Gods Games

Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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Josh Cromwell

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Messages : 23
Date d'inscription : 02/02/2013

MessageSujet: Welcome!   Mer 20 Mar - 22:46

La solitude n’avait jamais dérangé Josh Cromwell. Oh, cela faisait un bout de temps qu’il n’y avait pas goûté mais cela ne le tracassa pas sur le coup.
Longtemps, il contempla le rivage de cette contrée où il avait échoué après un, très, très curieux naufrage. Que s’était-il vraiment passé ? Où étaient passés les autres ? L’avait-on jeté par-dessus bord ? Était-il… le seul rescapé ?
À toutes ces questions sans réponse s’en ajoutait une plus immédiate : que faire ?
Il possédait de la nourriture et de l’eau pour au moins trois jours. L’oisiveté n’ayant jamais été son fort, il se vit mal en train d’attendre bêtement que des équipes de secours se pointent. D’ailleurs, il ne distingua aucun sillage d’avion dans le ciel pur, ni de silhouette de navire à l’horizon durant son observation. Sa Rolex, pourtant garantie contre à peu près tout, ne fonctionnant plus, il estima l’heure d’après la hauteur du soleil. Grâce à la brise, il ne faisait pas étouffant, n’empêche que rester à l’ombre était plus prudent. Aussi déménagea-t-il sa grande carcasse en longeant la frange de palmiers le séparant d’une forêt luxuriante.


*L’eau est essentielle !*


Se doutant que ses provisions ne dureraient pas, autant se trouver un coin agréable pour au moins une nuit, plus si affinité.
Mine de rien, son barda pesait lourd. Séché, raidi de sel, le smoking grattait. Déjà débarrassé de sa veste, Josh échangea le pantalon contre un short qu’il enfila avec répugnance. Même si ça portait encore une étiquette, ça appartenait à Chersterfield, non ?


*Dommage qu’on n’ait pas la même pointure !*


Il envia les splendides chaussures de marche mais se contenta des siennes.
Combien de kilomètres effectua-t-il ? Difficile à évaluer.
Il commençait à être fourbu quand un ruissèlement attira son attention. Un petit ru coulait de la forêt vers la mer. N’hésitant pas à le remonter, Josh sourit enfin de satisfaction. Mieux qu’une petite source, l’endroit présentait une vraie cascade d’un saut de cinq mètres.
La douche fraiche d’eau douce le requinqua pour de bon.
Le site était cool. Outre l’eau, profusion de fruits pendaient aux arbres. Josh en préleva plusieurs, les savoura puis s’installa. Aucun nuage dans le ciel, il jugea la construction d’un abri superflue.
Lorsque les premières vagues de moustiques attaquèrent, il pesta mais rigola ensuite en se souvenant que Neil s’était muni de répulsif.

*Prévoyant, ce mec !*

Penser à Neil lui rappela cet étrange réveillon. Comment diable Chesterfield et Lind avaient-ils deviné qu’ils allaient naufrager ? Ensuite, vint le souvenir de Maya.

*Vraiment dommage…*

En souhaitant que ces gens aillent bien, il parvint enfin à trouver le sommeil.
Malgré le temps écoulé depuis sa dernière nuit à la dure, il est des reflexes qui ne quittaient plus Josh. Dans la clarté revenue, il éveilla tous ses sens avec la très nette impression d’être observé.
Il avait dormi avec, en main, son poignard. Là, il ouvrit lentement les yeux en ayant soin de rester parfaitement immobile et de conserver une respiration identique à celle du sommeil.
Ce qu’il vit aurait pu être marrant sauf que le pillage de ses maigres ressources l’agaça. Avec un hurlement de rage, il se redressa. Une débandade paniquée s’en suivit dans une multitude de couinements perçants.


FICHEZ-LE-CAMP, VOLEURS !

Les moulinets de son arme étaient surtout destinés à effrayer la bande de macaques maraudeurs qui, comme prévu, s’éparpilla. Non sans emporter un peu de butin, hélas !
Frustré de cette « petite » victoire, Cromwell rengaina le poignard et entreprit de rassembler ses possessions éparpillées. C’est alors qu’il se penchait pour ramasser des lambeaux de sa veste qu’il remarqua le sang qui la souillait. En dessous, il découvrit une petite dépouille inerte.


Je t’ai eu, salopard ! Fallait pas me chercher ! ricana-t-il en voyant le singe recroquevillé sur un tas de feuilles.


Déjà il s’imaginait en train de dépecer la bestiole qui, selon les rumeurs, devait être goûteuse en étant rôtie quand la lame levée fut stoppée par la rencontre avec un regard inattendu.

*M***e ! Ça vit encore!*

Il aurait occis sans remord ce futur repas s’il n’y avait eu cette expression très étrange, comme un appel muet, douloureux. Saisi, il suspendit son geste radical et contempla sa victime involontaire au regard presque humain. Ne sachant pas trop par quoi commencer, Josh prit une serviette propre et y déposa le petit corps qu’il porta ensuite délicatement près de la pièce d’eau où il entreprit de laver la plaie nette qui lui zébrait le torse, de l’épaule à la haine.

Tu as de la veine, bonhomme ! Ce n’est pas profond.


L’animal ne se débattit pas sous ce traitement, de même qu’il subit un bandage de fortune sans rechigner. N’y connaissant rien en macaque et que peu en soins infirmiers, Josh ne put que soupirer en se grattant la tête :

Bon, ben, j’espère que ça ira…

S’apprêtant à abandonner le singe là, il s’arrêta quand un long gémissement s’émit du corps en souffrance.


Écoute, dit-il en le pointant du doigt, j’en ai rien à cirer de toi ! Ça passe ou ça casse, compris ?

Une autre plainte s’éleva provoquant une grimace chez Cromwell.

C’est bon ! râla-t-il, je vais rester…


Révisant mentalement de vagues souvenirs, il se dit qu’un blessé devait être gardé au chaud.
Un beau feu se bâtit sans difficulté mais la bestiole grelottait encore. Que faire d’autre sinon que de confectionner une nacelle ventrale ? Sa précieuse chemise nouée en bandoulière par les manches, les pans rabattus à la va-comme-on-peut, Josh installa le singe contre lui et le berça doucement en regardant danser les flammes, perdu dans ses pensées.
Dans le fond, pourquoi ne pas s’installer là ? Il avait de l’eau à profusion, la mer était proche, il pourrait y pêcher sa pitance…

Deux jours s’écoulèrent ainsi dans la solitude juste troublée par le réveil du jeune singe qui, malgré les tentatives de Josh pour l’éloigner, revint quémander compagnie et fruits. Tant qu’à faire, Josh l’adopta et le baptisa Friday.
Le troisième jour, Josh décida de bouger. Ce coin était très agréable mais si l’île était habitée, ce n’est pas en restant là qu’il trouverait des âmes. Singe sur l’épaule, sac sur l’autre, en tenue estivale, il se mit à longer le rivage en scrutant alentours et horizon. Le paysage changea peu à peu au fil de sa progression. Aux belles plages succédèrent bientôt des champs noirs formés de blocs d’ancienne lave. Impossible de contourner cela. Ses chaussures ne tirent pas longtemps la distance mais Cromwell s’obstina à traverser. Depuis le naufrage, il avait constaté un phénomène étrange en ces lieux : il n’y avait pas de soirée. Le soleil déclinait normalement puis, brusquement, sombrait. Pestant d’avoir entrepris la traversée à ce moment, sentant le risque de se retrouver dans l’obscurité au beau milieu des rochers érodés, il accéléra. Par chance, Friday avait un instinct sûr qui lui permettait d’avancer sur de bons appuis. Le singe imite l’homme ? Cette fois, ce fut l’inverse. La nuit fut totale qu’ils atteignaient de nouveaux bancs de sable. Satisfait, Josh s’assit et ouvrit une bouteille d’eau qu’il partagea avec son compagnon. C’est alors qu’il les vit. Très attentif à ses pieds, il n’avait pas relevé la tête depuis la lave et là…


Fri, on est sauvés ! Si je ne rêve pas, ce sont des lumières qui brillent là-bas.

Enthousiasmé, il galopa un moment. La distance s‘amenuisa considérablement mais quelque chose retint Josh de se précipiter tête baissée chez des inconnus.

On va se trouver un abri et les observer, ok ?

Il veilla tardivement. Au matin, il enterra soigneusement l’essentiel de son barda, ne conservant que son couteau et une bouteille d’eau puis s’avança vers les premières habitations.

Pas accueillants, ces gens !
murmura-t-il à son copain poilu quand il fut évident qu’on évitait le contact en rentrant vite se cacher dans de coquets pavillons.
Le port, animé peu avant, se vida rapidement.

HEY ! JE NE MORS PAS NI N’AI LA GALE! gueula-t-il fort et clair.

Aucune réaction ne se manifestant, Josh croisa les bras et, bien planté sur ses jambes, attendit.
Peu après, deux étranges voiturettes apparurent en roulant à vive allure. En descendirent des hommes armés, en uniforme kaki. Le singe, voyant ces barbouzes courir vers eux, abandonna son maître et prit la fuite.


C’est malin, dit-il aux hommes ! Vous avez fait peur à mon singe !

Mains en l’air ! Pas un geste !

Charmant l’accueil !

Tu causeras quand on te sonnera ! Monte !

Délesté de son poignard et de son portefeuille, il fut fourré dans une voiturette qui démarra silencieusement.
La traversée de la communauté étonna un peu Josh. On se serait cru dans un village de vacances de luxe sauf que des paramilitaires y circulaient.
Les véhicules stoppèrent sur une place assez vaste où trônait un édifice étrange. Josh n’eut pas le loisir de détailler quoique ce soit, on le fit entrer dans un grand bâtiment et l’encadra jusqu’à une pièce qui fut bouclée derrière lui.


*Salle d’interrogatoires ?*

La suite lui donna raison.

Il mijotait assis sur un des deux seuls sièges, pieds sur la table quand la porte s’ouvrit livrant passage à un gars bien charpenté qui s’assit face à lui en déposant la chemise d’un dossier qu’il ouvrit :

Vous êtes donc Joshua Cromwell ?

Vous m’avez piqué mes papiers, donc…

Comment êtes-vous arrivé ici, Mr. Cromwell ?

Et si vous commenciez par me dire qui vous êtes et pourquoi vous semblez me considérer comme quelqu’un d’indésirable, voire de dangereux ?

Vous saurez tout en temps utile. Répondez à ma question, s’il vous plait.

Josh pesa rapidement le pour et le contre. S’il voulait recouvrer sa liberté, mieux valait obtempérer d’autant qu’il n’avait rien à se reprocher. Il raconta alors en détail l’étrange naufrage de l’Ocean’s Queen. Très attentif, son examinateur posa beaucoup de questions, somme toute normal.

Deux ou trois mille passagers… une centaine par canot mais j’ignore ce que sont devenus ceux qui étaient avec moi… j’ai marché deux jours plein… non, vu personne ni épaves, rien… Oui, rien que mon couteau…


Enfin, l’autre fut satisfait. Il replia le dossier complété avec soin, se leva et lui tendit sa main à serrer.


Mais… et mes questions à moi ! Quand… ?

L’autre se fit affable, rassurant et l’abandonna à sa solitude.
Moins d’un quart d’heure plus tard, l’homme revint avec un grand sourire mais surtout avec un plateau bien garni sur lequel Josh se rua plein d’entrain. Pendant qu’il s’empiffrait en toute joie d’affamé, l’autre fit la conversation :


Je suis Timothy Firth, 1er adjoint au maire de ce village... Pardon ( il ne pigeait pas ce que Josh disait la bouche pleine) … Ah? Euh, non ! Nous l’appelons simplement le village… non, il ne s’agit pas d’un village de vacance. En fait, moi et tous les habitants, nous avons atterri ici il y a deux ans sans avoir la moindre idée de comment on y était arrivé…

Une histoire tout à fait démente se débita bientôt dans les oreilles de Cromwell.
Des installations parfaites, nourriture, vêtements avaient accueilli les rescapés du vol 747 vers l’Australie. Ils s’étaient organisés mais n’avaient jamais pu recevoir de contacts extérieurs. Josh devait comprendre la méfiance que sa venue avait éveillée. Le comité allait sûrement envoyer des équipes rechercher d’autres naufragés et réorganiser les installations. En attendant, Firth parut sincèrement navré du dérangement causé par le minable accueil reçu. En contrepartie, la mairie lui offrait gracieusement le bungalow de son choix. Firth lui servirait de guide.


Puis-je récupérer mon couteau ?


Pas question, hélas.
Dehors, une vie « normale » se déroulait en apparente quiétude.


Ne vous étonnez pas si on vous regarde de travers, Mr. Cromwell. Une nouvelle tête attire forcément l’attention
.

Mais pourquoi tant de « gardiens » ? Il y a des troubles ?


Il y en a eu mais depuis que le maire Higgins a été remplacé, tout est calme à nouveau. C’est une simple mesure de prudence…


Josh n’écouta que distraitement, très intrigué par l’ensemble de cailloux du centre de la place.

C’est quoi, ce machin ?


Tim tiqua fortement, comme si Josh venait de commettre un sacrilège :

C’est l’autel sacré ! Il faut le respecter avec humilité. Il est la clé de notre survie ici ! Sans lui, nous aurions tous dépéri ! Vous êtes sceptiques, c’est normal. Approchons-nous, vous comprendrez !

Des tours de magie, Josh en avait déjà vus mais il dut avouer que celui-là dépassait l’entendement.
Les gens « priaient » les pierres, et recevaient des dons !
Après plusieurs « miracles » Josh ne comprenait toujours pas le trucage
.

Nul ne comprend, soupira Firth. Malheureusement, l’autel est devenu exigeant. Au début, il donnait tout sur simple demande, puis… il a fallu des offrandes…

Bref, moi qui n’ai rien, n’aurai droit à rien ?


Les pierres ne vous connaissent pas encore… Soyez modeste… On verra bien !

Curieux de nature, Josh attendit son tour parmi les pèlerins qui déposaient des présents aux pierres et recevaient, le plus souvent, des frustrations.
Sous ses yeux ahuris, un panier de pommes devint des conserves ; un homard, un sac de farine.
Imitant la dévotion des autres, Josh pria en tentant de faire abstraction à ses idées de profond mépris :


Ô pierres, je suis nouveau et très démuni. Des chaussures, vêtements et nourriture me combleraient.


Il reçut un gros sac qu’il aurait inventorié sur place si Tim ne l’avait entraîné plus loin :

Inutile de provoquer la convoitise des autres ! Un lot de beaux pavillons inoccupés est bâti à côté…

L’habitation était splendide, avec piscine privée et tout le bazar qui allait avec.
Les placards recelaient quelques denrées, le frigidaire également. Le bar, hélas, ne contenait qu’une seule bouteille qu’ouvrit de suite Josh qui en offrit un verre à son « hôte ». Le petit homme rondouillard ne le refusa pas et le sirota tout en délivrant des conseils :


Ici, nous ne tolérons pas les bagarres, les discordes. Tout litige se règle à la mairie. Vous aurez intérêt à vous trouver un job rapidement car payer la pierre deviendra vite nécessité. Quelles sont vos compétences ? Quel poste viseriez-vous, Mr. Cromwell ?

J’étais dans le commerce mais… maire m’irait bien !


La tête de l’autre fut tout un poème. Josh le rassura : c’était un blague, il ne ferait pas de vague…


*Pas de suite…*
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Maya Clairborne

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Messages : 206
Date d'inscription : 03/02/2013

MessageSujet: Re: Welcome!   Ven 22 Mar - 15:39

D’histoires embrouillées, de types imbus de soi et autres aménités sociales, Maya en avait eu son lot. Soit, Josh Cromwell avait tous les atouts pour attirer une femme mais définitivement le gars semblait avoir des problèmes avec sa conscience, son passé et le reste. Qu’il veuille l’admettre ou pas, sa liaison avec la telle Emily l’avait chamboulé à plus d’un titre, qu’elle soit morte en circonstances plutôt troubles et lui ait, par-dessus le marché, légué sa fortune, lui rapportait bien plus de problèmes que voulu et pas seulement avec les autres prétendants au testament mais avec lui-même…

Le draguer ? Oui. Pourquoi pas ? Elle n’était ni aveugle ni insensible et ce grand bonhomme était tout simplement à tomber. Subtile ou pas ? Allez savoir. Il jouait les durs inaccessibles, montrait volontiers un côté brute qui d’ailleurs lui allait très bien pour après donner un aperçu, très léger, de ce qu’il aurait pu être de le vouloir ainsi.
Tant pis. Tant mieux. Maya ne comptait pas se compliquer la vie avec les problèmes des autres. Chacun pour soi et Dieu pour tous. Fichu si on la jugeait égocentrique et imbuvable, leur affaire, pas la sienne. Monsieur avait quand même honoré le bal de sa présence et s’amusait, chacun s’y prend comme il peut, à faire étal de ses talents de danseur avec l’un ou l’autre oie pâmée qui lui tombait sous la main, compte tenu que les idiotes faisaient quasiment la queue, il ne s’ennuya pas un instant.
Elle s’était mise particulièrement en beauté pour cette soirée, rien d’étonnant que quelques baveux viennent lui tenir des propos à dormir debout, veulent danser avec elle et qui sait si se faire des idées saugrenues. Mr. Fitzpatrick III venait de lui écraser les orteils avec beaucoup de style quand au hasard des changements, Miss Clairborne se retrouva dans les bras du bel ours.

Tu as l’air de bien t’amuser.

Comme tous et chacun, sans doute pas autant que toi, mais enfin…cela ne t’ennuie pas, je suppose ?

Bien entendu, cela ne l’incommodait pas le moins du monde. Elle ne s’était pas attendue à mieux.

Parfait alors, assura t’elle, agacée, profitons en !

Ben oui, j’en profite, et alors ? Jalouse ?

Mais voyons, vois vraiment pas pourquoi je le serais…

L’apparition de Neil Chesterfield en compagnie de son adorable miss, coupa court la conversation. Il leur tint des propos qu’on pouvait sans difficulté taxer d’excentriques et farfelus pour ne pas dire que débiles de bout à bout. Ce qui avait débuté comme demande d’excuses pour les torts du passé mua très vite en mise en garde en vue d’un naufrage imminent. Josh ne manqua pas de se montrer ironique et bien sûr incrédule. Lindsay y mit du sien. Maya se souvenait de sa grand-tante Blaine qui annonça un bon matin savoir que sa mort ne tardait pas, alors qu’elle jouissait de parfaite santé, assurant laisser tout en ordre. Cinq jours plus tard, l’avion privé où elle voyageait, s’était écrasé, disparaissant en pleine mer.

On ne perd rien à le croire, Josh…s’il se trouve que ce n’est qu’une divagation absurde…

Mais il fit la sourde oreille. Elle regagna sa cabine et s’appliqua à remplir un sac de voyage avec tout ce qui fut jugé nécessaire en cas de naufrage. Esprit pratique, elle ne s’encombra pas inutilement et ce qui lui manquait, à son docte avis, elle n’hésita pas à aller l’acquérir dans la superbe boutique des 1eres.classes, ouverte les 24h, même le soir de la St. Sylvestre. Si l’employé pensa que la jeune femme était un peu folle, il se garda bien de le dire mais se surprit quand même de ses achats. Un équipement ultra léger de snorkeling, arpon et couteau de survie, un grand sac à dos étanche et une provision choisie de médicaments. De retour à sa suite, Maya fourra le sac de voyage dans celui étanche, accommodait le reste de ses acquisitions quand le signal d’alarme fut donné et les passagers furent poliment priés de se rendre aux canots de sauvetage.

Et zut ! Il mentait pas !

Sans perdre la tête, elle se défit de sa coûteuse robe de soirée et accessoires idem pour passer une tenue plus convenable à la situation, à savoir un jean, un sweat shirt et des baskets. Sans oublier la recommandation de Chesterfield sur les objets de valeur, ses bijoux furent emboutis dans le sac. Elle sortit en enfilant son gilet de sauvetage et se vit de sitôt happée dans le flot de passagers, qui, dans un calme apparent, suivaient les consignes.

*Calme ? Tu veux rire…dans un moment, c’est la panique !*

Avant que cela n’arrive, elle pressa le pas, dépassant tout le monde sans faire attention aux remarques et arriva au pont où devait s’effectuer l’embarquement. Pas de trace de Josh, ni de Neil pourtant faciles à distinguer vu leur taille. Pas dire de Miss Fairchild. Tout semblait s’écouler en bon ordre jusqu’à ce que la sirène de bord ne commence à meugler dans la nuit. Perdus calme et bonnes manières, tout le monde voulait sa place dans un canot, coûte que coûte.
Agile comme un chat et peu disposée à se laisser faire, Maya se trouva installée dans un canot déjà à moitié plein. Quelques personnes de plus montèrent à bord avant qu’un des présents ne commence à protester, à voix haute, en assurant que c’était déjà assez plein comme cela, qu’on devait déjà les descendre avant que le canot ne ressemble à une boîte de sardines.
Le sous officier en charge de la manœuvre le rappela à l’ordre d’un ton sec et sans appel.
D’autres passagers furent admis, entre eux une femme qui tenait un chien en laisse. Des voix de proteste s’élevèrent mais la femme expliqua, d’une voix cassée de peur, qu’étant à moitié aveugle, l’animal, un splendide golden retriever, était son guide. Silence. Maya s’accommoda de son mieux, sans lâcher son bien. Le canot fut descendu et s’éloigna rapidement de l’Ocean’s Queen, immobile et illuminé comme un sapin de Noël . Une dense brume les enveloppa très vite comme un suaire, estompant bruits et lumières. Silence ouaté à peine rompu par le murmure de quelques conversations. Pas d’hystérie. Tous semblaient convaincus qu’on allait les secourir d’un moment à l’autre et que l’aventure ne passerait pas d’être une bonne anecdote.
Et puis, cette torpeur étrange, qui l'ankylosait…
Un jappement discret, un petit coup de patte et une truffe humide au creux de son cou. Maya se réveilla en sursaut. Le golden retriever la regardait, satisfait de son œuvre. C’est alors que la jeune femme réalisa se trouver seule à bord avec le chien.

Mais…où sont les autres ?...Il y avait au moins 40 personnes ici…Bon sang, Toutou…où sont les autres !?

Cette race de chiens est réputée très intelligente et sensible, mais on n’a jamais rapporté le cas d’un golden retriever parlant. Maya en resta pour ses frais. Tally, elle le sut plus tard en regardant la plaque de son collier, ne savait pas plus qu’elle, mais semblait accepter calmement la disparation des passagers, entre lesquels se trouvait sa maîtresse.
Maya n’était pas du genre à perdre la tête. Un rapide bilan de la situation et un inventaire de ses possessions la rassura assez comme pour s’offrir une bouteille d’eau, partagée en toute équité avec son compagnon de mésaventure. Au moins se trouvait elle dans une embarcation solide, à l’abri du soleil , avec assez de provisions et fourniments inhérents d’un canot de sauvetage de 1ère classe.
Elle essaya de relancer le moteur sans aucun succès. La vue des avirons, bien rangés à leur place, la désappointa, s’y pendre seule pour souquer, tenait de l’impossible.

Pour aller où d’ailleurs ? Veux tu me dire, Tally ?...Tu sais ramer ?...Non, je me disais bien…

Bon observateur, Tally donna joyeusement l’avis. Maya n’eut aucun besoin d’aiguiser la vue.

