Gods Games

Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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Josh Cromwell

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Messages : 23
Date d'inscription : 02/02/2013

MessageSujet: Re: Welcome!   Mer 12 Juin - 22:17

Finalement la Pierre avait exhaussé son vœu puisqu’il avait récupéré l’usage de ses membres blessés en un temps record. Certes, il avait menti à tout le monde, et surtout à Maya. Il l’avait fait délibérément, non pour profiter bassement de ses attentions mais par manque de confiance. Pas envers elle ! Enfin sans doute un peu quand même. Josh s’était fait tellement entuber dans son existence qu’il en était arrivé à se méfier du commun des mortels, sauf d’elle… pour le moment.

Impossible de résister au fauve qui sommeillait en lui quand la belle gueule de Bart s’était pointée.

Toute victoire à un prix ! Celle-là lui coûtait cher  : Maya !

Le regard dont elle le gratifia lui fit l’effet d’une lame aigue en pleine poitrine.  Il fallut la suivre jusqu’à la tente où elle lui cracha presque à la figure :
 

 Bon, je suppose que tu t’es bien payé notre tête…
 

Ce n’est pas ça du tout, écoute-moi…
 

Aucune de ses justificatifs ne passa ; la miss était bornée et vexée. Même sa tentative d’approche reçut une rebuffade de taille :
 

 Assez de cirque pour un jour…suis crevée, veux dormir !

 
Peut-être que si son âme avait été guérie d’Emily, Josh aurait réagi et insisté. Lé réplique acerbe lui rappela tant son ex qu’il cessa aussitôt tout essai de conciliation. Chacun s’allongea en se tournant le dos. Elle ne dormait pas, il le sentait. À quoi pensait-elle ? Au meilleur moyen de lui faire payer sa « faute » ?
 

*Toutes les mêmes ! Pas une pour racheter l’autre… Pauvre con…*
 
Il sommeilla sans vraiment trouver de repos, tiraillé entre les attitudes à adopter. Aucune ne l’avait satisfait au petit jour. On se bouda communément entre entraînement physique et pauses bouffes.  

Sous leur tente l’orage grondait, et les essais des bestioles pour recréer une atmosphère amicale restèrent vains. Malheureusement dehors, ça menaçait dangereusement.
 
Sortons d’ici ! dit Josh que l’électricité de l’air énervait autant que les animaux.
 
Un vrai cauchemar. Sous une pluie battante, des vents terrifiants, ils virent approcher la trompe mortelle, le siphon de la mort.  

 Une tornade, et non des moindres, aspirait tout sur son passage. Des arbres déracinés s’envolaient, des troncs et débris divers pleuvaient.
 
*Un abri !*
 
Attrapant Maya au bras, Josh courut avec elle vers un monticule de solides rochers. Il l’aplatit au sol, lui offrant le rempart de son corps, et attendit que la fureur des éléments s’apaise.

Lorsqu’ils purent se relever, le carnage fut évident. On ramassa ce qui pouvait être utile et s’hébergea dans des grottes proches où l’on put même allumer des feux.  

Maya claquait des dents malgré la chaleur dégagée. Quoi de plus « innocent » que de lui entourer les épaules et de l’appuyer contre son torse ? Il se ficha un peu d’elle quand elle avoua avoir cru à leur mort anticipée :


On serait un peu froussarde sur les bords ?

 Je ne suis pas trouillarde mais…Non ! Ça va maintenant…tu es là
 
Mieux que les flammes de l’âtre ou qu’un bon coup de gnôle, ces simples mots réchauffèrent Cromwell qui osa :
 
Tu ne m’en veux plus ?  
 
Elle lui demanda d’où lui venaient de telles idées. Il répliqua :

 
Du simple fait que Miss Clairborne me tire la gueule la journée durant en refusant tout dialogue...
 
Hélas, elle changea de thème :
 
… reste là, ne me lâche pas et essayons de dormir… Que fait mon oncle là-bas ?... Sais pas au juste mais je suppose qu’il cherchera à prendre contact avec Neil…

 
NdD qu’est-ce que c’était que cette insinuation ? Les crochets venimeux de ce ressemblait beaucoup à de la jalousie féroce le poussèrent à exploser :
 
Chesterfield ? Qu’a-t-il à voir là-dedans ? Pourquoi ton parrain aurait-il besoin de ce grand nul idiot ?
 
Maya, contrite, lui conta une histoire à dormir debout où il était question d’ancien vécu ressemblant à l’actuel sans l’être. De quoi y perdre le peu de latin connu. Quoiqu’il en soit, Maya marquait des points avec l’évocation des prémonitions de Neil concernant le naufrage.  Elle avait l’air si bien dans ses bras qu’il n’osa pas lui avouer avoir dépouillé Chesterfield d’un des sacs préparé par ses soins…  
 

Reardon rétablit le contact avec sa troupe. Il la déménagea dans un réseau souterrain découvert en annexe de la porte vers le village.

La cellule qui échut au couple était plus spacieuse que leur tente première.  À peine installés, Josh et Maya eurent droit à une mise au point du grand chef Reardon.
 

 Nous avons trouvé une plaque…pas la bonne, si j’en crois à ce que dit Tremayne, faut amener Chesterfield à nous en dire plus. C’est là que vous entrez en question, toi et ton mari…après tout, vous connaissez l’homme…il vous fera sans doute plus confiance qu’à nous…    
 
Après les échanges entre parenté, Josh crut être ivre tant il ne pigea que dalle.
 
*Plaques de téléportation ??? Et puis quoi… ?*
 
Et pourtant... En tout cas, tonton voulait à tout prix leur collaboration pour faire chanter les Chesterfield.
 

Il t’avait à la bonne sur le rafiot, ça ne devrait pas poser grand souci…
 
Cette remarque lui valut un regard assassin quoique teinté d’amusement.

Mais Reardon était sérieux malgré un sourire après la réaction outrée de Maya qui pensait peut-être devoir charcuter Neil pour le faire avouer.

Des contacts sérieux avaient été pris, un rendez-vous aussi. Le lendemain soir, ils seraient confrontés aux protagonistes du… passé-présent.     
 
Quand ils eurent pris leur repas à la cantine commune, les « époux » purent enfin converser en tête-à-tête. Josh s’effondra sur sa couchette en se passant les doigts dans sa chevelure qui nécessitait une bonne coupe :

 
Alors tu y crois à ce délire ? Lind et Neil seraient déjà venus dans le coin y créer une sorte de révolution ? … Moi ? Ben non ! J’admets que des faits comme la prescience de Chesterfield  soient troublants mais delà à agréer ces fables… 
 
Il s’étira des quatre membres en bayant largement puis se redressa sur un coude, sourire en coin:
 
M’en fous de tout ça, sais-tu ?
 

Hein ? La Miss tenait son parrain en si haute estime qu’elle abondait en tout. Josh eut droit à un grand savon où il fut question de justice, honneur, droits individuels, etc.

Un peu narquois, il dit :
 

T’échauffe pas ainsi ! En admettant que ce « bon » Neil soit au courant de la plaque et autres divagations, qu’il faille renverser la vapeur du village… Ouais, je sais. C’est pas joli là-bas, me suis pas taillé pour rien, je te rappelle ! Je te rappelle aussi que j’ai essayé de t’avertir…
 
Des reproches à n’en plus finir lui tombèrent dessus. Il haussa les épaules :
 
Ok, ok, traite-moi de lâche, couard ou tout ce que tu veux. J’ai préféré être du bon côté du fusil.
… Au fait, on fait comment pour convaincre Chesterfield demain ? Il t’avait à la bonne, je crois. Tu vas essayer de le séduire ?

 

Pour éviter de se faire écharper, Josh siffla Tally :
 
On sort mon beau ! Fait étouffant, ici !  
 
Remonter le chien fut aisé grâce au système de nacelles installé. Fri les avait suivis et les accompagna dans leur balade nocturne.

Après avoir salué le garde extérieur, Josh et ses copains s’enfoncèrent plus loin dans les bois qui, très étrangement, reprenaient déjà leur aspect originels.  Les traces de l’affreuse tornade s’effaçaient déjà.  La promenade amena les copains aux abords de la Pierre qui n’avait subi aucun dommage. Le colonel Reardon y achevait ses « dévotions ». Josh ne parvint pas à s’approcher à moins de dix mètres avant d’être braqué par le militaire. Le canon de l’arme s’abaissa aussitôt l’intrus reconnu :

 

J’ai failli te tirer dessus, Cromwell ! Identifie-toi quand tu approches dans le dos de quelqu’un. Maya n’est pas avec toi ?
 
Non… Elle boude ! Pourquoi êtes-vous tellement sur les nerfs, colonel ? Un souci ?
 

Bart Bell a profité de la tornade pour se tailler. Personne ne sait s’il s’est envolé pour de bon ou pas. Tu l’avais amoché mais pas assez, on dirait.  

 
Je n’ai jamais tué personne, vous savez…  
 

Heureux de l’apprendre !  Tu en veux un ?
 
Reardon lui proposant un cigare, Josh ne refusa pas.

Les deux hommes fumèrent en silence en contemplant les étoiles. Le parrain déclara :
 
Pas facile avec Maya, hein ?
 
Je ne vous le fais pas dire, expira Josh dans une volute odorante.
 

Mariage d’amour ? ironisa le tonton.
 

Décidément, ce soir, les épaules de Josh fonctionnaient bien :
 
Vous savez, n’est-ce pas ? C’est du bluff pur et simple, un gag pour nous faciliter la tâche, l’intégration, en évitant le harcèlement du sexe opposé.

 
Reardon rigola, il pigeait au quart de tour.
 
Très chevaleresque et… Pratique !
 
Fallait bien… L’ennui c’est que...
 
Laisse-moi deviner. Tu es pris à ton propre jeu ? Tu aimes ma nièce ?
 
Oui… et non. C’est tellement bizarre. J’ai envie d’elle… Hey ! Pas taper. Je l’ai respectée tout du long ! Je veux dire que j’ai l’impression qu’avec elle ce serait différent, que j’ai une chance d’aller de l’avant, de connaître… autre chose. Mais elle me déteste, me prend pour un égoïste fini, une sorte de je m’en foutiste ou que sais-je…
 
Reardon rigola en tétant ses feuilles de Havane :
 
Maya est une dure à cuire parce que, sous la carapace, se cache une grande déception. Je n’en ai eu que de vagues échos mais je la connais assez pour comprendre son attitude. Faudra du cran pour lui prouver que les hommes ne sont pas tous pareils…

 
On… On lui a fait du mal ?
 
Entichée jeune, très jeune, et larguée… Mais tu devrais avoir tes chances vu la manière dont elle t’a… « adopté ». Je n’étais pas souvent près d’elle mais je ne l’ai jamais vue aussi attentive envers quelqu’un.  Prends-en de la graine, tu tiens le bon bout ! Essaye de converser, ça aide ! 
 
Une claque dans le dos à renverser un bœuf plus tard, Josh regarda son cigare se consumer puis rappela Tally et rentra sous terre.

Par souci d’économie, leur cellule était plongée dans le noir. Josh ne s’en soucia pas. Ayant enregistré la disposition des lieux, il savait parfaitement où était sa couchette ainsi que celle de Maya. Chacune était posée contre un mur, avec juste un chevet entre les deux.  Qu’à cela ne tienne de faire un peu de ramdam, Josh déménagea les meubles et coinça son lit contre celui de la miss pseudo  endormie. Le sommier grinça quand il s’effondra dessus, jetant un bras en travers l’autre couche.
 

Crains rien, vais pas te violer ! émit-il de son rire feutré lorsque Maya renâcla à sa tentative de rapprochement. On a pris certaines habitudes ces derniers temps et si je ne sens pas près de moi, je ne fermerai pas l’œil… Non, non ! Tu n’es pas mon doudou, s’esclaffa-t-il cette fois. Tu es beaucoup plus que ça, et tu le sais !

 

Même si elle râla un peu, ce ne fut que pour la forme. Il aurait juré qu’elle ronronnait en se nichant contre lui.
 
Le lendemain se passa sans incident. On pouvait vivre à l’aise sous terre mais beaucoup préféraient sortir souvent. D’ailleurs l’entraînement n’aurait pas été possible dans les tunnels. Une réunion d’état major eut lieu peu après le repas du soir.
 

Vous avez tous compris les instructions ? demanda Reardon suspicieux.
 
Comment oublier ? On leur en avait bassiné les oreilles à longueur de journée. Pas de bruit, se transformer en ombre, suivre l’itinéraire prévu en n’y dérogeant sous aucun prétexte, pour se rendre dans les caves d’un certain Jeffrey.

Ils étaient cinq à sortir au village cette nuit-là. Passe-montagne, vêtements foncés, équipement léger, les espions remplirent parfaitement leur mission. Un comité d’accueil se tenait déjà sur place. On fit les présentations sommairement. Voir Timothy Firth au nombre des comploteurs n’étonna pas Josh qui, par contre, détesta d’emblée le dénommé Tremayne. Peut-être rageait-il de ne pas être parvenu à faire parler les Chesterfield ? De devoir rendre des comptes au colonel ?  Quoiqu’il en soit, si Firth se montra chaleureux à leur encontre, Tremayne ignora copieusement le couple.
 
