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Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Que se passe-t-il?

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Louis XIV

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MessageSujet: Que se passe-t-il?    Dim 10 Fév - 11:32

Dieu que l’agonie était longue ! Il savait sa fin inéluctable même si ces imbéciles aux longs becs prétendaient le contraire chaque jour.
Il avait 72 ans. Une vie bien remplie selon certains. On diagnostiqua une sciatique alors que sa jambe gauche pourrissait à vue d’œil et de nez !
Il se souvint de sa dernière phrase consciente:


« Je m'en vais mais l'État demeurera toujours »

Qui était le bambin qui la reçut ? Il s’en fichait. Lui, le monarque le plus respecté de ce monde, s’endormit après un très long règne.

Une journée de plus ? Tiens, il avait les idées claires. Autour de lui, point d’odeurs pestilentielles ou médicamenteuses, juste une sorte d’effluve fluvial.
Le ciel, d’un bleu incomparable, emplit ses yeux ouverts.
Battements de cils, incrédulité passés, Louis se redressa d’un coude en avisant sa jambe putride.
Non seulement ses deux membres inférieurs étaient identiquement sains mais… sa virilité était exposée ! Un œil ici, un autre là, Louis n’en revint pas. Où était passé la flétrissure du temps ? Là, il lui semblait avoir quoi, 30 ans ?


*Merci mon Dieu !*

Pensée fugace, vite oubliée par l’urgence.
Il n’était pas seul sur cette berge d’un large fleuve. Ça s’agitait de partout alentour. Lui se sentait heureux mais d’autres beaucoup moins.
Plus de doute : il était ressuscité ! Malheureusement, l’humanité qui l’accompagnait dans ce voyage n’était pas paisible. Il lui fallait un abri et des vêtements.


*A-t-on idée de se balader à poil dans un lieu pareil ?*


Le Paradis, il l’avait imaginé très différent. Sa chère Louise avait racheté son âme, était-cela qu’il gagnait ?

Il imita la majorité et déguerpit dans les fourrés les plus proches. Sa vitalité l’enchantait.
Dieu que c’était bon de sentir un cœur vaillant battre sans accrocs, ses muscles répondre au quart de tour, être… vivant !
Du point où il se tapit, Louis capta des scènes à faire frémir. Viols, massacres, meurtres… Ces gens étaient fous ?


*Du calme Louis ! Tu as connu la misère avant la gloire. N’en fais pas un plat !*

Un grondement de son estomac l’alarma :

*Seigneur ! C’est la faim ?*

Depuis le temps, ce monarque absolu avait oublié l’effet d’un manque.


*Bon ! D’accord Seigneur. J’ai usé, abusé des nourritures terrestres. Je ne me lamente pas, je constate. Comment puis-je y remédier, s’il vous plaît ? J’appelle Bontemps ?*

Nulle réponse ne venant, Louis observa, à défaut de mieux.
Il vit des gens tresser des feuilles en guise de pagne, d’autres les assassinaient aussitôt. Quoi qu’ils fabriquent, les gens se faisaient détrousser en moins de deux.


Rester nu semblait la meilleure option.
Beaucoup restèrent sur la berge, d’autres s’enfoncèrent dans les bois proches.
Il ignorait la meilleure option. Pour la première fois de sa « vie » Louis était sans appui, seul.


*Raisonne !* s’intima-t-il.

Il continua à observer, neutre.
Une main se posant sur son épaule, il réagit telle une carpe de ses bassins hors de l’eau. Sa bouche s’ouvrit et se ferma sans un son. Devant lui se tenait une très belle jeune femme en tenue d’Ève, à la feuille près. Que lui voulait cette créature ?
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Amelia Earhart

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MessageSujet: Re: Que se passe-t-il?    Mar 12 Fév - 22:51

Mourir pour mourir, celle-ci semblait être la meilleure façon, pour elle ! Après tout si on court après l’aventure et les émotions fortes, le risque est grand de finir de manière fracassante plutôt que de vieillesse dans son lit.
Le périple arrivait à sa fin. Pas de contact avec l’Itasca. Sans remords. Crainte ? Oui. C’est atavique de l’être humain. La mort demeure le grand mystère. L’Electra se précipita dans les flots sombres. Le choc suffit.

Qu’il faisait bon ! Comme un jour de pique nique au bord de la rivière ! Amelia ouvrit un œil, puis l’autre et cligna, à demi aveuglée par la lumière du soleil…

HEIN !?