Terre…tu es un vigile parfait…pourtant je jurerais que ce n’était pas là il y a un moment…à moins qu’un fort courant ne nous porte mais regarde moi cette tasse d’huile…Tu crois aux forces mystérieuses, Tally ?...Brave chien…on s’en fiche un peu, hein ?...Avec un peu de chance on sera à sec pour ce soir…

Ils y furent bien avant. En approche de la côte, les vagues se chargèrent de les mener en douce vers une plage de sable blanc, bordée de palmiers, et en toute apparence merveilleusement…déserte.

Mais entre la terre promise et eux, on devinait des récifs à fleur d’eau. Avec un craquement prémonitoire et une secousse à les envoyer au sol, l’embarcation se ficha sur les coraux aigus et resta là, à peine mollement ballotée par le ressac.

Super, mon beau…fin de la croisière, m’est avis que tu vas te mouiller les pattes…

Tally était un excellent nageur. Elle aussi. La plage était toute proche. Ce fut un jeu d’enfants.

Je crois qu’on a naufragé pour de bon !

Un rapide prospection des lieux lui permit de confirmer le fait qu’il n’y avait âme qui vive aux alentours. Elle savait qu’il y avait encore quelques îles désertes dans ce coin de monde, avec leur chance, ils étaient sans doute tombés sur une de ces paradis inhabités. Son suivant souci, avant de tout autre chose, fut de mettre à sauf tout ce qui pourrait être d’utilité pour survivre décemment jusqu’à ce qu’on vienne les chercher. Le chien fut de grande aide. À deux, ils avaient déménagé leur équipement de survie avant que le soleil ne commence sa rapide course descendante vers l’horizon.
Un bivouac fut rapidement établi, à l’orée du bois. Elle alluma un feu, ouvrit une boîte de conserves et partagea son festin avec le brave toutou, qui semblait prendre le tout comme une sympathique aventure à la bonne franquette. La nuit était tombée abruptement. Ils étaient fourbus, Maya s’allongea sur une couverture, près du feu. Tally s’accommoda à ses côtés, sagement, la regardant de ses yeux doux, empreints de totale loyauté.

Tu sais…suis vraiment heureuse que ce soit toi, mon compagnon de naufrage…tu m’imagines seule avec le gros lard…ou les deux pies pimbêches…je ne dis rien de ta maîtresse…désolée pour elle, Tally…j’essayerai de faire de mon mieux…j’ai eu un petit chien quand j’étais gosse…

Un coup de lange amical scella une amitié pour la vie. Maya s’endormit, serrée contre le chien. Curieusement, sa dernière pensée fut celle d’être parfaitement heureuse, en cet instant…

Le lendemain, une prospection des environs s’imposant, après s’être enduite de protecteur solaire, elle se munit d’une bouteille d’eau, son couteau de survie, s’affubla d’un bob de toile et se mit en marche flanquée de Tally. Le canot avait disparu, sans doute emporté par la mer pour aller couler un peu plus loin, vu les dégâts causés par le récif. Elle longea la plage jusqu’à un promontoire rocheux. Une vue d’ensemble s’offrit à ses yeux. Plage à perte de vue, bois, montagnes au loin mais pas trace de présence humaine. Refaisant le chemin jusqu’à leur campement, elle décida d’explorer l’autre côté, sans découvrir de nouveauté.

Tally…y a pas un chat, dans ce coin…façon de dire ! Demain, on va dans le bois…

Chose dite, chose faite. Tally était le guide parfait. Le ruisseau les mena à l’étang. Un bain d’eau douce était une tentation irrésistible, ils s’en donnèrent à cœur joie. En fin de journée, ils avaient déménagé leur campement.

On peut vivre heureux ici, Tally… il fait bon…personne n’embête…on est libres !

Mais comme tout, il y a des bonheurs simples qui ne sont pas faits pas pour durer toujours. Cette vie idyllique, à l’état sauvage, sans restrictions, remarques ou autre souci quelconque leur seyait, à Maya et à Tally. Ils se comprenaient, se complémentaient et se suffisaient l’un à l’autre. La plus parfaite des harmonies régnait, mais au bout d’une semaine à jouer les joyeux robinsons, la curiosité les poussa à explorer d’autres horizons.

Ses idées partaient souvent à la dérive. Inévitable dans ce cadre idyllique. Dans cette paisible solitude. Et si …

*Josh…que diable es tu devenu ?...Débrouillard et tombant toujours sur tes pattes, sans doute tu te la coules en douce, en tout bonheur et chance…*

Elle se doutait bien que l’aventure aurait été différente si le beau Cromwell avait été à la place de l’adorable Tally.

*Qui sait ?...il ne te supportait pas trop…sais pas…tant pis…suffit, n’y pense plus…ça n’arrange rien !*

Nantie de son sac à dos fourré de ses possessions les plus appréciées et utiles, plus provisions et eau, Maya prit le chemin des bois, suivie de son fidèle compagnon. Le végétation était luxuriante sans pourtant rendre difficile la progression. Il fut vite clair que cette nature prodigue ne les laisserait mourir ni de faim ni de soif. L’eau ne manquait pas plus que les fruits et si besoin avait été, la faune était sans doute aussi riche et variée. Ils avancèrent, sans se presser et dès que la lumière du jour déclina, Maya installa le bivouac. Ils avaient marché toute la journée, sans trouver rien qui laissât présumer que d’autres être humains étaient passés par là.
Ils partageaient la conserve du jour quand des bruits inusuels vinrent troubler la paix de leur gentil tête à tête. Tilly se redressa aussitôt, en alerte, grondant doucement. Maya bondit sur ses jambes, couteau en main, espérant que ce ne serait rien de plus gros qu’un de ces cochons sauvages aperçus à toute vitesse, filant entre la végétation du sous bois. Mais ce qui apparut, en écartant branches et feuillage avec la grâce d’un éléphant, n’avait rien à voir avec des cochons sauvages. Ils étaient trois. Un grand et maigre, l’autre plus petit et costaud , le troisième menu, cheveu rare et binoclard. Rien de bien menaçant mais ce ne fut pas pour autant que Maya baissa la garde ni que Tilly se priva de montrer les crocs.

Je vous avais dit…la fumée…, dit le troisième.

Vous n’avez rien à craindre, Miss !, assura le plus grand, en levant les mains.

D’où diable sortez vous ?, voulut savoir celui qui restait.

Ils n’étaient pas armés, n’avaient pas l’air bien méchant et semblaient aussi surpris qu’elle.

Je…Le paquebot où je voyageais …enfin, je ne sais pas s’il a coulé, mais les passagers avons été évacués…

L’Ocean’s Queen ?, s’enquit le petit costaud.

Oui…Comment le savez vous ?...Calme toi, Tally…, elle flatta la tête du chien qui s’assit, docile, étiez vous à bord ?...Les…autres sont…

Non, miss…nous ne venons pas du bateau…nous sommes ici depuis deux ans…nous sommes arrivés avec l’avion.

Avion ? Wow ! Ne me dites pas, j’ai joué aux Robinsons et là tout près…il y a même un aéroport !?

Ce n’était pas si simple que ça ! Après s’être présentés, Johnson, le grand ; Roberts, le petit costaud et Pagitt, le binoclard racontèrent leur histoire. Un vol vers Sydney qui avait abouti sur cette île, sans que personne puisse donner une explication. Isolés du reste du monde, ils avaient trouvé sur place un village-vacances tout prêt à les accueillir. Et depuis quelques jours, des nouveaux arrivaient sans cesse, des passagers de l’Ocean’s Queen.

Venez avec nous, miss Clairborne…au village. Vous trouverez que c’est…agréable d’y être…, dit Pagitt

Elle ne rata pas l’hésitation mais déjà Roberts prenait la parole.

On y trouve tous les conforts…la Pierre pourvoit !

Hein ? C’est quoi ça ? Le Wal-Mart du coin ?

On vous explique chemin faisant, insista Johnson, ce n’est pas loin…le chien…il est à vous ?

Vous voyez quelqu’un d’autre ?...Viens, Tally…bien sûr qu’il est à moi et ne me dites pas qu’on n’admet pas de toutous dans votre village !

Non…rien de cela. Mais, votre joli couteau, lui, ne sera pas admis…on va vous le confisquer ! Pas d’armes au village…

Ah non ! C’est mon couteau de pêche…et qui va vouloir me le prendre ?

Les autorités !, s’empressa de dire Pagitt, conciliant, mais si vous pouvez prouver que c’est un outil de travail…qui sait ?

Elle en apprit des choses tout en marchant, sans s’être laissée délester de son sac. Ils ne tardèrent pas trop à aboutir au fameux village. Comme dit, cela ressemblait à un oasis de luxe pour vacanciers fortunés. Tout y était. Coquets pavillons, jardins soignés, rues bien tracées, lampadaires.

Nous devons aller à la maison communale
, informa Johnson, vous devez vous inscrire.

Deux voiturettes électriques, comme celles sillonnant un parcours de golf apparurent et leur barrèrent passage. Sans plus de cérémonies, on y embarqua Maya et Tally. Les trois compères se hâtèrent de la rassurer : c’était le comité de bienvenue.

On la mena aux bureaux d’accueil où un gars bien charpenté s’occupa d’elle, ordonnant qu’on emmène Tally.

Le chien reste avec moi ou sans cela, je pars avec lui. Tally et moi on a survécu ensemble, personne ne va nous séparer…mais dites moi…j’ai su que d’autres passagers de l’Ocean’s Queen étaient arrivés…est ce que…

Du calme, Miss… ?


Clairborne. Maya Clairborne.


Répondez d’abord quelques questions, nous en viendrons au reste plus tard. Nous devons établir un dossier de chaque nouvel arrivant, indispensable pour pouvoir gérer tout ceci. Avez-vous des documents d’identité ?

Avec un soupir, Maya fouilla dans son sac à dos et fournit ce qu’on lui demandait.

Vous êtes singulièrement bien équipée pour quelqu’un censé d’avoir naufragé, Miss Clairborne, remarqua l’homme qui avait suivi ses gestes attentivement, ou …

Elle lui décocha un regard exempt de toute aménité.

Vous insinuez que j’ai quelque chose à voir avec le naufrage ? Vous lisez trop de romans, monsieur…Il se trouve que j’envisageais une balade « sauvage » en Australie. Mon sac était prêt pour toute contingence, je n’ai fait que le prendre et y ajouter quelques effets personnels…J’étais une passagère de 1ère classe, ma cabine se trouvait près des points d’embarquement. Je suis habituée à voyager et ne laisse jamais rien au hasard !, ce n’était pas tout à fait vrai mais elle se voyait mal en parlant des prédictions de Neil.

Une femme débrouillarde. Depuis combien de temps êtes vous… là dehors ?

Une semaine. Mais dites moi, les autres ? Où sont ils ?...Avez vous une liste des rescapés ?

L’autre ne se laissa pas distraire de ses propres questions.

Combien de personnes se trouvaient à bord de votre canot, Miss Clairborne ?

Une quarantaine, je présume…j’ignore ce qui a pu se passer. Je me suis endormie…au réveil, il faisait grand jour et j’étais seule à bord, avec Tally…Bizarre mais vrai et en prétendez pas supposer que j’ai balancé 39 personnes ou plus par-dessus bord…

Curieusement ces déclarations ne semblèrent pas choquer outre mesure son interlocuteur, de qui piqua sa curiosité.

Cela ne semble pas vous surprendre…Savez vous quelque chose que j’ignore ?

L’homme qui finit par se présenter comme étant Timothy Firth avoua que sa version des faits correspondait à celles délivrées par d’autres rescapés. Certains des rescapés racontaient des expériences semblables.

Maya remua, mal à l’aise, un mauvais pressentiment la taraudant.

Combien de rescapés jusque là ?

Un très faible pourcentage des passagers du paquebot, selon informations…237, en total, en vous comptant.

Il y avait presque 4.000 personnes à bord…, s’étrangla t’elle, que s’est il passé ?...Vous pensez qu’on les aura secourus…mais…

Nous ne savons rien, Miss Clairborne, absolument rien, nous sommes ici, coupés du monde extérieur…

Il répéta la même histoire invraisemblable racontée par Johnson, Roberts et Pagitt.

Nous essayons de vivre en bonne société, maintenant des règles civilisées. Pas toujours facile. Nous ne savons pas si un jour on viendra nous chercher ou pas…Partant de l’idée que cela aurait pu être pire, nous faisons au mieux. Essayons de recréer une vie normale pour tous, évitant les troubles, les prises de tête…Avez-vous des armes dans votre équipement, Miss Clairborne ? Des drogues ?

Seulement mon couteau de pêche, Mr. Firth et mon harpon, ils m’ont été de grande utilité pour survivre, ces derniers temps.

Je ne le doute pas, survivre seule, une semaine demande beaucoup d’efforts.

N’exagérons rien…le canot était bien pourvu, le climat est clément et la nature généreuse et vous l’avez dit, je suis débrouillarde…Tally est un bon compagnon, croyez moi, un chien d’exception…je vais le garder, n’est ce pas ?

Firth sourit, la rassurant sur ce point. Tally, qui s’était maintenu attentif aux échanges jusque là, sembla comprendre et s’allongea, placide, à ses pieds. Mr. L’adjoint du maire passa à énumérer le règlement en vigueur, qu’elle agréa en trouvant raisonnable. La mention de la Pierre Sacrée, dans cet ensemble de bon sens, la fit ouvrir des yeux ronds.

Je comprends que cela semble déplacé mais c’est ainsi que tout marche ici. Sans la Pierre, nous n’aurions pas survécu ou si peu…Elle pourvoit tout ce dont nous avons besoin. Comment ? Je l’ignore. Au début, elle donnait pour rien, maintenant, elle demande tribut, d’où le besoin d’avoir un travail…Maintenant, si vous n’y voyez d’inconvénient, je dois examiner votre barda…juste une mesure réglementaire, vous comprenez !

Avec un soupir, elle le laissa faire. Mr. Firth ne sembla trouver rien d’irrégulier et la pria de le suivre.

J’ai des amis qui étaient à bord…je voudrais savoir s’ils sont ici…surtout l’un d’eux…*Idiote !*…Josh Cromwell…un type grand, blond…

Mr. Cromwell est arrivé il y a quelques jours, en effet, mais nous a quittés peu après…

Maya sentit que ses jambes flanchaient misérablement et son expression fut si désespérée que Firth crut bon la rassurer rapidement :

Ne pensez pas qu’il est mort. Non. Il a tout simplement jugé ne pas vouloir s’assimiler… Il est parti.

*Maudit bonhomme…si têtu…*

Le cœur serré, elle suivit l’adjoint du maire. Le coin ne laissait rien à désirer, si on la regarda un peu de travers, Maya n’en prit pas ombrage, elle s’en fichait. Firth lui expliqua les rudiments de mise pour « prier » la Pierre. En guise de bienvenue, elle n’eut pas à donner tribut et reçut vêtements et un panier bien garni de nourriture.
La suivant escale fut un bungalow niché au creux d’un jardin
ombragé. Si c’était accueillant à l’extérieur, l’intérieur la laissa stupéfaite.

On ne lambine pas au détail, hein ? Piscine…deux chambres, cuisine équipée, meublé et le tout avec grand goût et sens du confort…vous êtes sûr que nous ne sommes pas dans un des ces émissions TV en temps réel ?

Pas d’autant que je sache, dit Firth, bienvenue au Village, Miss Clairborne …et avant que j’oublie, en cas de besoin, vous n’avez qu’à marquer le 1 sur la ligne interne, si vous avez des problèmes vous vous rendez à la Mairie. Il est important de vous trouver vite un travail pour subvenir à vos besoins, la Pierre est exigeante. Avez-vous des compétences utiles, Miss Clairborne ?

*À part être splendide, débrouillarde et sans doute gâtée pourrie ?*

Quelques unes, Mr. Firth, et pas exactement celles que vous pensez…

Timothy rougit et elle sourit, en inspectant le frigo.

Le temps dirait…
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Welcome!   Mar 26 Mar - 23:08

Qu’est-ce que c’était que ce b****l ?
Cela arrivait rarement mais cette fois Josh dut reconnaître être dépassé.
Firth parti, il éclusa gentiment le scotch en s’affalant dans le somptueux divan du salon
.

*Tout pour plaire… Endroit superbe, installations au top, juste besoin d’un job… Pierres sacrées, milice protectrice… le rêve… Trop beau pour être vrai. Ça pue l’embrouille… !*

N’étant pas né de la dernière pluie, Josh demeura sceptique. La bouteille à moitié vide, il monta se doucher, reportant au lendemain des considérations plus approfondies.

À la maison commune, nul ne trouva le repos. Depuis l’annonce de l’arrivée d’un inconnu, l’effervescence avait été bon train et le staff réuni en urgence.
Les renseignements fournis par ledit Cromwell furent analysés avec soin. Les commentaires roulaient dans un brouhaha tonitruant quand, d’un grand coup du plat de la main, Gerd Müller imposa le silence.


STOP ! Ça sert à quoi de caqueter comme des poules effrayées ? Nous allons gérer ça, comme le reste !

Excusez-moi, osa un des acolytes mais entre veiller sur trois cent âmes et des milliers, il y a une marge ! Nous avons déjà frôlé une révolution, et

Inutile de me le rappeler ! D’abord qui nous dit que ce gars dit vrai ?

Il portait des pompes à 800$ ! Dans un tel état qu’il a effectivement beaucoup marché avec…

Miss Westlake, toujours au courant de la mode, apparemment ! ricana l’Allemand. Admettons que ce soit un dandy égaré… qu’il ait bel et bien fait naufrage… ça nous mène où ?

Nous devons secourir ces gens, insista Firth, revenu de ses devoirs d’hôte. Ils sont sans doute éparpillés sur toutes les côtes, et…

La pierre ne supportera pas autant de ponctions supplémentaires, nous le savons ! se risqua Domingo Alvarez, un grand type moustachu basané. Nos résidents peinent déjà…

La faute à qui ? gronda Müller. Nos tentatives de cultures sont vaines, pas un n’a été fichu de faire pousser un haricot ! Une veine que les pêcheries fonctionnent, mais les gens en ont marre de bouffer du poisson à tous les menus ! Le travail obligatoire ne donne rien ! Higgins leur a pourri la vie en les incitant au lucre. Ils ont saigné la pierre à fond.

Nous aurions dû prévenir ce risque et…

QUI ? QUI POUVAIT SAVOIR ? beugla Müller. Higgins s’est empli les poches, nous avons tenté de stopper la frénésie des autres en instaurant des règles strictes, et maintenant… UN NAUFRAGE !
Il va falloir regrouper ces gens et les trier sur le fil du rasoir. PAS QUESTION, vous m’entendez ? Pas question de ramener des fauteurs de troubles ou des inutiles.


On ne peut quand même pas…

FERMEZ-LA, Westlake ! Pas de sentimentalisme idiot, notre survie en dépend. Nous n’admettrons que le doute… raisonnable. Les autres iront... au diable !


Du sac reçu par le bidule magique, Josh tira bonne fortune.

*Ce truc aime gâter les nouveaux, les humbles…*

une longuePantalons de lin, chemises sport, tennis, galure, le tout à sa
taille, bonne pioche ! Conserves et manuels de bricolage le surprirent
un peu mais il s’accommoda des dons délivrés à si peu de frais.
Un tour d’horizon s’imposant, Josh croqua un fruit puis s’habilla et sortit.
Le village était très calme. Hormis
file de quémandeurs à l’autel sacré, peu d’activités régnait :

*Ils foutent quoi, à part prier des cailloux ?*

Quelques commerces levaient leur rideau de protection, exposant des cageots de fruits et de poissons plus ou moins frais. Des marchandages âpres eurent lieu sous ses yeux. Il en surprit des conversations !

J’ai rien bouffé depuis deux jours ! J’ai plus aucune valeur, et…

Fais comme les autres : débrouilles-toi !

Le solliciteur était âgé, avec des mains tordues d’arthrose. Il supplia :

Personne ne veut m’embaucher avec des doigts pareils !

Le ton monta. Déjà la milice pointait son nez. Josh s’approcha du vieux qu’il écarta de l’étal :

Viens avec moi, grand-père. Tu as besoin de quoi ?

Vous êtes le nouveau ? murmura le vieux, surpris. Je veux pas d’ennuis. Je voudrais juste manger un morceau…

J’ai ce qu’il faut chez moi ! Suis-moi !

La cuisine du bungalow était ultra performante. En un rien de temps, Josh fit bouillir de l’eau et confectionna un spaghetti parfait dont son invité s’empiffra à satiété.
Un petit verre de vin ne faisant pas de tort, Josh passa à un autre genre de cuisine.
Le gars aux cheveux gris et rares ne se gêna pas pour le rencarder sur bien des aspects du cru.

Ma sœur voyageait avec moi, on allait rendre visite à son fils établi à Melbourne. On n’a rien compris à ce qui arrivait. On volait puis l’avion avait atterri et on nous a dit de sortir. Le village était pas loin, tout garni, parfait. La découverte de l’autel a semé la pagaille. On demandait, il accordait tout, absolument tout ! Certains voulaient de l’or, des diamants, c’était Byzance ! Le commandant de bord s’était instauré notre chef. Il préleva bientôt 80% des dons de l’autel pour l’organisation mais, en fait, c’était pour sa poche. Müller a fait cesser le racket... On l’a porté aux nues sauf qu’il en fait un autre… Attendez, et vous verrez ! De plus, il est nul en organisation… Ma sœur est partie il y a quatre jours…

Partie ? Où ? Elle est morte ?

Ici, on ne dit jamais ce mot ! Quand la vie s’éteint, le corps disparait, il n’y a plus rien…

Et personne ne se soucie de ceux qui n’ont plus rien à échanger ?


Moins on sera, mieux les restants se porteront. Toi, tu es jeune et vigoureux. Tu survivras…

Le grand-père partit avec des provisions de bouche et promesse de ne pas en faire état.
De son côté, Josh repartit en exploration.
Son tour du village lui prit la journée car il s’arrêta ici ou là pour discuter avec ceux qui le désiraient. Les témoignages se recoupant, Cromwell fut convaincu du fond de vérité latent mais n’en demeurait pas moins suspicieux quant aux « bénéfices » de la pierre sacrée qu’il alla « dévotement » prier sans apporter d’offrande. Une fois de plus, la générosité de cailloux envers lui le démarqua des autres solliciteurs. Une théorie s’élabora :


*Ils ont exagéré… difficile de résister à demander encore plus quand on reçoit tout… En restant « modeste », on devrait s’en tirer…*

En rentrant chez lui, il avisa le grand-père assis dans le jardin en compagnie de cinq autre personnes.

*NdD !*

Dès qu’on l’aperçut, les plaintes s’élevèrent :


Pitié, Monsieur ! Je n’ai eu qu’un quignon de pain depuis hier soir…


Des mains voraces se tendaient vers lui. Il recula, horrifié. Le grand-père s’excusa :

J’ai pas pu m’empêcher de leur dire à quel point vous étiez généreux. Ce sont de bonnes personnes… s’il vous plait… Hier soir, trois des plus âgés ont… disparus encore…

Dieu que Josh se sentit mal ! Refuser son aide lui crevait le cœur mais l’accorder signifiait que demain, ils risquaient d’être le double ou le triple à ses basques ! Il prit sa décision d’un coup, inspira, et distribua toute la nourriture octroyée.
Enfermé chez lui à double tour, il se tint la tête à deux mains en tournant en rond puis commença à rassembler des affaires.
L’envie d’aller réclamer son poignard le titilla mais il préféra ne pas risquer d’être à nouveau écroué contre son gré.
Son équipement sur le dos et aux bras, il se faufila aisément par l’arrière et remonta les allées par les zones d’ombres.
Son but : retrouver son sac ! Après… il verrait.
Bien dissimulé sous des cailloux ordinaires, Cromwell récupéra l’attirail prévu par Chesterfield. Un allié inespéré lui sauta dessus :


Fri ? Sacré bonhomme, tu m’as attendu ?... Ouais, tu m’as manqué aussi !