Ils ne devraient pas tarder, grogna l’ex-flic. Suis persuadé que Chesterfield se paie notre tête !
 

Il n’a pas accepté d’entrer dans la milice locale ? dit Reardon le sourcil arqué de contrariété.
 
Si, il est même tireur d’élite, à ce qu’il parait !
 
Tiens, voilà qui surprit Josh. Ce grand dadais savait faire autre chose que de piquer le pognon des gens ? Cromwell qui se débrouillait très bien au tir envisagea, amusé, un petit duel entre eux.
Mais l’heure n’était pas à la rigolade. La cave se rétrécit davantage avec le débarquement de quatre nouveaux. Impossible d’ignorer qui étaient les encagoulés. La haute stature de l’un et la gracilité de l’autre les identifiait. Lorsque le masque tomba, Josh sourit largement à une Lindsay Fairchild un peu ébouriffée mais sereine. Neil s’ébahissait en reconnaissant ses amis du bateau mais changea d’attitude devant l’allure martiale du colonel qui le salua en retour :
 
Excusez-nous pour ces mesures Mr. et Mrs. Chesterfield. Un peu dépassée je crois, puisqu’il semble que vous vous repériez dans le village mieux qu’un chat de gouttière dans ses ruelles préférées. J’ai été mis au courant de certains… désagréments vous concernant. Nous n’attendons que votre entière collaboration pour que cesse la suspicion. Jusqu’ici, vous n’avez pas paru particulièrement désireux de coopérer, je me trompe ?
 
Neil répliqua, Lind aussi.
 
J’adore quand elle fait semblant de se fâcher, glissa Josh à l’oreille de Maya.
 

Il pouffa du coup de pied reçu mais déjà Reardon enchaînait :
 
Nous comprenons vos réticences. Vous vous demandez sans doute si votre aide ne va pas servir à remettre certains pouvoirs entre des mains pires que celles antérieures ? Nous sommes ici pour vous convaincre du contraire. Mais plutôt que de plaider personnellement – après tout vous ne me connaissez pas – nous allons vous laisser discuter avec des gens en qui vous aviez témoigné de la confiance.
 
Il claqua des doigts et on autorisa les deux couples à remonter.

Dans le salon des Jeffrey, derrière tous les volets clos, des conciliabules se tinrent. Josh prit Lind un peu à l’écart laissant Maya et Neil en tête-à-tête :
 

Ça va soeurette ?... ouais, tu vois, ça baigne quoique je ne l’ai pas eu trop rose… Maya ? Bof, je ne lui conviens pas mais on s’entend. Par contre, toi et Chest, on dirait que… Ok, c’est pas mes oignons mais dis-moi un truc, c’est sérieux ces histoires de « prémonitions » plaque, et autres idioties ?  
 

Le vin était bon, la conversation aisée.  Lind ne lui cacha rien. Le courant de confiance établi sur le paquebot se poursuivait. Elle lui en voulait bien un peu d’avoir disparu mais les soucis du village étaient très, trop réels.  Une tyrannie des plus abjectes était en place et elle devait cesser.

 
Neil a donc des… « souvenirs » d’ici ?... Il y a une autre plaque ? Elle va où ?... Ah… Ça me laisse paf tu sais tous ces trucs. En tout cas, suis content que tu ne pues plus le poisson !

 
Une bourrade dans les côtes s’en suivit, ils rigolaient en se joignant aux autres qui, eux, ne riaient pas trop mais s’entendaient bien. On fit le bilan. Maya avait bien développé son sujet et exposé les faits tout en prêchant – comme il se devait – la cause de son parrain chéri. Neil hésitait encore. Il apostropha Josh, ne lui laissant pas d’alternative :
 
… Mon avis ? Ben… Ouais ! Oui, on peut faire confiance à ce type qui n’a absolument rien de commun avec Müller, ma tête à couper.  Cette autre plaque conduit à un arsenal, si je pige bien ? Pourquoi ne l’as-tu pas essayée ?

 
Ce qu’il déclara les laissa pantois. Avant qu’il n’entre dans la milice, la plaque avait refusé son ouverture. Maintenant…
 
C’est donc lié à la maison commune ! conclut Josh. Lind en faisant partie aussi maintenant, rien ne nous empêche de…
 
Fenêtres et porte volèrent en éclat. Une escouade d’assaut investit les lieux…
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Maya Clairborne

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Date d'inscription : 03/02/2013

MessageSujet: Re: Welcome!   Sam 29 Juin - 13:04

Le plan du colonel tenait le chemin. Ses aveux sur la fameuse plaque avaient de quoi décoiffer mais elle essaya de rester pragmatique. Après tout pourquoi pas ? Tout ce qui leur arrivait était déjà assez étrange en soi, en rajouter une couche de haute technologie ne faisait que confirmer l’absurdité de la situation.  L’idée de devoir contraindre Chesterfield à donner la version complète de l’histoire l’incommodait assez et voilà que Josh rigolait en disant :


Il t’avait à la bonne sur le rafiot, ça ne devrait pas poser grand souci…

Vois pas du tout ce que tu veux insinuer avec ça… Neil et moi on n’a jamais été rien de plus que compagnons de voyage…


Le tout en lui décochant un regard pointu qui mit fin aux suppositions.

Pas de souci à se faire, assura Reardon, sérieux repris, une réunion est prévue pour demain soir. Chesterfield et sa femme en seront.

Maya préféra ne pas demander si ce serait de gré ou de force mais tenant Chesterfield pour un type sensé voulut penser qu’il ne ferait pas trop de chichis. Lindsay suivrait son soi-disant mari sans hésitation, de ça, pas le moindre doute.

Mais ce que feraient ou laisseraient de faire Neil et sa belle était pour le moment le moindre de ses soucis. Ses pensées étaient invariablement rivées sur l'objet de ses tourments : Cromwell. Elle ne savait décidément pas à quoi s’en tenir avec lui. Il la troublait. Mieux dire lui mettait les idées de travers, la chamboulait toute mais, bien entendu, elle n’allait pas l’admettre si facilement. Elle n’avait nul besoin d’un cœur brisé, surtout s’il s’agissait du sien. Pas de nouveau.


*Les hommes sont tous pareils !*

Repas à la cantine vite expédié, ils gagnèrent ensemble, quoi de plus normal après tout, vu leur « noble » mensonge, leur petite habitation. Trop étroite au goût de Maya qui aurait voulu aller coucher ailleurs plutôt qu’à un saut de puce de l’inquiétant bonhomme qu’était Josh.


*Quel air de sauvage avec sa tignasse…un bon coup de ciseau ne nuirait en rien…tu veux rire ? Il est magnifique comme ça… ce genre insoumis t’a toujours attirée…et zut !*


Perdue dans ses réflexions elle sursauta presque quand il entama la conversation.

Alors tu y crois à ce délire ? Lind et Neil seraient déjà venus dans le coin y créer une sorte de révolution ?


Elle prit sur soi pour le dévisager calmement.

Je ne pense pas qu’ils soient venus avec cette intention mais confrontés à ce qui était en place alors…pas d’élection. Ça ressemblerait bien à Neil, en tout cas…et toi, bien sûr, tu n’y crois rien !

Ce qui sonnait fortement à un reproche. Mais à part s’étirer en baillant, genre fauve en session de détente Mr. Cromwell se contenta d’admettre que lui pensait que tout n’était qu’une fable en ajoutant sans gêne qu’il s’en  foutait carrément tout compte fait.


Tu t’en fous ?... Tiens pourquoi ça ne m’étonne pas ? C’est bien ton style, non ? Te foutre de tout et en tirer le meilleur parti ! On est tous dans cette galère sans nom, mon oncle lutte pour une cause juste. Ce monde est mal fichu, il ne veut que remettre quelques pendules à l’heure pour le rendre vivable pour tous…et d’autant que je sache tu es là, non ? Logé, nourri, soigné quand il faut…Jusqu’où va ton égoïsme, Josh ? C’est bon, tu aimes faire cavalier seul mais là…admets que c’est un peu dur…la donne du jeu est autre !


T’échauffe pas ainsi ! En admettant que ce « bon » Neil soit au courant de la plaque et autres divagations, qu’il faille renverser la vapeur du village…

Son petit air narquois lui mettait les nerfs en boule.

C’est bien de ça qu’on parle tout le temps, il me semble. Laisser ces pauvres gens livrés à leur sort est abject…

Ouais, je sais. C’est pas joli là-bas, me suis pas taillé pour rien, je te rappelle ! Je te rappelle aussi que j’ai essayé de t’avertir…


Elle aurait voulu lui balancer quelque chose  à la tête. Comment pouvait-il demeurer si placide alors qu’elle perdait la sienne.

Oh oui ! Tu as été si gentil…revenu m’avertir alors que tu avais déjà foutu le camp laissant tout le monde se débrouiller…Commode…Égoïste…voilà ce que tu es…un fieffé égoïste qui ne regarde que pour sa peau et à la merde le reste…


Il eut le toupet de l’admettre assurant avoir préféré être du bon côté du fusil et non content de cela, mena l’audace jusqu’à demander comment elle pensait s’y prendre avec Neil.


Tu vas essayer de le séduire ?

Animal !

Pas le loisir d’en rajouter, il prenait la clé des champs en emmenant Tally et Fri avec lui. Maya resta assise sur sa couchette, essayant de retrouver un rythme de respiration acceptable, de calmer ses idées et surtout l’envie de le suivre et lui arracher les yeux.


*Tu es une idiote…une triple idiote…celui-là est comme un chat échaudé…Sa maudite Emily lui a fichu la vie…même morte, elle l’a encore sous son emprise…Il a peur…oui, peur comme toi…*

Cette pensée ne la quittait pas. Son cœur avait été meurtri une fois et elle ne se sentait pas prête à revivre tant d’amertume. C’était mieux comme cela. Josh de son côté, elle du sien. Tous deux à lécher encore leurs plaies, solitaires et méfiants. Cette lubie finirait par s’éteindre…elle était mieux comme ça.  Assez rassérénée par ces bons propos, elle s’accommoda pour dormir. La lumière s’éteignit à l’heure pile, on ne gaspillait pas d’énergie en vain.

Dormir ? En voilà une vaine intention. Elle resta là, dans le noir absolu en guettant chaque bruit, chaque pas en approche et puis enfin, la porte s’ouvrit. Maya essaya de se relâcher et de se feindre profondément endormie. Bruits de meubles en déplacement.


*Mais qu’est-ce qu’il fait, celui-là ?*

Elle le sut assez tôt en sentant son bras lui tombant dessus.

Non mais…qu’est-ce que tu crois !?, gronda t’elle trop vivement pour une endormie.

Crains rien, vais pas te violer ! On a pris certaines habitudes ces derniers temps et si je ne sens pas près de moi, je ne fermerai pas l’œil…

Il en avait des bonnes, Mr. Cromwell.

Ça y est… dis plutôt que tu me tiens pour ton doudou !, grommela t’elle en essayant de se défaire de cette étreinte inattendue.

Non, non ! Tu n’es pas mon doudou. Tu es beaucoup plus que ça, et tu le sais !

*Ah bon ?...Première nouvelle…bien ça…*

Cela avait fait un bien fou entendre son rire en faisant cet aveu, un délicieux chaud au cœur. Elle ronchonna un peu pour la forme tout en se sentant littéralement fondre en acceptant de se lover tout contre lui. Le sommeil la prit, elle souriait aux anges.


Oncle Norman ne ratait pas une case. Il semblait être partout en même temps et encore se laisser le loisir pour tenir en compte ses états d’âme. Bien sûr, son petit air heureux ne pouvait échapper à personne.


Alors, mon petit…ça marche ?


Tout baigne, avoua t’elle innocemment en s’essuyant le front après une séance d’entraînement plutôt ardue, il semblerait qu’on est tous au top…tu formes un gentil corps d’élite, là…

Je ne parlais pas de l’entraînement, Maya…mais de toi…de ta vie, tes amours, tes soucis…

Ah ! Euh…ma foi…sais pas !

Cromwell est un bon garçon !, assura t’il, très docte, sans doute en grand connaisseur de la nature humaine.

Adopte le…t’as pas d’enfants…il serait une bonne recrue !

Le colonel Norman Reardon éclata de rire et entourant les épaules de sa réticente nièce la serra contre lui en l’embrassant sur la tête.


Il est parfois de défenses, mon petit, qu’on doit laisser tomber. Faut pouvoir se risquer au-delà de nos propres retranchements…

Elle leva le nez et le regarda, goguenarde.

Voyons donc, le sage parle là…me dis pas qu’après trois divorces tu penses encore trouver la bonne, laisser tomber tes défenses et te risquer à quoi que ce soit ? Tu es un type surprenant, Norman !

Il riait, force fut de le faire aussi. Qui sait ? Il avait peut –être raison.


Le soir venu, on se mit en mouvement. Instructions dûment repassées, chacun savait exactement que faire et comment agir en cas de voir le plan initial contrarié. Son équipement léger comprenait une arme de main et son fidèle couteau de survivance. Il n’était finalement que question d’arriver, convaincre Chesterfield de leur bonne foi et repartir en laissant sur place des agents sûrs.