Redressée d’un bond, elle jeta un regard aux alentours sans pouvoir donner crédit à ses yeux. Un fleuve immense coulait tout près de là et une multitude nue se livrait à quelque rituel sauvage et…sanglant.

Mais c’est quoi…ça ?

Ce n’est alors qu’elle réalisa être aussi nue que les autres. Premier réflexe, s’asseoir, ramener les genoux contre la poitrine et réfléchir. Pas pour longtemps. Il ne fallait pas être un génie pour se rendre compte que ce qui se passait sur la berge s’étendait rapidement en sa direction. D’uns, très nus étaient pourchassés pas d’autres, moins nus. L’échéance était claire : soumission de bon gré saurait Dieu à quelle cause ou expédition ad padres, sans grands préambules.

Si je comprends bien…parce que c’est la seule chose à comprendre, soliloqua-t’elle, est que je suis morte…impossible autrement…ou non ? Non…alors, s’il faut croire à ce que racontait grand-mère…suis au Paradis…mais, diable…si ça y ressemble…veux pas imaginer l’Enfer.

Mot de ce jour de résurrection si singulier :déguerpir sous peine d’y passer de nouveau !

Et de détaler le plus vite que permettaient ses jambes et sauter dans le premier fourré assez épais pour la dissimuler. Elle resta là, sagement. Un peu tremblante, cela va de soi, à regarder l’orgie de sang et pouvoir primitif qui se déroulait à quelques pas.

L’Enfer…pas de doute. Misère, j’étais pas si mauvaise que ça quand même…


Son attention finit par être attirée par un autre fugitif qui plongea dans son petit fourré à lui. Une fois à sauf, le gars ne perdait pas détail du spectacle, sans y prendre goût, si on tenait compte de son air assez horrifié. Vu de loin, il avait l’air plutôt civilisé. Elle se demanda d’où sortait l’individu avec cette longue chevelure bouclée qui aurait fait verdir d’envie une femme coquette. Ce pensant, sa main essaya de mettre un peu d’ordre dans sa rousse tignasse, simple réflexe féminin. Au bout d’un moment, l’affaire sembla se tasser et la foule s’égaya, de gré ou de force. Une feuille par ci, une feuille par là, elle essaya de couvrir de son mieux sa nudité et se décida à sortir…Le voisin de buisson semblait mesurer les conséquences de son suivant mouvement, au cas de penser le faire.

Trop pris dans ses élucubrations, il ne l’entendit pas approcher alors, sans faire de chichis, elle ne trouva mieux qu’à lui taper doucement l’épaule. Quel bond !

Euh…du calme… vais rien vous faire…je…enfin…ce qui se passe là est assez terrible, vous ne trouvez pas ?...J’en suis estomaquée…et parlant d’estomac, le mien est assez vide…Excusez moi la question…mais…on est où, là ?...Paradis ?...Oui, j’ai pensé la même chose…mais entre nous, c’est plutôt infernal…Pardon, je parle trop…au lieu de me présenter…Amelia Earhart !

Quand il parla enfin et se présenta à son tour, Amelia resta comme deux ronds de flan.

Par tous les anges du Ciel…et il fallait que je sois vêtue de feuilles…enfin, ma mère a toujours dit que le vert me seyait…Non…je ne suis pas folle…disons que juste un peu…morte et prise de court !
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Louis XIV

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MessageSujet: Re: Que se passe-t-il?    Jeu 14 Fév - 23:52

Françoise l’avait guidé au repentir, à s’amender pour ses nombreux péchés. Il avait cru y être parvenu sauf que le lieu de résurrection, s’il n’était pas brûlant, n’était pas réjouissant. C’était à croire que tous les hommes étaient devenus sauvages. Les femmes n’étaient pas les dernières non plus à s’adonner aux rixes, hélas !
Louis était plus que perplexe.
Lorsqu’une main se posa sur son épaule, il crut vraiment à une agression. Nu et désarmé, que faire ? Avec un bonheur ineffable, la créature qui l’avait abordé n’avait pas d’allure guerrière. Elle lui parla d’un ton très doux :


Euh…du calme… vais rien vous faire…je…enfin…ce qui se passe là est assez terrible, vous ne trouvez pas ?...J’en suis estomaquée…et parlant d’estomac, le mien est assez vide…


D’abord désorienté, Louis bénit le fourré dans lequel son retournement l’avait embusqué. La jeune femme était très… belle, son parler franc – chose rare à son époque. Il approuva :


Gente dame, le mien déplore aussi ce cas. Malheureusement, nous…


Elle lui coupa la parole aussi sec :

Excusez moi la question…mais…on est où, là ?...Paradis ?...Oui, j’ai pensé la même chose…mais entre nous, c’est plutôt infernal…Pardon, je parle trop…au lieu de me présenter…Amelia Earhart !