Rarement Josh s’était senti si heureux d’être épouillé de façon magistrale. Il laissa faire la bestiole tout en murmurant :

On doit s’éloigner d’eux, les surveiller à distance !

Il marcha longtemps à l’opposé du village pour finir par s’installer sur une colline dominant le complexe :

La mer est proche et d’ici on voit tout ! On devra manger froid, Fri…

La tente tirée du sac de Chesterfield fut montée en un clin d’œil. Josh s’endormit avec une boule de fourrure vivante en col.

De longues journées suivirent dans un rituel assez assommant. Soit Josh mangeait ce qu’il grappillait alentours, soit il sacrifiait une conserve ou encore il descendait à la plage où les mollusques étaient légion. Son compagnon poilu se débrouillait très bien et, parfois, lui ramenait un fruit ou l’autre. La bouffe ne posait pas trop de problème. La plus clair de son temps, Josh le passa à épier le village. Grâce aux puissantes jumelles de Neil, il ne rata quasi aucun déplacement de la milice. Nombreuses furent les sorties, rares les « captures ». Sur les milliers de passagers de l’Ocean’s Queen, peu avaient réchappé, apparemment. Généralement, les nouveaux étaient bien traités dans les premiers jours. Venait ensuite l’inévitable racket. Ou les villageois s’en chargeaient, ou les gens de la mairie se relayaient. Gentiment puis de façon plus musclée, on « forçait » les recrues à la prière afin de leur soustraire ensuite leurs biens.
Un jour, il la reconnut parmi la foule des dévots à l’autel sacré. Vu ce qu’elle obtint des cailloux, Josh conclut qu’il avait loupé de peu Miss Clairborne. Curieux, elle était flanquée d’un chien… Comment réagirait-elle, si… ?
Attendre la tombée de la nuit l’énerva. Il pêcha un peu, glana des fruits, puis se vêtit de frais avant de reprendre le chemin du village en toute discrétion.
La belle nageait mollement dans la piscine de sa résidence quand il s’approcha. Le toutou ne gronda pas, répondant à son sifflement par une queue frétillante. Amusé, Josh s’allongea sur un des transats et attendit que Maya émerge.


Salut !
sourit-il en lui tendant une serviette-éponge.

Son air valait le détour, ses paroles aussi. Il contrattaqua bientôt :

… ouais, je suis toujours dans le coin ! Ils sont trop occupés à chercher des rescapés pour s’intéresser à moi, pour le moment… Non, aucune envie de moisir ici ! Cet endroit n’est pas…

Elle le remit à sa place avec vigueur, ne lui laissant plus placer un mot. Quand, enfin, il le put, il dit :

Au fait : bonne année ! J’ai raté ça, mais ce n’est pas de ma faute ! Et si tu m’offrais un verre ? Suis à l’eau plate, moi ! J’aimerais prendre une douche chaude aussi et, si tu as faim, j’ai une langouste fraîche… donnant donnant…

Dans son court-bouillon, le crustacé se saisissait tandis que les convives improvisés sirotaient un vin blanc sec. Josh ne tourna pas autour du pot :

J’observe les environs depuis un moment… La vie d’ici te paraît normale, à toi ?... Tu débarques à peine ! Tu n’as rien vu, pas encore !

En long, en large et en travers, il lui brossa le vrai tableau de la situation en surveillant leur dîner qui fut bientôt dégusté sans cesser de causer
:

… écoute-moi Maya : ces gens sont des requins, des profiteurs ! Ils ne cherchent qu’à s’exploiter les uns les autres ! Je ne marcherai pas dans leur combine !... euh… je ne propose rien, je te conseille juste de ne pas les suivre… Fais comme tu veux ! Au cas où ça te serait utile, je vis sur la colline de l’Est. Merci pour la douche, et le reste !

Il flatta le flanc du chien, reprit son sac et partit, non sans un petit détour à l’autel, généreux une fois de plus.
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Maya Clairborne

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MessageSujet: Re: Welcome!   Dim 14 Avr - 14:39

L’entretien avec Firth avait été truffé de circonvolutions suspectes. Trop charmant pour être honnête, à son avis. Énervé, aussi. Maya en aurait mis sa main au feu, mais il était bien trop tôt pour se montrer ouvertement suspicieuse.
Pour commencer, rien de quoi se plaindre. L’endroit était magnifique. Au premier abord, très accueillant. Contraire à ce qu’avaient dit les trois compères trouvés dans la forêt, personne ne songea s’en prendre à ses biens et elle conserva intact le contenu de son précieux sac. Couteau de pêche inclus, même si pour les faits le sien ressemblait plutôt au coutelas de Rambo.


*Qui sait ? Peut-être tu ne leur sembles pas bien dangereuse !*

L’idée la fit rigoler en douce. Elle savait bien pourquoi mais tant que le reste l’ignorerait, son attitude serait celle attendue. Sa première soirée au « Village » fut de solitude partagée avec Tally. Pas de chaleureux comité de voisins pour lui souhaiter la bienvenue, même pas un regard curieux par-dessus la haie mitoyenne. Rien. Pourtant elle avait bien remarqué que les bungalows adjacents au sien étaient occupés. Le lendemain, décidée à bien connaître les lieux, elle sortit en balade exploratoire flanquée de son chien. Son unique crainte : que la maîtresse de Tally se manifeste et réclame son bien. Il n’en fut rien. Des gens, Maya en croisa lors de sa petite promenade qui la mena jusqu’à la Pierre, mais personne ne lui adressa la parole, se contentant de la jauger, sans aucun gêne et se livrant à des commentaires à voix basse. Elle tint bon, jouant les indifférentes mais la moutarde commençait à lui monter sérieusement au nez. Dévotions faites à l’idole locale, la jeune femme reçut, encore une fois, un généreux don, sans avoir rien donné en échange. À son dos, le cancan allait bon train. Les trois femmes s’y donnaient en toute joie de cœur quand Maya, le regard étincelant de morgue vint se planter face à elles.

Alors, mesdames ? On râle en douce ou c’est la coutume du coin ?

La plus âgée des trois la dévisagea, pincée.

Que venez-vous chercher ici ? On était très bien sans vous ! À cause de vous autres, notre Pierre en aura un jour assez et il n’y aura…

Nous y voilà donc !, ricana Maya, pour votre information, Madame, si je suis ici, croyez moi que ce n’est pas de mon propre chef. Ça vous dit quelque chose, le mot « naufrage » ? Parce qu’avec des gens si charmants, faut dire que l’envie de filer à la nage me démange.

Il faut nous comprendre, intervint une autre, cela fait deux ans que nous vivons ici…Tout allait bien, jusqu'à ce que vous commenciez à arriver…

Nous ? Combien d’autres sont arrivés ?...J’ai des amis…on s’est perdus de vue lors du naufrage…

On ne fréquente pas les « nouveaux », assura la troisième, hautaine, on ne vous veut pas ici !

Ça je l’ai compris mais c’est foutu d’après ce que je vois. Où voulez-vous qu’on aille ? Si j’ai bien compris, vous êtes aussi attrapés que nous…et cela fait deux ans. Pas de mission de rescousse, pas de nouvelles…Si j’étais vous, ma chère, je commencerais à me résigner et à changer d’attitude ou en fait, faites ce que vous voudrez tant que cela ne nous causera pas tort…du moins moi, je ne suis pas du tout encline à me laisser marcher sur les pieds…sur ces bonnes paroles, mon bonjour, mesdames !

Elle s’éloigna, suivie de Tally et du regard médusé des trois femmes.

En voilà une qui ne manque pas de culot !, grommela la plus pincée.

Je dirais que c’est plutôt qu’elle a du caractère à revendre !, opina la plus âgée en souriant, juste du genre qu’il nous faut pour redresser quelques torts !

Cette après-midi, Maya fut surprise en découvrant deux des femmes rencontrées à la Pierre, sur son seuil.

Nous avons certainement manqué à notre devoir de bonnes voisines et en sommes désolées, mais la situation nous a tous chamboulés ! Nous vivons tout près d’ici…voici Annette Muir et je suis Beatrice Stanford. Nous allions à Sydney…dans ce vol fatidique qui a atterri ici…

Mrs. Muir allait rejoindre son mari à Canberra, Beatrice allait connaître son dernier petit fils. L’une venait de Austin, Texas, l’autre de près de Boston. Devenues amies, par la force des choses, elles étaient inséparables et formaient partie du comité de dames du « Village ». Elles semblaient avoir un besoin fou de communication avec quelqu’un d’autre hors de leur cercle restreint.

*Ou elles viennent sonder tes intentions...*

Maya leur fit plaisir en racontant, ce qu’elle voulut, de sa vie. Le fait d’être la fille de quelqu’un d’important sembla les ravir et se faire, sans doute, toute sorte d’idées. Elle les laissa à leur imagination. Tant mieux, tant pis ? Ces dames papotaient mieux que des pies jacasses. Avec les moyens de bord, elle composa des encas et les accompagna d’un bon vin blanc très frais. Cela suscita admiration et aussi une certaine envie, comme avoua Annette :

La Pierre nous donnait tout ce que nous voulions…avant. Pour rien. Maintenant, nous devons travailler et payer tribut…Pour avoir une bouteille de vin comme celle-là…

Beatrice coupa court la confidence en tapotant le bras de son amie.

Ce qui est juste est juste. Quoi de plus normal que payer pour ce que l’on désire avoir, cela a toujours été ainsi, dans notre vie d’avant.

Maya se sentit personnellement visée mais sourit gracieusement, plus angélique impossible.

Je suis sûre que ce ne sont que des petits cadeaux de bienvenue. Mr. Firth m’a expliqué de long en large que je devrais bien gagner ma vie. Je compte le faire, n’ayez souci…mais, dites-moi, que fait-on dans ce bled ?

Voilà qui sembla poser une sacrée colle à ces dames. Elles échangèrent un regard un rien affolé avant de recomposer un sourire à l’avenant.

Il y a des travaux administratifs !

Vraiment ?, railla doucement Maya, travaux administratifs ? Vous vous moquez de moi, j’espère ?

En toute évidence, pas le moins du monde. Mrs. Stanford admit, mi-figue, mi-raisin, qu’il y avait aussi d’autres petits métiers présents mais se doutait que la belle miss soit intéressée à travailler chez le boucher ou le boulanger ou encore moins à défiler avec la Milice.

Mais voyons…et l’agriculture ? La pêche ? La chasse ? Personne ne songe pas à explorer un peu plus loin ?

En résumé, quelques-uns pêchaient, peu allaient chasser. Personne n’avait réussi à faire pousser un radis, quant à l’exploration, celui-là semblait un thème tout simplement tabou.

*Bande d’ineptes !*

Et alors ? Si on ne pêche, ni chasse, ni sème…de que diable vit-on à moins de devenir gratte papier ? Et encore, vous me direz, il ne doit pas trop de papier à gratter non plus…à moins que…enfin, soit…dites-moi…on fait quoi ?

Regards consternés, larmes furtives.

La Pierre aime les belles choses.

Dommage, suis nulle pour les manualités. Ma mère a toujours déploré avoir eu à garder un plat tordu que j’ai cuit en classe de poterie…Deux mains gauches, c’est ça que j’ai !, mentit-elle, avec une contrition à fendre le cœur.

Beatrice Stanford sourit, attendrie.

Ma chérie, par belles choses, Annette veut dire…bijoux !


*Tiens donc !*

Caillou coquin…

C’est la Pierre Sacrée !, corrigea la dame avec empressement, nous parlons d’elle avec respect et révérence, ma chérie.

*Ai-je l’air d’un vieux druide à menhirs, moi ?*

Des bijoux ? Que c’est intéressant. Et…si on n’en a pas ?


Vu leurs expressions, c’était mal parti alors.


Nous avons toutes nos petites choses, assura Beatrice, doucereuse, cela nous a permis jusque-là de tenir bon…celles qui n’ont aucun talent…Avez-vous réussi à sauver quelque bien de ce naufrage, ma chérie ?

*Un chérie de plus et…*

Maya soupira, théâtrale.

Hélas…mais une petite question…vous donnez un bijou à Sa Sainteté la Pierre, elle octroie le don…et où va le bijou ? Ne me dites pas, on travaille pour le Gilde des bijoutiers ?

Beatrice ne semblait pas apprécier son sens de l’humour. D’un ton assez sec, en rien émoustillé par la douceur du vin, elle signifia que la Pierre était une espèce de dogme. Pas de questions. Pas d’explications. C’était à prendre ou à laisser. Point c’est tout.

*Autocratie pure et simple !*

À partir de ce moment-là, elle commença à se demander si Firth avait remarqué son petit trésor et de l’avoir fait pourquoi n’avait-il rien dit ? Tout comme cette histoire de couteau à confisquer et qui ne l’avait pas été ? Voulait-il l’avoir à la bonne ?

*Le cas étant, il peut toujours courir !*

Ces dames finirent par prendre congé, la laissant songeuse, mais ni le lendemain, ni le jour d’après n’apportèrent plus de clarté à cette situation étrange. La Pierre continuait de prodiguer ses dons à Maya sans rien demander mais il fallut bien remarquer que ceux-ci n’étaient plus aussi splendides que les deux premiers jours. L’échéance approchait donc. Il faudrait travailler ou commencer à sacrifier ses bijoux, ce qui ne la tentait pas le moins du monde. Sans perdre de temps, elle se rendit à la maison communale et présenta une requête de travail. Obtenir illico un entretien ne la surprit pas trop, à son avis, il ne devait pas avoir pas trop de demande, dans le coin.
Par contre que ce soit l’adjoint du maire qui la reçoive en personne eut l’heur de l’étonner.


Tiens, Mr. Firth, vous monopolisez les jobs ou vos devoirs administratifs engagent aussi faire des entretiens-travail ?

Pas du tout, Miss Clairborne, mais disons que vous êtes un cas particulier.

Ah bon ? Je voudrais bien savoir pourquoi ?...Non, ne me dites pas, c’est à cause de Papa. Si c’est ainsi je vous prierai de ne faire aucune entorse au règlement communal pour cela, je tiens absolument à recevoir le même traitement que tout le monde.

Son petit ton guindé de petite fille bien jouant le numéro de la noblesse humanitaire chavira le cher homme qui rougit, bafouilla et se perdit en explications vagues dans lesquelles on avait du mal à se retrouver. Le résultat n’en fut pas moins époustouflant.

Une jeune personne comme vous, Miss Clairborne, avec votre éducation, vos connaissances…qui avez tant vu du monde…

Je suis la fille d’un ambassadeur, Mr. Firth, ça ne me transforme pas en un talent faramineux…je suis peut être aussi bête que mes pieds !...Alors soyons clairs, je ne veux pas de traitement spécial et vous ne vous faites pas des idées bizarres…Si vous voulez sortir avec moi, vous le demandez comme n’importe quel gentil garçon…si ce que vous pensez est que si vous me protégez je vais sauter dans votre lit…alors je me verrai dans l’obligation de vous foutre la baffe de votre vie, compris !?

Miss Clairborne…je…ne voulais que vous proposer le poste de secrétaire…de ma…secrétaire…

Du tout au même, Tim…c’est non !...Écoutez, je m’imagine que vous devez en avoir ras le bol de voir tout le temps les mêmes femmes depuis deux ans…mais de là à sauter sur la première venue, franchement…

J’ai vraiment besoin d’une secrétaire !
, plaida t’il, je vous le jure…

Et celle que vous avez ?

Elle était nulle. Vraiment. Absolument. Parfaitement nulle.

Pas de propositions malhonnêtes ?

Il jura sur son honneur, dès ses esprits retrouvés. Soupesant pour et contre, Maya accepta. Cela lui donnerait l’opportunité d’avoir accès à plus d’information sur cet endroit si singulier.

Il faisait bon. L’après-midi déclinait et finirait abruptement dans un éclat final de couleurs spectaculaires. La chaleur du jour cédait alors emportée par la petite brise venant de la mer. Elle nageait, placide, sous l’œil paisible de Tally qui sommeillait sur le bord de la piscine. C’était un bon moment pour faire le récapitulatif du jour, même s’il n’y avait pas grand-chose à récapituler. Le travail comme secrétaire de l’adjoint du maire s’avérait aussi peu passionnant que faire une liste de courses au supermarché.

*À croire que la seule chose qu’il veut c’est te garder à l’œil !*

Agacée par cette idée, la seule valable pour le moment, Maya se hissa sur le bord et faillit retomber dans l’eau en découvrant Josh Cromwell lui tendant une serviette-éponge.

Salut !

Pendant quelques secondes, elle fut trop éberluée pour faire autre chose que le regarder à s’en emplir les yeux, le cœur battant la chamade, sentant la folle envie de lui sauter au cou et oublier ses tracas, mais le bon sens primant, Maya remisa ses émotions et le considéra d’un œil censeur.

Salut !? C’est tout ce que tu trouves à dire ?...Salut, je passais par-là ! Cause du temps tant qu’à faire ! J’ai cru que tu étais mort, taré…Noyé, au fond de la mer, bouffe de requin et Monsieur s’amène et dit : Salut !?

Soit, elle exagérait un peu mais l’air moqueur de Cromwell lui mettait les nerfs en boule. Après tout, à quoi s’était-elle attendue ? Elle n’en savait trop rien mais un peu plus qu’un simple et désinvolte « Salut ! » lui aurait réchauffé le cœur. Se reprenant de son mieux, elle s’activa à un séchage énergique qui aida, si possible, à lui remettre les idées en place.

Excuse-moi ! Tu m’as surprise. Suis ravie de te voir, Josh, en vie et en forme. Firth m’a dit que tu avais fichu le camp sitôt arrivé, il se demande bien pourquoi, d’ailleurs. Alors comme ça, tu n’es pas allé bien loin, quand même…

Ouais, je suis toujours dans le coin ! Ils sont trop occupés à chercher des rescapés pour s’intéresser à moi, pour le moment.

Ça, tu peux le dire, mais ce que je ne comprends pas est pourquoi tu n’es pas resté. On a tout ce dont on peut avoir besoin !

Non, aucune envie de moisir ici ! Cet endroit n’est pas…


N’est pas quoi ? Pas de ton goût ? Les voisins sont casse-pied ? Bon sang, Josh… on aurait pu dériver dans l’océan ou échouer sur une île déserte, sans rien de rien et au lieu de ça on tombe sur un parage comme celui-ci ou tout t’es donné sans effort ou presque. Pas que je sois commode mais quand même, on ne crache pas sur une chance pareille.

Et patati et patata. Elle était à point de ressembler à un agent recruteur d’âmes égarées. Mr. Cromwell l’écouta, faute de mieux, pérorer tout son soûl jusqu’à ce qu’elle se taise par manque d’idée, pour la prendre de court avec ses propos qui changeaient radicalement de thème.

Au fait : bonne année ! J’ai raté ça, mais ce n’est pas de ma faute ! Et si tu m’offrais un verre ? Suis à l’eau plate, moi ! J’aimerais prendre une douche chaude aussi et, si tu as faim, j’ai une langouste fraîche… donnant donnant…

Maya soupira profondément en secouant la tête.

Oui…bonne année à toi aussi. Pardonne mes mauvaises manières, suis un peu chamboulée dernièrement, ça me rend mégère. Ce truc a de quoi paumer le plus avisé, sauf toi, bien sûr…Allez, viens…

Pendant que Josh prenait sa douche, elle passa quelque chose de plus habillé que ce bikini de rien du tout et s’apprêta à jouer le rôle de dame de céans de la façon la plus civilisée possible même avec les nerfs en boule. Quand il revint, frais comme un gardon, Maya s’occupait de mettre la frétillante langouste dans son bain.

Tu vas m’excuser si je n’ai que du vin mais le Caillou semble penser que je ne suis pas femme à boire plus fort…enfin ! Maintenant, raconte, que deviens-tu ?

Sa réponse ne l’étonna presque pas. Il surveillait les environs depuis quelques jours en se tenant à prudente distance. Ses observations n’étaient pas des moindres et ce qu’il reporta la mit sur le qui-vive. Vraisemblablement, il avait remarqué des choses qui lui avaient échappées, à elle.

La vie d’ici te paraît normale, à toi?

Euh, normal ce qu’on dirait normal, non…mais à quoi pouvait-on s’attendre d’autre ? C’est vrai que je ne vois pas grand-chose, surtout depuis que je travaille à la Mairie mais…

Tu débarques à peine! Tu n’as rien vu, pas encore!


Il ne lui épargna rien. La misère abjecte de certains, l’attitude mesquine de la Pierre, celle de ceux mieux nantis, la brutalité répressive de la Milice, les étranges disparitions des plus vieux, des malades, etc. Maya ne se trouva pas le courage de le contredire, en fait, elle commençait à se sentir presque malade.

C’est affreux ce que tu me dis là…Oui, sûr que je te crois. Pourquoi mentirais-tu ?...Je n’ai rien vu, c’est vrai…je comprends maintenant l’empressement de Firth à me tenir à l’œil en me donnant ce poste bidon…

Écoute-moi Maya : ces gens sont des requins, des profiteurs ! Ils ne cherchent qu’à s’exploiter les uns les autres! Je ne marcherai pas dans leur combine !

Ça, j’ai compris
, répliqua la jeune femme en sentant une rage sourde monter en elle, c’est pervers. Que faire ? À quoi as-tu pensé ? Que proposes-tu de faire ?

En cet instant, de façon très romanesque elle voulait presque le voir comme le chevalier à la brillante armure terrassant le dragon de l’injustice mais Mr. Cromwell se chargea de la ramener illico à la plate et triste réalité.

Euh… je ne propose rien, je te conseille juste de ne pas les suivre.


Pas suivre ?...Oui, bien entendu c’est une position très confortable. Comment ne pas suivre si j’y suis en plein dedans !? Il doit bien avoir quelque chose que…

Fais comme tu veux! Au cas où ça te serait utile, je vis sur la colline de l’Est. Merci pour la douche, et le reste!

*C’EST TOUT !?*

Apparemment, oui. Il s’en alla sans plus, la laissant démunie, confuse et…furieuse avec lui, avec elle, avec le monde entier !

Ouais…je suis à la colline Est et quoi plus ? Viens me rendre visite, on prendra le thé !, railla t’elle à voix haute ayant envie de fracasser quelque chose contre le mur, super, Maya…merveilleux, tu tombes en pleine nid de vipères et Monsieur fait quoi ?...Il bivouaque en campagne…et zut ! Que voulais-tu, idiote…qu’il joue à Robin des Bois ? Tu veux rire…Mr. Cromwell ne pense qu’à son propre bien-être…Moi, moi et toujours moi, c’est son étendard !

Tally suivait ses élucubrations enragées avec charitable attention et crut bon à moment donné, de poser sa patte sur sa jambe pour calmer un peu son esprit exalté.

Merci, mon beau…sans toi, je serais vraiment seule et abandonnée…bien sûr, on a un ange gardien qui nous regarde de loin…on devrait être rassurés, non !?…Dis, on devrait être rassurés !?

Sa voix atteignit une note aiguë avant de, sans trop savoir pourquoi, éclater en sanglots amers.

Il aurait…quand même pu…, soliloqua-t’elle, il aurait pu…QUOI, IDIOTE ? Te dire qu’il t’aimait comme un dingue ?...Rêve, pauvre sotte…rêve toujours !