La nuit était claire. Maya avait pris bon soin de dissimuler sa chevelure claire et aidé Josh à en faire autant mais il faisait chaud sous ce passe-montagne avec ce climat tropical. Ils avancèrent comme des ombres vers le village et furent reçus par Timothy Firth et quelques autres dont un tel Tremayne qui ne fit rien pour gagner leur sympathie.  Elle retint par contre certaines bribes de conversation entre lui et le colonel.

Ils ne devraient pas tarder, grogna l’ex-flic. Suis persuadé que Chesterfield se paie notre tête !


Il n’a pas accepté d’entrer dans la milice locale ? dit Reardon le sourcil arqué de contrariété.


Si, il est même tireur d’élite, à ce qu’il parait !

*Tiens donc ! Qui l’aurait dit ? Un playboy sniper…on aura tout vu !*

On guida les « invités », aveugles sous leurs cagoules épaisses mais elle les  reconnut sans aucun mal. Leur surprise en les découvrant là fut tout à fait probante. Le colonel se chargea de la mise à jour  de ses intentions après avoir présenté ses excuses pour le désagrément tout en leur faisant remarquer qu’ils n’avaient semblé, jusque-là,  trop disposés à collaborer.


Neil s’en défendit, Lind ne demeura pas en reste sans sembler le moins du monde intimidée par le colonel et son air de sévérité grincheuse.

La faute à qui ?...Le flic rencontré l’autre soir n’était pas exactement le meilleur agent recruteur que je connaisse…une brute. Mais enfin…espérons que vous serez un peu plus convainquant !

J’adore quand elle fait semblant de se fâcher !


Maya lui décocha un petit regard perfide et un coup de pied discret tout en suivant l’exposé de son parrain. L’homme n’y alla pas par quatre chemins ni perdit le temps en fioritures inutiles. Direct au point.  Le choix laissé n’était pas énorme mais il préféra leur laisser, à Josh et à elle, le loisir de finir de les convaincre.  Pour ce faire, on les fit remonter au salon des Jeffrey pour y tenir une petite conversation à huis clos.


Voilà, commença t’elle, je crois que le colonel a dit, en gros, de quoi il en va.  La situation est telle que dépeinte, vous la vivez jour à jour, donc aucun besoin de s’étendre là-dessus.  Vous connaissez tous deux Müller et savez bien de quoi il est capable. Timothy nous a mis au courant de ce qui s’est passé hier, dans votre cas, ce n’était qu’une simulation pour mettre à l’épreuve la loyauté de Neil, malheureusement pour d’autres ça a été pour de vrai. Nous avons preuves et témoins. Vous vous demandez sans doute pourquoi c’est moi qui vous fais la campagne de propagande…bien, la raison est simple, je mettrais ma main au feu pour Norman Reardon…il est mon oncle et parrain. Si vous devez avoir confiance en quelqu’un, c’est bien lui le plus indiqué.


Silence réfléchi puis Josh s’approcha de « sa petite sœur », elle fit de même en souriant à Neil.

Alors, ça va ? Je me réjouis de te voir en forme…Moi ? Tout baigne…enfin, façon de dire…on s’arrange !...Non, ce n’est pas toujours facile mais impossible de rester les bras croisés en voyant que tout part en eau de boudin, tu ne crois pas ?...Évidemment, il y en a qui sont de l’avis de laisser faire les autres mais si je te connais un peu, tu n’es pas de ce genre là…Non, je ne cherche pas à te flatter, sois sans souci…pas mon genre non plus !

Il sembla se détendre d’un cran mais n’en restait pas moins méfiant. Elle le comprenait mais le moment n’était pas à tourner en rond. Des décisions devaient être prises, là et maintenant.

Écoute, Neil, je ne voudrais pas te presser mais là…c’est oui ou oui. Nous avons besoin de l’information que tu détiens…C’est vital ! Pas pour moi, pas pour Norman…pour nous tous, bon sang ! …Je vois que tu as compris…oui, je sais, pas facile d’assumer ce qu’on t’a fait faire hier…Tu sais où se trouve la plaque ?


Réponse affirmative.

On ne veut pas…

Dans un vacarme de tous les diables la porte venait de céder et les fenêtres volaient en éclats.


Au sol…tous !,  elle poussa Neil derrière un fauteuil renversé et dégaina son arme au temps que le salon s’emplissait de la fumée des explosions et une horde silencieuse s’y engouffrait, va vers la sortie de la cave…vas-y…je te couvre !

Et puis un des miliciens hurla que tous étaient arrêtés et tira une rafale de son fusil-mitrailleur. La pagaille qui s’en suivit fut innommable.  Alertés par les explosions les hommes de Reardon rappliquaient. Un sérieux échange de feu s’engagea. Sans arrêter de tirer Maya vit Josh pousser Lind affolée juste avant qu’un projectile ne l’atteigne et qu’elle s’effondre.

Et merde…maudits salauds !!!

Cromwell cueillit la blessée et courut vers la cave. Maya vida son chargeur sans viser quelqu’un et le suivit. Son cœur battait à tout rompre mais elle continua de courir , à mi-chemin elle tomba pratiquement dans les bras du colonel qui accourait, arme au poing.

On nous a vendus…il y a un traître !, s’essouffla t’elle.

Au campement…de suite…file ! On s’occupe de ceux-là…Va, Maya !

Elle reprit sa course éperdue jusqu’à rejoindre Josh portant Lindsay évanouie et un Neil à demi mort d’angoisse.  Elle le saisit de la main.


Ça va aller…calme toi…on va s’en tirer…On va la soigner…ce ne sera pas grave !

Maya se voulait rassurante, ce qui ne voulait pas dire qu’elle-même se sentait sûre de quelque chose. C’’était bien la première fois de sa vie qu’on lui tirait dessus et l’expérience se révélait absolument déplaisante. Josh courait, infatigable, avec Lindsay dans ses bras…


Reprendre le souffle, remettre ses idées en place.  Le campement grouillait d’activité. La nouvelle de l’assaut de la milice semblait les avoir précédés.  Prévenus aussi de l’arrivée imminente d’une blessée, Sam McNeill, le quasi toubib, se tenait prêt. Lindsay fut emmenée à l’infirmerie. Après un examen exhaustif il en ressortit que la balle n’avait touché aucun organe vital, se contentant de lui esquinter l’épaule pour un moment.

Maya rejoignit  Josh qui attendait dehors.

Voilà, Neil veille le sommeil de ta sœurette…elle va bien, dans la mesure du possible…c’est pas si grave que ça…elle sera sur pied en quelques jours…mais regarde dans quel état tu es…viens…

Elle le prit de la main et l’entraîna  un peu plus loin, près d’un lavabo. Se munissant d’un bout de toile qu’elle mouilla, Maya entreprit de lui nettoyer le visage, souillé de sang, avec une douceur qui la surprit elle-même. Suivant chacun de ses traits, minutieuse, délicate, amoureuse ?  Il se laissa faire sans la quitter des yeux.


Me regarde pas comme ça… Non…cela…ne me gêne pas…enfin…Josh…J’ai eu peur…

Pourquoi devait-elle céder au désir de lui frôler la bouche d’un baiser ? Elle s’en morigéna aussitôt sans pour autant pouvoir s’empêcher de ressentir un plaisir fou.

Et si au lieu de la petite Lind…ça avait été toi, le blessé…Tu me vois en train de te porter ?

Il rit et cela lui fit tout le bien du monde. Ses yeux pétillaient de cette malice qu’elle adorait et craignait en même temps. Trop de charme. Elle ne voulait pas y succomber. Il n’était pas prêt à lui donner ce dont elle avait besoin, et sans doute elle n’était non plus disposée à lui donner ce qu’il pouvait vouloir…pourtant elle laissa sa main s’égarer dans sa toison trop longue, filant une mèche blonde entre ses doigts, l’écartant de son front, le regardant droit aux yeux, sentant se noyer dans leur éclat.


Veux pas souffrir, Josh…Tu sais ce que c’est que trop aimer…mais je ne veux pas te perdre non plus…

*Prends de l’air, ma belle…Bon sens…RESPIRE !...pense…au diable !*

Cela allait au-delà de sa résistance.  L’embrasser devenait une affaire de haute priorité. Elle si fichait du reste…de demain…de n’importe quoi…Cet instant était tout simplement parfait.  Mais logiquement, le fichu  bon sens tant prôné eut le dessus…



Elle s’écarta en essayant de ne pas sembler trop idiote.


Désolée…cette situation m’a chamboulée…voir Lind blessée, la fuite…voulais pas…je deviens sotte, avec les nerfs…veux sortir un peu…j’ai besoin d’air frais…où sont Fri et Tally ?

Se levant avec assez de précipitation elle partit à la recherche des mascottes. Il la suivit. Chien et singe ronflaient, en parfaite harmonie, dans le coin qui leur était réservé.

Tiens…ils semblent avoir eu leur lot pour aujourd’hui…alors…vais aller dormir.

Elle se sentait erratique, perdue, assez absurde. Avec des gestes mécaniques, elle s’apprêta pour la nuit et s’allongea dans sa partie de la couchette à rallonge. Les scènes de cette soirée débile se répétaient, bouleversantes…Quand enfin, il s’allongea près d’elle et l’enlaça, Maya retrouva un peu de paix, Sa proximité lui faisait trop de bien comme pour s’y refuser.


Me laisse pas…

Le sommeil  la saisit au creux de ces bras rassurants d’où elle ne voulait plus bouger.

Le lendemain Fri s’occupa de la réveiller à sa façon,  Josh avait disparu, tout comme Tally. Elle se leva essayant de ne rien penser de trop déplacé sur la veille au soir et alla plutôt chercher son petit déjeuner. Une tasse de café et un beignet firent l’affaire. Sans besoin de le demander on l’informa que Josh était auprès de la blessée et que le colonel les attendait pour une réunion.

*Pourquoi aurais-je pu m’en douter ?*

Lindsay Fairchild allait mieux que prévu. En fait elle se remettait très bien veillée de près par son « mari » et son « grand-frère » qui semblait s’en donner à cœur joie avec  ses petits soins. Maya se força à sourire, convaincue, ou  voulant croire qu’il n’agissait ainsi que pour faire enrager Neil qu’il ne finissait pas de gober.

Bonjour, Lind…on dirait que tu te remets  très bien… j’ai eu peur hier soir en te voyant tomber…Ah l’épaule !....Ça prendra un peu de temps mais tu seras en forme …suis contente que ce ne soit que ça…excuse-moi de te prendre Josh mais on nous attend dehors…tu viens !?


Il eut la bonne grâce de la suivre sans faire de commentaires. Reardon attendait, dans ses quartiers, seul. Plus sérieux que d’habitude, il  leur signala de prendre place.


Firth n’est pas revenu…

Tu ne veux pas dire par là que…

La seule idée l’abasourdissait. Le colonel hocha la tête. Il était furieux, déçu mais aussi perplexe qu’eux.


Pas Tim, voyons…il était tellement investi…pas lui. Oncle Norman…il doit avoir une explication…


Intervenant, Josh fit une seule remarque…
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Welcome!   Ven 5 Juil - 17:33

 Était-il amoureux ?Josh refusait de se poser cette question. Peut-être par crainte d’en connaître la réponse, allez savoir. Il préférait nettement laisser les choses évoluer d’elles-mêmes entre Maya et lui. 

L’unique chose claire était qu’il ne tolérait plus qu’elle soit distante.

Il lui plaisait, il l’aurait juré ! Mais à combien de femmes n’avait-il pas plu ? Même après qu’Emily se soit imposée à lui, les autres n’avaient jamais cessé leur manège, toujours à roder pour le pousser dans leur lit. Maya, de ce point de vue, différait complètement !  Était-ce cela qui l’attirait vers elle ? Il la jugeait à la fois forte et faible, mais admirable en tout. Cette façon de serrer les dents aux entraînements, son habileté, l’avaient surpris très agréablement. Aucune des femmes côtoyées jusque-là n’avaient démontré pareille endurance, se contentant d’être ce qu’elles étaient : des mijaurées, des coquettes exigeantes, adorant se pavaner ; des personnes creuses, inutiles, insignifiantes. Oui, sans conteste, Miss Clairborne avait, à plus d’un titre, retenu son attention.  
 On réclama d’eux de convaincre Chesterfield et Lindsay Fairchild de leurs bonnes intentions afin  de les rallier à la cause et de participer plus activement à la rébellion. Si le rôle d’entremetteur ne lui seyait  guère, par contre revoir Lind l’agréait beaucoup. En silence, il s’était inquiété sur son sort mais, puisque le grand nigaud veillait en principe sur elle…

Lors de l’entretien dans la maison d’un « fidèle », il avait vite saisi que Lind en pinçait vraiment pour Chesterfield. Ils partageaient d’étranges « souvenirs », et s’en créaient d’autres.

Ils débattaient gentiment quand la fin du monde éclata…
 
Couche-toi !

Il avait dégainé et fait mouche au moins une fois mais la riposte était nourrie. Pour s’allonger, Lind le fit :
 
*NON !!*
 
Les hommes de Reardon déboulèrent dans un tumulte d’enfer. Il vit Maya se défendre bellement aussi rengaina-t-il pour attraper sa petite sœur dont l’épaule saignait.  
 