Euh… Enchanté Mademoiselle. À mon tour de m’excuser de paraître en pareils attributs et de manquer à tous mes devoirs. S’il ne tenait qu’à moi, je vous saluerais de mon chapeau en balayant sa plume du sol foulé par vos pieds, ravissants, cela dit. Permettez-moi de me présenter, je suis Louis, le XIVème du nom !

Avec une certaine satisfaction, Louis constata que son patronyme faisait de l’effet à la jeune femme qui bredouilla :


Par tous les anges du Ciel…et il fallait que je sois vêtue de feuilles…enfin, ma mère a toujours dit que le vert me seyait… Non…je ne suis pas folle…disons que juste un peu…morte et prise de court !


Soyez assurée que vous n’êtes point seule en cas, ma chère enfant.

Les alentours s’étant calmés, il osa :


Puis-je requérir que vous vous détourniez un instant ?


Elle agréa et, vif, il attrapa les plus larges feuilles disponibles pour les assembler grossièrement.

*Je me demande comment Adam et Ève faisaient tenir leurs feuilles !*
rouspéta-t-il intérieurement avant de rejoindre ladite Amelia.

Que je déplore mes apanages ! Maintenant que je suis presque décent, que diriez-vous de tenter de quérir un repas ? Il doit bien exister quelques débrouillards dans le coin. Qu’en pensez-vous ?


Son raisonnement ne manquait pas de bon sens. Sa suggestion, non plus. Elle espérait le fleuve poissonneux. Dans le fond, lui aussi.

D’accord, regagnons le rivage. Trouvons un coin éloigné de populace et… prions.

Très prudents et silencieux, à l’abri des frondaisons, ils longèrent le fleuve jusqu’à une sorte de petite crique naturelle, paisible et, surtout, déserte qu’ils contemplèrent longuement sans réaction.
Sur le coup, Louis aurait souhaité tomber sur Diane Chasseresse et qu’elle se charge de la corvée.


*Allez Louis ! Il n’y a plus de serviteurs. La petite a faim et… toi aussi !*


Une longue branche solide servit de hampe. Un caillou acéré sur lequel il venait de s’entamer le pied en hurlant, servit de lame. Il la ficha dans le bois et l’y fixa avec des herbes solides.
Des souvenirs de jeunesse lui revenant en mémoire, immergé à mi-mollet, Louis n’eut aucun mal à viser et à harponner l’espèce de carpe qui eut le malheur de passer à proximité.
Tout fier de son exploit, il se retourna vers Amelia en levant haut le poisson frétillant.


Mais…

Ahuri, il vit que sa compagne l’avait imité. Très attentive aux reflets argentés passant près de ses pieds, la demoiselle essayait de pêcher.
Beau spectacle, en vérité, même s’il parut assez bizarre à l’ex-monarque. Elle avait l’œil, pas à dire puisqu’elle aussi captura une proie.
Quand ils sortirent de l’eau, Louis la complimenta :


Ma foi, je n’avais jamais assisté à une telle prouesse de la part d’une demoiselle. De quelle contrée venez-vous donc ? Heure art n’est pas français, n’est-il pas ?


Son rire était rafraîchissant, ses dires réfrigérants.

… vous seriez donc morte plus de 200 ans a… après moi ? Oh, mon Dieu que tout cela est étrange.

Il aurait voulu assouvir sa curiosité mais l’instant ne s’y prêtait pas. Qu’allaient-ils faire de cette nourriture ? La dévorer crue ne les tentait ni l’un ni l’autre. Demander du feu aux voisins semblait exclu… en faire aussi…

Pêchons davantage, suggéra Louis. Peut-être pourrons-nous alors envisager de faire du troc si nous voyons des gens sympathiques ?