Et cette fois, la bouteille de vin, vide, alla se fracasser contre le mur, juste au moment où la sonnette se faisait discrètement entendre.

Et merde…quoi, maintenant !?

Timothy Firth recula d’un pas, surpris de voir la porte s’ouvrir à toute volée pour livrer à ses yeux l’image d’une femme échevelée, au visage ravagé de larmes et visiblement hors d’elle.

Bo…Bon…Bonsoir, Maya !

Ah, c’est vous !
, gronda t’elle, à quel minable honneur dois-je cette visite !?

Le pauvre homme resta là, la bouche ouverte comme carpe hors de l’eau, sans oser esquisser le moindre geste, alors Miss Clairborne, assez dépassée par ses propres émotions, l’empoigna par le col de son polo et le tira vers l’intérieur.

Alors…que voulez-vous !?, siffla la belle en claquant le panneau avec fureur démontée.

Mon Dieu, Maya…vous êtes…ivre !

Cette remarque la fit éclater d’un petit rire mauvais qui donna à Firth l’envie de déguerpir sans demander son reste mais Maya eut un geste large de la main.

Je ne suis jamais ivre…je suis furieuse, ce qui n’est pas la même chose ni y ressemble, c’est tout, je peux être furieuse chez moi, ou pas ?...Que voulez-vous, Mr. Firth ? Un autre naufrage sur les bras ? Parce que, vous allez m’excuser, il n’est pas heure pour faire une visite sans être invité.

Désolé de vous importuner…j’aurais pu appeler mais me suis dit que…ce serait mieux vous donner la nouvelle personnellement…Vous…avez de la compagnie ?

Elle suivit son regard posé sur les reliefs de la langouste et les deux verres de vin.

Non, plus maintenant !...M’annoncer quoi, Mr. Firth ?

Je révisais les fiches de certains « nouveaux » et suis tombé sur celle de Mrs. Chesterfield, elle vous cite comme une de ses connaissances…

*Mrs. Chesterfield ?...Connais pas…à moins que…Sacrée petite…*

Lindsay ?...Lind est ici ?

Oui, effectivement, elle et son mari sont arrivés peu avant vous…Lui assez mal en point après avoir fait des mauvaises rencontres en chemin…mais oui, ils sont là tous deux…je pensais que cela vous réjouirait de le savoir !

Si ça me réjouit ?...Oh, Tim…vous êtes merveilleux !!!

Passer de Mr. Firth et du risque d’être scalpé par une virago hors contrôle à merveilleux Tim eut l’effet d’un baume magique sur son état d’âme. Cela aurait été encore mieux si elle lui avait sauté au cou pour ponctuer sa gratitude mais Maya se contenta d’un de ses sourires lumineux en allant vers la porte. Il n’avait pas compté avec un renvoi si rapide mais il fut vite clair que la belle n’avait pas l’intention de l’envoyer paître, enfin pas dans le sens exact de l’assertion.

Je dois aller les voir ! Sur le champ ! Maintenant !...Tally, viens !

Cinq minutes plus tard, elle se trouvait sur le seuil d’un bungalow en tout identique au sien, deux pâtés de maisons plus loin, le doigt enfoncé sur la sonnette. La « petite » ouvrit, le minois affolé par cet esclandre de fin de monde.

Coucou, c’est moi ! Ma Lind chérie, que je suis contente de te voir !...merci, Mr. Firth, vous êtes un ange…

Cette fois, c’était la bonne. Sourire contraint. Bonsoir et ciao. Maya se retourna vers Lindsay Fairchild qui n’avait pas fini de fermer la bouche.

Je peux entrer ?...Allez, ne me regarde pas comme à un revenant, c’est bien moi, en chair et en os…et ton « mari » ?...Mais bien sûr que je ne vais rien dire…d’ailleurs c’est parfait comme ça ...Ah, lui n’en sait rien ? Oui, Firth m’a dit qu’on l’avait tabassé…On dira qu’il est amnésique…pas de souci, je jurerai sur les os de mes ancêtres que vous êtes mari et femme …Euh, non…il n’est pas là…enfin, pas au village. Dans le coin, oui…tu sais, genre « Big brother is watching you »…tu devrais le connaître un peu, ton « frangin »…Monsieur aime son indépendance…Ah lui, c’est Tally…je l’ai chipé à une aveugle…

Le petit jour les trouva à se raconter encore leurs mésaventures. Et il s’en dit, des choses, autour d’un verre presque vide. Entre ce qu’avait dit Josh et ce que rapportait Lindsay, il y avait de quoi se faire beaucoup d’idées, et pas toutes pour se réjouir…

Pas à dire, drôle de paradis…
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Welcome!   Mer 24 Avr - 13:07

Il patienta deux jours pleins pendant lesquels, tout du long, il se traita d’idiot. Qu’avait-il espéré de la part de Miss Clairborne ? Qu’elle le rejoigne sur sa colline précaire alors qu’elle avait confort et luxe à portée de main ? Sans doute, oui… Au moins, il avait fait ce qu’il estimait être son devoir en la prévenant de ce qui lui pendait au nez en restant dans ce village aux dehors si charmeurs.
Par ses observations régulières en contrebas, Josh avait repéré Lindsay Fairchild lors d’une tournée à la Pierre. À en juger la façon dont elle évoluait, rien de grave ne lui était arrivé et le grand crétin de Chesterfield qui l’accompagnait partout semblait lui avoir mis le grappin dessus.


*Au moins, il ne s’en est pas sorti sans bosses ! Bien fait ! *
pensa Cromwell avec un mauvais sourire.

Neil boitait et son visage portait plusieurs ecchymoses révélatrices.
Puisque qu’en bas tout paraissait parfait dans le meilleur des mondes, Josh commença à plier bagages. Bien en évidence, il laissa un court message sous chemise plastifiée lestée de cailloux et, Friday sur l’épaule, il vida les lieux.


*Contents que tout aille bien pour vous tous ! J’en avais marre de manger froid. Au revoir ou adieu et bonne chance !*

Que dire de plus ? Il ne donna pas sa direction de peur que des yeux malveillants tombent sur son mot.


Les chaussures de sport fournies par la Pierre furent très utiles à son but : s’écarter un maximum du village, traverser le bois qui couvrait le flanc Est et, si possible, voir ce qu’il y avait derrière.
Les points d’eau ne manquaient pas, une veine ! À chaque occasion, Josh compléta ses provisions.
Il finit par trouver une belle cascade dont il remonta la source sur ce qui lui sembla des kilomètres.
Epaisse, la forêt fourmillait de vie. Plongé dans ce décor majestueux où résonnaient caquètements, sifflets et jacassements, il se serait cru seul au monde sans les tours parfois débiles auxquels se livrait son copain poilu. Il arrivait souvent que Fri déserte son perchoir humain pour aller batifoler en hauteur où il se livrait à des acrobaties incroyables. Parfois, Josh craignit le perdre, mais toujours le petit singe revint lui tirer les oreilles, lui piquer chapeaux, lunettes : tout ce qui dépassait.
Le premier soir où Josh bâtit un feu, il se détendit pour de bon. Grâce à la boussole, il savait ne pas avoir tourné bêtement en rond dans le dédale de troncs. Quoi de mieux qu’un bon feu quand on juge être écarté suffisamment de toute civilisation hostile ?


Au menu, haricots au lard, mon bonhomme !
dit-il au singe peu farouche face aux flammes.

Bien sûr, Fri se désintéressa de ce plat inconvenant avec son régime alimentaire. Il se contenta de fruits glanés alentours.

Après une nuit sans remous, Josh reprit baluchon et parcours. Si, de temps à autre, une pensée fugace au sujet de Maya le titillait, il la chassait bien vite. À quoi bon, s’éterniser là-dessus ? Remords, regrets n’étaient pas son fort.
Deux autres nuits s’écoulèrent sans heurts, le sommet de la colline visée était proche maintenant.

J’y serai avant le coucher de cet étrange soleil,
estima-t-il à haute voix.

La pente était plus raide, l’effort plus intense. Il s’était attendu à beaucoup de choses durant son périple : être attaqué par un animal sauvage, dévoré par des fourmis, assiégé d’insectes, etc. mais pas à ça ! Le piège faillit avoir sa peau.
Tout à son ascension, il négligea certains signes dont le silence de Friday. Quand, soudain, le singe hurla, il était quasi trop tard. Le pied que Josh avançait s’enfonça dans le vide, le déséquilibrant fortement. Craquements de bois, panique, sans un réflexe désespéré de se retourner et s’accrocher à la végétation, Josh aurait chu dans la fosse. À la force des bras, il ramena sa grande carcasse à la surface, non s’en s’être copieusement égratigné au passage.
Assis au bord du trou garni de pieux pointus, Cromwell souffla :

Merci bonhomme mais, la prochaine fois, crie avant !

Devant ce à quoi il avait échappé, l’explorateur réfléchit :


Ce trou ne s’est pas fait tout seul… vu l’état de la végétation qui le recouvrait, c’est… frais !

Un piège récent dans cet endroit signifiait qu’il était habité. Restait à trouver par qui.

*Amis ou ennemis ?*

Il songea que d’autres naufragés devaient camper à proximité. Probablement qu’ils viendraient vérifier si leur trappe avait fonctionné. Il suffisait donc d’attendre.
Avec précaution, Josh reconstitua le piège initial puis effaça les traces de son passage. Ensuite, bien planqué à couvert, il ouvrit grand les oreilles.
Bientôt des voix humaines surmontèrent le babil de la faune locale.


Tais-toi, Fri ! On a de la visite, murmura-t-il.

La brave bête se tint coite tandis que les voix s’approchaient.

*Font pas dans la mesure des bruits, ceux-là !*

Un homme et une femme, tous deux vêtus de treillis, bavardaient sans retenue.

J’espère que ça aura fonctionné, cette fois ! J’en ai marre de bouffer du lièvre aux champignons, moi ! dit la femme.

Pas ma faute si aucun de nous n’est trappeur ! Suis un boulanger sans farine !

On finira par le savoir, Gus ! Si seulement on avait trouvé une pierre où s’installer… Eh m***e ! Intact, comme l’autre !

Faudra te contenter du ragout habituel, ma belle !

Leur vérification faite, les compères rebroussèrent chemin non sans cesser leurs chamailleries.
Avec la souplesse et la discrétion d’un chat, Josh entreprit de les suivre. Facile de garder ses distances, il suffisait de se guider aux sons.
Lorsque d’autres voix se mêlèrent à celle de Gus et sa compagne, Josh sut être arrivé. Il redoubla de prudence en rampant jusqu’à un point d’observation.
Rien qu’aux conversations des « chasseurs », Crowmell avait tiré ses conclusions. Ces personnes, une dizaine selon ses observations - étaient d’anciens villageois qui, comme lui, devaient en avoir eu marre de la politique en cours. Ils ne possédaient pas grand-chose, le strict nécessaire, apparemment piqué dans les pavillons et – ou – dans des réserves du village. La plupart étaient en haillons, oeuvrant mollement à de petites occupations : tambouille pour les femmes, rafistolage des abris, taille de flèches pour les hommes.
Le cerveau en ébullition, Josh passa en revue les options. La solitude ne lui pesait pas trop, mais… s’il désirait garder son indépendance, cela signifiait devoir encore courir pour ne pas être découvert.


*Ils n’ont pas l’air bien dangereux… *

Il rampa à reculons et se cala à un tronc éloigné. Comme précédemment, il camoufla son sac le plus précieux duquel il échangea certains éléments avec ceux de son sac à dos.

*Si je dois me présenter, autant y aller léger… Mais avant…*


Dans la journée, il avait eu la chance de pêcher deux espèces de truites qui n’attendaient que la braise pour griller. C’était pas si mal comme entrée en matière mais pour satisfaire cette bande affamée, autant apporter plus conséquent.
L’arc fut assemblé. Léger, maniable, silencieux, tout pour plaire ! Josh n’aimait pas tuer les mammifères mais à la guerre comme à la guerre. Dans l’obscurité naissante, un jeune daim s’abattit, sans bruit. Ce qui en fit ce fut son apparition au campement. Couteaux, lances, flèches, se brandirent contre cet homme hirsute qui sortait du bois avec une dépouille et un arc en travers les épaules :


Salut la compagnie ! clama-t-il avec un grand sourire. Je passais par là. On partage ?

Le daim écroulé à ses pieds, Josh arma aussitôt son arme :

Je veux pas d’ennuis, juste partager…

Un grand flottement agita la compagnie. Tous sur le qui-vive, contemplaient le visiteur avec des mines ébahies ou hostiles.


*Au moins, ils ne tirent pas…*

Des questions jaillirent : t’es qui ? Comment tu nous as trouvé ? C’est Müller qui t’envoie ?
Mais aussi des propos plus menaçants :


On n’a qu’à l’abattre, comme tous les chiens du maire !

Ouais ! Lardons-le et piquons sa bouffe !

Les ouais ! Ouais ! montaient en intensité au point que Josh crut avoir mésestimé la situation. Puis, enfin :

NON ! VOUS DÉGÉNÉREZ ou quoi ? Un peu de tenue !

Sorti d’un des abris, un patriarche à la barbe grise ajustait ses besicles d’une main, l’autre tenant un livre.

*Chic ! Le pasteur local…*


L’œil bleu le jaugea de haut en bas dans une atmosphère encore sous pression qui retomba quand, enfin, le vieil homme s’avança, main tendue :

Bienvenue, jeune homme ! Je suis le révérend Moody, et voici… mes brebis !

Joshua Crowmell… déserteur d’un village de damnés !

Les politesses échangées, l’affaire fut rondement menée. Les brebis devinrent des loups face au futur festin offert tandis que Josh était convié sous le toit du patriarche. Une longue soirée débuta en face à face dans un cabanon étroit au mobilier plus que sommaire. Honneur à l’hôte qui dut débiter son histoire devant un gobelet d’infusion mentholée. Il ne scella rien, ni du naufrage, ni de l’attitude suspecte des villageois et attendit que l’autre en fasse autant.


Rien n’a changé je vois, soupira le révérend. J’avais espéré que d’autres suivraient, nous suivraient… des gens plus… aguerris, mieux préparés… Je n’avais pas reçu du premier maire Higgins l’autorisation d’organiser une église alors que nous étions si perdus après l’atterrissage…

Suis au courant pour Higgins…

Ça a très vite mal tourné au village… Müller semblait un vrai sauveur ! Plus ouvert, conciliant, on pouvait discuter avec lui mais, il y a environ six mois, il est devenu pire qu’Higgins ! Du jour au lendemain, les réunions ont dû cesser. Tout rassemblement devint suspect. Il est vrai que la pierre commençait à réclamer beaucoup… beaucoup trop que ce que nous pouvions lui offrir. La colère a grondé de nouveau. Avec quelques rares fidèles, nous avons décidé de nous éclipser...

S’évader correspond mieux…

Si vous voulez, oui… Il nous a traqués comme des bêtes sauvages ! Plusieurs n’ont pas survécu. Nous n’avons, hélas pas croisé de Pierre. Ce coin est giboyeux, l’eau abonde… que demander de plus ? Si les choses s’amélioraient au village, peut-être y retournerons-nous. Mes brebis s’égarent quand la faim les agite… Mais vous, Joshua, qu’espérez-vous ?

Trouver un moyen de rallier la civilisation ou, du moins, un coin où la tyrannie sera abolie !

Tu rêves, mon enfant ! Mais sois le bienvenu et reste aussi longtemps que tu le souhaiteras. Maintenant, il serait bon d’aller goûter à ton cadeau !

Le daim avait été débité… n’importe comment ! Il ne fallait pas être devin pour comprendre qu’aucun de ces individus n’avait l’expérience des conditions de vie primitive. Quelques steaks prélevés à la diable grillaient néanmoins au-dessus des braises. Sans commentaires, Josh avisa un baquet où il obtint l’autorisation de vider ses poissons. Son habileté fut notée :

On dirait que vous avez l’habitude,
remarqua la « traqueuse »

J’ai navigué… et baroudé un peu partout. D’ailleurs, si je puis vous donner un conseil, il serait bon de suspendre le bestiau par les pattes arrière, la saigner et l’éviscérer proprement…


L’ensemble des mines paraissant dégoutée, Cromwell fit l’unique chose à faire : s’en charger.
Il alla ensuite se laver à la rivière. Quand il revint, les discussions qui allaient déjà bon train augmentèrent. Josh subit un feu nourri de questions axées sur le village et lui-même. La méfiance de ces gens céda progressivement sous sa franchise mais il les conquit définitivement lorsqu’il sortit de son sac un pot de sel. Leur réserve était épuisée depuis longtemps et personne n’avait osé descendre les renouveler.
Moody lui sourit au-dessus de ses besicles :


Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas très débrouillards… Nous espérions trouver une Pierre… vierge…


Jusqu’où avez-vous étendu vos recherches ? Je pensais aller voir sur l’autre versant

Je vous l’ai dit, ce coin n’est pas si mal. C’est Bart qui explore les alentours, il était représentant de commerce...

Avant d’être enrôlé dans la milice. C’est lui qui nous a aidés à fuir, compléta une rousse flamboyante sans le quitter des yeux. Il manie très bien le fusil… sauf qu’on n’a plus de balles…

Depuis trois mois, ces gens vivotaient dans leur coin. Ils n’avaient pas trop bien préparé leur coup et en subissaient les conséquences.

*Femmes nulles en cuisine et en couture, aucun chasseur – sauf peut-être le Bart – pas de caillou providentiel… sont mal barrés*

Josh dut se farcir les histoires des uns et des autres ainsi que le pire repas de toutes ses tribulations. Impossible de goûter au poisson, seul mets correct à son sens, les autres ayant sauté dessus comme des sauterelles avides. Au moins l’humeur était détendue ; la compagnie agréable.
Vint l’extinction des feux. Des couples se retirèrent peu à peu et, bientôt, il ne resta plus que Josh, Moody et la rouquine prénommée Mandy autour du foyer central. Un peu embarrassé, le révérend dit :


Je vous proposerais bien de partager mon gîte mais, comme vous avez pu le constater, il est très restreint.

Ma cabane est plus large, s’empressa Mandy.

Josh se marra de la tête tirée par l’homme de Dieu qui sursauta :

Il n’y a qu’un lit, Miss Delaware ! Et je ne pense pas que Mr. Bell soit très heureux en rentrant, si…

Ne vous inquiétez pas pour moi, sourit Cromwell, j’ai tout ce qu’il me faut !

Sa tente se déplia sous l’œil envieux des deux autres.
Josh dormit bien, non sans avoir gardé son poignard à portée de main.


*Quelle bande d’idiots ! Personne ne surveille le feu, pas de tour de garde… M’étonne qu’ils aient tenu aussi longtemps !*

Au matin, il put encore constater de nettes incuries d’organisation. Pas de latrines mais une pelle pour aller creuser son trou dans la forêt. Pas de petit-déjeuner, sinon les restes de la veille.
Sitôt rafraîchi à la rivière, Josh prit son sac et son arc :


Je vais tenter de ramener de la bouffe,
dit-il simplement, ne laissant derrière lui que son abri de toile nylon et matelas.

Il retrouva Fri là où il l’avait laissé et, avec son aide, il fit une belle provision d’œufs de volatiles divers et de fruits charnus.
Josh hésita à ramener le singe au camp. Si cela tombait, les autres étaient fichus de croire qu’il constituerait le repas du soir. N’empêche qu’il s’était attaché à la bestiole et vice versa. Il le présenta donc à la compagnie en spécifiant :


C’est mon pote ! Le premier qui lui veut du mal aura affaire à moi !


Ici où là, Cromwell donna coups de main et conseils. Non seulement on l’agréa mais très vite il devint un sorte de meneur. Il ne se passait pas une heure sans que l’un ou l’autre ne vienne réclamer son aide dans diverses tâches.
Plusieurs jours s’écoulèrent ainsi dans la bonne humeur. Tous paraissaient ravis de la présence de Cromwell car, outre un régime alimentaire nettement plus conséquent, de nombreuses améliorations s’apportèrent aux conditions de vie. Cabanes consolidées, sanitaires convenables installés, techniques de chasse peaufinées : nul ne pouvait se plaindre.
Le plus gros souci de Josh était les femmes. À moins d’être aveugle et sourd, il ne fut pas sans remarquer certaines avances à son égard de la part de la gent féminine, de quoi énerver les compagnons des dames. Mandy était sans conteste, la plus décidée au rentre dedans. Prudent, il garda ses distances.
Puis, un soir, alors qu’ils dégustaient un rôti de marcassin tout en bavardant avec animation, une voix bourrue résonna :


Alors, c’est comme ça que l’on accueille l’explorateur ?


Court flottement, puis exclamations de bienvenue : Bart Bell était de retour.
Entouré, fêté comme il se devait, le grand barbu vêtu d’un treillis, ne remarqua pas de suite le seul qui soit resté assis près du feu. Le révérend Moody, suivant le regard intrigué de l’arrivant, conduisit ce dernier auprès de Cromwell.


Bart, voici Josh ! Il nous a rejoints il y a quelques jours. C’est un rescapé du naufrage d’un grand navire. Il n’a pas non plus supporté le village.

Si les autres n’en avaient pas profité pour encenser Josh, peut-être que ce premier contact aurait été plus chaleureux. Déplié, Cromwell dépassait d’une bonne tête l’explorateur qui le jaugea des pieds à la tête :

Je vois… Un sauveur tombé du ciel !


Non, sorti de l’eau,
rectifia Josh, non sans malice.

Merci de vous êtes occupés des miens pendant mon absence, grinça Bart sans lui serrer la main.

Il s’assit et attendit d’être servi comme il le devait par une Mandy pas très empressée, il est vrai.

Pour ceux que ça intéresse, dit-il tout en mastiquant à grand bruit, je suis monté jusqu’en haut…


Les questions plurent. Ravi d’obtenir l’attention générale, Bart prit son temps pour distiller ses informations. Selon ses dires, en descendant l’autre versant vers le Sud, il avait aperçu une construction qui pouvait correspondre à une Pierre.

… Et vous n’avez pas été vérifier,
ne put s‘empêcher d’émettre Josh.

Écoute, p’tit père, j’avais déjà mis deux jours pour arriver là. Il m’aurait fallu une journée de plus pour y accéder. Ce qui aurait fait six jours d’absence ici ! Je ne pouvais pas savoir qu’un bienfaiteur débarquerait.

Il n’avait pas tout à fait tort. Néanmoins, Josh le jugea assez idiot de ne pas avoir tenté le coup.

On rassemblera nos trucs et on se mettra en route après-demain ! déclara Bart d’un ton sans réplique. Hélas pour lui, des avis contraires s’émirent. Beaucoup n’étaient pas prêts à courir la proie pour l’ombre, avouant commencer à trouver les nouvelles installations assez satisfaisantes.

Comprenez, Bart, dit Moody. Nous n’allons pas risquer de perdre le peu que nous avons dans une expédition peut-être infructueuse…

Vous n’êtes que des trouillards bons à rien ! On en reparlera demain ! Mandy, viens !

Hop, il attrapa sa belle par le poignet et la traîna jusqu’à leur abri.
La discussion devint générale. Chacun voulait l’avis de Cromwell sur ce sujet épineux. Il s’en tira par une pirouette :


La nuit porte conseil !

Le débat du lendemain fut houleux. À aucun moment, Josh ne s’en mêla mais y fut obligé car on réclama ses avis.

Je pense qu’une vérification précise s’impose avant de déménager tout le monde !

