon sens que tous ces hommes de tous les temps réunis. Lui, s’en fichait. Qu’on aille, qu’on vienne, qu’on reste ou parte. La tête ailleurs, il parla quand on le lui demanda, du reste, son silence demeura hargneux.

Isabel avait tenu parole et déserté leur tente, avec le chat. Il resta là, en totale solitude, à se masser le crâne où grossissait une belle bosse. Les alternatives étaient restreintes. Il n’y en avait que trois. La première : il restait là à se morfondre. La seconde : il sortait tenter sa chance auprès du sexe opposé, ce qui ne devrait pas être foncièrement difficile vu la quantité de jolies femmes courant les alentours. Troisième : il allait chercher Isabel et lui faisait comprendre la vraie teneur des choses.

Ses derniers mots lui revenaient sans cesse : « Je sais que tu dois connaître d’autres femmes avant de décider si je… suis celle qui te convient ou pas. Je n’aurais pas dû m’imposer. Tu es libre… d’aimer qui tu voudras… »

Et merde…elle croit toujours avoir raison…

La deuxième alternative lui sauta pratiquement dessus avant qu’il ne parvienne à songer sérieusement à la troisième. Elles étaient deux, une rousse splendide et une blonde sulfureuse, sorties tout droit du harem du Boss. Il ne retint pas leurs noms, au cas où elles les auraient dit mais ce qui resta clair est que Nefertiti leur avait parlé de lui. Pourquoi ? Il n’eut pas idée de s’enquérir sur les raisons. Les deux entreprenantes entendaient prendre en charge ses amertumes et si possible lui faire connaître les délices du paradis.

*Paradis par ci…paradis par là…ce doit être quelque chose de très spécial…Isabel en parle tout le temps*

Mais il n’était absolument pas convaincu de vouloir y aller, pas sans elle, qui en savait long sur ce lieu béni…même si dans un autre contexte que celui envisagé par ces deux beautés.

*Dommage…ce serait agréable d’y aller, comme ça…avec elle…*

On lui versa du vin. Il assura ne pas boire. On le câlina, cajola, il se laissa faire, curieux plus qu’autre chose, en se disant qu’au moins il apprenait quelque chose. La situation le dépassait un peu, assez, beaucoup. Les deux demoiselles semblaient beaucoup s’amuser, riaient et babillaient sans arrêt mais remarquaient quand même que le blond ne démontrait pas l’entrain espéré. En fait, il avait la tête ailleurs et eut le toupet de bailler sans gêne alors qu’on aurait pu s’attendre à plus de collaboration. Au bout d’un bon moment à se laisser caresser comme s’il était un chat, Alpha conclut qu’il avait accumulé assez de connaissances pour une fois et déclara tranquillement avoir à faire ailleurs. Avant que les belles aient le réflexe de le retenir, l’Ayerling avait récupéré ce qui lui manquait de vêtements et filé.
La tête lui tournait un peu mais l’air frais de la nuit lui rendit ses esprits rapidement. Isabel lisait à la lumière d’une lampe à huile. Concentrée. La bouche serrée en un pli sans joie. Elle avait l’air presque sévère. Seule sous la tente désertée par celles qui l’hébergeaient. Artémis leva la tête et émit un doux feulement en le reconnaissant. Miss Kittregde poursuivit sa lecture, comme si rien mais il la savait tendue. Comme s’il n’y avait rien de plus normal, il alla s’accommoder à ses côtés et jeta un coup d’œil au bouquin auquel elle s’accrochait comme à planche de salut.


Et alors ? Tu vas lire toute la nuit ?...Avec cette lumière si chiche tu vas te crever les yeux…C’est quoi que tu lis, maintenant ?

Il savait qu’elle détestait être interrompue mais ne se gêne pas pour relever le livre et lire le titre.

Homère ?...Ça a l’air absolument barbant…Euh, non, pas la moindre idée…suis un Ayerling ignorant…mais un type qui s’appelle Homère ne doit pas écrire des trucs amusants…en plus t’as pas l’air de trop rigoler…Ah, c’est pas marrant !... Je me disais bien…

Il était sur le bon chemin. De continuer comme ça, elle allait lui taper dessus avec son bouquin et lui aplatir la bosse sur son crâne. Finalement, la patience n’étant pas son fort, il finit par lui enlever le livre des mains et le jeter dans un coin, prêt à affronter ses foudres.

Moi ?...Euh…ben, j’ai suivi tes doctes conseils…comme dirait Louis, suis allé courir la prétentaine…ma foi, c’est pas les filles qui manquent…Oh oui, j’en ai rencontré deux de très gentilles…un peu bêtes mais enfin, on peut pas tout avoir…pas du genre à lire Homère, en tout cas…

Tiens. Il avait toute son attention. Pas trop bienveillante mais attention quand même.