Un peu plus tard, une baguette effilée soutenant une dizaine de proies, ils repérèrent les fumées.
D’abord, ils observèrent de loin de candidats au troc. Trois foyers furent ainsi évités. Trop de gens, mines patibulaires…
L’estomac dans les talons, ils se risquèrent enfin à aborder deux couples d’apparence paisible. Louis recommanda à Amelia de rester en arrière et de fuir à toutes jambes au cas où, puis il s’avança :

Bonjour, mes… messieurs, dames ! Vous agréerait-il de permettre à deux affamés de se joindre à votre repas ? N’ayez craintes, nous venons en amis et apportons nos propres provisions fraîches que nous partagerons volontiers… si, toutefois, vous daignez nous accordez quelques braises…

Un instant plus tard, il faisait signe à Amelia d’approcher…
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Amelia Earhart

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MessageSujet: Re: Que se passe-t-il?    Dim 17 Fév - 11:39

Louis XIV autrement connu comme le Roi-Soleil, si ses connaissances en histoire européenne ne lui faisaient pas défaut. Sa présentation, en soi, valait déjà le détour, menée bon train d’un verbe fleuri sans pair et indéniable charme. Combien d’hommes avait elle connu, disposés à balayer le sol de la plume de leur chapeau ? Le sol foulé par ses charmants pieds, soit dit en passant. Aucun.

*Ben, ça courait pas les chemins les gars à chapeau emplumé, de ton temps, ma fille !*

Mais le moment se prêtait mal à élucubrer sur d’hypothétiques plumes. Mettant point d’honneur sur le fait de ne pas être un esprit dérangé ni faire pour autant de révérence, Amelia se sentit rassurée d’avoir rencontré un être civilisé, qui acte suivi, requit qu’elle se retourne pour vêtir, dignement, quelques feuilles.

Que je déplore mes apanages ! Maintenant que je suis presque décent, que diriez-vous de tenter de quérir un repas ? Il doit bien exister quelques débrouillards dans le coin. Qu’en pensez-vous ?

Elle le regarda avec un sourire resplendissant.


On n’est pas à la feuille près, Sire et pour ce qui est de chercher quelque chose à manger, je suis partante…pour les débrouillards, j’ose espérer que nous aurons de la chance…

Regard à droite et à gauche. Un semblant de calme instauré, les lieux ne semblaient pas si infernaux mais sait on jamais…

Peut être si nous cherchons un endroit plus sûr…Une rivière pareille doit bien avoir des poissons…

D’accord, regagnons le rivage. Trouvons un coin éloigné de populace et… prions.

Elle n’avait pas contemplé la prière comme solution à leurs problèmes mais tant qu’à faire, invoquer de l’aide divine ne leur ferait pas tort. Sans faire d’histoires, Amelia suivit le Roi, qui semblait savoir comment s’y prendre pour avancer en catimini à l’abri des arbres. Ils n’échangèrent pas mot avant de parvenir à une détour de la rivière où se formait une crique paisible et…déserte. Sa Majesté rompit le silence avec un hurlement, Dieu merci, pas d’alarme mais de simple douleur, il s’était entaillé une des ses royales voutes plantaires avec un insolent caillou.

Désolée…c’est vrai qu’aller par là pied nus…, soupira t’elle.

Mais il resta de suite clair que le Quatorzième du nom ne songeait pas rester là à se plaindre vainement. Le voilà qui s’appliquait à la confection d’une espèce de harpon. Sans perdre de temps, elle s’affaira à copier ses faits et gestes. Il entra dans l’eau, la miss suivit le mouvement. Cela lui rappela les jours de son enfance quand, en compagnie de son inséparable Pidges, elle avait joué aux Robinsons et pratiqué ce style de pêche, par delà assez primitif mais qui, avec un peu de concentration et bon œil, donnait des bons résultats. Qu’elle fasse une belle prise, surprit son royal compagnon de mésaventures.

Ma foi, je n’avais jamais assisté à une telle prouesse de la part d’une demoiselle. De quelle contrée venez-vous donc ? Heure art n’est pas français, n’est-il pas ?

Comment ne pas rire de cet air ahuri ?

Du Kansas, Messire, États Unis d’Amérique, de vos illustres temps une simple colonie et mon bled, contrée de sauvages…j’y suis née en 1887…et morte, selon toute apparence, si je ne me trompe pas, un 2 Juillet de 1937…au large de nulle part, sur le Pacifique…

Ce qui, on ne pouvait s’attendre à moins, l’abasourdit assez.

Vous seriez donc morte plus de 200 ans a… après moi ? Oh, mon Dieu que tout cela est étrange.