Perte de temps inutile, cracha Bart. Je sais ce que j’ai vu !

Nous n’en doutons pas, dit Moody, mais s’il ne s’agissait pas d’une Pierre telle que nous l’espérons, on ne sera pas très avancé…

Eh bien, vous n’aurez qu’à crever sur place ! Moi et Mandy on y retournera.

Aïe ! Voilà la belle qui se rebiffa :

Pas question de tout abandonner sans garantie ! On n’est pas si mal ici…


Surtout avec Monsieur beaux yeux dans les parages ! T’es qu’une garce Mandy ! Je me repose une journée et demain ciao baby !

Furieux, il quitta l’assemblée.
De longues discussions s’échangèrent pendant la journée à l’atmosphère tendue.
Josh se sentait assez acculé. Avec Mandy qui, libérée de son Bart, ne cachait plus ses intensions, de futures responsabilités, il cogita profondément sous sa toile partagée avec Fri.


Demain, bonhomme, je proposerai d’y aller moi, voir ce caillou hypothétique. Dors bien !


Il sombrait à peine dans le sommeil que des bruits anormaux l’en tirèrent. Qu’est-ce que c’était que ces reniflements, ses secousses contre sa tente. Des éclats de voix sonnèrent aussi :

Je l’ai vu, il a filé par là !


Non, c’était par là !

Les gardes qu’il avait réussi à imposer au camp faisaient un boulot de merde !
Pensant qu’un animal sauvage tentait de pénétrer chez lui, Josh se leva prêt à l’action. Quand la fermeture éclair s’ouvrit, il eut la surprise d’être plaqué au sol par deux pattes puissantes suivies d’une truffe humide. Ces longs poils, ses oreilles veloutées…


Tally ???

Déjà on se groupait autour de sa tente, l’interrogeant:

Oui, ça va ! C’est rien. C’est un chien…

Eh ! Il a l’air de te connaître, ce clebs
! ricana Bart.

C’est Tally ! Mon Dieu !


Comme un fou, il se rua dehors en hurlant :


MAYA ! MAYA !


C’est qui cette Maya ? pinailla Mandy.

C’est… ma femme ! Elle doit être quelque part ! Allumez des torches, on doit la retrouver !

Aidés du chien d’aveugle devenu pisteur, ils ne furent pas long à trouver le lieu d’un mini drame.
Le filet tendu pour le gros gibier venait d’en capturer un de taille. Empêtrée, gesticulante, la proie se débattait
.

COUPEZ LA CORDE ! ordonna Josh en émoi.

Il amortit la chute au mieux et, les cordages tombés, apparut une délicieuse jeune femme assez fâchée.

Maya, c’est toi ? Oh Dieu !

Et avant qu’elle ne puisse placer un mot, il l’entraîna dans un baiser des plus délirants avant de l’étreindre follement pour lui souffler à l’oreille :

Joue le jeu. Tu es ma femme…
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Maya Clairborne

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MessageSujet: Re: Welcome!   Sam 4 Mai - 12:07

Joli toit sur la tête. Travail assuré. Horaires accommodants. Un boss sympathique. Tout aurait été presque parfait s’il y avait eu quelque chose à faire. Elle passait le plus clair de son temps, à faire figure décorative derrière son petit bureau. Les heures s’allongeaient, mortelles d’ennui, lui laissant le loisir de réfléchir tout son soûl. Maya aurait préféré être dehors, à découvrir les alentours…à faire un petit tour en direction la colline de l’Est pour savoir que devenait Josh…

Maya, pourriez-vous faire des copies de cette liste, s’il vous plaît ?


Enfin quelque chose à faire ! Elle octroya Timothy Firth d’un sourire resplendissant et prit les papiers qu’il lui tendait.

C’est quoi ?, s’enquit-elle en y jetant un coup d’œil.

Une liste…rien que ça !

Oui, ça je vois…Données personnelles, dirait-on ?...Palmer…Jersninski…Reardon ?…Norman Reardon ?...Ce nom ne m’est pas inconnu…

Maya, faites les copies et ne posez pas de questions.

Mais la miss ne bougea pas, au lieu de cela, elle lui lança un de ces regards perçants qui mettaient Tim en émoi.

Norman Reardon était ...quelqu'un de très proche…il a disparu lorsque son avion s’est perdu en mer…suppose t’on…Il allait à Sydney…Tim…vous étiez dans ce même vol, n’est-ce pas ?

Oui, soupira t’il, j’étais à bord du vol 747. Cela ne change rien maintenant si…

Cela fait un certain temps que je suis ici, Tim…et je n’ai pas rencontré Norman…ni Palmer…ni…les autres…

Était-ce son idée ou le 1er adjoint du maire était gêné ? Il se racla la gorge, soupira de nouveau et sembla chercher son courage avant de répondre :

Mr. Reardon et…les autres nous ont quittés.

Ah ?...Comment ? Ils ont aussi pris la clé des champs, comme Cromwell ?

Euh…non…ils nous ont quittés…pour de bon.

Maya secoua la tête, dépitée.

Bon sang, Firth…vous ne pouvez pas dire qu’ils sont morts, tout simplement, au lieu de tourner autour du pot…Je pensais pourtant que l’avion avait atterri sans ennuis…Pas de crash !...Comment est mort Norman ? Ne me sortez pas que de trouille, c’était un type dans la force de l’âge, un dur…colonel des Marines, à la retraite…je le connaissais bien, Tim…c’était mon parrain !

*Misère !*

Un accident…un pénible et tragique accident !

Quoi ? Il a écrasé sa voiturette de golf contre un palmier après une soirée arrosée ?...Tiens vous êtes tout rouge, Tim…ça veut dire que vous mentez !

Je vous en prie, Maya, un peu de retenue quand même, je suis votre chef !

Elle haussa les épaules.

Ce qui ne vous empêche pas d’être un menteur…un bien piètre menteur, ce qui est plus…Que signifie cette liste ? Vous n’avez certainement aucun besoin de faire des copies de listes de gens disparus…, elle s’approcha de lui et le regarda droit aux yeux, on joue à quoi, ici ?

L’air nerveux, Timothy jeta un regard suspicieux aux alentours pour s’assurer que personne ne traînait dans le coin.

Écoutez, Maya…ce qui se passe ici n’a rien d’un jeu, croyez-moi…Vous avez raison, personne n’a besoin de cette liste…mais je voulais que vous la voyiez…

Elle le fulmina d’un regard hautement censeur.

Vous avez des drôles de façons de faire les choses…ça vous avance en quoi que je l’ai vue ?

Je n’en sais rien…pas encore, du moins. Mais je sais que vous entretenez des très bonnes relations avec les Chesterfield…je voudrais que vous leur en parliez…ou mieux encore…que vous leur montriez ceci. Ce sont les noms des passagers du vol 747. Ils comprendront !

La jeune femme souffla, agacée.

Je voudrais aussi savoir de quoi il en va…si cela ne vous dérange pas…après tout, Lind ou Neil finiront bien par me le dire.

C’est compliqué et je préfère que ce soient eux qui vous mettent au parfum.

La barbe avec les mystères !

Maya, s’il vous plaît…

La lueur de véritable angoisse perçue dans le regard de Firth la convainquit. Elle plia la liste et l’emboutit dans son cabas.

Quelque autre cadavre dans votre armoire que je doive enterrer ?, ironisa t’elle.

Pas pour le moment.

Je vais devoir demander une augmentation de salaire…ça devient de haut risque, le boulot !

Je savais pouvoir compter avec vous…il va de soi que…

Elle se contenta de sourire, en acquiesçant d’un petit air entendu et regagnant sa place se mit à affuter des crayons.

Après les premiers jours de générosité parfois démesurée, la Pierre commença à pinailler au détail, pour le plus grand bonheur des envieux du coin. Le salaire versé par la Mairie n’était pas extraordinaire mais suffisait pour subvenir aux besoins les plus élémentaires. Si on ne se montrait pas exigeant, tout allait bien mais dès qu’on faisait une demande un peu plus extravagante, les choses se corsaient et le dû exigé devenait exorbitant.
Maya n’était pas difficile et avait su profiter de la bombance de ses débuts. Ses placards étaient bien garnis. Ce qui ne semblait pas être le cas de la plupart. Elle dut assister, involontairement, à quelques scènes pénibles et dures d’accepter quand un démuni faisait sa demande et le prix se révélait inaccessible. Que de larmes amères, suppliques vaines. Elle en avait le cœur serré en pensant à la fortune en bijoux enfouie en sécurité mais, en tout évidence, jouer les bienfaiteurs de son prochain ne lui rapporterait rien…à part rester elle –même dans la misère, sans savoir ce que leur déparerait le futur !

Une visite chez les voisins ? Quoi de plus normal ? Maya arriva sans s’annoncer, flanquée de son fidèle toutou.


J’aurais pu appeler mais…enfin…on doit parler !...On peut s’asseoir dehors ?...La nuit est si belle !

Ils acceptèrent, un peu intrigués. À peine installés, Maya sortit quelques papiers de son sac et les tendit à Neil.

Firth veut que vous lisiez ça…il a dit que vous comprendriez…et j’espère que vous allez m’expliquer parce que je ne pige rien…

À les voir penchés sur la liste elle supposa que Timothy avait vu juste, leur expression abasourdie suffisait pour comprendre qu’ils savaient de quoi allait l’affaire.

Alors ?...Ça donne quoi ?...Hein ?...Rien ?...mais Tim semblait si sûr…il m’a dit que c’était la liste des passagers du vol 747…Comment que non ?...Ben, qu’est-ce que j’en sais...il est arrivé ce matin en faisant toute sorte de mystères…Oui, il a bien dit…liste de…

Neil semblait énervé. Lindsay, abattue. Une explication hâtive fut donnée, rien de trop convaincant.

Vous allez m’excuser, vous deux mais là…je voudrais quand même savoir de quoi il en va…qu’est- ce qu’il se passe ? Pourquoi tant de…Ah bon !...je ne suis bonne qu’à jouer les courriers alors !...Que diable se passe t’il ici, Neil ?...je ne suis pas idiote…tu nous as prévenus du naufrage…tu savais que ça allait se passer, n’est-ce pas ?

Il ne s’embrouilla pas et reconnut ce fait.

Je ne vais pas penser que tu as tout arrangé…donc, ça veut dire que, j’ignore comment…pour toi, c’était du…déjà vécu ?...C’est…ça ?

Ce que raconta le couple la laissa bouche-bée et nageant en pleine confusion, tant et si bien que Neil crut bon lui offrir une boisson forte pour l’aider à digérer l’aveu.

Mais…comment est-ce possible ?...Ah bon ? Vous ne savez pas non plus…et la liste ?...Elle ne correspond pas…Pas les mêmes gens que lors de…Vous en êtes sûrs ?

Et comment qu’ils l’étaient !


Je ne comprends rien !

Elle n’était pas la seule. Ils étaient, pour ainsi dire, de retour dans une situation dont ils ne gardaient que des souvenirs confus. Et bien entendu pour compliquer les choses…une fois sur place, si bien le décor coïncidait…

Vous ne reconnaissez…personne ! C’est ça ?


Apparemment, oui ! Ils n’avaient pas l’air trop sûr. Certaines choses semblaient avoir changé, mais ils ne pouvaient judicieusement dire lesquelles.

Et…qu’est-ce qu’on fait ?


Rien, à part poursuivre leur vie, comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, en attendant d’avoir une plus claire résolution de ce flou épineux.

Comme quoi, Tally…on est pas plus avancés. Josh avait raison de dire que ça ne tourne pas rond, dans le coin…

Cette nuit-là, elle eut tout le mal du monde à s’endormir, les idées les plus saugrenues cavalaient dans sa tête, de quoi lui ruiner tout propos de repos.

Timothy Firth semblait plus circonspect que d’habitude. Maya le vit aller et venir, passant devant son bureau plusieurs fois avant de décider s’y arrêter.

Alors ?, s’enquit-il après s’être assuré d’être bien seuls.

Mission accomplie mas résultats nuls, si c’est ça qui vous tracasse.

Il se gratta furieusement le crâne avec un long soupir dépité au maximum.


On ira pas loin en tournant si joliment autour du pot, Tim…vous croyez pas qu’il est temps de vider un peu votre sac ? J’en ai un peu marre de nager en plein flou, moi…

Pas pour bien longtemps. Peu désireux de rester là pour raconter une histoire qui ne serait pas trop courte, il préféra l’emmener faire un tour loin de toute oreille indiscrète. Peu de gens dehors et la Milice patrouillant les lieux comme s’ils étaient en alerte maximale, lui mit la puce à l’oreille. Firth grommela quelque chose sur des dissidents qui préoccupaient le Maire. De là à tirer certaines conclusions il n’eut qu’un pas. Tirer les vers du nez au 1er adjoint de Müller ne demanda pas de grands efforts diplomatiques. L’homme semblait avoir un besoin fou de parler. Et le fit, de long en large. Ces aveux intempestifs la secouèrent. Son parrain, Norman Reardon n’était pas mort mais en vadrouille, quelque part dans les bois, comme pas mal d’autres qui n’avaient pas agrée les idées dictatoriales de M. le Maire. Firth était resté car, selon lui, il était plus utile au Village qu’en courant la nature. Maya soupçonna qu’il était un peu lâche sur les bords mais se garda le commentaire.

*Et Mr. Cromwell y a vu clair au quart de tour…doué, le mec !*

Sa décision était prise avant d’en finir, avec cette conversation. Timothy n’essaya même pas de l’en détourner, au contraire, il se montra très coopératif à l’heure de donner certaines informations qui faciliteraient sa fugue.

Son barda contenait tout l’équipement nécessaire et suffisamment de provisions pour tenir quelques jours sans soucis. Le 1er adjoint du maire avait ajouté à tout cela une arme et munitions après s’être assuré qu’elle savait s’en servir.


*On prend le maquis, ma fille !*

Il ne l’avait pas attendue. Elle aurait pu s’en douter mais cela ne l’empêcha pas de pester sur tous les tons en lisant son message.

« Content que tout aille bien pour vous tous ! J’en avais marre de manger froid. Au revoir ou adieu et bonne chance ! »

Ouais…bonne chance…tu peux le dire, on va en avoir besoin ! Où es-tu passé, diable d’homme ?

Ce serait comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Les bois étaient plus denses et étendus de ce qu’elle avait pu imaginer. Le lieu idéal pour disparaître sans laisser de trace. Et Josh n’en avait laissé aucune. Il n’avait qu’un désir : mettre de la distance. S’il avait choisi cette colline plutôt qu’une autre ce devait bien être que quelque chose l’intéressait de ce côté-là. Les bois s’étendaient à perte de vue vers l’Est.
Avançant bon train malgré son barda, elle longea un petit cours d’eau, toujours vers l’Est, comme indiquait sa boussole et parvint avant la tombée de la nuit à ce qui semblait être les restes d’un bivouac. Celui qui avait été là avait bâti un feu. Les cendres étaient froides.

Cela fait un bon bout de temps qu’il s’est éteint, ce feu…mais déjà ça… quelqu’un a été ici…flaire bien, Tally, qui sait…avec un peu de chance et tu es un bon pisteur.

Après une nuit à la belle étoile, Maya reprit son chemin au petit jour. Tally, prenant très au sérieux son nouveau rôle, leva une piste et la suivit, sans démordre. À mesure qu’ils s’internaient plus dans le bois, Maya reconnaissait par ci, par-là, des petits détails qui parlaient du passage d’un être humain. Au quatrième jour de sa virée, elle découvrit le piège creusé et dissimulé par des branchages dont certains brisés par endroits semblaient avoir été remis hâtivement à leur place.

Pas le genre d’un cochon sauvage raccommoder les lieux…regarde, Tally…un bout de T-Shirt…, à l’aide d’une branche elle décrocha l’évidence, on dirait que quelqu’un a failli y tomber…peut être c’était Josh…Flaire, mon beau, flaire bien…au pire on tombe sur quelqu’un d’autre…

Maya avait le ressentiment de s’approcher de son but, quel qu’il soit. Déniché un bon endroit pour passer la nuit, elle se mit en quête de menu bois pour le feu mais d’une seconde à l’autre se trouva élevée dans les airs, emprisonnée dans un gros filet, tandis que Tally, aboyait furieusement…Désolée et furieuse, elle se rendit compte d’avoir laissé tomber son couteau. Impossible de se libérer de ce piège de cordes !

Tally…va chercher quelqu’un…va…allez, mon brave !

Cela faisait des heures, lui semblait-il, que le chien était parti et qu’elle était prise dans le filet quand enfin, des voix se laissèrent entendre avant que la lumière des torches révèle un groupe en approche avec à sa tête.

Josh…

La corde coupée, elle serait tombée à terre comme un fardeau s’il ne l’avait pas plus ou moins retenue dans sa chute. Un peu étourdie, elle se libéra du filet.

Maya, c’est toi ? Oh Dieu !

Je…

À quoi venaient ce baiser délirant et cette folle étreinte ? La réponse la fit tiquer.

Joue le jeu. Tu es ma femme…

*Ah bon ?...*

Impossible de s’y méprendre, même avec le peu de lumière, l’éclat de son regard insistait sur sa collaboration. Il avait sans doute quelque très bonne raison mais le moment n’était pas aux explications. Prenant son air le plus transportée de bonheur, elle agit comme l’aurait fait toute femme ravie de retrouver un mari cru perdu.

*C’est ça… profite…pour ce que ça va durer !*

Et ben…on peut dire tu tombes du ciel, toi !, dit une rouquine peu amène, tu sors d’où ?

Du village…mais…je ne veux pas en parler…pas maintenant, suis fatiguée…et si heureuse de retrouver mon Josh…, et ce disant se serrait amoureusement contre lui, c’est loin, chéri ?...Je suis out…

T’es partie quand, de là-bas ?, insista la rouquine, décidément mal lunée, le Josh il a pas parlé de toi, en tout cas…ni du chien…

Soupir. Regard énamouré à son « mari ».

On…a été séparés…lors…du naufrage…j’ai cru…Mon Dieu, j’ai cru que mon Josh…était perdu !

On la laissa en paix pour le reste du chemin. Le campement n’avait rien de bien réjouissant. Le révérend Moody, chef du patelin lui souhaita chaleureusement la bienvenue, imité de sitôt par quelques présents, dont aucune femme. Il ne fallait pas être bien maligne pour se douter que ces pauvres créatures s’étaient fait des idées avec son très récemment acquis époux. Surtout la rouquine Mandy. Le révérend s’excusa de lui imposer un petit interrogatoire mais tous attendaient qu’elle débite son histoire, sans omettre détail. Maya s’y prit de son mieux pour leur raconter ce qu’ils voulaient entendre tout en taisant beaucoup. Ils semblaient avoir oublié que son apparition nocturne les avait tiré du sommeil et seraient restés là à poser avidement des questions si, feignant une soudaine faiblesse, due à sa grande fatigue, elle n’avait réussi que son « mari » décide qu’elle avait besoin de repos avant tout.

*Alléluia…pas trop tôt !*

Tally laissé avec eau et nourriture à l’entrée de la tente, Maya s’y engouffra pour être aussitôt assaillie par une boule de poils qui lui tomba dessus en poussant des petits cris aigus.

Bon sang…c’est quoi ça ?

En rigolant, Josh récupéra la bestiole qui se jucha sur son épaule, d’où elle nargua Maya d’un œil pétillant.

Fri ?...Tu me surprends…ben non, tu n’as pas l’air de ceux qui s’attacheraient à une mascotte…mais enfin …Moi ?...ben…j’ai fini par suivre tes conseils et me tailler…Non, ça va de mal en pire…Au fait, Neil et Lindsay sont arrivés aussi…Je te raconterai ça demain…tu sais, suis vraiment claquée…ça ne te fait rien si on dort un peu ?...

La situation était assez ridicule. Ils étaient là, en tête à tête dans une tente exiguë, après avoir exécuté pour les autres, le grand numéro des amoureux éperdus et maintenant se regardaient sans trop savoir quelle attitude prendre.

Écoute
, dit-elle, à voix très basse, je comprends …ou crois le faire, la raison de ton…mensonge…oui, les femmes…je dirais, mouais…les hommes…ça nous arrange tous les deux…ce qui ne veut pas dire que…enfin, tu me comprends…

Il comprenait, du moins c’est ce qu’elle voulut croire. Josh l’aida à étendre son sac de couchage qu’il unit au sien en expliquant que si quelqu’un s’amenait il pourrait se faire des idées en trouvant des places séparées.

Ah…fallait y penser…ça fait longtemps que tu es là ?...J’ai mis quatre jours pour arriver ici…Bien sûr que je te cherchais, quoi si non ? …Même si ton petit groupe de paumés n’est pas le seul à courir les bois…Oui…il y en a d’autres, entre eux…mon parrain, le colonel des Marines Norman Reardon…mais ça c’est une autre histoire…Je suis contente de t’avoir trouvé, Josh…

La menace poilue se chargea de la réveiller au matin, en fourrageant dans ses cheveux.

J’ai pas de poux, mon pote…Il est parti où, ton copain ?

Elle enfila ses bottes de marche, lissa de son mieux sa toison ébouriffée, prit sa trousse de toilette et sortit de la tente avec le singe, qui vraisemblablement l’avait adoptée, juché sur l’épaule. Tally ne se trouvait pas là mais elle ne tarda pas à entendre ses aboiements joyeux et à le voir arriver en courant, suivi d’un Josh souriant. La vie au grand air seyait à Mr. Cromwell, accentuant son côté de beau sauvage indomptable.

Tu aurais dû me réveiller…Fri a été très gentil…Je vois que Tally t’aime bien aussi…Voilà, on est une famille heureusement réunie…

Autour d’un petit déjeuner à base de fruits frais, œufs brouillés et café de goût douteux, Josh la mit au courant de l’ordre du jour. Il partait un peu plus tard avec Bart et deux autres à la recherche d’une Pierre qui selon le premier se trouvait à deux jours de marche.

Si loin ?...Je peux aller avec vous ?...Non ?...oh…c’est que…ben…j’arrive, tu te tailles…enfin…Ok…Ok…je comprends…

Elle en aurait boudé. Rester au campement avec le révérend, des femmes hargneuses et quelques hommes inconnus n’était pas exactement l’idée qu’elle avait en tête.

C’est bon…je saisis l’idée, ils ont besoin d’aide…Merci de la confiance mais je te préviens, j’ai pas l’âme d’un sapeur, moi…
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Welcome!   Mer 8 Mai - 10:33

Il n’y croyait pas lui-même, Maya était là et elle marchait dans sa combine même sans en connaître tenants et aboutissants.
Sans la quitter un instant de son bras ferme, il joua – tout comme elle – les amoureux éperdus de reconnaissance pour ce don merveilleux.
Au camp, présentée en bonne et due forme à la communauté, Maya n’échappa pas à un interrogatoire assez serré.


… fichez-lui la paix, déclara-t-il finalement. Elle est claquée. On s’est retrouvés, le reste attendra !

Il redoutait la confrontation en tête-à-tête mais elle était obligée. Heureusement, à peine sous sa tente, le singe fit une diversion des plus bienvenues :

Bon sang…c’est quoi ça ?

La pauvre était en proie à la reconnaissance faciale et à la tentative d’épouillage en règle.