Accroche-toi, ma puce ! On sort de là, lui murmura-t-il en l’emportant en retrait.  
 
Maya suivait, tout était bien. La fuite, toute précipitée qu’elle fût, se passa dans la discrétion.

Les traces de leur passage furent effacées et ils purent regagner le tunnel protecteur en paix.

Sitôt délesté de son précieux fardeau, d’instinct, Josh chercha des yeux Maya. Elle n’était pas là, sans doute accompagnait-elle Chest auprès de Lind.

Il se sentait assez claqué, contrecoup normal après un stress intense. De nouveau, il se vida la tête, oblitérant son esprit aux sources négatives.  Et elle fut là, presque aussi sereine qu’en se rendant à un brunch.


 Voilà, Neil veille le sommeil de ta sœurette…
 
Comment va-t-elle ?
 
Elle va bien, dans la mesure du possible… c’est pas si grave que ça… elle sera sur pied en quelques jours…mais regarde dans quel état tu es… viens…
 
Ah bon ? De quel état parlait-elle ? Il n’avait pas remarqué être couvert du sang de Lind, Maya oui.     
Se laissant guider dans la salle d’eau proche, il ne s’attendait pas à subir autant d’attention.
Mi-intrigué, mi-goguenard, il subit un nettoyage facial empreint d’une douceur jamais connue, sauf – et encore – peut-être de sa nounou !
 
*Te frappe pas, idiot ! Elle ferait pareil avec Tally !*


 Me regarde pas comme ça…
 
Pourquoi pas ? ça te dérange ? J’aime regarder les belles plantes…
 
Non…cela…ne me gêne pas…enfin…Josh…J’ai eu peur…
 
Cela ne se remarque pas du tout, et…


Ups ! Un baiser ? Voilà de l’inattendu très agréable. Puis une réflexion hilarante :
 
Et si au lieu de la petite Lind… ça avait été toi, le blessé… Tu me vois en train de te porter ?  
 
Elle est bien bonne, celle-là ! rigola-t-il, détendu. Non, je t’aurais demandé de m’abattre sur place pour t’éviter ça !  
 
Mais bon Dieu, à quoi jouait-elle ? Du diable s’il se souvenait avoir eu affaire à pareille ensorceleuse. Mais rien, rien dans ce geste innocent avec ses doigts dans ses cheveux ne présumait une manipulation quelconque. Emily avait le chic pour ça ! Elle l’entortillait suavement avant de le jeter pire qu’une chaussette sale. La remarque suivante le prit au dépourvu :
 
 Veux pas souffrir, Josh… Tu sais ce que c’est que trop aimer… mais je ne veux pas te perdre non plus…

Elle était trop proche, enivrante, presque offerte.
 
Loin de moi cette idée, May…

Le baiser suivant n’avait rien du précédent. Il frôlait la provocation mais était tellement teinté de désespoir que Josh, sur la défensive, n’y participa qu’à moitié en réfrénant certains élans. Il s’en réjouit car, comme prévu, le ciel entrouvert se referma sèchement :

Désolée…cette situation m’a chamboulée…voir Lind blessée, la fuite…voulais pas…je deviens sotte, avec les nerfs…veux sortir un peu…j’ai besoin d’air frais…où sont Fri et Tally ?
 
*Toutes les excuses sont bonnes ! Qu’est-ce que tu as cru, pauvre cloche !*

Un coucou aux bestioles qui roupillaient paisiblement s’imposa puis, après de rapides ablutions, la belle « innocente » réclama son étreinte nocturne :

 Me laisse pas…
 
Pas de risque !
 
La journée et la soirée avaient été si riches en événements que le sommeil ne tarda pas à les investir. Josh savait jouer à la marmotte mais, le plus souvent, il se levait tôt. Un baiser léger au front de la miss, il alla se doucher et libéra les animaux qu’il laissa aller gambader dehors. À Fri, il donna quelques instructions :

 Laisse Maya dormir encore un peu mais ne te prive pas d’aller embêter le nouveau venu !
 
Certain que le petit singe n’y manquerait pas, il se rendit près de Lind qui émergeait des bras de Morphée. Neil, affalé sur le siège proche, ronflait gentiment.  
 
Comment te sens-tu ce matin ? murmura-t-il … oui, il est six heures… Désires-tu un petit-déjeuner au lit ? Ok, bouge pas, je te fais ça !
 
La cantine ne dormant pratiquement jamais en raison de l’état d’alerte, Josh put facilement confectionner des œufs au plat et du café qu’il porta à la blessée.

De son bras valide, Lind se débrouilla sans aide tout en réclamant des nouvelles.
 
…peu de choses ! Il fait calme mais j’ai vu un renforcement des patrouilles en haut… on peut dire ça, oui ! Reardon est très prudent et efficace, crois-moi ! … Maya ? Elle va bien, elle dort encore… euh… ouais… disons que l’on a fait un… compromis… non, non, tout va très bien, je t’assure.

Tel le loup qui débarque quand on en parle, Maya se pointa.
 
*Au moins, elle n’a pas l’air fâché…*
 
Il détestait les scènes, en ayant par trop subi avec Emily et fut satisfait de constater que Maya prenait assez bien sa défection matinale. 


Après quelques échanges polis avec Miss Fairchild, Maya le réclama à sa suite.
 
*Autant la boucler plutôt que de l’énerver pour rien…*
 
 La jeune femme ne commenta pas et le conduisit vers les quartiers de son parrain où ils s’assirent sagement. Passablement énervé, le colonel leur signala la défection de Firth. De là à le soupçonner d’être le traître, il n’y avait qu’un pas. Maya s’emballa, défendant son employeur avec vigueur.
 
 Pas Tim, voyons… il était tellement investi… pas lui. Oncle Norman…il doit avoir une explication… 
 
Même les meilleures pommes peuvent contenir un ver… ou alors il s’est fait prendre…
 
J’ai envoyé des espions par l’extérieur, dit tonton Norman. J’aimerais savoir si l’un de vous deux a réussi à obtenir des renseignements utiles auprès des Chesterfield.  
 
C’est en bonne voie, dit Josh. Lindsay est trop faible encore mais je pense qu’elle collaborera plus facilement que Neil…

Bien sûr, Miss Clairborne parla du dadais qu’elle ne pensait pas aussi irréductible que ça.
 
Travaillez-les au corps au besoin, grogna Reardon. Nous devons avoir accès à cet arsenal… s’il existe…  Randall, allez chercher  Chesterfield !
 
L’un des deux soldats présents sortit, on discuta encore. Cromwell osa :
 
Auriez-vous des copies du journal dont on m’a parlé, celui de Mc machin ? … J’aimerais le consulter aussi. Ça a l’air tellement débile…
 
Reardon lui soumit des feuillets qu’il lut avidement en les passant à Maya au fur et à mesure.

Sourcis froncés, ne pouvant s’empêcher de lâcher des « Hein ? Incroyable ! Extraordinaire ! » de temps à autre, Cromwell fut baba des « coïncidences » notoires relevées dans le récit.
 
Ou ce gars était devin, ou alors…
 
Le regard de Maya exprimait une surprise assez similaire à la sienne.

Rendant les feuilles au colonel, Josh resta perplexe :
 
C’est fou ces dates ! Donc un Chesterfield est venu ici exactement maintenant ? Il a fait la révolution et est devenu maire du village ? Il devait être plus malin que celui dont nous avons hérité !

Un coup de coude de Maya suspendit la suite car Neil entrait.


 *Il en a une sale tête, bien fait !*
 
Reardon ne ménagea pas l’arrivant qui dut exposer ses sentiments vis-à-vis de Firth.

Plusieurs éléments se dégagèrent de cet « interrogatoire ». D’abord de la stupeur en entendant le colonel avouer être prêt à faire exploser le tunnel vers la maison commune. On s’engueula « gentiment » sur la question de l’arsenal et les dires de Neil ne sonnèrent pas faux :
 
Avec quelques pétards vous êtes déjà prêts à tout faire sauter et vous croyez que je vais vous montrer comment accéder à bien pire ?


Parce que toi, tu t’y connais en armes et munitions ? C’est vrai que les pigeons d’argile sont instructifs…
 
Puis, le colonel déclara ne vouloir risquer ni vies ni sécurité en allant récupérer Firth, même si innocent. Ni Maya ni Neil ne restèrent sans réactions. Lui se contenta de penser :
 
*Vaut mieux pas traîner en arrière avec lui !*
 
Le raisonnement du militaire était hélas sans failles. La fatigue de Chesterfield fut tellement perceptible que Readon lui accorda de partir.  Ils restèrent un moment à trois, silencieux, en réflexion.  Ensuite, le colonel soupira :
 
J’ai assez bien connu Firth. Ça m’ennuie autant que vous de le sacrifier ainsi. Ce qu’il sait au sujet de Chesterfield est très embarrassant aussi… Espérons qu’il sa taira assez longtemps…
 
Façon détournée de leur mettre la pression pour accélérer le bon vouloir de Neil…  

Libérés de la réunion et dispensés d’exercices le matin en raison des efforts de la veille, Josh et Maya eurent quartiers libres quelques heures.

Elle ne vit aucun inconvénient à se promener dans les environs, d’autant que Tally réclamait sa balade.  Leurs pas les guidèrent jusqu’à l’ancien campement ravagé par la tornade. Plus aucune trace du désastre ne subsistait hormis des troncs épars ici ou là.
 
Ça repousse drôlement vite ici, constata Cromwell en se grattant la tête. Et si on se baignait ? Regarde le lac, n’est-il pas tentant ? … ah, pas de maillot… soit tu en demandes un à la pierre, soit tu gardes des sous-vêtements, soit tu ne gardes rien du tout. J’opte pour  cette dernière option !  
 
La bourrade qui l’expédia au jus le fit rire aux larmes. Elle se joignit à lui dans le même appareil et ils batifolèrent comme larrons en foire d’autant que le labrador s’en donna à cœur joie à les accompagner.

 Pratique, non ? dit-il un peu plus tard en se séchant au soleil. Douche et lessive d’un coup, le blanchisseur sera content… Le coiffeur ? … pas trop envie… t’aimes-pas ?
 
Ce fut un ni oui ni non assez explicite. Josh eut l’impression de voir l’éclat de lames de ciseaux briller dans les mirettes mutines de Maya. 


Ça a l’air sérieux, dis donc ! Tu veux vraiment me les couper ? … Ok, je te laisserai faire contre… euh… Un dîner aux chandelles ou, si tu préfères je me contenterai d’un baiser, celui d’hier n’était pas mal...

Elle lui parut partagée, alors il trancha en la renversant dans l’herbe. Un feu identique à celui ressenti la veille s’empara de lui. Il amorça une pression plus appuyée contre le corps tendu puis se redressa :
 
Ça ne compte évidemment pas puisque c’est moi qui t’ai embrassé ! J’aimerais aller voir Lind, ça ne t’ennuie pas, j’espère ?

Il adora l’assombrissement de son regard mais jugea utile de préciser :
 
N’aie crainte ! Je dois remplir ma mission auprès d’elle, n’est-ce pas ? Et celui qui doit enrager, ce n’est pas toi !    
 
En riant, ils rentrèrent au camp. Descendu après un clin d’œil significatif au singe, Josh alla prendre des nouvelles de Lindsay.

Vêtue de frais, récurée avec l’aide de l’assistante, Miss Fairchild lui parut très en forme.
 
Tu es un régal pour les yeux, ma chérie ! Tu vas mieux, vrai ?

On parla un peu de tout puis de la boutique. Elle savait pour Firth et s’en désolait.
 
Tout rebelle doit s’attendre à se faire coincer. Firth n’est pas idiot, il préférera crever que de cafter… Moi ? Je déballerais tout pour sauver ma peau, quelle question ! rigola-t-il. … Dis, fit-il plus sérieux, on a vraiment besoin de cet arsenal. D’après ce que j’ai pu lire une partie du journal de McIntosh, c’est énorme… dur à avaler mais puisque toi et Neil…

 Elle lui raconta ses souvenirs mais surtout l’inévitable attraction envers Chesterfield. Josh eut un sourire en coin :
 
Veux pas être sadique, mais tu aurais dû choisir le toubib…
 
Il ne se prit qu’une légère tape sur la joue, ouf !
 
Eh bien, Mrs. Chesterfield que diriez-vous de prendre l’air ? On doit servir le repas là-haut !
 
Il la soutint jusqu’à la cantine où, avec jubilation, il vit Neil verdir à leur approche.Un clin d’œil vers Maya, tout était bien. L’après repas fut tout un poème compétitif. S’il croyait l’emporter facilement en habileté contre Neil, Josh dut déchanter.
 
*ce gars est en béton armé, ma parole !*

Pas question de le laisser l’emporter ! Il se démena comme jamais et ils étaient à égalité quand Reardon voulut les départager en autorisant la lutte...
 
*Ça va saigner…*
 
Depuis le temps qu’il en rêvait… Hélas, les dames crurent bon de séparer les chiens.Il aurait pu râler, Josh préféra rigoler après s’être douché :
 
J’avoue que ce type est plus à la hauteur de prévu… Puéril ? Ouais, bof, si tu y tiens admettons… Je n’allais quand même pas me laisser battre quand même…
 
Puis, il avisa ce que Miss Clairborne tenait en main : une paire de ciseaux. Il feignit l’effroi :
 
Si tu oses, je hurle !
 