Ben, oui, ça m’en a tout l’air…Et pardi que c’est étrange, vous allez me dire…Être à poil, en plus de morte et croiser le chemin du Roi Soleil…de quoi mettre les idées à l’envers. Mais le fait demeure…suis là, vous aussi…suppose qu’on devra faire avec !

Rester pratique avait toujours été une des normes de sa vie. Perdre la tête n’aidant à rien, autant s’atteler à la tâche présentée, sans chichis ridicules.

Commençons par ces poissons…les manger crus ne me dit rien, je parie qu’à vous non plus…On pourrait faire un feu, mais je ne vois pas comment même s’il semblerait qu’on y arrive avec des pierres ou je ne sais quoi d’autre…

Sa Majesté n’en avait pas la moindre idée, non plus.

Pêchons davantage. Peut-être pourrons-nous alors envisager de faire du troc si nous voyons des gens sympathiques ?

*Royalement optimiste, celui là !*

Mais elle se garda son avis et la pêche continua. Ils réunirent quelques beaux poissons et s’en allèrent donc chercher des bonnes âmes avec qui partager leur butin. Des voisins, il y en avait. Pas tous l’air recommandable. Ils les évitèrent discrètement jusqu’à tomber sur un petit groupe, deux couples, d’apparence plus abordable. Le Roi recommandant prudence, la pria de rester en arrière et alla présenter, seul, sa requête d’un style si bien tourné, qu’à moins d’être des brutes ignorantes, les autres ne purent qu’agréer. À son signe, Amelia trottina joyeusement hors de son buisson avec sa broche de poissons frais.

Bonjour tout le monde…excusez nous de tomber sans être invités mais les circonstances faisant…

Ces quatre là semblaient civilisés. Assez pour procéder à des présentations sans protocole d’où il en ressortit qu’ils avaient affaire à un marchand hollandais, une paysanne russe, un moine bouddhiste et une nonne catholique. Tous de siècles différents, croyances idem mais ralliés dans le fait d’être dans le même pétrin, la même confusion et l’identique misère de leurs atours. La pauvre nonne était, de loin, la plus affectée de tous, comme quoi, la foi aide mais ne vient pas à bout de tout malaise.

Ben oui, gênant, pas à dire, confia Amelia, à mode de consolation, mais ne sommes nous pas tous pareils aux yeux de notre Seigneur ?...Pensez à Adam et Eve…

Mauvais commentaire. Sœur Josèphe du St.Esprit, tout droit ressuscitée de son cloître vaudois, ne voulait que mourir encore, pour cette fois, avec un peu de chance, joindre le vrai paradis, gagné en vie après moult prières et autres efforts. Que ce cher Louis, roi de France, étale son identité, ne fit qu’empirer la cause. Aux yeux de cette femme fervente, ce seigneur de si haute noblesse, était à peu près l’incarnation de la débauche et autres non vertus. Amen.

Vous en faites pas, Sire…on n’est pas pour plaire à tout le monde…enfin !

Le moine ne faisait pas de foin. Illuminé et souriant, il ne voyait en l’expérience, qu’un échelon de plus à gravir pour atteindre le Nirvana. Le hollandais jurait à tout bout portant et la russe, douce créature résignée, faisait cuire les poissons. Pour elle, vie ou mort se ressemblaient trop pour s’y méprendre. Serve de son vivant, elle s’acquittait de même dans cet au-delà. Comme quoi, on ne se refait pas en un jour !

Et ce feu ? Comment l’avez-vous fait ?

L’explication était plate et sincère. Ils avaient trouvé les lieux désertés, les braises rougeoyant encore et n’avaient que sauté sur l’aubaine. On dit par là que tout est bien qui finit bien, or là, c’était loin d’être fini. À peine entamé le premier poisson, qu’un remous suspect grandit non loin de là. Des cris, des plaintes…

Zut alors…voilà que ça recommence… M’est avis qu’on file…Où ? ben…connais pas le coin, moi…mais là bas…cet îlot…on peut y arriver si on se grouille…

Et pour courir, il faut dire qu’ils coururent. Détalant mieux que des lièvres avec chiens aux trousses, tous cherchèrent leur salut. Quelques mètres d’eau assez profonde les séparaient de ce banc de sable pauvre en végétation. Amelia était bonne nageuse, pas ainsi la nonne qu’elle tracta jusqu’au rivage. Tant bien que mal, les autres, s’essoufflaient déjà au sec, tremblants de terreur commune.