Fri ! Ici, bonhomme, dit-il hilare en faisant le signe de rappel à la bestiole. Maya, voici Friday, mon compagnon de solitude. Lui et sa bade m’ont attaqué sauvagement à peine ici. Je l’ai blessé, l’ai soigné… C’est pas une mascotte, c’est un pote, et un bon ! Dis-moi plutôt ce qui t’a amenée ici…

En bref, elle avait fini par piger qu’au village rien ne tournait rond sous des apparences trompeuses.
Cela n’expliquait pas le pourquoi elle l’avait pisté, lui… Il s’en contenta. La raison de son mensonge quant à leur situation réelle, elle la devina facilement :


… les femmes…je dirais, mouais…les hommes…ça nous arrange tous les deux…ce qui ne veut pas dire que…enfin, tu me comprends…


Pas de sa faute s’il suscitait tant d’intérêt et, ou, jalousie.

J’ai rien fait pour ça, crois-moi ! Si ça t’arrange, ok ! N’empêche qu’il faut donner le change…

Quasi nez contre nez avec l’accommodation qui suivit leurs couchages, il répondit sans détours à ses questions :

… Suis tombé dans un piège destiné à une bestiole, un peu comme toi… mais non t’es pas un animal ! Je veux dire que j’ai été piégé pareil que toi *Sauf que je m’en suis sorti seul, moi !* … Ils sont nuls, archinuls en résistance… Il n’y a que Bart qui…

Quoi ? Son parrain avait été du lot et pris le maquis ?

Elle discourut peu avant de s’endormir non sans avoir émis une dernière phrase qui le hanterait à l’infini :


Je suis contente de t’avoir trouvé, Josh…

*Et moi, donc !*

Longtemps il la regarda, la devinant plus qu’en réel vu la luminosité défaillante. Étrange sensation…
Elle ne sentit pas le bisou qu’il lui porta au front.
Bien avant elle, il se leva. Des choses importantes nécessitaient sa présence.
Dès sa sortie de leur « nid », un chien frétillant lui sauta dessus :


Tally, arrête, stop, euh... assis !

Docile, l’animal obéit en battant le sol de la queue.
Un chien ! C’est con ce qu’il en avait toujours souhaité un. Ses parents n’en voulaient pas, sa « femme » non plus. Bruyants, encombrants, tous les prétextes étaient bons pour couper court à ses désirs. Sa communication avec les bestioles côtoyées étaient généralement bonne pourtant.
N’excellait-il en polo ? Les chats ne ronronnaient-ils pas à sa vue ? Si Fri l’avait adopté, Tally en ferait autant.
Ses ablutions terminées à la rivière, le T-shirt de la veille rincé et mis à sécher, Josh alla dans la réserve prélever de quoi composer un petit déjeuner convenable. S’y trouvait un Bart ronchon à souhait.


Bien dormi ? grogna-t-il en salut. Avec Mandy on espérait quelques cris…

On était trop claqués, mais on se rattrapera, t’inquiète ! Tu pars toujours tantôt ?

Vais me gêner ! Et j’emmène Mandy ! Veux pas qu’elle traîne ici…

Tout en cuisant des œufs brouillés pour deux personnes, Josh dit calmement :

Le mieux serait que l’on y aille rien que nous deux !

Dans tes rêves ! Qui va veiller sur ces ploucs si t’es pas là ? Ta « femme » ?

Sont plus si ploucs depuis que tu les as largués, et Maya a… des talents cachés.

Belle poupée, ouais !

Les gestes qu’employa Bart étaient aussi éloquents que vulgaires. Josh étira juste ses lèvres en coin :

Elle sait se débrouiller puisqu’elle est venue seule jusqu’ici. C’est pour cette raison qu’elle ne viendra pas non plus. Laissons Mandy et les autres en dehors de ce coup ; c’est déjà assez dur pour eux ainsi !


Et tu crois que je vais te laisser gentiment me tirer dans le dos, puis revenir en conquérant pour régner sur le camp ?

Jamais eu dans l’idée de prendre le commandement de quoi ou qui que ce soit, crois-le ou pas ! Pour ce qui est de se tirer dans le dos, c’est le mien que je surveillerai… Sois prêt dans une heure.

Il tourna les talons en emportant son plateau complété de fruits frais. Tally partit en flèche fêter sa maîtresse. Debout près de la tente, Maya l’accueillit, Friday sur l’épaule.


Salut ! Reposée ?

Tu aurais dû me réveiller…Fri a été très gentil…Je vois que Tally t’aime bien aussi…Voilà, on est une famille heureusement réunie…

Cette remarque lui fit plus mal que voulu en raison de ses antécédents. Maya ne pouvant pas savoir, il conclut en souriant :

J’espère surtout que nos gosses seront moins poilus !

Là-dessus, il l’invita à s’asseoir pour manger.

Je pars dans une heure, Maya. Dois faire un truc important avec Bart. On en aura pour la semaine, c’est à trois jours de marche…

Si loin ?...Je peux aller avec vous ?... Non ?...oh…c’est que…ben…j’arrive, tu te tailles…enfin…

Pas que je dédaigne ta compagnie, Mrs Cromwell ! Je préférerais que l’on foute le camp à deux mais ces gens sont des idiots finis qui crevaient de faim quand je les ai trouvés. Veux juste leur dénicher une de ces fichues Pierre, puis basta…

Elle lui en voulait, c’était clair. Cependant, à son grand étonnement, elle accepta sans tempêter.

*Emily aurait boudé non sans m’avoir fracassé quelque chose sur la tête…*

Au centre de la clairière le groupe se consulta. Bart, allez savoir pourquoi, avait jugé bon de leur adjoindre Tiffany Portman et Angus Bright que Josh jugeait particulièrement nigauds.

*Avec une ex-bibliothécaire et un ex-maton, on est fins !*

L’heure des adieux sonna. La comédie de départ devait se poursuivre sans fausse note.
Enlaçant son « épouse », il la tint contre lui en soupirant :


Fais gaffe à ces femelles, s’il te plait ! Quoiqu’il arrive, je reviendrai te chercher !

Quelques mots et un baiser très appuyé après, il partit sans se retourner. Les aboiements fous de Tally le chagrinèrent longtemps.

Ils avaient à peine parcouru deux kilomètres quand Bright l’ouvrit en premier :


T’avais pas dit que ce serait si dur à grimper, Bart…

Tu vas pas geindre tout du long, non ? J’ai dit trois jours intensifs, ça devrait te suffire.

La cadence élevée les fit suer les uns autant que les autres. Vers midi, Josh n’avait toujours pas pipé mot, subissant sans broncher le babil des deux recrues déjà lasses mais n’en pensant pas moins sur leur compte.


*Tiendront jamais, ceux-là !*

On fit des haltes rafraîchissantes toutes les deux heures, grignotant un bout de viande boucanée à l’occasion.
La nuit s’annonçant, ils bâtirent un feu et déplièrent leur couchage. Josh fut désigné pour le 1er tour de veille. Seul face au feu à alimenter, Josh se perdit dans ses pensées qui, invariablement, revenaient vers Miss Clairborne. Se pouvait-il qu’il se soit trompé sur son compte, qu’elle soit différente d’Emily ? Différente au point de…


*Laisse tomber, Josh ! Elle est venue à toi, juste parce qu’elle s' emmerdait dans ce village de…*

Le coup sur la nuque le prit totalement de court. Voilà ce que c’est que de baisser sa garde !
Lorsqu’il s’éveilla, Josh se sentit très mal en point. Outre son crâne, tout son corps n’était que douleurs.


*M***e ! Un bras cassé!*

Une cheville en compote aussi, tant qu’à ajouter un mal de dos effroyable. Jetant un œil vers la seule source de lumière visible, il s’effara :

*10 mètres ! J’ai fait une chute de 10 mètres ? *

Rassemblant les morceaux de sa carcasse, tentant de lutter contre tous ses bobos, Josh fit le point. Sans avoir vu l’agresseur, il se douta de son identité : Bart ! En catimini, il se serait glissé dans son dos pour lui fracasser la tête avec une bûche, quoi d’autre ?
Probablement traîné jusqu’à une fosse repérée lors de sa 1ère campagne, il l’y avait jeté comme on se débarrasse d’ordures.


*Quand je sortirai de ce trou…*

Sa rage n’arrangeait pas sa triste situation. Handicapé comme il l’était, sans nourriture ni surtout eau, il ne tiendrait pas trois jours ! Remonter à la force des bras étant impossible que lui restait-il en option sinon d’examiner sa future tombe ?
De sa main valide, il tâtonna les parois de la fosse. Bizarre… Elles étaient trop lisses pour être naturelles. Quand ses doigts rencontrèrent du vide, Josh comprit se trouver dans une sorte de puits de mine. Que faire d’autre que d’explorer ce tunnel ?
Courbaturé de partout, son bras lui créant d’affreuses souffrances, Cromwell marcha, tomba, se releva, poursuivit. Par-ci par-là, les parois suintaient, bénédiction pour un assoiffé. Par veine aucun embranchement ne fut décelé. Une douce pente descendait en ligne droite, c’est tout.
Parfois, Josh souffla un coup. Désorienté par l’obscurité totale, enfiévré, il perdit la notion du temps.

*Vais me retrouver au centre de la terre… quel con !*


Ne sachant depuis combien de temps il errait ainsi, Josh se crut soudain victime d’une hallucination. Là-bas, en aval, cela brillait ! Plus il s’approcha, plus la luminosité augmenta.


*Une issue !!!*


Puisant dans ses dernières ressources d’énergie, il parcourut les mètres restants en courant comme un fou pour tomber… sur un cul-de-sac éclairé par… des champignons phosphorescents.
Sous le choc, il s’évanouit.
Son inconscience ne dura pas, mais ça, il ne le savait évidemment pas.
Un abattement profond l’habita. Tous ces efforts pour rien ? Il se convainquit que non en regardant son environnement. Dans un coin, il entrevit une bâche. Que dissimulait-elle ?
Incapable de se dresser, il y rampa et la tira à lui. S’il n’y avait rien dessous, au moins aurait-il trouvé son linceul. Plusieurs caisses se révélèrent. Les ouvrir réclama efforts et douleurs.


*NDD !*

Un attirail inespéré s’offrit à lui. Plusieurs bouteilles d’eau s’avalèrent d’un trait ainsi qu’une paire de conserves de viande. Requinqué, Josh ne chercha pas à comprendre. Il s’enroula dans la bâche et s’endormit d’un vrai sommeil.
Les idées plus claires que ces derniers temps, Josh s’éveilla en bien meilleure forme.
Il inventoria chaque caisse avec soin. Les qui et pourquoi on les avait déposées là le tracassèrent.


*Une cache secrète ? Des réserves a cas où… ?*

Il en était là de ses réflexions quand, brutalement la lumière s’éteignit.
Tous les champignons, de concert, cessèrent d’émettre leur phosphorescence. Paf, Josh ne pigea pas jusqu’à ce qu’il distingue, sur une paroi de la pièce aveugle, un point, un unique point de lumière.
C’était incontournable. Comment résister à y jeter un œil ?
Ce qu’il vit à travers le petit trou le laissa pantois.
Se jeter en avant, hurler tel un possédé, le tenta énormément. Mais le visage de Maya revenant le hanter, un autre plan se conçut.

Les descentes sont plus faciles que les montées.
Sans l’aide inespérée de son Fri, Josh ne serait probablement pas sorti de son trou avant encore des jours. De la bâche, il s’était fabriqué corde et attèle pour son bras amoché. Peu d’outils dans les caisses, dommage ! Bon an mal an, il s’était hissé hors de sa tombe et avait entrepris son retour.
Malgré les quelques médocs avalés dans le tunnel, la fière le rongeait. La douleur dominée ne se faisait plus sentir.
Tally devait l’avoir senti, lui. Ses aboiements intenses l’en persuadèrent alors qu’il approchait.
Mal en point mais pas gaga, Josh n’osa pas se pointer avant une vérification indispensable.
Depuis un point en retrait, il put englober quasi tout le camp.

*Qui sont ces gens ?*


Près du foyer central se tenaient des inconnus d’allure militaire.

*M***E ! La milice!*

D’abord persuadé que le groupe avait été investi par les sbires de Müller, Josh changea d’avis quand il reconnut Maya en grande conversation assez amicale avec un grand gars aux cheveux gris. La voyant, une étrange chaleur le remua mais elle se glaça aussitôt en identifiant Bart qui causait au révérend. Non loin, d’autres types surveillaient le périmètre.

Vais attendre la nuit, hein Fri ?


Le singe hurla un avertissement qui vint trop tard. Une fois de plus, Cromwell s’en prit sur la gueule…
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Maya Clairborne

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MessageSujet: Re: Welcome!   Ven 10 Mai - 10:41

Sapeur ou pas, il fallut bien s’y faire. Voir partir Josh avec ce plouc de Bart et les deux idiots qui suivaient, un crève-cœur. Qu’était-elle venue chercher là ? Maya n’en savait trois fois rien. Elle n’était sûre de rien, surtout en ce qui touchait Josh. Il y avait bien quelque chose mais pour le moment, c’était assez indéfinissable. Il lui plaisait, ça, c’était sûr. Elle l’attirait, de ça, Maya n’en était pas si convaincue mais le baiser échangé lors de son apparition…haut perchée, avait été assez éloquent. Tout autant de celui, délicieux, octroyé en tant qu’adieu…

Et elle était restée là, en le voyant s’éloigner, luttant contre la furieuse envie de lui courir après, lui sauter au cou et l’embrasser jusque mort s’en suive.

*Tu perds les pédales, ma fille…de la comédie, tu la comprends, l’assertion ?*

Comédie ou pas, elle soupirait.

Dis donc, te fait de l’effet, ton blond !

Cette remarque inattendue la fit retomber sur terre, à temps de dévisager une rouquine au regard hargneux.

Euh…c’est mon mari…je l’aime, ça te pose un problème ?

Autant qu’il a jamais parlé de toi…tous ces jours !, renchérit l’autre, mauvaise.

Josh est réservé…et après tout, pourquoi il t’aurait raconté quelque chose, à toi ?

La moue de l’autre se voulait explicative. Maya lui rit au nez.

Oublie tes lubies, ma rousse…c’est mon homme et ça ne change pas de sitôt, compris !?

Sûre de ne pas s’être fait une amie, elle siffla Tally et regagna la tente déserte, en sentant un vilain nœud lui serrer la gorge.

*Tu vas pas pleurer quand même ?...et si oui…quoi ?...Il me manque…*

Cela faisait moins d’une heure qu’il était parti mais elle avait aimé s’entendre appeler Mrs.Cromwell, même si ce n’était que…de la comédie.

S’intégrer à la vie du campement ne s’avéra pas chose facile. À croire que les femmes n’avaient pas droit d’acceptation immédiate. Le seul qui se montra ouvert et conciliant fut le révérend. Ce brave homme de Dieu reconnaissait les pitoyables défauts de ses brebis et de peu s’en excusait. Maya le rassura de son mieux. Les fichus clichés appliqués aux blondes bien faites de leur personne semblaient avoir survécu naufrages et catastrophes aériennes. Elle n’était pas spécialement idiote, mais bien sûr…ça, il faudrait le prouver !

Il y avait tant à faire, là ! Maya s’essuya le front et souffla, agacée. Mandy jouait les imbéciles et les autres dindes suivaient. Elles entendaient faire leur petit numéro de « on était là d’abord, on sait tout ».


Amène toi là, Mandy…c’est la troisième fois que je te dis ce qu’il faut faire…veux pas croire que tu sois si inutile ! Si je dis qu’il faut croiser la liane comme ça…ben, c’est comme ça qu’il faut le faire…Non, figure toi, c’est avec une tribu de Bornéo…T’en as marre de ma gueule ? Te gêne pas !

La rouquine, hors d’elle lui fonça dessus. Un mouvement suffit pour l’arrêter. Mandy se retrouva au sol, sans trop savoir ce qui lui était arrivé.

Première règle de l’attaque : savoir à qui on se mesure…suis ceinturon noir en karaté, 2ème dan, experte en Jiu-jitsu et Krav Maga…si j’étais toi, je tisserais en silence, Mandy.

Et ainsi de suite. La rouquine se voulait dirigeante des autres. Maya faisait figure d’intruse et le révérend priait. Le campement avait été sécurisé par Josh mais les vigiles concernés ne valaient pas un sou. La plupart était nulle en tout ce qui était chasse et pêche, tout au mieux, ils pouvaient cueillir des fruits et encore…

La Nature est prodigue mais encore faut savoir se servir, si on cueille des fruits verts le résultat sera une vilaine diarrhée et on peut s’en passer…il y en a des mûrs à foison…les bêtes sauvages qu’on chasse ne sont pas de la rigolade… si vous tombez sur un marcassin, le plus sûr est que la laie ne soit pas loin...Oui, Mandy, une mère sanglier peut te tuer sans que tu puisses dire ouf…tu ne veux pas savoir ce que pourrait te faire un sanglier mâle furieux…

Autant parler en latin. Personne ne semblait agréer sa bonne volonté. Cinq jours déjà que Josh était parti. Si tout allait bien, il serait de retour bientôt et tout irait bien de nouveau. Il savait s’imposer, lui. Mais au sixième jour au soir, Bart revint, seul, en racontant une histoire à dormir debout, comme quoi Josh et les deux autres auraient disparu sans laisser de trace.

Comment ça…disparu ? Josh n’est pas un petit bonhomme vert qui se confond avec la nature, voyons… Que s’est il passé ?

Elle lui aurait sauté dessus sans l’intervention de sa sainteté le révérend Moody qui force de paroles rassurantes, essaya de la calmer.

Ma chère enfant, ce monde est dur, plein de pièges…Josh était…


Était !? Je vous interdis de dire ça ! Josh est par là…il reviendra…Josh ne peut pas disparaitre comme si rien…pas lui, pas…mon Josh !

Elle gagna sa tente, suivie de Tally. À l’abri d’yeux curieux, Maya fit ce qu’elle n’avait jamais fait à cause d'un homme, elle pleura…et pria.

Bart racontait ses aventures en se donnant le rôle de héros, selon Maya qui écoutait, bras croisés et mine sombre, l’histoire puait le mensonge à plein nez. Enfin, n’y tenant plus, elle intervint :

Alors, selon vous, Josh vous aurait attaqué pour après filer avec les deux autres, c’est bien ça, non ?

Tu mets en doute la parole de Bart !?, grinça Mandy, de Bart qui…

Vais me gêner ! Si ce que Mr. Bell raconte avec tant d’entrain était vrai…il ne serait pas là. Si Josh l’avait vraiment attaqué, il serait mort ! Déballez plutôt la vérité, Bell !

Pas la bonne tactique. Bart avait le groupe de son côté et personne n’agréa les mots censeur de Maya, bien au contraire. On la taxa de fauteuse de trouble et on lui aurait réglé son compte sans le penser deux fois si une intervention inopinée n’avait radicalement changé la donne.

Fini le cirque, on se range !
, gueula une voix impérieuse à leur dos.

Le cœur de Maya fit un bond. Cette voix et l’homme qui venait avec ne lui étaient que trop connus.

Colonel !


Les autres, abasourdis, la virent s’élancer vers l’homme d’indiscutable allure militaire qui s’approchait d’eux suivi d’une demi-douzaine de gars l’air pas commode et bien armés.

Maya ! Par Dieu tout puissant, que fais-tu ici ?

Laisse-moi te regarder plutôt, colonel…toujours aussi beau ! , après l’avoir gratifié d’un bisou bruyant, elle le tint à bout de bras, pas à dire…je suis diablement contente de te voir ! Et pour répondre à ta question, j’en ai pas la moindre idée…mais laisse moi te présenter ces braves gens…Messieurs Dames, voici le colonel Norman Reardon du Corps des Marines des États-Unis, vous vouliez un héros, en voilà un en chair et en os !

Je t’en prie !, rigola Reardon en lui entourant les épaules de son bras, il m’a semblé comprendre que ces braves gens n’étaient pas trop d’accord avec toi, petite.

Petit recul général. Le nouvel arrivant et sa troupe n’avaient pas être de ceux avec qui on badine et pour leur chance, la miss semblait être en très bon termes avec le colonel. Bel homme, il fallait le reconnaître, même dans ce treillis malmené il se dégageait de lui de l’autorité à en revendre. Exactement le genre d’homme avec lequel personne ne veut avoir un problème.

Juste un différend mais on va régler ça, n’est ce pas, Mr. Bell ?

Elle ignora l’œillade assassine que lui jeta ce dernier pour s’intéresser totalement à Reardon ce qui ne manqua pas de susciter quelques commentaires perfides de la part d’une certaine rouquine.

Vite trouvé le remplaçant, hein !?

Maya secoua la tête, dépitée, mais poursuivit sa conversation avec son parrain, faisant une mise à jour à grands traits. Reardon fit de même. Cela faisait plus d’un an qu’il courait la nature avec son détachement de braves. Ils étaient organisés, bien entraînés et depuis un certain temps, bien armés. La Résistance, divisée en différentes factions, ne parviendrait à rien, sauf unification. Il travaillait dessus.

C’est une histoire débile, oncle Norman !

C’est une histoire de pouvoir, Maya. Et où il y a du pouvoir, il y a conflit !

Et toi, tu es dans ton élément !

Il lui flatta le bout du nez puis déposa un baiser sur son front.

Oui, mon ange, et toi dans le tien, avoue que c’est plus marrant que vivre sous la sage houlette de ce bon brave Charles !

Ils riaient de concert quand un des hommes donna la voix d’alerte alors que deux autres arrivaient en traînant un corps inerte que Maya aurait reconnu entre tous.

JOSH !!! Mon Dieu…que lui avez-vous fait !? Vous l’avez tué !

On la rassura de suite, l’homme était tout juste sonné et son état calamiteux n’était pas de leur fait. Friday jaillissant des fourrés, courut se jucher sur l’épaule de Maya en poussant des petits cris plaintifs.

Calme toi, mon mignon…on va prendre soin de lui…Bon sang, Colonel…ils pourraient demander avant de taper, tes hommes ! Mon pauvre Josh…emmenez le à notre tente…je dois le soigner…y a-t-il un toubib entre tes recrues ?

Un jeune homme se détacha du groupe.


Sam McNeill, j’allais finir mon internat…suis votre homme, Miss !

Maya lui adressa un de ses resplendissants sourires destinés à faire fondre un iceberg et le pria de les suivre à la tente. Mr. Cromwell installé, le toubib se pencha sur son cas avec admirable diligence. Il résulta de son examen que le patient souffrait de divers maux, entre autres un bras cassé, une vilaine entorse à la cheville droite, hématomes variés, déshydratation, de la fièvre et sans doute une légère commotion cérébrale. Rien d’extraordinairement grave, il s’en tirerait après le traitement conséquent et du repos. McNeill laissa quelques médicaments et les indications pertinentes puis sortit rejoindre son groupe. Maya se pencha alors sur le bel évanoui et lui caressa doucement la tête.

Mr. Cromwell…suis si heureuse de te voir !

Il ouvrit les yeux à cet instant précis, elle enleva rapidement sa main et lui sourit, l’innocence même.

Hey, toi…ça va ?...Tu reviens de loin, dirait-on…Oui, tout va bien, maintenant…Du calme, mon beau monsieur… Bart est revenu en racontant n’importe quoi…Bien sûr que je ne lui ai pas cru un mot, tu me prends pour qui ?...Non…l’oncle Norman n’a rien à voir avec la Milice…On en parlera plus tard…tu dois te reposer d’abord…devine ? C’est le toubib qui l’a dit !...Tu vas prendre tes médocs et te laisser dorloter !

Elle l’aida à se redresser pour prendre les médicaments, ajouta un oreiller sous sa tête et flatta sa joue barbue.