Ce que femme veut…  

Quand Josh se présenta au quartier général le lendemain, nul ne s’attarda sur sa récente coupe de cheveux. Maya y avait été légèrement, heureusement. Plus que cette anecdote, un fait capital préoccupait les esprits : Chesterfield avait cédé. Il marchait avec eux et leur montrerait sa plaque après avoir vu la leur.  Cette dernière s’avéra aussi décevante que terne.

Restait à Neil de tenir promesse. Était-ce une idée ou il ne s’y plia qu’à contre cœur ? Lui qui imaginait devoir s’y rendre en plusieurs jours fut déçu en apprenant que, grâce au réseau souterrain exploré, on y serait en quelques heures.
Quand Vandame déclara sobrement en pointant un doigt vers le haut : « C’est ici » Tous se mirent au turbin. On se relaya à la pioche ou à l’évacuation des terres. Pas gai du tout, ce boulot !
 
Y a intérêt à ce que ça vaille le coup, souffla Josh à une Maya aussi crasseuse de poussière que lui.
 
Enfin, on déboucha au dehors. Le coin était… sympa avec de l’herbe bien verte et une rivière proche où ils prirent plaisir à s’abreuver et se décrasser.

Moment de vérité : la Plaque !

Très différente de la précédente, celle-ci semblait posséder un éclairage interne.  Néanmoins, les essais pour la franchir furent du pareil au même : rien !  Que Josh s’y précipite et y reste bredouille parut amuser Chesterfield mais pas Reardon :
 
Ce n’est pas drôle, Connolly,  essayez !
 
Les tentatives infructueuses se succédèrent avant que Maya lâche sa main pour y aller à son tour.




Le temps de battre des cils, la Miss avait disparu. Le colonel réagit avant lui pour sauter sur la plaque qui lui refusa passage. Ce fut le moment que choisit Chesterfield pour émettre une hypothèse :
 
Je m’avance peut-être. Si je ne m’abuse, elle est la seule de ce groupe à avoir été embauchée par le maire, non ? 
 
D’entrée Josh jugea cela stupide mais tout compte fait… S’il avait raison…
 
Les plaques ne s’ouvrent qu’aux employés de la mairie et à leur chef ! Je le répète, c’est dingue, mais…


Nul n’aurait su retenir l’élan de Josh :
 
T’as été maire dans une autre vie ? Ramène-la-moi !
 

Une poussette… le miracle se reproduisit.

Bon Dieu, Josh ! Qu’est-ce qui t’a pris ? s’énerva le colonel.
 
Autant, sinon plus que vous, je veux qu’elle revienne ! Je viens juste de prouver que les écrits étaient vrais : Chesterfield a été « marqué » par la fonction mayorale !  
 
Super ! Génial ! Ça nous avance à quoi ? On les a perdus tous les deux !
 
Soyons… patients ! Ils explorent sûrement les lieux, quels qu’ils soient, où ils sont !  
 
Prier n’avait jamais été le fort de Cromwell. Pourtant, mieux qu’à la Pierre, il s’y mit avec ferveur intérieure.  

Cela dura… longtemps. Tous furent bientôt à cran.  Tourmenté, Josh émit nombre de pensées alarmistes :
 
*Et si c’était pas la plaque de la zone 51... Et s’ils étaient tombés sur Müller… S’il ne la ramène pas entière, je le descends séance tenante !*
 
Le soleil déclinait à l’horizon. Reardon ne voulait pas rebrousser chemin ni faire de feu, ce dont se foutait Josh qui était sur des charbons ardents.   
Soudain quelqu’un cria :
 
Là !
 
Tous les regards convergèrent vers l’apparition extraordinaire : Maya !

Norman et Josh faillirent se télescoper en se jetant sur elle. Par veine, le colonel lui laissa la priorité :
 
Hey, ça va ? Ma chérie, tu te sens bien ?
 
Il l’écarta de la plaque sans cesser de l’étreindre.
 

Tu nous as fichu la trouille mais… mais qu’est-ce que c’est que ça ?
 
Ça c’était un fusil mitrailleur dernier cri et ses munitions. L’instant suivant, Chesterfield se pointa, lui aussi bardé tel un Rambo de fiction.  

De longues explications suivirent. On avait l’arsenal à portée de main ? Pour Josh, l’essentiel était dans ses bras : Maya !   
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Maya Clairborne

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MessageSujet: Re: Welcome!   Dim 14 Juil - 10:04

À la guerre comme à la guerre !

 
*On s’y prend comme on peut vu les circonstances ?*
 
C’était sans doute le principe.  La leur en était une. Petite ou grande, guerre est guerre et le risque demeure. Maya aurait préféré ne pas y penser mais y pensait quand même. Tout le temps.  Pas autant à la guerre qu’à lui. Voilà où résidait son plus grand problème. Cromwell avait investi sa vie, ses jours, ses nuits, ses rêves et son temps de veille. Cela l’agaçait, la mettait mal à l’aise mais à la fois la laissait transie, la faisait rêver, soupirer, se languir de lui.
 
*Tu es folle !*
 
Pas exactement.  Elle était en train de tomber irrémédiablement amoureuse, ce qui était encore pire. À son avis.  Joshua Cromwell était le dernier homme au monde auquel elle aurait dû s’attacher et pourtant…
 
Le voilà qui s’amenait en soutenant la douce Lindsay avec des prévenances de grand-frère attentif. Maya ne doutait pas de la sincère affection qui l’unissait à la « petite » mais n’était pas dupe du malin plaisir qu’il prenait à faire enrager Chesterfield. Il le faisait marcher et l’autre courait, de quoi l’amuser follement.
 
*Grand gamin, va !*
 
La suite prouva que Josh n’était pas le seul grand gamin de cette histoire. Ces deux-là faisaient la paire. Aussi idiot l’un que l’autre. Se défiant, se mesurant, comme deux chiens hargneux avant de se sauter dessus pour s’entre-déchirer à coups de dents. Heureusement que petite sœur était d’accord avec elle pour mettre fin à ce cirque débile dont l’issue avait reçu la permission du colonel en personne. Fin psychologue, l’homme avait vu juste, si ces messieurs étaient prêts à se tailler en pièces, ces dames n’allaient pas le permettre. L’honneur était sauf et il gagnait deux magnifiques recrues. Chacune prit son chacun et on laissa l’affaire se tasser.
Maya ne voulut rien entendre jusqu’à ce qu’il ne se fut décrassé, pour alors, elle l’attendait de bon pied, dûment armée.  Adorable propre et souriant, il se présenta, désinvolte. L’innocence même.

 
J’avoue que ce type est plus à la hauteur de prévu…
 
Je dois te féliciter ?...Faut dire que tu fais des avances en maturité…Tu as prouvé quelque chose ?
 
Puéril ? Ouais, bof, si tu y tiens admettons… Je n’allais quand même pas me laisser battre quand même…
 
Je suppose que ça aurait ruiné ton égo, admit-elle en rigolant au temps d’exhiber la paire de ciseaux apprêtée, le moment est venu, mon cher, de prendre une allure accorde aux circonstances.
 


 Si tu oses, je hurle !
 
Tu peux toujours commencer…ces murs sont épais et personne ne va venir à ton secours…Allez, assieds-toi et sois sage…je ne voudrais pas te couper un bout d’oreille…Allez, mon bel ours, ça ne fait pas mal…juste un petit peu…ici…là…
 


Il n’était pas pour le savoir mais encore adolescente, lors d’une de ces crise d’identité douteuses, elle avait suivi un cours pour devenir styliste. Son coup de ciseaux était sûr et n’allait pas le laisser avec une allure de scalpé. Le résultat fut plutôt réussi, après tout elle n’avait rien fait de trop malin à part raccourcir de quelques centimètres sa toison de viking en maraude.
 
Le lendemain, il y eut plus sérieux de quoi s’occuper. Neil  avait pris sa décision.
 

*Pas trop tôt !*
 
Chesterfield voulait d’abord voir leur Plaque avant de leur montre la sienne. Ainsi fut fait et ce fut très décevant. La fichue Plaque, ne servit absolument à rien d’autre qu’à leur faire perdre du temps. Josh jubilait, en silence et discrètement mais ne le faisait pas moins.
 
Je ne trouve pas ça marrant !, grommela t’elle à son adresse, ce n’est pas un jeu !
 
L’autre Plaque se trouvait, selon les calculs de Chesterfield  de l’autre côté du village, vers le Nord. Y arriver prendrait son temps, assura-t’il,  mais le spécialiste du réseau souterrain, un certain Vandame, se chargea de démontrer le contraire. En suivant les tunnels, ils y seraient en beaucoup moins de temps.  Ce qui ne voulait pas dire que ce serait une promenade-loisir. Loin de là. Il n’y avait pas de sortie programmée pour cette escale-là. Il fallut creuser pour se frayer passage vers la surface.

S’extraire du boyau fut une délivrance. Respirer de l’air frais, un plaisir extrême. Courir se décrasser à la rivière toute proche, un régal divin.

 
La Plaque est là, annonça le colonel, on va voir ce que ça donne !
 
Fin des ablutions, on se rangea comme des bons petits soldats  et on attendit la suite….qui se fit attendre. Josh voulut être le premier à l’essayer avec un résultat nul. Neil rigolait. Oncle Norman, pas du tout. Tour à tour, les essais furent infructueux.
 
Mon tour, chantonna Maya en lâchant la main de Josh.
 
Elle souriait en y posant les pieds sur la Plaque…Son sourire s’était figé la seconde d’après en se sentant aspirée par une force étrange et se retrouver dans un décor extraordinaire qui n’avait rien à voir avec le pré bucolique avec sa rivière chantante…
 
*Seigneur tout puissant…qu’est-ce que c’est tout ça !?*
 
Ça, c’était une espèce de hangar démesuré, où s’étendaient des rangées innombrables  de caisses de diverses tailles.  Face à elle, Maya put reconnaitre un panneau de contrôle nanti de plusieurs écrans d’ordinateur activés.  Elle quitta la plaque qui clignotait sous ses pieds et se dirigea vers ce qui semblait être le centre névralgique des lieux. Pendant quelques instants, la jeune femme étudia, perplexe, cet équipement de haute technologie sans oser toucher quoique ce soit. De toute façon, avant d’avoir pu songer à esquisser le moindre geste, Neil Chesterfield apparaissait à son tour sur la plaque lumineuse.
 
Bon sang, Neil…c’est quoi tout ça !?
 
Il se reprit très vite, regardant autour de lui d’un air entendu, l’enjoignant de ne rien toucher.
 
Pensais pas le faire de sitôt…je te laisse le plaisir, tu as l’air de savoir de quoi il en va !
 
Et pour savoir, il savait.  Hésitant à peine, il compulsa çà et là, l’ensemble entier sembla prendre vie.  L’illumination s’accrût et une espèce de ronronnement emplit le silence jusque-là assez oppressant.

 
C’est ça…la Zone 51 ?
 
En toute évidence, oui. Mais seulement une infime partie. Celle-ci, correspondait à l’arsenal. Éberluée, Maya parcourut une des premières rangées. Chaque caisse était marquée par un code de barres. Elle se demandait comment connaître leur contenu quand Chesterfield s’amena avec un lecteur. Il lui suffit de le passer sur le code de la caisse, aussitôt le contenu s’affichait sur l’écran du lecteur.

 
Tu te fous de moi ?
 
Pas le moins du monde. La vue des fusils mitrailleurs de facture ultra moderne la fit tiquer. Plus loin, des bazookas.  Des armes courtes. Des munitions de tout calibre. Grenades de main. Mines terrestres, aquatiques. Explosifs pour tous les goûts.  Équipements pour troupes d’assaut et ainsi de suite à en avoir le tournis.
 
C’est…dément.
 
Et elle n’avait rien vu encore, assura Neil, mais c’était assez pour une mise en bouche. Il conseilla plutôt de rejoindre les autres avant qu’ils ne piquent une crise de nerfs. Il fit un choix d’armes et équipement pour démontrer leur bonne foi. Harnachée comme une version ultra moderne de Rambo, Maya reprit place sur la Plaque et…
 
Hey, ça va ? Ma chérie, tu te sens bien ?
 
Se sentir bien ? Elle était au septième ciel. Étourdie par la découverte de l’arsenal mais encore plus par ce « ma chérie » qui semblait venir droit du cœur.
 
Euh…oui…ça va… Tout va bien !
 
Qu’il ne la lâche pas, la transporta de bonheur.
 
Tu nous as fichu la trouille mais… mais qu’est-ce que c’est que ça ?
 
Soupir. Elle détailla son équipement et sourit.
 