Bof…j’ai laissé tomber…j’ai trop mal au crâne…oh ! Un coup de gourdin…rien de grave…Fêlé ? Sais pas…peut être…me sens un peu drôle, si tu veux la vérité…Tu peux regarder si tu veux…

La bosse aurait pu être un peu plus effrayante, après un examen léger il en ressortit que ce n’était qu’un bobo sans importance.

En y pensant bien, je pense que j’ai une paire de côtes mal en point…mais c’est rien, tu sais, suis habitué…Ça ne fait rien ? Tsang ?...Veux pas de Tsang, moi…Écoute, Isabel…suis là à jouer les cons…je n’ai rien, tu as raison…je me porte comme un charme…j’ai mal de toi, c’est tout !

Silence.

Tu ne t’es jamais imposée. Il ne t’es jamais venu à l’idée que je ne suis pas si foncièrement idiot ?...Si je suis resté avec toi tout ce temps c’est bien parce que je le voulais ainsi…que tu veuilles aussi m’a bien arrangé…j’ai pas eu à te courir après. Tu m’as charitablement rendu une liberté dont je ne veux pas…tu aurais quand même…Laisse-moi parler ! Tu veux toujours avoir le dernier mot…Non, je ne suis pas venu me disputer avec toi…je suis venu te ramener chez nous…avec le chat…Oui, c’est ce que j’ai dit…J’ai bien retenu tout ton discours…tu m’aimes un peu plus que les fleurs, la musique et le reste des gens…c’est un bon signe.

C’était son idée ou son regard s’était adouci.


Je ne suis sans doute pas extrêmement convaincant avec mes discours académiques, mais quand on doit piocher les vérités de la vie dans un dictionnaire, ça donne n’importe quoi…J’ai lu quelque part, et Louis me le répète chaque fois qu’il peut, que les filles aiment les gars romantiques…là je m’avoue forfait…mais si tu veux bien m’expliquer comment ça va…qui sait ?…J’apprends vite…tu le sais…j’ai appris un tas de choses depuis que je te connais… Isabel, ce que je veux dire est que…ce qu’on ne sait pas encore…on peut l’apprendre ensemble ! Qu’est-ce que tu en dis ?

Il avait toujours été fasciné par la gamme de roses que pouvaient prendre ses joues.

Mais tant qu’à faire…j’ai appris quelque chose, ce soir…Je te raconte toujours ce que je fais, non ?...Quoi ?...Ben ça…

Mine de rien, tout en parlant, il s’était rapproché et avant qu’elle n’eut idée de s’écarter, il retint sa nuque, sans brusquerie et approcha son visage du sien, à lui en frôler presque la bouche de ses lèvres.

J’ai pas arrêté de penser à toi…tout le temps…Bon sang, Isabel…c’est toi que je veux. Toi et aucune autre !

Ce fut un baiser doux et maladroit…le premier.

Ça ira mieux la prochaine fois…tu ne crois pas !?


Dernière édition par Alpha 247 le Sam 20 Avr - 18:24, édité 1 fois
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Isabel Kittredge

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MessageSujet: Re: Réveils...    Sam 20 Avr - 17:34

Elle l’aimait ! C’était aussi simple et bête que ça ! La vérité lui était apparue de la façon la plus brutale qui soit : en le voyant dans les bras d’une autre. Alf, son chéri secret, avait embrassé Néfertiti. Il s’était beaucoup défendu de tout acte volontaire mais elle n’avait rien écouté d’autre que l’affreuse douleur qui lui broyait le cœur. Après le combat des « chefs », sa décision fut prise : le quitter. De quel droit, d’ailleurs, s’imposait-elle à lui ? Pas plus qu’elle, l’Ayerling n’avait goûté la chair, Isabel en était persuadée. Il était grand temps pour lui de faire des expériences ! Et, même si l’imaginer en train d’en caresser une autre l’écœurait, Miss Kittredge était prête au sacrifice.
Alf lui sembla bien perdu pendant son petit laïus d’explications, de quoi, presque, la faire renoncer au départ. L’appel à la guerre mit fin à la pénible situation partagée.