Dors un peu…je laisse Fri avec toi…il est dans tous ses états, le pauvre !...Je ne serai pas bien loin, si tu as besoin de quoi que ce soit…siffle et envoie Tally me chercher…il monte la garde dehors !

Elle allait se redresser mais en y pensant bien, se pencha vers lui et lui frôla la bouche d’un baiser léger comme aile de papillon.

C’est bon que tu sois là, Josh…Ça me remet le monde en ordre !

Elle se sauva avant de faire d’autres aveux qu’il n’avait peut-être pas envie d’entendre. Dehors, elle trouva le colonel en conciliabule avec le révérend Moody et Bart Bell qui arborait un petit air imbu de soi qui lui crispa les nerfs.

Josh se repose, sans doute demain, il sera d’aplomb pour nous raconter ce qui s’est vraiment passé. Ce sera très intéressant, n’est-ce pas, Bell ?

Bart Bell réprima mal un geste de colère, la jaugeant d’un œil enflammé. Moody soupira et l’oncle Norman arqua un sourcil, signe évident de son intérêt, tout en disant :

Je parlais avec le révérend sur les besoin de sa congrégation. Cet endroit n’est pas précisément l’idéal pour bâtir un campement. À moins d’un jour de marche d’ici, il y a une Pierre…Oui, elles sont rares dans les bois, faut savoir où chercher.

Mr. Bell assurait en avoir repéré une à trois jours de marche…C’est justement cela que Josh et lui, accompagné de deux autres, sont partis chercher il y a presque une semaine…Mr. Bell est revenu hier, seul…et la Pierre ? Vous l’avez trouvée, Bart…ou c’est une de vos mystifications !?

Reardon percevait son énervement, il lui entoura les épaules de son bras, plus paternel impossible.

Du calme, petite…du calme ! Tout finit par se savoir, surtout dans ce monde ci, pas de souci !...Mais raconte-moi plutôt…qui est ce Josh pour lequel tu sembles te donner tant de mal ?

Regard angélique, sourire idem.

Mon mari !

Ah ?...Ton mari ? Vraiment ?

Et quoi ? Je ne peux pas me marier, comme tout le monde ? Marrant que tu poses la question, toi qui te maries si volontiers !

On changea de thème pour poursuivre avec les problèmes de ce bled perdu de la main de Dieu. Après un repas préparé par un des hommes du Colonel qui s’y connaissait, Maya prit congé, assurant vouloir être au chevet de son mari chéri.
Josh dormait avec Fri roulé en boule au creux de son cou. En la voyant entrer, le petit singe couina, ravi et abandonnant son poste, sauta se percher sur son épaule et lui fourrager les cheveux. Elle le laissa faire, sans quitter le dormeur des yeux, sentant une bouffée de bienfaisante chaleur l’envahir.

*C’est pas vrai, quand même…ou oui ?*

Elle s’allongea simplement à côté de Josh, tout près de lui, ferma les yeux et s’endormit avec un sourire aux lèvres.

Le lendemain, elle se réveilla la première, laissant son « mari » aux bons soins de Fri, sortit de la tente. Les hommes de Reardon avaient tout sous contrôle et les gens de Moody s’y pliaient sans se plaindre. Le Colonel savait s’y prendre pour se faire obéir au quart de tour, la plupart s’occupait déjà à assembler leurs possessions, prêts à lever le campement.

Ben dis donc…ça va vite avec toi !... Oh, mon Dieu, Josh qu’est-ce que tu fais là !?

Cromwell clopinait vers eux, l’air ombrageux. Elle le rejoignit.

Tu te sens mieux on dirait…Euh, ben…On déménage…le Colonel a un meilleur endroit pour ces gens…

Reardon arrivait à leur hauteur, pendant un instant interminable les deux hommes se jaugèrent d’un œil exercé, froid. Maya soupira. Deux fortes têtes s’affrontaient, ce qui ne saurait donner rien de bon, à moins qu’elles puissent s’entendre depuis le début. Ils étaient si différents mais au fond si semblables, forts, têtus, irascibles et férocement indépendants.

Bon, quand vous aurez fini de vous fusiller du regard, vous pourrez vous montrer polis…Oncle Norman voici Josh Cromwell, mon mari… Chéri…voici le colonel Norman Reardon, mon oncle et parrain…Sais pas vous, mais ça sent le vrai café, on y va ?

Sans attendre leur réponse elle virevolta gracieusement et s’éloigna vers la cantine improvisée d’où émanaient des effluves appétissants. Greg Nolte, cuisinier de son état, sportif émérite et aventurier à ses heures, avait trouvé son salut en rejoignant Reardon et sa troupe, qui lui en étaient très reconnaissants.

Maya sirotait son café quand enfin, oncle et mari s’amenèrent.

Bien, vous voilà…alors, vous avez décidé de vous arracher les yeux ou de vous mettre d’accord ?

Apparemment, le second choix avait été le bon. Un bon petit déjeuner plus tard, autour de leur deuxième café, le colonel des Marines raconta son histoire. Comme Maya le savait déjà, il se trouvait à bord du vol 747, qui allait à Sydney. Après des faits inexplicables, ils s’étaient retrouvés parqués dans le « village ». Au début, une vie idyllique peu après les choses avaient commencé à se corser. Une semblant de révolte populaire avait demis de son poste le 1er maire des lieux, un tel Higgins, commandant à bord de l’avion sinistré. Müller avait pris le relais et ses intentions n’avaient pas tardé à choquer la plupart.

Vieux et malades ont commencé à disparaître, sans explication. De même que ceux qui posaient trop de questions. La Pierre avait cessé ses dons gratuits et bien sûr ceux qui restaient n’avaient pas tous quelque chose à offrir à ce tas de cailloux avaricieux…Les travaux rémunérés sont apparus. L’État, comme se plaisait de l’appeler Müller, payait…question : d’où sortait-il les moyens pour le faire ? La paye était en diamants…oui, vous m’avez bien entendu…diamants, bruts, mais diamants tout de même et seul le Maire en disposait en quantité suffisante.

Et il les sort d’où, ses diamants ?...euh non, j’en ai jamais vu un…en fait, maintenant que j’y pense, j’ai lâché mon boulot à la Mairie avant d’être payée…J’étais la secrétaire de Timothy Firth…

Josh écoutait sans interrompre. Le colonel sourit en buvant un peu de son café.

Brave gars, ce Firth…un bon élément. Il n’a pas voulu se joindre à nous en assurant, et en toute justice, être plus utile en restant à son poste comme 1er adjoint du Maire…

Le salaud, il était dans le bain et ne m’a rien dit !
, grommela Maya.

Il l’a fait, petite…c’est bien lui qui t’a mise sur la piste, non ?...Oui, on observe le Village…c’est comme ça que j’ai su du naufrage…je dois dire que te voir débarquer là m’a drôlement surpris…Oui, vous aussi, Cromwell, ça fait un bail qu’on suit vos pas…on avait l’espoir de vous recruter mais vous êtes tombé sur ces bons à rien…Vous savez vous y prendre mais vous préférez vous la jouer en cavalier seul…mais il n’est jamais trop tard pour changer d’avis !

Grognement indistinct de ce côté-là. Instinctivement Maya se rapprocha de lui et glissa sa main dans la sienne. Reardon les regardait avec un petit sourire malicieux.

Arrête de nous mater comme ça, oncle Norman…déballe plutôt ce que tu as encore sur le cœur.

Ok, reprit le colonel sans cesser de sourire, reprenons…j’ai entendu des choses intéressantes hier soir…Moody est très bavard avec un verre sur le nez. …vous seriez donc parti avec Bell et deux autres, n’est-ce pas, Cromwell ?...Je comprends, oui…Accident ? On peut croire ce qu’on veut croire…Vous n’avez pas l’air d’être de ces imbéciles qui trébuchent avec leur ombre…Ne vous en faites pas, suis encore capable de discerner vérité de mensonge et si le syndrome de Pinocchio était réel, je sais d’un bonhomme qui aurait du mal à prendre un tournant à cause de son long nez …Pas de souci, on s’occupera de cela en temps voulu…ce n’est qu’un pion mineur !

Ah bon ? Tu as l’air d’en savoir plus long que tu n’en as l’air !...Que diable se passe t’il ici, colonel ?

Je ne sais pas le nom du jeu, ni qui y joue mais c’est d’un singulier mauvais goût.

Maya soupira.

Belle façon de dire que tu n’en as pas la moindre fichue idée. Récapitulons un peu…tu cours la nature en recrutant tout celui qui pourrait donner un coup de pouce pour…pour quoi, au fait ?...Coup d’état ? Remise en ordre de la pagaille contrôlée ?

Au moins un peu de justice, je pense que ce serait déjà mieux que rien.

Tu ferais un beau Zorro, oncle Norman !

Je suis sérieux, Maya…Cromwell, que s’est-il passé quand vous êtes parti ?

L’histoire de Josh était simple. Tout allait bien le premier jour. Tiffany Portman et Angus Bright étaient des nuls, totalement inadéquats pour une randonnée pareille mais ils étaient le choix de Bell. Tout avait foiré au premier soir. Il s’était retrouvé au fond d’un ravin et avait eu tour le mal du monde pour s’en tirer. Juste à ce point de la narration, Maya fronça les sourcils, quelque chose ne concordait pas, à son avis. C’était comme si Josh taisait volontairement des détails.

Vous êtes un homme très endurant, Cromwell, cinq jours, seul blessé, avec un bras cassé et une entorse grave, à travers les bois, avec l’unique aide d’un macaque minuscule. Vous avez l’âme d’un marine, fiston !

*Sacré parrain…il y voit clair et en passant…on voit pour l’embauche !*

Josh ne varia sa version d’un poil. Il ne mentait pas, de cela Maya en était convaincue, mais il ne disait pas toute la vérité non plus, de ça…elle en était sûre.

Ils en restèrent là. D’autres choses importantes demandaient l’attention du colonel et sa troupe. Vers midi, une assemblée générale fut de mise. Pour alors, les gens de Moody avaient rassemblé leur barda mais curieusement Bart Bell manquait à l’appel. Sa compagne attitrée, la rousse Mandy finit par reconnaître, en larmes, que le « héros » local avait vidé les lieux, sans explications, au milieu de la matinée.

Je pense que deux et deux faisant toujours quatre, ça équivaut à une confession en toutes règles…mais pourquoi ? Quel intérêt avait le bonhomme de se défaire de Josh et des deux autres ?

On saura ça en temps voulu, petite…On part demain à l’aube…tu ferais mieux de t’occuper de ton « mari » et de vos affaires. On ne va pas traîner…Clark et Simmons aideront avec votre barda…Josh n’est pas en état de porter autre chose que son singe…au fait, parlant de lui, je suis sûr que Charles grincerait joyeusement des dents avec un beau fils comme celui-là…moi, il me convient…faudrait quand même se trouver un chapelain, par là…juste pour bien faire les choses !

Oncle Norman !

C’est fou ce qu’il pouvait bien rire quand il était de bonne humeur, le colonel Reardon !
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Welcome!   Dim 12 Mai - 18:41

Mr. Cromwell…suis si heureuse de te voir !

Que s’était-il passé ? Décidément, ces derniers temps, il manquait de bol. À peine sorti de son trou après avoir erré un temps fou, voilà qu’on l’avait sonné proprement et qu’il émergeait des limbes, rompu. Seule consolation, le sourire de Maya. Il perdit les trois quarts de ses dires, sonné par ses douleurs et les médocs qu’un toubib lui aurait administrés. Redressé, les idées vagues, il dut encore avaler des cachets cette fois distribués pas Maya qui lui intimait de se reposer.


Dors un peu… je laisse Fri avec toi… il est dans tous ses états, le pauvre !... Je ne serai pas bien loin, si tu as besoin de quoi que ce soit… siffle et envoie Tally me chercher… il monte la garde dehors !

Là, le délire le prit car il s’imagina que Miss Clairborne lui avait baisé les lèvres avant de disparaître.
Dormir était bien la seule chose à faire, il n’était pas capable de plus.
Parfois, il rêva. C’était étrange, les visages d’Emily et de Maya se superposaient. Il voulait à la fois les retenir et les fuir à toutes jambes. Fri ne le lâcha pas, lui frappant les joues quand il s’énervait trop. Les médicaments eurent raison de lui et l’emportèrent enfin dans un sommeil sans délire.
Il ne remarqua pas la présence de Maya à ses côtés la nuit mais bien son absence au lever du jour.
Vaseux, migraineux, il eut beaucoup de mal à se rajuster plus ou moins correctement avec l’attelle de son bras et sa cheville sensible. Une veine qu’il se n’affale pas en sortant se soulager dehors.
Il revint au camp, à la va-comme-on peut, à peine plus frais qu’au départ. Avisant sa belle en conversation identique à la veille avec le milicien, il décida d’affronter ce haut personnage aux cheveux gris qui semblait dominer le camp en plein repli. Maya prit les devants en l’apercevant :

Oh, mon Dieu, Josh qu’est-ce que tu fais là !?


Salut ! Et vous, que fabriquez-vous ?


Tu te sens mieux on dirait… Euh, ben… On déménage… le Colonel a un meilleur endroit pour ces gens…

*Colonel de quoi ?? *


Mais déjà le militaire les rejoignait. L’œil de Josh, même encore embrumé, releva des similitudes physiques entre cet homme d’aspect sévère et Maya. Seraient-ils apparentés ? En tout cas l’autre ne se gênait pas pour lui rendre sa curiosité sans aménité. Qu’est-ce que miss Clairborne avait pu lui conter ? Elle intervint à point nommé :

Bon, quand vous aurez fini de vous fusiller du regard, vous pourrez vous montrer polis… Oncle Norman voici Josh Cromwell, mon mari… Chéri… voici le colonel Norman Reardon, mon oncle et parrain… Sais pas vous, mais ça sent le vrai café, on y va ?

On se toisa encore avant de suivre le mouvement. Un tonton-parrain… Belles retrouvailles ! Elle avait de la chance, Maya !
Elle les laissa se débrouiller, filant commander des petits déjeuners. Josh souffrait le martyre, mais ne desserra pas les dents. Ce fut Reardon qui lui prit le coude valide pour le forcer à avancer un peu plus loin
:

Le mari de Maya, vraiment ?


Vous doutez d’elle, tonton ? Ce que femme veut…


Je connais ma nièce… Elle ne se lie pas facilement ! Au moins, en ça elle ne me ressemble pas ! J’ai divorcé quatre fois ! Mais suis… surpris…

Moi aussi ! grommela Josh qui détestait ce genre d’interrogatoire personnel. Si je puis, comment êtes-vous arrivé ici ? Où est Bell ? J’ai deux mots à lui dire…


Le colonel ne répondit que :

Allons la rejoindre, voulez-vous ?


Non ! Dites-moi d’abord de quel bord vous êtes. Je ne sais rien de vous et de votre clique. On a naufragé pour tomber sur une bande d’illuminés qui ne pensent qu’à massacrer autrui ! Ami ou ennemi ?

Ami ! lui assura Reardon en lui donnant un claque pile sur sa fracture.

De quoi le maudire…
Profitant de la faiblesse de Josh, le parrain l’entraîna vers Maya qui sirotait son café, la veinarde. Elle les accueillit :


… alors, vous avez décidé de vous arracher les yeux ou de vous mettre d’accord ?

On est « amis »… t‘inquiète pas, » chérie » !

La raison pour laquelle Maya poursuivait avec son parrain la fable servie aux autres le dépassait légèrement. Néanmoins, ce dernier avoua pas mal de trucs intéressants. Comme lui, Reardon avait assisté à des « choses » étranges, anormales. Il avait pris le maquis sans cesser de surveiller le village où Müller paierait ses employés en diamants bruts. Le colonel louait Firth et avait estimé Josh en recrue potentielle…

Vous savez vous y prendre mais vous préférez vous la jouer en cavalier seul…mais il n’est jamais trop tard pour changer d’avis !

Avant qu’il ait pu répondre, Maya avait mis sa main dans la sienne. Déconcerté, il se tut.
L’autre poursuivit son exposé qui cette fois le concernait davantage. Il dut narrer les faits tels quels :


Je ne sais pas qui est responsable au juste. Tout allait bien mais, lors de mon tour de garde. Là, trente-six chandelles et noir total. Me suis retrouvé dans une fosse profonde dont j’ai fini par sortir après plusieurs jours.

Pas question de déballer toute la vérité avant de connaître tenants et aboutissants.
Apparemment Reardon flairait quelque chose sur Bell et Maya sur ses dires…
Il risqua :


Ouais, suis pas du genre mauviette, ni à me laisser enrôler dans n’importe quel plan sans assurance !

À bon entendeur, salut !

Lorsque tout le monde fut prêt à débarrasser le plancher, on remarqua l’absence de Bell.


S’il fallait un aveu, en voilà un ! grinça Josh en essayant d’enfiler son sac à dos.

Maya l’en délesta aussitôt, le jugeant inapte à ce genre d’effort.

Suis pas impotent ! … quoi ton oncle ?

Elle voulait savoir ce qu’il en pensait, y tenait fermement.
Il haussa les épaules :


Le type réglo réglo ! Marche ou crève ! … non, j’aime pas. Je respecte mais si possible j’évite !


Il clopina bravement tout du long, attendant de voir ce que le parrain prévoyait pour les rescapés de Moody.
En nage, crevant de mal malgré les médocs, il entraperçut enfin des installations dignes de ce nom.
Dire que ce n’était qu’à une demi-journée de marche et que les gars du révérend n’avaient rien repéré !
Une surprise de taille attendait les arrivants. : Tiffany Portman et Angus Bright.
Autour du feu central, discutant avec les autres, ils pâlirent en voyant Josh clopiner vers eux. À croire qu’il était fantôme !
Des aveux spontanés jaillirent :


On l’a vu te fracasser la tête et te traîner au trou ! On a… fichu le camp…


Ils avaient voulu rallier Moody mais étaient tombés sur le reste de la clique de Reardon.
Josh s’en fichait un peu. Il voulait surtout s’allonger. L’étudiant en médecine fut requis à nouveau pendant que les groupes se soudaient.
Dans les brumes délirantes qui l’envahirent, il laissa échapper bien des choses. Emily, Maya, Maya, Emily, il confondit, pesta contre les deux, se débattit
.

Je voulais que tu me libères, Ems !... En ai marre ! T’es une sangsue !... Arrête de me taper dessus !... T’étais ivre ! C’est pas ma faute, pas de ma faute !... May… si seulement… Maya… Plus de jeu… Marre, assez ! … Veux la paix, rien que ça… pitié !


Le salut vint avec une main fraîche sur son front et des lèvres brûlantes soudées aux siennes.
Il soupira :


Qu’ai-je fait encore ?


Elle souriait, l’embrassait, tout était bien.


Son délire n’avait duré que la nuit. Beaucoup plus alerte, soutenu par sa « femme », il put assister au conseil des chefs :

Content de vous compter parmi les vivants, Josh ! Nous tentons toujours de localiser la source des diamants dont dispose Müller et sa clique. Nos récents relevés montrent que la résistance est toujours active. Le problème majeur reste l’approche, le contact avec cette faction dissidente laissée derrière nous.

J’ai la solution, dit Cromwell remonté par un scotch inattendu. Il y a un passage…


Un groupe mené par Josh que soutenaient étroitement Maya, Tally, Fri et consort arriva non loin de l’excavation où Bart Bell l’avait jeté.
Les explications de Cromwell avaient été passées au crible. Cela semblait tellement fou !


Z’êtes pas obligés de me croire sur parole. J’étais mal en point, pire que maintenant, mais je sais ce que j’ai vu !

En tout cas Maya défendit ses assertions auprès de son parrain et de staff.
On débattit, discuta puis lui laissa le bénéfice du doute.
Obligé de refaire son parcours douloureux, Josh en vint à bénir la présence de Miss Clairborne.

*L’âme d’un st Bernard sous des dehors de harpie ?*


Il ne savait plus où il en était avec cette fille tantôt indifférente ou chaleureuse.
Descendre ne fut pas de tout repos. Si les médocs aidaient, Maya et volonté plus encore.
Bien équipée l’équipe de tonton ! Avec leurs lampes, on y voyait autant qu’en plein jour.
Tout fut tel qu’il l’avait décrit quand ils abordèrent la cache aux champignons phosphorescents.


Derrière est, je crois, une cave de la maison commune. Si la lumière luit de ce côté, elle se coupe ici, me demandez pas pourquoi.


Fils, si t’as bon, on est vernis ! dit Reardon en lui tapotant la bonne épaule. Une idée du Sésame ?

Excusez, j’ai pas détaillé.


Ce fut Fri qui trouva l’astuce. Nourriture ou autre attraction poussèrent la petite bête à explorer le mur à sa façon. Sa menotte enfonça un « moellon » et le pan complet se déroba, sans trop de bruit.

Par gestes, le colonel prit la direction des opérations. Plus clair que ça tu meurs ! Il intima aux non combattants de rester là tout en s’alliant deux sbires en escorte.
Fourbu, Josh se recula de l’entrée et alla s’asseoir dos à un mur. Maya ne tarda pas à le rejoindre, lui tendant une gourde d’eau fraîche.

… ouais, ça va, merci ! chuchota-t-il quand elle s’assit à ses côtés.

Qu’elle lui pose la main sur le genou était très naturel. Naturel aussi fut de serrer doucement cette main. Ils restèrent là, plus d’une heure, silencieux jusqu’à ce que les explorateurs reviennent de leur périple. La cache se referma hermétiquement.


Remontons, dit Reardon.

Une fois à l’air libre, dans la fraîcheur du soir, le colonel fit le point sans cacher sa jubilation :

Comme vous le pensiez, Josh, il s’agit bien d’une des caves de la maison commune. C’est un raccourci formidable vers le village et un excellent élément de surprise. Nous avons pris contact avec certaines personnes sûres. Le temps que le rappel des troupes se fasse, nous mettrons au point une stratégie pour coordonner nos actions sur deux fronts. D’ici-là Maya, j’espère que ton mari sera partant…
Toi ? M’enfin, tu n’es pas sérieuse ?


Oh si, elle l’était…

Parrain rigola. Il laissa deux hommes sur place afin de conserver la liaison avec l’escouade du village via les caves. On les ravitaillerait en échangeant des informations en temps utile.

Josh accueillit sa tente avec bonheur. Il y ronfla en toute paix et s’y serait encore prélassé s’il n’avait ouï des beuglements étranges.
Quand le colonel s’y mettait, il s’y mettait bien !


Encore ensommeillé, Josh déboula en plein camp d’entraînement de GI ou de marines, allez savoir.

Vous autres, cinquante pompes ! Caulfield, ton barda complet, j’ai dit !

Ça sautillait ici, ça pompait là, ailleurs on tirait à l’arc ou luttait au corps à corps. Pas d’entraînement de tir ; il n’y avait qu’un fusil pauvre en munitions. Au beau milieu de tout ça : Maya !
Josh s’installa sur un siège et se régala plus du spectacle que de son déjeuner.


*Mais elle est…*

Extraordinaire, magnifique, superbe ? Il hésitait sur le meilleur qualificatif tant les prouesses de la miss le soufflaient.


*Et toi, pauvre con, t’es tout juste bon à …*


Rien ! Sa cheville allait un peu mieux grâce aux médocs de McNeil. Son bras, lui…

*M***e ! j’en ai bien pour un mois d’immobilité, voire plus avec la rééducation ! Bart, si je te tiens, mon salaud… !*

Comme un aimant, la pierre l’attira. Il n’était pas plus dévot qu’avant mais… qui ne risque rien…
Sa prière muette jaillit cependant droit de son cœur. Ardemment, il souhaita recouvrer très rapidement ses facultés physiques.
La mine déçue, il claudiqua jusqu’au centre d’entraînement. Maya, splendidement dégoulinante de sueur, accepta le café qu’il lui tendit ainsi qu’une serviette éponge :


Tu m’avais caché ces talents !