Le rêve d’un guerrier moderne…
 
L’arrivée de Neil, armé jusqu’aux dents retint l’attention de tout le monde.  Le colonel réclamait des détails et Chesterfield, les délivrait presque à contre cœur quand l’apparition soudaine de sa femme, émergeant du tunnel créa diversion.  Le fait de l’avoir laissée le matin même en douce convalescence et la voir en ce moment vraisemblablement en parfaite forme avait de quoi surprendre. L’explication donnée méritait d’être approfondie mais ce qui suivit était si inattendu que personne ne pipa mot pendant un instant :

 
…l’autre plaque…c’est une sortie…pas une entrée…Une sorte de communication entre deux…réalités parallèles…Non, je sais…ça sonne débile mais ce ne l’est pas…je le sais maintenant…Tout a changé…en restant pareil…certaines donnes ont varié mais le principe demeure… 
 
*Mais…qu’est-ce qu’elle raconte !?*
 
Neil semblait presque aussi sonné que les autres mais entoura sa chérie d’une étreinte protectrice alors que le colonel reprenait ses esprits :
 
Très intéressant. Je vous remercie de cet éclaircissement, Lindsay et vous félicite de votre récupération mais ce qui nous occupe en ce moment est…ÇA ! , il désigna la plaque miroitante, est-ce la seule entrée existante ?
 
Les Chesterfield étaient plutôt confus. La situation de la Plaque ne correspondait pas à leurs souvenirs. Selon ceux-ci, dans la version antérieure, la Zone avait toute une autre allure. Elle se trouvait en surface, sous l’aspect d’un énorme ensemble de hangars plus ou moins démesurés. Pourquoi cette fois la Plaque les conduisait-elle directement à un arsenal et pas ailleurs ?
 
Ailleurs ?, s’enquit le colonel en fronçant les sourcils, quel genre d’ailleurs ?
 
Avec un soupir résigné les époux Chesterfield complétèrent la mise à jour. Des hangars bourrés de provisions de bouche, d’équipement médical, agricole, électromécanique, de textiles et encore beaucoup d’autres merveilles qu’ils n’avaient pas eu le temps de répertorier. Pour d’évidentes questions de sécurité, le public était restreint. Valait mieux ne pas mettre tout le monde d’un seul coup au parfum, cela éviterait des idées loufoques.
 
C’est fantastique ce que vous nous racontez là mais je voudrais bien le voir de mes propres yeux, assura Reardon.
 
Il n’était pas le seul mais en voulant exaucer ce vœu si simple et légitime on buta avec une nouvelle difficulté. La Plaque refusait obstinément le passage à quiconque d’autre que…Maya, Lindsay et Neil.  Les mines s’allongèrent.
 
Donc ce qu’a supposé Neil au début était correct…seuls ceux qui ont eu une relation avec la Mairie ont accès. Ça nous fait une belle jambe…on mettra des siècles à explorer ça…à trois ! 

 
Le colonel gambergeait de plus belle et ne fut pas long à émettre une proposition somme toute très logique :
 
Si la Plaque tient en compte que Neil a été le Maire…auparavant, cela veut dire qu’il est encore à ses yeux, investi du pouvoir mayoral…Il lui suffirait pour autant d’assermenter ceux qui seront désignés pour travailler dans la Zone. Je ferai personnellement le choix de ces personnes !
 
*Ça ne le rend pas fou de joie, l’idée !*
 
Neil, on n’a plus rien à perdre…par contre, beaucoup à gagner, au cas où ça marcherait…Fais l’essai avec oncle Norman…
 
Josh suivait les palabres sans faire de commentaire mais son regard demeurait moqueur sur un fond de scepticisme.
 
Accorde lui le bénéfice du doute, lui souffla t’elle, ne lui cherche plus noise…
 
C’était presque trop demander. Ces deux-là se comportaient toujours comme deux gamins qui se boudent et cherchent à s’embêter au possible.

 

Se pliant aux demandes de Reardon et Maya, Neil Chesterfield accepta d’assermenter le Colonel mais refusa carrément de le faire avec les autres avant que leur candidature ne soit revue avec soin. Josh était entre ceux-là, ce qui ne manqua pas de le faire tempêter joliment.
 
Je parlerai avec lui, même si je suis sûre que l’oncle Norman est en train de lui bassiner les oreilles tout en faisant sa visite inaugurale…Ce qui me préoccupe pour le moment est être là, en pleine campagne.
 
Josh lui fit remarquer qu’ils étaient assez loin du village, hors du périmètre de surveillance normal mais elle persistait dans son idée.
 
Oui, je sais mais après ce qu’il s’est passé, ce serait idiot de la part de Müller de ne pas étendre sa surveillance…mais enfin…ce qui me tracasse est que celle-ci soit la seule entrée…c’est un peu absurde…Ceux qui ont conçu tout ceci devaient avoir quelque chose en tête et sans doute ce n’était pas  se mettre en évidence…
 
Le colonel prit son temps pour inspecter la trouvaille du jour, à son retour, il semblait soucieux. L’énormité de la découverte l’avait laissé pantois, il n’avait jamais imaginé qu’un endroit pareil puisse exister, terré sous leurs pieds.
 
On a mis la main sur une version  surdimensionnée de la caverne d’Ali Baba. Il y a là, des armes que je n’ai jamais vues. Ce n’est pas un arsenal commun, c’est un rassemblement de prototypes inimaginables…Un soldat bien entraîné, pourvu de cet équipement serait pratiquement invincible…C’est effrayant…épouvantable presque…si cela tombe dans les mauvaises mains…
 
Reardon était franchement secoué, ému, consterné, dépassé mais se reprit suffisamment pour donner des ordres pertinents.  La Plaque fut de nouveau habilement dissimulée mais des vigiles restèrent sur place pour prévenir de possible intrusion du périmètre.  Ceci fait, le Colonel ordonna le repli du groupe et le retour au campement.
 
Maya se laissa tomber sur sa couchette, extenuée. La journée avait été longue, enrichissante mais en extrême fatigante. À peine si elle avait eu le courage de prendre une douche pour se rafraîchir. Penser à remonter pour prendre le repas du soir était au-delà de ses forces. Elle se laissait bercer par les câlins de Fri, fourrageant doucement dans ses cheveux quand Josh se pointa, sortant lui aussi de la douche, vêtu en tout et pour tout d’une serviette autour des reins.
 
Bon Dieu…que tu es sexy !...Mais là, mon Adonis…je passe, suis si crevée que même si tu me promettais tous les plaisir du paradis je me déclarerais forfait…j’ai mal partout, suis out…mais je meurs de faim sans me trouver le courage d’aller manger…
 
Il rigola en douce en s’habillant et faisant une offre irrésistible.
 
Tu ferais ça pour moi ? …Je vais t’aimer jusqu’à la fin des temps, Cromwell… un petit pain…une saucisse…peu importe…
 
Il n’était pas parvenu à la porte qu’elle dormait comme une souche. Fri s’accommoda au creux de son cou et Tally au pied du lit. Celle-là avait été une journée bien remplie.

Le cuistot de service avait fait des efforts. Les effluves savoureux chatouillèrent ses narines, l’obligeant à ouvrir les yeux.
 
Seigneur…que ça sent bon…
 
Elle se redressa sur sa couchette, une exclamation de surprise lui échappant.  L’exigüe cellule était doucement illuminée par quelques bougies. Une ambiance inusitée de confort douillet et intime y régnait... Il s’était arrangé pour disposer leur dîner sur une table basse qui n’était pas là auparavant.
 
Wow…tu  m’épates là…Tu as pensé à tout...Tu es merveilleux, Joshua Cromwell.
 
Sans quitter son nid si douillet, Maya se laissa servir comme une reine et dégusta parcimonieusement un dîner tardif, en sentant le regard amusé de Josh  la détaillant.
 
Quoi ?...Suis marrante ?, s’enquit-elle en restant avec le morceau de gâteau au chocolat à mi-chemin de sa bouche.
 
Ses cheveux étaient ébouriffés, un peu de chocolat squattait le bout de son nez, son pyjama consistait en un vieux T-Shirt informe, un homme superbe se payait sa tête et un singe faisait des grimaces juché sur son épaule. En secouant la tête, Maya mordit son bout de gâteau à belles dents, récupéra une miette fugitive  et finalement octroya Josh d’un sourire ravi.

 
Tu sais…le vrai bonheur doit ressembler un peu à ça…paisible, réconfortant…chocolaté !
 

*Blond, beau, têtu…Tu es folle, Maya…trop de chocolat !*
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Welcome!   Sam 20 Juil - 10:48

L’aimait-il ou la détestait-il ? Sans doute un peu des deux. Il était sûr d’aimer son air franc, sa force teintée de fragilité quant au reste…
Réflexion faite, ce n’était pas à Miss Clairborne qu’il en voulait mais bien à lui-même, à ses propres faiblesses. Lui qui s’était juré de ne plus être un jouet dans les mains d’une femme avait souvent, trop souvent, l’impression d’être manipulé. Le pire est que cela ne lui déplaisait qu’à moitié !  
Preuve en était qu’il se soit laissé couper les tifs sans rouscailler.


*Suis sûr qu’elle en tire gloriole ! *

Pour lui, la gent féminine se résumait à : domination, fourberies, cruautés. Combien de fois n’avait-il pas été le yo-yo d’Emily ? Les « Je te prends, je te jette » étaient sa spécialité. Maya n’étai pas exactement pareille mais parfois si.

*Qui s’y frotte s’y pique ! Marre d’être piqué !*

Cependant, invariablement, l’attirance revenait, mélange de curiosité et d’espoir face au danger potentiel d’une relation plus poussée.
En exutoire à ses frustrations, Josh se défoulait avec u plaisir consommé sur Chesterfield. Le faire bisquer était vraiment trop gag sauf que cela semblait agacer sa soeurette. S’il y avait une seule personne au monde capable de le déchiffrer, de le comprendre, c’était bien Lindsay Fairchild. Encore aurait-il fallu qu’il s’ouvre à elle…
 

*Peut-être un jour…*

Ses attentions envers Lind était sincères, absolument dénuées de plan tordu. Il s’était beaucoup inquiété sur son sort et était enchanté qu’elle soit hors de danger.
Bien sûr, Neil bourdonnait dans le secteur de quoi le laisser profiter de la situation et enfoncer des petits clous à l’occasion.


Oh oui, il jubila quand la 1ère plaque s’avéra inutilisable même par celui que l’on semblait considérer comme une sorte de « gourou » Maya ne le rata pas :

Je ne trouve pas ça marrant ! Ce n’est pas un jeu !

*Ça dépend pour qui… *

Aller à la seconde plaque sans perdre de temps via les tunnels parut désappointer Chesterfield.

*Veut vraiment pas livrer ses tits secrets, celui-là…*

Quand Maya avait disparu sur cette plaque, Josh avait sentit un tel vide dans la poitrine qu’il avait réagi illico en expédiant Neil à la suite. Reardon s’en était pris à lui, bah !
Enfin, elle avait reparu et des paroles spontanées avaient jailli, semblant plaire à la Miss.  Peu après, Neil était apparu et une Lind en très bonne forme s’était jointe au groupe encore choqué.  
Son histoire de plaque de sortie au sujet de l’inerte demeura assez obscure, même pour son « époux » apparemment.
De fil en aiguille, il se dégagea une théorie intéressante : investi de « pouvoirs » mayoraux, Neil pouvait, en principe, les transmettre.  
Sa réticence ne passa inaperçue aux yeux de personne, et qu’il demande à Lindsay d’effectuer le « transfert » prouva à quel point le gars se méfiait, surtout quand le ratage entraîna une sorte de soulagement chez le gars.


*Il a de la suite dans les idées…* reconnut Josh malgré lui.

N’empêche  qu’il fut dépité lorsque le « Maire » n’accorda ses privilèges qu’au seul colonel ! Celui-ci aspiré par la plaque, Josh souffla :

Pour qui se prend-il ce plouc de Chest ? gronda-t-il, plus pour la forme qu’autre chose.

Maya tomba dans le panneau et assura :

Je parlerai avec lui, même si je suis sûre que l’oncle Norman est en train de lui bassiner les oreilles tout en faisant sa visite inaugurale… Ce qui me préoccupe pour le moment est être là, en pleine campagne.

Elle semblait redouter une attaque de cet endroit par des gens de Müller, de même que la découverte fortuite d’une plaque identique, ailleurs, par leurs soins.

Qu’il y en ait une ou dix, on n’en sait et saura rien ! On a celle-ci, et ce qu’il y a derrière a l’air terrible vu ton équipement. T’es mignonne en Rambo, au fait !

La tête et les propos du colonel revenu de sa balade attestèrent ses craintes : un arsenal d’épouvante gisait sous leurs pieds ! Des mesures furent prises pour assurer dissimulation et sécurité ; on rentra.  

Cromwell s’était délesté de son barda et, avec plaisir, avait goûté aux joies d’une douche prolongée. Mille questions l’avaient assailli sous le jet tiède.


*Ma main au feu que le « maire » voudra m’évincer de la caverne d’Ali Baba… Il a peur de quoi ? Que je lui pique ses joujoux ? Plus on est de fous, plus on s’amuse, non ?  Enfin… il se venge à sa façon, même si je ne lui donne pas tout à fait tort…*

Il était tracassé par les tenants et aboutissants de cette histoire démente. Que Lind et Neil possèdent de telles connaissances des lieux n’était plus à prouver. Néanmoins, cela avait de quoi dérouter.  Il se rappela un film de 16 ans antérieurs :Il faut que le dormeur s’éveille, disait Paul Atreide dans cette fiction.  