Quel combat !
Isabel avait déjà entendu parler des éléphants et vu des illustrations les concernant. Néanmoins, être confrontée à ces pachydermes démesurés avait de quoi flanquer la trouille à n’importe qui. Elle aurait cédé à la panique sans le courage insensé des maîtres de la colline. Belle paire qu’Achille et Alf ! N’empêche que tant de sauvagerie souleva les tripes de la prude Miss Kittredge. Pour avoir déjà assisté aux exploits destructeurs de l’Ayerling, elle ne s’en formalisa pas trop quoiqu’il lui semblât encore plus sauvage que d’ordinaire. Elle devait admettre sa rage car une similaire la poussa à abattre les adversaires sans qu’aucun remords de conscience ne la chatouille. Pas à dire, sa technique s’était encore améliorée, tous ses tirs firent mouche.


*Dans le fond, c’est grisant de se défouler ainsi !*

L’exaltation fit place à la honte d’avoir eu de telles pensées dès que l’ennemi s’évapora.
Que de sang ! L’odeur fade qui flottait partout lui souleva à nouveau les entrailles. Sissi et Hélène fêtèrent le retour de leur héros. Ses pieds refusèrent de bouger.
Ne voilà-t-il pas que barbouillé d’hémoglobine, Alf s’approchait-elle ? Il était si beau avec son air contrit, malgré son horrible masque rouge. Elle ne put pas lever un doigt.


Je…crois avoir besoin de me laver un peu…avant de…Isabel, nous devons parler !

Te laver est une bonne idée mais… ça ne changera rien…

Il tourna les talons, elle réussit à en faire autant.
La tente qu’elle devait partager avec les reines lui parut bien vide. Dehors résonnaient des échos de la liesse générale. Quel intérêt de s’y mêler quand on n’a qu’envie de pleurer ?
Heureusement Artémis l’avait suivie. L’épaisse toison absorba beaucoup de larmes avant qu’un grand coup de langue râpeuse ne lui remette les idées en place :


Tu as raison. Je ne dois pas me plaindre : c’est moi qui l’ai voulu !

Comment tuer le temps ? Converser avec le « chat » était agréable. Dommage qu’il ne réponde pas.
Unique solution : la lecture ! La Pierre de la colline s’était toujours montrée généreuse avec elle, les bouquins ne manquaient pas dans son trousseau. Avoir emporté celui traitant d’un incroyable voyage en mer aurait pu sembler étrange alors qu’il était de plus en plus question de déménager via les airs. Pas pour Isabel qui se voyait mal, mais alors très mal, en train de violer un espace inconnu.
Artémis émit un feulement de bienvenue tandis qu’un courant d’air faisait légèrement vaciller son lumignon. Quelqu’un était entré :


*Lui…*

Les nerfs à vifs, elle feignit l’ignorer. Sa vue se brouilla, elle ne distinguait plus les lignes du livre.
Sans façon, il s’installa près d’elle, de quoi lui faire perdre complètement le fil de l’Odyssée :


Et alors ? Tu vas lire toute la nuit ?...Avec cette lumière si chiche tu vas te crever les yeux…C’est quoi que tu lis, maintenant ?

Il lui ôta le livre des mains, lut le titre et commenta à sa manière. Agacée, elle répliqua :

… Tu n’as jamais entendu parler d’Homère ?... *Tu es un âne !*… Non, c’est pas amusant, c’est tragique !

Qu’est-ce qui lui prenait à son Alf ? Il balançait son précieux livre au diable ? Quel toupet !

Un peu de respect ! Ce livre ne t’a rien fait *lui !* Puisque tu sembles insister pour parler, parlons. As-tu passé une bonne soirée, au moins ?

Moi ?...Euh…ben, j’ai suivi tes doctes conseils…comme dirait Louis, suis allé courir la prétentaine…ma foi, c’est pas les filles qui manquent…

Un grand froid la transit toute, la colère sourdait pourtant :

Tu as trouvé des filles à ton goût ? demanda-t-elle plus mordante que voulu.

Oh oui, j’en ai rencontré deux de très gentilles…un peu bêtes mais enfin, on peut pas tout avoir…pas du genre à lire Homère, en tout cas…

Seigneur ! Il n’allait pas lui raconter ses exploits ou oui ? Elle n’était absolument pas disposée à en entendre plus. Peut-être sentit-il d’où le vent venait, il arrondit les angles :

Bof…j’ai laissé tomber…j’ai trop mal au crâne…


Comme si rien, il avoua avoir reçu un coup de gourdin sur la tête, et se sentir bizarre.
L’affolement la gagna aussitôt :


Où ? Montre !

Ses doigts fébriles fouillèrent la toison blonde. Comme il aurait été doux de s’y attarder… Elle se retira, sèche. Lui se plaignit de ses côtes. Il jouait à quoi, là ?

Pas de quoi ameuter Tsang… *quoique…*

Tsang ?...Veux pas de Tsang, moi…Écoute, Isabel…suis là à jouer les cons…

Tu es parfait dans ce rôle, crois-moi ! Tu t’inventes des maux imaginaires !