Sur la berge, abandonnée avec tant de hâte, se montrait déjà la meute hurlante, du même genre de ceux entrevus à leur arrivée.

Ben pas à dire, comme comité d’accueil, on repasse…mais voyez donc, ils n’osent pas entrer dans l’eau…Tant mieux !, et de leur faire un pied de nez avant d’aller prospecter leur nouveau territoire.

Le bilan était désolant. Plus désolant que cela, difficile. À sauf des poursuivants, certes mais sur un lopin de terre, avec trois arbres et quelques arbustes qui faisaient de la peine à voir, incapables d’abriter une faune quelconque et après exhaustive révision, dépourvus du moindre fruit. Elle ne voulut pas faire de commentaire. Cela n’aurait rien apporté à leur déjà croissant pessimisme. Un conseil en valant un autre, on pria. En claquant des dents, un peu par peur et assez par froid. Les nuits s’avéraient fraîches dans leur drôle de version du Paradis et la pudeur naturelle, ajoutée au manque de confiance, empêchant d’imiter les pingouins de l’Antarctique, on se cailla poliment. Dormir en ces conditions résultait quasi impossible mais la fatigue faisant valoir ses droits, on dodelina bêtement.


Le matin vint avec un revirement de la situation. Jaillis d’entre les rochers du rivage voisin, un groupe ordonné tomba sur les veilleurs malfaisants, les réduisant en un rien de temps de manière définitive…si définitive qu’ils se diluèrent à même le sol sans laisser de trace. Force signes, les vainqueurs leur firent comprendre qu’ils venaient les aider. Sans demander leur reste, tous plongèrent pour les rejoindre. Que se passa t’il alors ? Amelia n’aurait su le dire. Le fait est qu’arrivant à peine près du rivage, des bras forts l’empoignèrent pour la sortir de l’eau alors qu’Annoushka, la paysanne russe hurlait, épouvantée. À deux mètres derrière elle, Amelia parvint à voir Sr. Josèphe du St Esprit et le marchand hollandais disparaître au milieu d’une houle inexistante un instant auparavant. Se tournant alors vers son sauveteur, elle se trouva face à face avec un homme au regard gris plein de commisération et à l’allure définitivement civilisée.

Mer…merci !

Près d’eux, un grand gars blond, qui semblait être le chef, dit, ombrageux :

On ne peut plus rien pour eux. Le fleuve ne rend pas ses victimes ! On rentre !

Mais…que…

Sa question mourut là. Sans perte de temps, on les guida à travers le bois. Chemin faisant, elle était trop bouleversée pour faire quoique ce soit d’autre que regarder où mettre les pieds. Une rude montée plus tard et ils aboutirent sur un plateau où se tenait un campement. Des femmes apparurent pour les convoyer face à un tas de cailloux en leur disant de prier pour recevoir de quoi se vêtir. Le Quatorzième du nom, très avisé, passa le premier, fit ses dévotions avec beaucoup de foi et reçut des vêtements. Suivit le moine, qui fit de même. Amelia se retrouva plantée face aux pierres inertes, fourrageant dans son esprit à la recherche d’une conviction quelconque.

Me voilà nue et démunie, veuillez m’accorder de quoi sembler décente !

Un tas de chiffon fleuri apparut à ses pieds. Elle le releva, suspicieuse pour découvrir une robe comme celles portées lors de sa prime jeunesse, au Kansas.

Pardon, susurra t’elle à l’envers des cailloux, y aurait pas quelque chose à mettre dessous ?

Souhait accordé. On repasserait pour la lingerie, mais n’importe quoi étant mieux que rien, elle fila revêtir ses atours. Sa Majesté avait été le mieux nanti. Le moine semblait ravi avec sa tunique safran et Annoushka avec son terne vêtement. On leur offrit de quoi se désaltérer et apaiser leur fringale, pour après les mener auprès des autorités des lieux. La ronde de présentations débuta, la laissant ahurie en découvrant avoir affaire avec des personnalités notoires comme Achille, le héros de Troie et Sir Richard Burton, le célèbre explorateur, en plus du viking de service, l’aurige égyptien, le mousquetaire, l’écuyer et le conquistador.

Je suis Amelia Earhart, morte au XXème siècle. J’étais aviatrice…cela veut dire que je volais…dans les airs, oui…où d’autre ?...Avec un avion…AVION !!!

Et de mimer l’envol, avec bruits conséquents, ce qui provoqua un beau tollé de rires et questions…
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