Neil et Lind auraient-ils été en dormance ? S’agissait-il d’une réincarnation, d’autre chose ?
Pas à lui de tirer ça au clair ! Il sortit de sa toilette en oubliant qu’une très belle jeune femme occupait sa « cellule ».  


Bon Dieu…que tu es sexy !...

*Hein ? *

Ok, Josh savait que son physique en attirait plus d’une mais c’était bien la première fois que Maya se laissait aller à une telle… admiration.

*La fatigue, sûrement !*


Malgré tout cette flatterie l’atteignit, et si confusion il ressentit, il la dissimula aussitôt par de l’ironie mordante :

Suis encore mieux sans serviette, tu veux voir ?  

OUF ! Elle pirouetta en dénigrant sa soi-disant invitation :

Mais là, mon Adonis… je passe, suis si crevée que même si tu me promettais tous les plaisir du paradis je me déclarerais forfait… j’ai mal partout, suis out… mais je meurs de faim sans me trouver le courage d’aller manger…

Il biaisa également :

T’inquiète, suis claqué aussi ! Je peux aller chercher du ravitail, si tu veux…

Elle parut aux bords de l’extase :

Tu ferais ça pour moi ? …Je vais t’aimer jusqu’à la fin des temps, Cromwell… un petit pain…une saucisse…peu importe…

Si elle l’avait appelé par son prénom, ajouté un mot doux, il l’aurait sans doute crue. Il s’habilla en silence puis remonta à la cantine.

*Ces bonnes femmes ! Certaines aiment les diamants, d’autres… un hot-dog !*

Le chef cuistot lui assura avoir concocté un délice mais que cela ne serait pas prêt avant 20 bonnes minutes.
Pour tuer le temps, Josh erra en compagnie de Tally qui l’avait rejoint et qui le guida, mine de rien, vers la Pierre sacrée. Il s’assit à proximité, flattant le pelage soyeux :


T’es solitaire aussi, hein vieux ? Tu n’as même pas le choix toi, pauv’ gars !  Moi, je l’ai, t’as raison, sauf qu’elle veut pas de moi… Chut Tally, cesse de japper !

Le chien, frétillant, semblait vouloir le mener à la Pierre.

Tais-toi ! Ok, j’y vais mais que voudrais-tu que je demande ? Une recette pour séduire Maya ? Ça m’étonnerait que…

Vu sous un certain angle… Ce caillou réalisait les souhaits, tous les souhaits. Ne l’avait-il pas guéri, guéri Lind aussi ? Il accordait quasi tout ! Alors… Pourquoi pas ?  
Sa prière fut courte mais réfléchie :


Pierre sacrée, puis-je te demander d’exhausser ma requête ? J’aimerais simplement rendre pleinement heureuse Miss Clairborne, ne fut-ce qu’une paire d’ heures, histoire qu’elle cesse de me considérer comme un ours mal léché.

À sa grande surprise, se matérialisa devant lui une petite table, sa vaisselle délicate, des bougies à profusion, ainsi qu’un beau gâteau au chocolat.  
Il ne put s’empêcher de rigoler :


Tu te fous de moi, mais c’est pas grave ! Tally, pas le gâteau !        

Sa commande à la cantine étant prête, il ne lui resta plus qu’à planter le décor d’un dîner romantique.  Il ne fut pas déçu par les commentaires qui accompagnèrent le réveil de la belle suite aux effluves alléchants des plats. La servir, la gâter lui sembla très naturel. Il s’acquitta de cette servitude sans arrière-pensée sauf peut-être celle-ci :

*Pas à dire, elle adore le chocolat…*  

Elle était négligée et cela lui allait formidablement bien au point qu’il ne put s’empêcher de sourire en coin.

Tu sais…le vrai bonheur doit ressembler un peu à ça…paisible, réconfortant…chocolaté !

Belle, attirante, relâchée…

Tu as oublié une miette du gâteau là…

Lui lécher le bout du nez ? Pourquoi pas ?  
La bouche qui rejoignit la sienne était délicieuse. Il se savait à son avantage…
Le pousser aurait été très… trop facile.


*Je vaux quand même plus qu’un bout de chocolat, m***e !*

Il ne put s’empêcher de savourer sa peau, ses lèvres, se laisser dériver lentement sous des attouchements de plus en plus intimes auxquels ils s’adonnèrent en parfait accord…  puis :

Bonne nuit, mon cœur ! Faut digérer ! *Moi aussi…*

Déçue ou pas, tant pis. Il n’était pas prêt.
Le lendemain Neil, tel un pape de carnaval, délégua ses prérogatives. Qu’il soit du lot des « élus » le surprit. Fallait croire que tonton était convaincant.


Fais pas le con en bas, j’aurai l’œil !  

*Quel toupet, ce Chest !*

Le passage d’un coin à l’autre le scia. Il joua les durs mais n’en pensa pas moins :

*Ç’est quoi ???*

Ces nouveautés auraient donné le tournis à plus averti.
Très consciencieux, les Chesterfield vérifièrent l’ensemble déplacé deux fois. Reardon en personne voulut contrôler le bon acheminement en surface.
Quand ils furent tous claqués, on sonna l’évacuation des lieux. Peu de repos, on allait répartir les trésors.
Une fois de plus, le colonel se montra intransigeant sur l’octroi de tel ou tel outil de mort.
Des mines s’allongèrent selon le choix du patron. Pas plus que Cromwell, Neil n’eut son mot à dire. Ils reçurent un sachet de bonbons identiques, ou presque. Les plans de rébellion seraient dressés après une nuit de repos.
Il n’avait pas beaucoup eu l’occasion de bavarder avec Maya durant cette journée souterraine. Ils s’étaient décrassés séparément, avaient diné avec tous, puis avaient posé leur attirail en surface, sous la garde de Tally.


Sais pas toi mais moi j’ai pas du tout envie de retourner de suite en bas…

Elle était d’accord. Le confinement ne leur seyait ni à l’un ni à l’autre.

… D’ailleurs Fri à besoin de gigoter…

Belle excuse qui en valait bien une autre pour goûter la douceur nocturne au grand air en bonne compagnie.
Main dans la main, ils allèrent sans but précis, suivant du coin de l’œil les évolutions graciles du capucin en plein défoulement qui se perchait où bon lui semblait.
Les rives du lac étaient désertes. Pourquoi ne pas s’y poser ? Josh sortit un paquet de cigarettes issu de la Pierre. Il en alluma une qu’il tendit à Maya avant d’enflammer la sienne :


… pareil ! Il fut un temps où je tétais deux paquets par jour, c’est terminé… Non( il rigola) pas en raison du manque, ni par peur. Je n’en ai plus besoin que dans les situations embarrassantes…


Elle captait au quart de tour, et il lui fut gré de ne pas le pousser à bout.

Je ne t’ai jamais vraiment parlé d’Emily, pas vrai ?... J’ai jamais été doué en diplomatie ni langage fleuri.  En un mot comme en cent : elle m’a pris sous son joug quand elle m’a trouvé. J’avais 20 ans…


Il lui fallut cinq clopes pour boucler ses aveux hachés où, sans fioritures, il lui narra les rebondissements de sa vie, les jouissances, tyrannies, sévices subis, imposés de main de maître.

J’étais de l’argile, elle le potier. Le pot s’est cassé quand elle s’est tuée après une ultime engueulade…  Je n’espère pas à ce que tu en déballes autant sur toi. Je voulais juste que tu saches exactement à quoi t’attendre avec moi…


Lentement, à mots mesurés, Maya se livra également. Le paquet de clopes accusa un pillage ponctuel, la bouteille de vin emportée aussi.

… je vois, soupira-t-il en exhalant une dernière volute.  Pas à dire, on ressemble assez, sauf que j’ai plus souffert que toi, non ?

Cette remarque destinée à la faire sortir de ses gonds ne rata pas sa cible. Elle réagit, comme prévu, l’invectivant gravement, prête à le gifler de son ironie acerbe. Il para et la renversa sur l’herbe :

Et si on effaçait tout ça et essayait de construire autre chose ?

Le regard furieux planté dans le sien s’adoucit, se mouilla :


Je n’exigerai jamais de toi plus que tu ne veuilles donner, ma douce. Copains, amants, époux, les trois ? C’est possible…

La façon dont elle lui agrippa la nuque promettait beaucoup.  Que se serait-il passé sans les jacassements intempestifs d’un capucin excité ? Dérangé, le couple se redressa mi-agacé mi- tendu.

… Pas normal du tout ! Viens, lève-toi, pas de bruit ! Fri, épaule !

Le singe obéit mais paraissait terriblement nerveux.
À pas de loup, tels des sioux sur le sentier de la guerre – sans les hululements – ils revinrent au camp. Des les abords, rien qu’aux échos perçus, ils comprirent que quelque chose de grave se produisait.


… j’en vois trois là-bas… Cinq à gauche… souffla-t-il à sa compagne.

C’était épouvantable. Gorges lacérées, tabassages, ils virent la mise à sac du camp de surface.
Des rafales ripostèrent. Plus personne ne dormait maintenant.


Récupérons nos armes avant qu’ils les trouvent !

Des aboiements furieux les guidèrent. Tally, échine dressée, crocs sortis, tenait tête à deux membres de la milice qui s’approchaient de lui. Inutile de réfléchir. Le chien allait y passer. Sans s’être concerté, Josh et May surgirent derrière les assaillants. Les bagarres Josh connaissait, tuer un homme non. Pourtant la lame de son coutelas dentelé ne rata pas sa cible. Un coup de feu claqua, Tally gémit. Le second assaillant faisait face à Maya quand un trou s’ouvrit dans son crâne.

Par ici ! les hâta Reardon qui entraîna aussitôt sa nièce choquée dans les bois.

Josh ne suivit pas de suite. Il prit tout ce qu’il pouvait des armes laissées, et se chargea du labrador ensanglanté. Cela tirailla dans son dos.  

Ils n’étaient pas assez loin pour ne pas ressentir les effets d’une terrible explosion en arrière.

*Le passage… Lind, oh non ! *

Tchip, tchip, tchip… Un oiseau gazouillait à la cime d’un pin lorsque Josh ouvrit les yeux dans l’aube claire.
Tiens, il avait mal au crâne. Sa main tâtonna et rencontra un bandage sur son front. Sa vue s’adaptant mal, il découvrit un groupe de rescapés, vingt, trente ou soixante?


*Vois double… *

Constatant son réveil, Maya accourut :


… Ouais, ça va. Que s’est-il passé ? Où sont les autres ?

Readon vint en personne le mettre au parfum tandis que Maya vérifiait son pansement :

Attaque surprise ! Tu as le crâne solide, une balle t’a éraflé, rien de grave. On a perdu plus d’un tiers des nôtres avec l’effondrement du sous-sol.

Lind… Neil ? des nouvelles ?

Ils étaient en bas, désolé.

Josh soupira profondément, le sourire de Miss Fairchild dansant derrière ses yeux.

Müller ?

Pas lui, mais ses hommes. On en a abattu beaucoup. Si votre chien n’avait pas aboyé, les pertes seraient pires.

Où est Tally ? Fri ?

Le capucin lui sauta dessus, le labrador apparut en traînant la patte gauche garnie d’un large pansement.
Un instant, Josh se laissa aller à la joie teintée de tristesse en caressant le pelage de ses amis puis l’esprit revanchard refit surface :


COMMENT CELA S’EST-IL PRODUIT ? QUE VA-T-ON FAIRE ?

Fermé, Reardon expira :

Peu importe le comment, nous dressons le bilan. Nous allons contrattaquer et nos morts seront vengés !
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Maya Clairborne

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MessageSujet: Re: Welcome!   Ven 26 Juil - 16:43

Inattendu.  Capiteux. Enivrant.  Ce baiser eut un goût à ciel, à promesses, à espoir…Elle voulut le croire. Instant de dérive insensée, merveilleux oubli. Enfin si proche…mais le bon sens était leur fort, ou étaient-ce leurs craintes ? Ils se séparèrent, sans brusquerie pour être de nouveau ce qu’ils étaient toujours…mais qu’étaient-ils, à la fin ?

*Pas le moment d’y penser !*
 
Bonne nuit, mon cœur ! Faut digérer !
 
Soulagement ? Presque. Il l’affolait, mettait sa vie, son bon sens, ses principes si élaborés, sens dessus dessous. Elle voulait céder sans s’en trouver le courage. C’était mieux ainsi.
 
Bonne nuit…Josh !
 
Elle s’allongea et ferma les yeux attendant qu’il fasse de même, après avoir soufflé les bougies. En le sentant proche, Maya s’endormit, rassérénée.

Le lendemain, Neil assermenta les élus d’oncle Norman. Josh entre eux. Elle sourit en les voyant se jauger en se serrant la main.  Il s’en était fallu de peu pour qu’ils grognent en montrant les dents.
 
*J’espère bien qu’ils finiront par s’entendre, ces deux-là…*
 
Mais en attendant des temps plus conciliants, il fallut se mettre au turbin et le colonel n’y allait pas de main morte pour faire bouger sa troupe. Ils travaillèrent ferme pour déménager ce qu’il fallait, en suivant le contrôle consciencieux mené par les Chesterfield et  Reardon.