Je n’ai rien, tu as raison…je me porte comme un charme…j’ai mal de toi, c’est tout !

Les miracles existaient-ils ? Se pouvait-il que ce « sauvage » guerrier éprouve quelque chose… pour elle ?? Choquée, elle eut le bec cloué.
Un flot de paroles de profondeur insoupçonnée suivit, la jetant dans une confusion de plus en plus réjouie :


*Resté avec moi parce qu’il le voulait… liberté dont il ne veut pas… *

Elle tenta de placer une réplique de sauve-qui-peut :


Si tu cherches à m’énerver, c’est raté…

… je suis venu te ramener chez nous…avec le chat…


Chez… NOUS ??

La suite fut tout bonnement hallucinante, surtout quand on connaissait l’individu qui prononçait des mots affolants mais très pertinents. Mi-pâmée, mi-hilare, elle tenta d’analyser ce déluge d’informations sur les sentiments de l’Ayerling à son égard. Il la voulait, elle ? Il désirait apprendre le romantisme avec elle ? Par l’innocence qui le caractérisait, il alla lui jusqu‘à lui démontrer les résultats de son apprentissage nocturne dans un baiser gauche mais tellement empreint de douceur qu’elle se sentit au point de rendre l’âme.
Oppressée, jambes flageolantes, elle aurait pleuré de dépit quand il s’écarta pour déclarer
:

Ça ira mieux la prochaine fois…tu ne crois pas ?

Se remettre les idées à l’endroit, et vite ! D’abord elle mit une distance raisonnable entre eux. Une main sur la poitrine, elle attendit que ses palpitations se calment avant d’oser relever les yeux sur lui :

Je… Je suis d’accord pour tout mais… mais nous devons aller voir Tsang !... Parce que, euh… tu m’affoles, Alpha ! Tu déclenches chez moi des choses qui… qui… qui ne sont pas dignes d’une honnête femme, voilà !

Mince ! Il ne pigeait à nouveau rien ou le faisait-il exprès ?

… une femme honnête, c’est une femme qui se donne à son époux APRÈS que leur union ait été sacralisée… tu as lu la Bible, non ?... quoi Achille ?... Bel exemple, en vérité ! Tu vois où cela l’a amené avec ses maîtresses… oui, c’est comme ça que l’on nomme les filles qui se donnent sans mariage, on dit aussi des catins ! … C’est une infamie, une honte, un opprobre... Sissi ? Je ne peux pas décider à sa place mais je doute qu’elle soit si différente de moi…

Son bel idiot se perdait en conjecture.

… si nous ne marions pas, jamais tu ne goûteras à ça !

Et de se jeter à son cou dans un baiser hautement plus approfondi que le premier.
Deux minutes après, main dans la main en riant, ils couraient vers la tente érigée pour le moine.
Leur belle humeur retomba aussitôt le rideau franchi. Tsang allait d’une civière à l’autre. Son éternel sourire plaqué aux lèvres, sa fatigue se percevait cependant.


Ah ? Pas trop tôt!
dit-il d’un ton las en les apercevant.

Absorbée par les ravages de ses sentiments, Isabel en avait oublié ses devoirs de chrétienne. Fard aux joues, elle s’inquiéta :

Peut-on aider ?

Transporter des bassins, déchirer de la charpie, panser, tenir des mains en souffrance, ils travaillèrent sans relâche jusqu’aux premières lueurs de l’aube.
Des renforts inattendus leur avaient prêté main forte. Quatre autres s’étaient joints à leurs efforts pour soulager les blessés de cette guerre express.


Tout va bien maintenant, sourit Tsang à la compagnie. Je crois que nous avons tous besoin d’un bon… repos.

L’indispensable Léontine distribua des bols fumants aux trois couples assis devant le moine.

Buvez, mes amis ! Âmes, cœurs et corps souriront. Soyez en paix avec l’univers, qu’il en soit ainsi !

*Amen* pensa furtivement Isabel en s’ébouillantant la langue avec le breuvage au goût floral.

Cela ne ressemblait en rien à un mariage conventionnel mais, dans un sens, un religieux avait béni leur union.
De retour sous leur tente, satisfaite, la nouvelle Mrs Alpha 247 se lova sans contrainte contre un torse chéri qu’elle picora de petits bisous avant de sombrer dans les bras de… Morphée.
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MessageSujet: Re: Réveils...    Dim 21 Avr - 23:54

Enfin ! Pour une fois il semblait ne pas avoir gaffé de bout à bout. En fait, s’il fallait croire aux paroles d’une Isabel hors d’haleine, les joues d’un beau rose et l’œil éclatant, il avait tout bon.