Sa réplique le déconcerta et… l’amusa.
Qu’elle désire se rafraîchir n’avait rien d’étonnant. Il respecta son intimité en tentant de se montrer… utile.
Compréhensif( ?) Reardon le convia à l’état major. Sous sa tente s’exposa un plan très précis du village. Tous y avaient mis du leur à le compléter, là on demandait à Josh d’y ajouter sa touche.


J’y suis resté peu de temps mais là, ce quartier a été modifié. Maya y a séjourné plus longtemps…

Elle nous a déjà donné ses infos, fils ! Toi, tu as observé d’en haut, non ?

À son air mutin, Josh comprit qu’il était inutile de finasser avec ce gars. Jusqu’où allaient ses conclusions ? Bonne question. Néanmoins, Josh fit ce que l’on attendait de lui et rectifia certains tracés.


La maison commune est le point névralgique. Tout rayonne de là. J’ai vu des miliciens là, là et là. Les horaires sont invariables, de jour comme de nuit.

On discuta, planifia et le laissa vaquer à ce qu’il voulait.
Recroisée, Maya ne se déroba pas à un peu de farniente après s’être alimentée généreusement.


Sur le bateau, tu mangeais comme un moineau… Un porc, vraiment ? Porc végétarien, alors, rit-il.
… oh, oui, ça va. Viens de remplir la seule fonction dont je suis capable auprès de tonton : la logistique. Mais dis-moi d’où tu me sors tes talents ? Suis très curieux quant aux autres…


Découvrir peu à peu quel genre de fille se cachait sous une carapace de glace plaisait beaucoup à Josh. Elle aussi voulait percer la sienne. Il avait dégoisé pendant son délire, assez pour l’intriguer.
Assis près de la rivière, il soupira en lui tenant la main :


J’ai parlé d’Emily ?... Pas étonnant ! Mon ange et mon démon !... Ouais, j’aimais cette femme même si elle me rendait dingue… non, pas comme ça, pas d’elle. Ou si ? Sais pas ; sais plus… Écoute, mets-toi à ma place un instant. T’as 20 ans, t’as galéré pour survivre 5 ans en faisant des trucs… je passe. Puis arrive… elle ! 20 ans de plus que moi, exigeante, tyrannique et j’en passe ; mais elle était si…

Il haussa les épaules et conclut :

On m’accuse de l’avoir tuée pour hériter. C’est faux.


Pourquoi se livrer ainsi ? Il ne le savait pas. Besoin de compréhension, plus ? Quoiqu’il en soit, de son bras valide il lui accrocha la nuque :

Ne sois pas Emily !

Qui embrassa l’autre n’est pas dit.

Plusieurs jours s’écoulèrent dans la routine des entraînements intensifs des futurs combattants et de la monotonie des autres. Josh, enfin assuré sur ses pieds, put se livrer au sien.
Les nuits furent pénibles entre désir fou et respect. Premier pas ou non ? Dur !

Le hasard fait parfois bien les choses. Un soir, les gardes levèrent un drôle de lièvre venant prier la Pierre.
Josh se fatiguait les yeux à lire un bouquin sur la tactique d’infiltration militaire prêté par Reardon quand l’esclandre éclata. Il s’élança sur les lieux. Wow, la belle prise ! Bart Bell en personne.
Rien ni personne n’aurait pu le retenir. Ils s’affrontèrent.


On sait tout, t’es cuit, Bart !

TU VOULAIS MA FEMME !

Dans ses rêves ! C’est elle qui me voulait parce que tu n’es qu’un minable égoïste. Puisque tu veux utiliser celle-ci, ta Pierre n’était pas celle espérée on dirait !

Tu vas me faire quoi, pauvre cloche ? J’observe votre camp depuis des jours, je sais. Dommage que la chute t’ait pas tué !

La comédie avait assez duré. Josh, en pleine possession de ses facultés, régla son compte à Bell en deux temps trois mouvements.
On le félicita, le congratula sauf…


MAYA !

Faudra t’expliquer fiston, lui souffla Readon en lui posant une main compatissante sur l’épaule…
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Maya Clairborne

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MessageSujet: Re: Welcome!   Mar 11 Juin - 16:03

Je suis…tu es…nous sommes ? Voilà où ça commençait à clocher sérieusement. Enfin, clocher c’était déjà beaucoup dire. Comment pouvait clocher une situation inexistante ? Maya se posait la question. En fait, ça la taraudait. Josh demeurait un mystère. L’homme n’était pas du genre à se livrer facilement pour ne pas dire qu’il avait un mal fou à se livrer tant soit un peu. Coincé? Elle commençait à y croire ferme. Et ça faisait mal. Elle n’était non plus de celles qui ouvraient volontiers leur cœur, mais dans son cas c’était une simple question de principes. Pas de haute moralité, tout simplement principes élémentaires pour ne pas se retrouver avec le cœur brisé et les illusions en miettes. Une mauvaise expérience l’avait atteinte à un âge où ce genre de choses vous marque pour toujours. Elle avait tout simplement perdu la foi en son prochain. La récupérer équivaudrait à faire peau neuve mais Maya remettait toujours cela…tant et si bien qu’elle s’y était habituée, à se la jouer en cavalier seul, sans jamais baisser la garde.
Mais Josh était différent. Elle le sentait. Ce qui ne voulait pas dire que cela ne lui fichait pas une trouille de tous les diables. Proche, lointain, rustre, adorable, rustre, rustre…adorable rustre.


*Continue comme ça et tu t’y perds, idiote !*

Jouer à être sa femme lui plaisait. C’était tout bête mais elle sentait un délicieux petit chaud au cœur. Bien sûr, oncle Norman avait vu clair. Pas de quoi s’étonner, ce bonhomme était rompu aux arcanes de la nature humaine. De tacite accord on passa sur le thème pour s’occuper de plus important.

L’excursion jusqu’au nouveau campement avait miné les dernières forces de Josh. Le pauvre était déjà mal en point, lui imposer cela avait tenu presque de la cruauté mais il ne s’était pas rebiffé et à part le soutenir, Maya n’en avait pipé mot. Surtout ne pas porter atteinte à la susceptibilité masculine.

Dire qu’il se fallut d’une nuit de délire dû à la fièvre pour pouvoir voir un peu plus clair. Maya savait assez sur la telle Emily comme pour s’être fait une certaine idée, mais l’entendre se débattre contre certains démons du passé apportèrent une nouvelle lumière. Josh était un homme déchiré. Sa relation avec Mrs. Hardwood lui avait fait plus de mal que voulu. Peu importait qu’elle soit morte, Maya la détesta de toutes ses forces.


... May… si seulement… Maya… Plus de jeu… Marre, assez ! … Veux la paix, rien que ça… pitié !

Tu auras ta paix. Je le jure…tu l’auras !

Abuser de la situation ? Oui, peut-être. Mais rien qu’un tout petit peu. Elle avait tellement envie de l’embrasser, de le rassurer, de le rendre à une réalité plus plaisante.

Qu’ai-je fait encore ?

Mais rien, voyons…dors, chéri !

Chéri. Ça faisait un bien fou dire ce mot…Si simple. Si court et pourtant, si venant du cœur, si plein de signification. Caresser ses cheveux, son front moite, l’embrasser encore. On verrait bien que faire avec les lendemains.

La réunion portait des fruits inespérés. Le colonel savait comment s’y prendre et de fil en aiguille on arriva à des résultats positifs. Il avait un but et quand personne n’y croyait plus, Josh apporta la solution.


Il y a un passage…

Et pour en voir un, il y en avait et pas des moindres. Certes le parcours du combattant pour y parvenir le laissa sur les rotules, mais découvrir le fameux passage qui menait tout droit aux caves de la maison communale du village leur donnait un avantage inouï. Tonton était ravi. Les laissant en arrière, le marine s’engagea dans le passage suivi de quelques fidèles.

Attendons donc…un peu d’eau ?...Comment te sens tu ?

Il chuchota que bien, elle en doutait. Il avait une mine de papier mâché. Sans commentaires. Elle posa sa main sur son genou, il posa y posa dessus la sienne. C’était bon. Chaleureux. Suffisant tout autant que le silence qui les réunit jusqu’au retour de tonton. Remontée douloureuse. Vaillant, il serra les dents et elle le soutint de son mieux.

Norman Reardon était très satisfait de sa virée. Lui et ses hommes avaient contacté des personnes sûres au village. L’idée était réunir tous les dissidents en une seule force pour prendre de revers Müller et sa Milice.


D’ici-là Maya, j’espère que ton mari sera partant…

Il le sera, colonel et moi aussi !

Toi ? M’enfin, tu n’es pas sérieuse ?

Ai-je l’air de rigoler !? Bien sûr que je suis des vôtres…et si tu crois pouvoir me laisser en dehors de ça, tu vas avoir des surprises, oncle Norman !

Veux voir ça !, rigola Reardon.

Et il vit. Pas plus tard que le lendemain. Il faut dire que ce guerrier moderne n’y allait pas de main morte à l’heure d’entraîner ses hommes. Maya ne voulut pas être en reste et se joignit, à la stupéfaction de tous les présents, aux exercices matinaux de mise en forme. Chargée de son barda complet, comme tous et chacun, elle démontra sciemment être bien plus en forme que son cher oncle n’aurait pu l’imaginer. Elle tint bon tous les exercices imposés, après tout Miss Clairborne n’avait-elle pas voué un vrai culte à l’entrainement rigoureux ? À part d’avoir une plastique splendide, elle tenait bon face à toute rigueur.

Dis donc, petite…qui l’aurait cru ?

Elle sourit en se défaisant de son barda.


Ben, tu vois bien !

Mine de rien, elle n’avait pas raté la présence de son « mari » à la séance d’entraînement même si vers la fin il avait disparu, réapparaissant pile pour lui tendre une serviette-éponge et un café fumant.

Tu m’avais caché ces talents !

J’adore rompre les clichés établis…et maintenant, je vais me doucher. Suis contente de voir que tu vas mieux !

À son retour, Josh prenait congé du colonel et clopinait vers elle suivi de Tally avec Fri juché sur son dos.

Si on allait manger quelque chose, je meurs de faim, là !...Et toi, tu as discuté avec oncle Norman ?

Il n’avait pas l’air particulièrement réjoui de n’avoir pu qu’apporter ses connaissances à peaufiner la logistique. Elle le devinait homme d’action, être réduit à cette condition de quasi infirme devait lui être détestable même s’il faisait semblant de s’y plier. Après un déjeuner succulent, elle accepta volontiers de se la couler un peu en douce. Sans se presser, escortés de leurs bestioles, ils arrivèrent au bord de la rivière.

Mais dis-moi d’où tu me sors tes talents ? Suis très curieux quant aux autres…

Elle lui jeta un regard de biais en souriant, malicieuse.

Qui te dit que j’en ai d’autres ?...Enfin sérieusement…disons que j’en ai eu un peu assez d’être la blonde fifille à papa…stéréotype de l’idiote-née. J’ai eu trop de tout…par défaut, par remords, par ce que tu voudras…Je ne veux pas leur ressembler…je parle de mes parents parfaits, bien entendu…être soi-même n’est pas donné dans le monde que je fréquente à cause de mes relations familiales…Je hais l’idée de ressembler à la douce héritière tout de sucre et de soie…Disons que j’ai fait les choses à ma façon, juste question de me sentir bien dans ma peau, sans devoir rien à personne…

Elle soupira en secouant la tête avant de se tourner vers lui et prendre sa main pour le mener vers une pierre où ils s’assirent.

Mais et toi, Josh ? Qui es-tu vraiment ?...J’ai beau essayer de voir clair en toi, tu ne laisses pas qu’on perce ta carapace…Tu as beaucoup parlé d’elle dans ton délire…

Cela sembla à peine le surprendre.

Pas étonnant ! Mon ange et mon démon !...

Une pointe de jalousie lui vrilla le cœur comme dard empoisonné mais elle se força pour demeurer poliment attentive.

Ambivalence…

Ouais, j’aimais cette femme même si elle me rendait dingue…

Tant que ça !?

Il n’en savait pas trop rien lui-même. La Hartwood l’avait pêché quand il n’avait que doux 20 ans et s’en était approprié pour en faire son amant. Elle l’avait tyrannisé, modelé à son goût et exigences, fait de lui ce qu’il était, sans le mettre à sauf de ses amertumes, des atteintes ineffables de la déchéance familiale, pour après aller se tuer dans un stupide accident en le laissant seul, accablé, démuni et plein de légitimes suspicions.

On m’accuse de l’avoir tuée pour hériter. C’est faux.

Je le sais, Josh…je sais que tu n’as rien à voir avec tout ça…

C’était la première fois qu’il livrait le fond de ses sentiments et elle le devinait endolori, marqué à jamais mais il restait encore un espoir…Qu’il la rapproche de la sorte fit bondir son cœur.

Ne sois pas Emily !

Elle aurait pu en pleurer mais au lieu de cela, braqua son regard dans le sien, tout en caressant doucement sa joue barbue.

Je suis Maya, Josh…faudra faire avec !

Mus par une seule et unique force, ils se retrouvèrent unis en un baiser renversant de douceur désespérée. Ils avaient besoin l’un de l’autre pour exorciser leurs démons.

Reste avec moi, Josh…soyons une bonne équipe !

Pas de mots d’amour ni de fausses promesses. Les mots ne sont que cela, des mots. Ils avaient besoin de bien plus que cela pour cimenter une nouvelle foi et n’avaient aucune envie de s’engager dans une aventure sentimentale aux résultats hasardeux. Ils étaient tous deux fiers et forts, prêts à affronter tout péril qui put se présenter mais leur confiance était fragile…trop fragile encore.

Vivre ensemble en bonne camaraderie ? Pourquoi pas ? Certes une folle attirance les poussait l’un vers l’autre mais ils étaient trop suspicieux encore pour se donner totalement. Respecter les limites établies tacitement semblait, presque toujours, leur convenir. Maya tenait surtout compte de l’état physique de Cromwell qui semblait ressentir amèrement du fait d’être quasi handicapé en comparaison aux autres athlètes de service. Elle aimait le gâter, prendre soin de lui, en essayant de ne pas le faire sentir diminué pour autant.

Et puis ça ! Elle n’en revenait pas, ce soir-là, en le voyant bondir…Oui, bondir comme un fauve en pleine possession de ses capacités, sur un Bart Bell ramené de force par les effectifs dissidents. Aveux et rage…Oubliés handicaps, Josh régla le sort du traître en deux temps trois mouvements.

Ben dis donc, pour un pauvre éclopé…Vive le miracle !

MAYA !

Elle s’en foutait se son appel aux consonances désespérées. Encore une fois on l’avait joyeusement grugée. Demi-tour, Tally répondant à l’appel, elle voulut se perdre aussi loin que possible, c’était, bien entendu, sans compter avec l’intervention de tonton qui la retint doucement.

Fuis pas, ma fille…il avait ses raisons !


Elle se contenta de fusiller le « miraculé » d’un regard cinglant.

*Ben, elles devront être drôlement bonnes, ses raisons…À moins bien sûr que…diables, il veut pas de toi…c’est clair. Mets de la distance, ma vieille…ou il te brisera le cœur !*

Orgueil. Fierté. Rage. Peu importait. Le regard contrit du coupable la faisait fondre même avant qu’il n’ouvre la bouche pour exposer ses raisons. Maya se détesta d’être si influençable. Elle ne valait déjà rien quand il la rejoignit mais faisant un effort d’amour propre, grommela :

Bravo…beau théâtre !


Tonton n’ayant aucune intention de s’en mêler prit la clé des champs en assurant qu’on avait besoin de lui ailleurs et les laissa en orageux tête à tête. Partagée entre sa colère et ce chagrin sournois qui lui érodait l’âme, Maya se retrouva dans leur tente. Avec incommensurable sagesse Fri et Tally avaient préféré aller se promener, la laissant seule face à Josh.

Bon, je suppose que tu t’es bien payé notre tête…Oh, écoute, pas besoin de grandes explications…Ah bon ?...Savoir à quoi t’en tenir avec la situation ?...Ben merci pour la confiance…Non ! Pas du tout, c’est ton affaire…m’en fous moi…

Il s’approchait. Maya serra les dents. Elle ne voulait pas succomber à son charme ravageant, à ses erreurs avouées, à ses faiblesses reconnues…à lui tout court. Cet homme représentait un danger potentiel pour son bien-être mental et s’il la touchait, elle était perdue.

Il la toucha. À peine. Juste une rassurante caresse sur son bras crispé. Du genre de celle qu’on emploierait pour calmer un cheval rétif. Elle gronda :

Assez de cirque pour un jour…suis crevée, veux dormir !


Dormir ? À d’autres ! C’était la bousculade, dans sa tête. À moins d’un mètre d’elle, Josh ne dormait pas non plus, elle le savait et ce n’était que justice. Ils tirent bon toute cette longue nuit et aux premières lueurs de l’aube, avant même le rappel matinal, ils étaient hors de la tente, chacun de leur côté. Entraînement de routine. Sans excuse de handicap, Mr. Cromwell sembla se plier de bonne grâce aux exigences de l’instructeur de service. Le colonel était parti de bonne heure au Q.G souterrain pour peaufiner les manœuvres de ralliement.
Cela dura trois jours. Maya ne cherchait pas sciemment à éviter Josh mais ne se rapprochait pas non plus. Les nuits étaient difficiles mais ils tenaient bon, s’accrochant à leur respectives fiertés, orgueils ou tout ce qui y ressemblerait, puisant Dieu sait où la volonté pour garder distance.
Ce soir-là, Fri, conciliateur, cherchait par tous les moyens de faire diversion en sautant d’une épaule à l’autre alors que Tally, quémandait câlins dans distinction. Dehors, l’orage avait éclaté, la pluie tombait sans discontinuer et la tente commençait à se révéler étroite pour tout ce petit monde quand une rafale de vent mit fin aux réjouissances, arrachant l’abri du sol. Tally gémit, Fri poussa un cri terrifié. Maya accrocha son précieux sac, cherchant à rattraper la toile qui s’envolait , les yeux braqués sur le tourbillon sombre qui fonçait sur eux.

Une tornade !!!, hurla t’elle.

Une poigne sûre la mit à l’abri sans qu’elle sache trop ce qui se passait et se retrouva dans les bras de son « mari » derrière une muraille naturelle de rochers. Autour d’eux, les autres essayaient de se remettre de cet assaut sauvage de la nature. Il ne restait pas grand-chose du campement. Il faisait nuit noire et le déluge continuait.

Nous ne pouvons pas rester ici, assura un des lieutenants de Reardon, resté pour assumer la direction des opérations sur place, à une demi-heure de marche nous trouverons les grottes…on aura un refuge pour la nuit, demain nous rejoindrons le colonel au Q.G.

Les grottes s’avérèrent être le refuge idéal. En prévoyant quelque instance dans le genre de celle vécue cette nuit, elles avaient été aménagées pour servir d’abri de fortune et les victimes de la tornade y trouvèrent de quoi se ravitailler et une place, au sec, pour passer la nuit. Un bon feu se chargea de les réchauffer et sécher un peu, n’empêche que Maya grelottait sans se trouver le courage de refuser la rassurante étreinte de Josh qui semblait pour le moins assez choqué par cette tournure inespérée.

J’ai cru qu’on allait tous mourir, souffla t’elle, nichée au creux de ces bras forts, c’était affreux…je ne suis pas trouillarde mais…Non ! Ça va maintenant…tu es là…

C’était juste un peu d’opportunisme mais le moment se prêtait bien pour se montrer faible et démunie, une fois ne faisant pas coutume, après tout ils venaient de frôler la pire des échéances de très près.

Non, je ne suis pas fâchée avec toi…d’où tu vas sortir une idée pareille ?...Euh, ok…j’admets, ça m’a prise de court, tant de secret… mais on s’en fout un peu…pas besoin d’explication, reste là, ne me lâche pas et essayons de dormir…Que fait mon oncle là-bas ?... Sais pas au juste mais je au juste mais suppose qu’il cherchera à prendre contact avec Neil…

Elle se mordit la langue consciente d’en avoir trop dit mais c’était trop tard pour faire marche arrière. Toute idée de sommeil oubliée, Josh semblait très intéressé par cet aveu involontaire. Il ne lui resta autre chose que le mettre au parfum de cette histoire extraordinaire qui voulait que Neil et Lind aient déjà « vécu » cette aventure…

Sauf que ce n’est pas dans le passé mais exactement maintenant…dans d’autres circonstances …une espèce de jeu de temps et espace…leur passé est notre présent tout en restant le leur…c’est confus ? Tu peux le dire…C’est comme si le même espace de temps se répétait avec variations…si on en croit au témoignage écrit qu’a laissé un de leurs « contemporains »…je ne comprends rien ni cherche à le faire mais conviens avec moi que cette histoire est arrachée des cheveux…on va d’absurde en absurde…Souviens toi, au bateau…Neil nous a prévenus du naufrage…

Silence réfléchi. Maya ferma les yeux et frotta sa joue contre son épaule secourable. Serrée contre lui, elle ne craignait plus rien. La petite main de Fri dans ses cheveux la fit sourire et la tête de Tally sur sa jambe la rassura. Ceux qu’elle aimait étaient là…un homme à facettes, un macaque enjôleur et un chien fidèle…

Le lendemain, ils rejoignirent Reardon au Q .G. Une exploration plus approfondie des lieux avait permis de découvrir que ce qu’ils tenaient pour un simple tunnel était en réalité l’entrée d’un réseau perfectionné d’habitations souterraines. L’endroit était parfaitement agencé pour permettre qu’une centaine de personnes s’y installe, ce qui était plus que suffisant pour eux.

Le colonel Reardon se réunit avec le couple à peine finie leur installation.

Nous avons trouvé une plaque…pas la bonne, si j’en crois à ce que dit Tremayne, faut amener Chesterfield à nous en dire plus. C’est là que vous entrez en question, toi et ton mari…après tout, vous connaissez l’homme…il vous fera sans doute plus confiance qu’à nous…

Maya et Josh échangèrent un regard lourd de sens avant qu’elle ne s’adresse au colonel.

Tu vas nous excuser, oncle Norman, mais on ne sait pas du tout de quoi tu parles, là !...Plaque ?...Plaque quoi ? Pas tectonique…ne me fais pas rire en disant que de téléportation…

L’expression du colonel se fit assez ombrageuse comme pour deviner avoir touché un point algide, qu’en sus il se gratte furieusement la nuque la mit sur avis.

C’est pas de la rigolade !…C’est donc ça ?

On suppose que oui, si on tient compte de certains écrits tombés en nos mains, faut croire que c’est justement de ce qu’on parle. Chesterfield et sa femme sont les seuls à avoir le fin mot de cette histoire…Il faut qu’ils parlent !

À tout prix ?, s’interloqua Maya en s’imaginant à peu près n’importe quoi.

Reardon eut un petit sourire de travers en acquiesçant.

Euh…et s’il ne veut pas ?...Je me vois mal en le torturant pour lui faire cracher le morceau.

Elle avait l’air si contrite que tonton et mari ne purent que rire, le premier assura que sans doute Neil jouerait les difficiles mais s’il avait tant soit un doigt de bon sens, finirait par collaborer.

Amen…Cette histoire et débile…absurdement débile !

Elle ne savait pas si bien dire…
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