Je… Je suis d’accord pour tout mais…

Il détestait ce mot. Ce petit et simple mot qui garantissait toujours une suite inattendue.

Mais quoi ?, s’enquit-il, prêt à entendre n’importe quoi.

Mais nous devons aller voir Tsang !

Pourquoi ? Tu ne te sens pas bien ? Qu’est-ce que le moine a à voir ici sinon ?

Elle avait le don ponctuel de le déboussoler en se livrant à des déclarations assez obscures, pour lui. Cela ne rata pas, encore cette fois.

Parce que, euh… tu m’affoles, Alpha ! Tu déclenches chez moi des choses qui… qui… qui ne sont pas dignes d’une honnête femme, voilà !

Alpha se redressa un peu en se passant la main dans les cheveux. Que diable de rôle venait jouer l’honnêteté dans cette histoire ? Et avec sa chance, ce serait encore de sa faute.

Et…on peut savoir de quoi tu parles ?...C’est quoi ce truc de…"dignes d’une femme honnête" ?

Isabel , qui avait mis une certaine distance entre eux, prit son air de femme savante et se lança dans une explication destinée à l’éclairer, ce qui n’était pas toujours donné. Pas qu’il fut obtus, mais les choses semblaient rudement plus compliquées que prévu.

Une femme honnête, c’est une femme qui se donne à son époux APRÈS que leur union ait été sacralisée…

Si tu le dis.

Un brin exaspérée, elle poursuivit :

Tu as lu la Bible, non ?

Ben oui, à l’endroit et à l’envers, comme tu m’as dit de faire. Mais ça ne m’aide pas grand-chose. Achille s’en tire très bien et suis sûr qu’il ne l’a jamais lue, ta Bible, lui !

Ce n’était décidément pas le meilleur exemple à citer, à l’avis si docte de sa miss. D’après elle, le grec avait eu pas mal de problèmes à cause de son impiété et s’était mis sur le dos ses maîtresses déçues avec le résultat connu de tous. Pour si jamais, il écouta de bout à bout, interrompant juste pour s’enquérir sur la signification d’un mot ou l’autre. Isabel, qui devait avoir passé son temps à étudier les dictionnaires avait le fin mot pour tout.

C’est une infamie, une honte, un opprobre...

Comme quoi, selon toi, on ira tous frire en enfer…Dis, tu crois que Sissi voudra aussi aller voir Tsang ?

Il n’avait pas la moindre idée de quel serait le rôle du moine , mais décida d’attendre un peu pour demander.

Sissi ? Je ne peux pas décider à sa place mais je doute qu’elle soit si différente de moi.

C’est-à-dire qu’elle est aussi une honnête femme…pourtant…enfin, on passe ça…Explique moi plutôt pourquoi tu ressens soudain le besoin d’aller voir Tsang ?

Sa réponse fut extrêmement compréhensible.

Si nous ne marions pas, jamais tu ne goûteras à ça !

D’autant plus que joignant le geste à la parole, elle prenait l’initiative de l’octroyer d’un baiser chavirant qui lui fit tourner la tête, oublier ses questions idiotes et se maudire d’avoir perdu autant de temps.

Pas question ! On va chez Tsang, maintenant !


Et avant qu’elle ne change d’avis, il s’était levé et la prenant de la main, l’entraîna à sa suite vers la tente du moine. Artémis trottina paresseusement derrière eux. Elle riait. Lui aussi.

*Sais pas trop de quoi elle parle mais si c’est comme ça…et bien que ce soit…*

Mais ce ne fut pas. Pas pour le moment. Tsang avait d’autres chats à fouetter que remettre leur vie en ordre. Sa tente, transformée en hôpital, hébergeait les blessés de la bataille et seule Léontine d’Aubray était là pour prêter main forte. Trop pris dans ses propres problèmes, Alpha n’y avait même pas pensé, à cette échéance, pourtant normale de toute guerre. Apparemment, Isabel non plus. L’affaire fut vite réglée et sans demander leur avis, ils se virent promus en infirmiers. L’Ayerling s’y connaissait en blessures et pouvait assurer avoir vu pire que ça. Flèches, gourdins ou lances de bois pouvaient faire des plaies moches à voir mais la plupart des fois moins définitives qu’une grenade fragmentaire, une rafale de balles explosives ou un laser.
Pour certains néanmoins, toute la science de Tsang ou celle de Léontine ne pouvait rien, à part diminuer leur souffrance avec leurs potions. Alpha aurait voulu abréger leur douloureuse agonie, comme il l’avait fait tant de fois avec ses compagnons tombés au combat, trouvant cela plus juste que les laisser là à se morfondre dans ces affres atroces. Au lieu de cela, il imita Isabel et veilla à leurs derniers instants en se disant qu’être un être humain à part entière n’était pas tâche facile. Deux vaillants s’évaporèrent sous ses yeux alors qu’Isabel, en larmes, souhaitait paix à leurs âmes.


*S’il se trouve, ils reviendront…ailleurs !*

Ce n’était pas le moment de s’étendre sur cette théorie. Deux autres couples, et pas des moindres, s’étaient joints à eux dans cette tâche humanitaire. Achille et Louis avaient été, de leur temps, chefs de guerre, et côtoyé la mort autant que lui. Dans un contexte moins mécanique, sans doute. Cette nuit-là, Alpha découvrit une autre facette en eux : la profonde pitié. Elisabeth, Hélène et Isabel secondaient de leur mieux Tsang et la sorcière française.
Bien plus tard, quand les premières lueurs de l’aube éclairaient l’horizon, ils purent enfin s’asseoir et faire le bilan. Il était lourd. Six hommes et une femme n’avaient pas survécu à leurs blessures. Entre eux le mousquetaire et le conquistador, dont Alpha n’avait jamais appris les noms. Le fait de voir disparaître les morts donnait un air de totale irréalité à la situation mais ils n’ étaient pas moins vannés pour autant.

Tsang assura que tout allait bien et il faudrait le croire, au moins personne d’autre ne s’évaporerait cette nuit. Léontine leur offrit des bols fumants que le grand chercheur de la Vérité Ultime les invita à boire :

Âmes, cœurs et corps souriront. Soyez en paix avec l’univers, qu’il en soit ainsi!

Tous burent, sans faire de commentaire mais semblant très heureux. Lui, dépêcha la préparation en lui trouvant un goût à fleurs, se disant qu’il aurait préféré une bonne soupe pour se caler l’estomac, mais se garda bien d’en faire la remarque.

*Tiens, Isabel semble toute émue…*

Elle devait l’être et drôlement car sur tout le chemin du retour à leur tente, elle ne lâcha pas son bras. Il ne s’en plaignit pas et encore moins de la suite. Habitué à prendre sa place dans le lit et y rester, il fut très agréablement surpris quand Isabel se coula dans ses bras et après avoir déposé des petits baisers délicieux sur son torse, s’endormit, lovée contre lui, un sourire heureux errant sur ses lèvres. Lui, resta avec les yeux grands ouverts à fixer la tenture au-dessus de sa tête.

*J’ai l’impression d’avoir encore raté une case…ou deux !*

Il repassait en boucle les évènements de cette soirée extraordinaire mais fatigue et émotions accumulées finirent par avoir le dessus le faisant sombrer inexorablement dans le sommeil.

Les bruits du campement en éveil et la clarté du jour se filtrant dans la tente le réveillèrent. Rien n’avait changé. Isabel était toujours là, nichée dans ses bras, l’air heureux dans son sommeil. Il n’aurait changé sa place pour rien au monde, se laissant envahir par la chaleureuse certitude d’être heureux. C’était bon. Étourdissant aussi. Et comme toujours, il avait cent questions à poser pour bien comprendre même si instinctivement, Alpha 247 commençait à saisir les tenants et aboutissants de la situation. Les lénifiantes paroles du sage Tsang lui revinrent à la mémoire, d’après ce qu’il pouvait comprendre, elles ressemblaient beaucoup à une bénédiction. Était-ce possible que cela ait suffi à combler le besoin d’Isabel d’une...sacralisation ? D’après les maintes lectures conseillées par Miss Kittredge, la chose était un peu plus élaborée mais il fallait certainement compte de l’endroit où ils se trouvaient. Sans famille, prêtres et encore moins miracles à la clé.
Plutôt que l’éclairer ces fameuses lectures le plongeaient dans le doute. Le mariage ne semblait pas être un état de perpétuelle béatitude. Il était régi par certaines règles incontournables qui donnaient au, pour ainsi dire, pleins pouvoirs sur sa femme. Cette partie de l’histoire le gênait assez. Il n’avait aucune intention de s’imposer de la manière qui soit à Isabel. D’ailleurs, en la connaissant, cela relèverait de l’impossible. Perdu dans ces cogitations profondes, il ne remarqua pas le réveil de la belle, ce fut l’intensité de son regard fixé sur lui qui le fit retomber dans la réalité.

Bonjour, toi…Bien dormi ?...Euh…je réfléchissais, c’est tout…À quoi ?...Ben, à pas mal de choses…Non, rien de mauvais ni de grave…enfin, pas de cette gravité là…Non, reste là, c’est si bon de t’avoir si près…

Elle ne semblait pas exactement disposée à fuir mais avait entamé un mouvement pour s’écarter. Il la retint en resserrant son étreinte.

Tu ne vas nulle part…On doit parler…Oui, sur ce qui s’est passé hier soir…Je sais que je suis plutôt borné, à ton avis, mais pour une fois j’ai quand même pigé…À sa façon, assez particulière, je dois dire, Tsang nous a mariés…pour de bon !...Ben oui, depuis le temps que tu dis à tout le monde que je suis ton mari et que nous vivons ensemble…Je sais, c’était pour la bonne cause…Maintenant, des trucs ont changé…J’ai des droits que je n’avais pas avant !

Léger vent de panique ? Un joli fard colora ses joues, le faisant sourire mais cette fois, imbu de son nouveau rôle de mari officiel, Alpha se prit la liberté de flatter sa joue d’un doigt.

Tu es si douce…Je me suis souvent demandé quel effet cela ferait de te toucher…c’est bon de pouvoir le faire sans que tu me tapes dessus…parce que je peux, non ?

En toute évidence, oui. Cette idée de mariage sacralisé lui plaisait de plus en plus même s’il avait la conviction de n’en être qu’au début, de l’expérience. L’embrasser lui sembla être le suivant pas à faire qu’elle agréa sans répugnance. C’était un plaisir partagé. Grisant. Sans trop de science pour commencer, comme tout, on apprend en faisant. Le résultat fut concluant. Il aimait l’embrasser et elle aimait qu’il le fasse. Une chose entraînant l’autre, une caresse par ci, une autre par-là, le besoin de se découvrir mutuellement fit le reste. Ils se retrouvèrent emmêlés dans une étreinte délirante, le souffle court, le cœur en chamade, les idées en vadrouille, émouvants dans leur hésitation. Pour lui, c’était se trouver face à face avec une vérité qui lui avait été systématiquement refusée. Pour elle, c’était faire choir les derniers remparts des inhibitions, tabous et autres qui avaient régi son existence. Ils étaient deux à ne rien savoir, à apprendre en même temps.

Je n’aurais jamais pensé que cela pouvait être si…intense !, avoua Alpha, sans la quitter des yeux, si ceci est aimer…je t’aime…je veux être à toi, rien d’autre…je t’appartiendrai à part entière et tu pourras faire de moi ce que tu voudras…oui, c’est ce que j’ai dit… tu sais que je suis un piètre menteur !

Univers parallèle, où n’existaient qu’eux. Deux êtres et une seule vérité. Un unique sentiment. Un bonheur entier créé à leur seule intention. Envolées confusion et doute, tout devenait d’une clarté étourdissante. Merveilleuse clarté, celle de la totale compréhension.

Si leur existence avait basculé dans les bonheurs inédits du mariage ce n’était pas pour autant que le monde avait cessé de tourner. La paix revenue, le projet d’Amelia se profilait comme leur première priorité, sans pour autant délaisser leurs autres responsabilités. Une rapide expédition, sous le commandement de Sven, permit de libérer le camp de rassemblement et ramener de nouvelles recrues. Les installations devaient être adaptées à ce croissement de population. Le campement était en passe de donner lieu à un village. Sans doute le premier en cet étrange monde.
Les métiers les plus divers commencèrent à apparaître. La diversification faisait son entrée en beauté. Tout ce petit monde de déplacés, venant d’époques différentes semblait ressentir le besoin impératif de reprendre une vie normale dans un endroit auquel il faudrait donner forme de société civilisée.
Alpha était toujours l’instructeur en chef de leur semblant d’armée mais songeait à se trouver un remplaçant et l’instruire dûment. Seconder Amelia dans la construction du dirigeable occupait la plupart de son temps. Même s’il n’avait jamais volé un de ces engins, il les connaissait de les avoir vu en action, avec une technologie beaucoup plus avancée que celle que pourrait rêver Miss Earhart.

On pourrait demander à la Pierre un réacteur à plasma d’hélium mais je la vois mal en train de nous donner cela alors qu’elle ne lâche pas un couteau de table…elle peut penser qu’on le veut comme arme…

Quelques-unes de ses idées restaient en suspens parce que tout simplement, personne n’y pigeaient que dalle et n’ayant pas âme de professeur, ses explications n’auraient abouti à rien. Sa proposition d’un système antigravitationnel lui mérita des regards plus que circonspects.

C’est pourtant élémentaire, assura t’il à sa femme qui, elle, voulait tout savoir, avec ce simple système…on s’élève et on descend à volonté en contrôlant la force de gravitation qui nous retient sur la terre…mais quand j’en ai fait la sollicitude au tas de cailloux borné, j’ai reçu une poignée de cacahouètes…façon de dire, je suppose, d’aller me faire voir ailleurs !

En effet, la Pierre concédait des vœux parfois saugrenus mais dès qu’on visait trop haut, elle manifestait sa négative de manière évidente. Par contre à l’heure de demander moteurs électriques et panneaux solaires, la demande fut octroyée généreusement. Richard, examinant à conscience les dits panneaux, eut droit à son explication.

Une fois que l’enveloppe sera en place, ces panneaux photovoltaïques seront fixés. Ils capteront l’énergie du soleil et la transmettront aux trois moteurs et au reste des installations à bord. Nous n’aurons besoin d’aucun autre combustible que celui pour entretenir la température de l’air dans le ballon. Cela éliminera du poids superflu et nous en aurons besoin, crois-moi…

Ils avançaient le long du squelette de la structure et se sentant comme des nains dans un jeu gigantesque.

Pour assembler l’enveloppe on utilisera un ruban adhésif que je suppose La Pierre sera en capacité, ou bon vouloir, de nous fournir. Cela garantira le scellement, c’est mieux que la couture pure et simple, par contre pour parvenir à un résultat optimal, l’union doit se faire à chaud, il nous faudra du monde pour s’occuper seulement de ça. Dommage que nous n’ayons pas eu de métal ultra léger pour la structure…avec le bois, nous devrons faire face à des possibles fractures et être toujours prêts à raccommoder…Non, cela ne m’énerve pas…C’est la seconde fois dans ma vie que je dois affronter une situation qui me dépasse vraiment…oui, la première a été Isabel . Maintenant ceci…à part tuer, je n’avais jamais rien fait d’utile de mes deux mains…

Ils continuèrent leur inspection, attentifs au moindre détail avant de rejoindre Amelia qui discutait avec Louis sur les bontés de la nacelle principale, qu’on avait résolu installer à l’intérieur de l’engin ce qui aiderait au concept de l’aérodynamique.

Ben, on aura l’allure d’un cigare géant et si on rencontre un groupe avec des vraies armes, on fera mouche sur nous comme sur des canards à la foire, pour reprendre les paroles d’Isabel, mais partant de l’idée que tous dans ce bled sont aussi ou plus démunis que nous, on risque quelques flèches et encore…Tsang a mis à point un mélange fait avec de la poudre d’os de Houle et allez savoir quoi d’autre, il a enduit une simple toile avec et a essayé de la transpercer avec une flèche normale, celle-ci a rebondi… Il assure pouvoir en produire des quantités suffisantes pour enduire tout l’engin. Pour ce qui est la navigation, je pense compléter bientôt l’équipement nécessaire…

Entre le support technique, l’entraînement de la troupe et les expéditions de routine pour garantir la sécurité des lieux, le temps qui restait pour apprendre les menues choses de la vie, pour parfaire son humanité tout nouvellement acquise, s’avérait court. Il faisait des efforts louables mais en toute évidence dompter une nature hautement pragmatique comme la sienne n’était pas tâche facile. S’essayer au romantisme, par exemple, se solda par des échecs répétés. Si Isabel pensa que quelques lectures affines feraient l’affaire, elle s’en mordit les doigts. Les romans le faisaient bailler et la poésie l’endormait carrément. Si Louis s’y prenait comme un dieu, lui, le faisait comme un pied. Il restait pratique. Pas de fleurs, pas de petit déjeuner au lit, pas de mots mielleux, encore moins de déclarations inoubliables.

Nous ne retournerons plus à la Colline…il serait bon de refaire notre habitation…Non, Isabel, je ne suis pas douillet mais tu conviendras qu’on pourrait vivre mieux…Notre tente, là-bas était…recommence pas avec tes histoires d’éveiller la convoitise du prochain…Bon, pas tout alors, mais au moins…le lit et la salle de bains…Oui, tu te vois adorable dans la bassine à eau chaude mais reconnais que je suis un peu trop grand pour m’y sentir à l’aise…Ne discute pas…non, je ne veux pas m’imposer…veux dormir confortablement…Au fait, j’ai quelque chose pour toi…

Regard surpris, un brin suspicieux peut-être. Les deux alliances en or, scintillant dans sa paume, eurent l’heur de faire planer un long silence entre eux.

J’ai lu que ceci fait partie intégrale au fait d’être mariés…déjà que la cérémonie n’était pas exactement celle dont devais rêver, me suis dit que…

Sa réaction valait mille mots. Quelques jours plus tard, il s’était arrangé pour adapter la tente à leurs besoins, sans dépareiller sur le voisinage.
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