Finie  la première phase, on se déplaça avec le butin pour entamer la phase deux une fois au camp. Une fois-là, le colonel, tel Salomon, fit preuve d’incommensurable sagesse dans la répartition d’armes et munitions.  Elle savait à quoi s’attendre et ne fut pas déçue. Certains hommes lorgnèrent avec envie son équipement mais personne ne pourrait parler de favoritisme, elle avait fait ses preuves et démontré de quoi elle était capable.  Oncle Norman laissa Josh et Neil en égalité de condition. Au moins de ce côté-là, on aurait la paix !

Repos pour ce soir, réunion demain à 7.00 !, annonça le colonel en mettant fin à la petite foire aux armes.
 
Celle-là avait été une longue journée laborieuse, à peine si elle avait croisé deux mots avec Cromwell. Le laissant s’entretenir encore avec  un de leurs compagnons, elle descendit se rafraîchir. Après une bonne douche et des vêtements propres, elle se sentit alerte pour la soirée. Équipement posé à la place désignée en surface, miss Clairborne se rendit à la cantine pour le repas du soir. Josh  ne tarda pas à la rejoindre. Lui aussi avait fait son brin de toilette.  Les conversations à la table commune allaient bon train, le jour avait été riche en nouveautés, tous étaient curieux de savoir comme on allait employer l’équipement de pointe mis à leur disposition. 

Sais pas toi mais moi j’ai pas du tout envie de retourner de suite en bas…
 
Suis d’accord, il fait bon…marchons un peu.  Tally, reste là et surveille les bardas…bon chien !
 
Fri fut de la partie, ravi de pouvoir se livrer à toute sorte de pirouettes.  Tout naturellement, Maya glissa sa main dans celle de Cromwell. Ils marchèrent un moment en silence, jouissant de la douceur de la nuit. Leur pas les menèrent jusqu’au petit lac paisible. Ils s’assirent près de l’eau en écoutant les petits cris enthousiastes de Fri qui s’en donnait à cœur joie.  Josh avait apporté des cigarettes et une bouteille de vin. Il alluma une cigarette pour elle et une autre pour lui.
 
Dieu, que ça fait du temps…
 
Il avoua avoir fumé jusque deux paquets par jour, avant.
 
 Je n’en ai plus besoin que dans les situations embarrassantes…
 
Elle le ne dit rien, se contentant de le regarder  alors qu’il entamait une sorte de confession inattendue. Il avait l’art de la surprendre tout le temps.

Je ne t’ai jamais vraiment parlé d’Emily, pas vrai ?

 
Non, tu ne l’as jamais fait, dit Maya, doucement, en devinant que ce qui allait s’en suivre n’était pas facile pour lui.
 
J’ai jamais été doué en diplomatie ni langage fleuri. En un mot comme en cent : elle m’a pris sous son joug quand elle m’a trouvé. J’avais 20 ans…
 
Il prit son temps, entre cigarette et cigarette pour dévider l’écheveau de sa vie. De ces années étranges sous le joug d’une femme tyrannique, partagé entre amour et haine ou peut-être ce n’était qu’une relation attraction-répulsion mais ce n’était pas à elle de le dire.

J’étais de l’argile, elle le potier. Le pot s’est cassé quand elle s’est tuée après une ultime engueulade.
 
Désolée, se trouva t’elle en train de dire et en l’étant sincèrement. S’il avait eu le temps de se libérer d’Emily dans d’autres conditions, tout aurait été différent pour lui.

Je n’espère pas à ce que tu en déballes autant sur toi. Je voulais juste que tu saches exactement à quoi t’attendre avec moi.

Maya hocha la tête, aspira une longue bouffée de sa clope puis relâcha la fumée, consciente que le moment de mettre cartes sur table était venu. Il en profita pour lui servir un peu plus de vin dans le gobelet.

Ça a été…différent…mais le résultat…, elle se mordit la lèvre en faisant une petite moue amère, assez semblable pour les effets. Je n’ai pas eu la vie merveilleuse que tous croient a été la mienne…fille à papa, gâtée, tous caprices agréés…oui, c’est vrai, gâtée pourrie juste pour compenser ce que je n’avais pas…Mes parents ont divorcé quand j’étais gosse…Ma mère est restée en France avec  M. son nouveau mari et le clan Clairborne m’a rapatriée avec le mobilier, les bibelots et les beaux tableaux…j’étais une pièce de l’inventaire…



Elle laissa échapper un petit rire plein d’ironie et écrasa le mégot dans l’herbe.
 
La suite était prévisible, je suppose…Il avait 25 ans, moi 19 et me croyais au détour de tout…l’adorable fille de l’ambassadeur, Miss  Fortune à disposition…Un mélange irrésistible…bête, riche et transie jusqu’à l’os d’amour éperdu…Le prince charmant…l’homme parfait qui ne jurait que par mes yeux…j’ai cru chacun de ses mots, de ses serments…tant et si bien que quand il a proposé de nous enfuir  j’ai trouvé ça si merveilleusement romantique que le suivre était aussi naturel que respirer… On s’est mariés à Ste. Domingue…et dès qu’il m’a passé la bague au doigt…il a voulu que je signe un chèque…puis un autre…je n’ai pas voulu…il m’a battue…en disant que j’étais sa femme et pour autant lui devais obéissance…
 
Profond soupir enragé. Elle vida le gobelet de vin.
 
Mon père est venu à la rescousse, acheté son silence et a fait annuler le mariage…Ça m’a guérie de la bêtise, du romantisme…m’a fait ce que je suis…

Je vois, soupira-t-il en exhalant une dernière volute, pas à dire, on ressemble assez, sauf que j’ai plus souffert que toi, non ?
 
Elle se tourna lentement pour le regarder bien en face, l’œil étincelant, persiflant ,ironique :

Qui remporte le concours de la misère ? Pauvre petit Josh abusé mieux qu’idiote héritière trompée ? À ta guise…tu gagnes !

Elle était prête à bondir sur ses pieds et s’enfuir en courant mais il la retint et comble de l’audace, la renversa sur l’herbe.

Et si on effaçait tout ça et essayait de construire autre chose ?
 
Yeux dans les yeux, elle voulait le fulminer mais ses paroles  se frayèrent passage dans son esprit, apaisant sa colère.  Incrédulité ? Folle tendresse ?  Pourquoi les larmes ? Elle n’en savait rien…Parler ? Impossible…un émoi sans pareil  lui serrait la voix…

Je n’exigerai jamais de toi plus que tu ne veuilles donner, ma douce. Copains, amants, époux, les trois ? C’est possible…

Oh, Josh !, ce fut tout ce que Maya parvint à balbutier en sentant son cœur entamer une sarabande endiablée. La seule chose qu’elle se sentit capable de faire et de coincer sa nuque entre ses mains et l’attirer vers elle pour l’embrasser à en perdre haleine alors que son cœur, son âme, son corps s’éperdaient en un « oui » total.

La magie de cet instant précieux se brisa en mille morceaux avec l’apparition d’un Fri surexcité. Josh se redressa, à contrecœur, elle aussi…les idées en débandade mais pressentant un problème.


Pas normal du tout ! Viens, lève-toi, pas de bruit ! Fri, épaule !
 
Elle le suivit, en parfait silence, jusqu’aux abords du camp.  Sans besoin d’avoir une vue d’ensemble, il était clair que quelque chose de très grave se jouait là. À merci de la nuit, la Milice leur était tombée dessus. La surprise avait joué en  faveur de l’ennemi. Le spectacle découvert, révulsa les entrailles de Maya.  Vigiles égorgés, campement mis à sac. Quelque part, Tally aboyait furieux. Des coups de feu éclatèrent. On se défendait. Ils coururent récupérer leurs armes. Fidèle gardien, le chien tenait en respect deux miliciens en approche.

Sans besoin de parler, ils agirent. Josh s’occupa d’un des hommes mais l’autre eut le temps de tirer sur Tally, avant de se tourner vers Maya, disposé à lui faire subir la même fin. Elle se mit en position de défense. Il était armé, elle n’avait que se réflexes pour faire front…et tout à perdre quand un coup de feu claqua et le milicien s’effondra. 

Le colonel la prit du bras et l’entraîna vers le bois tout en hurlant des ordres. Elle se retourna pour voir si Josh suivait et le vit prendre des armes et cueillir Tally avant de s’élancer à leur suite alors qu’on ouvrait feu sur lui.

Le déflagration fut énorme, la nuit s’éclaira de lueur meurtrière. Le colonel jura. Tous devinèrent qu’on venait de faire sauter le puits d’accès mais pour Maya tout cela passa en deuxième plan en voyant Josh s’écrouler comme frappé d’un coup de massue. Se défaisant de la poigne de son oncle, elle rebroussa chemin en hurlant comme une démente. Reardon la retint de force.

On s’occupe de lui, Maya…viens ! On doit se mettre à l’abri !
 
Non…non…pas sans lui…lâche moi, Norman !!!
 
Il la tracta à sa suite alors que sa nièce le maudissait sans retenue.  Combien dura cette fuite éperdue ? Maya n’en sut rien mais quand enfin, le colonel la libéra, elle courut rejoindre les secouristes qui avaient ramené Josh. Il avait le visage baigné de sang mais McNeill, le toubib de service,  se dépêcha de la rassurer :
 
Une balle lui a éraflé le crâne…il est sonné mais ça ira…
 
Elle pleura de soulagement, avant de se souvenir de son chien blessé lui-aussi. Tally traînerait la patte un moment, une blessure sans gravité.
 
Brave bête, sans lui…on nous aurait massacrés…il a donné l’alerte, dit McNeill en pansant soigneusement l’animal.
 
Le colonel fit un bilan rapide de la situation avant de la rejoindre.

Moche…c’est du moche mais ça aurait pu être encore pire… On a perdu beaucoup …on ne sait pas quels sont les dommages dans  les souterrains…mais on doit craindre le pire.
 
Elle eut beau chercher parmi les là réunis, impossible de voir Neil ou Lind, le colonel secoua la tête, accablé.
 
Ils étaient en bas…désolé, mon petit…nous ne pouvons rien pour eux…
 
C’est…c’est ignoble…affreux…
 
C’est la guerre, Maya !
 
Vérité lapidaire mais on n’allait pas en rester là. La nuit se passa entre bilan serré et plans de contrattaque. Maya prit part au débat au sein d’un état-major diminué, partagée entre le chagrin d’avoir perdu d’amis très chers, l’angoisse de voir Josh blessé et un furieux désir de vengeance.

Elle n’était pas la seule, tous clamaient revanche.
 
Nous la prendrons, assura Reardon, mais devons d’abord faire un bilan serré de nos possibilités, nous n’allons pas engager une action suicidaire ! 

Une trentaine d’effectifs. Beaucoup d’armes avaient pu être récupérées. L’action-surprise de la Milice avait diminué leurs forces mais pas sapé le moral de la troupe. Reardon se chargeait très bien de l’animer, il avait le charisme d’un meneur et sut raviver l’étincelle guerrière des présents. Sans discours fleuris ni appels patriotiques à l’héroïsme. Aucun besoin, tous étaient agités par le même sentiment enragé.
 
Josh n’y dérogea pas une fois repris ses esprits. Apprendre que sa « petite sœur » et son mari n’étaient pas parmi eux, fut un coup mais il assuma. Pas de temps pour le chagrin. Ça viendrait après.

Au petit matin, un petit groupe de reconnaissance s’approcha du camp saccagé.  Les Miliciens n’avaient laissé qu’un piquet de surveillance, peu nombreux, sûrs que le rebelles avaient fui se tapir dans les bois et en reviendraient pas de sitôt.  Mal leur en prit. Organisés comme Sioux en pied de guerre, les rebelles les surprirent avec une action-éclair, éliminant la surveillance et s’emparant de leur équipement. Munis de walkie-talkie pris aux miliciens, ils purent intervenir les communications avec le Village.  Tactique et stratégie n’étaient pas le fort de Müller et sa milice, ils misaient sur la supériorité du nombre.

Maya finit d’ajuster son barda, vérifiant deux fois le bon fonctionnement de son fusil-mitrailleur et ses munitions. Si Reardon avait pensé la laisser en arrière pour la raison qui soit, il se tut, convaincu, sans doute, que sa nièce suivrait Cromwell jusqu’au bout du monde. Il ne se trompait pas.

Josh finissait, lui aussi de vérifier son équipement. Son front s’ornait encore d’un pansement mais il n’était pas question de ne pas participer en cette action d’éclat, qui pouvait bien être la dernière.

Où qu’aille, on y va ensemble !, dit Maya en le voyant esquisser une moue réprobatrice, alors pas la peine de dire quoi que ce soit, pigé ?
 
Ceux qui restaient en arrière avaient pour consigne de s’égayer dans les bois au cas où l’action tournerait mal. Tally et Fri restèrent avec eux.
 
Le révérend Moody  fit une courte prière, bénit tout le monde et la petite colonne s’ébranla en route vers le village. Ils marchèrent en parfait silence, suivant les consignes muettes de Reardon qui mena ses gens par des chemins détournés dont il semblait avoir le secret.

Comme on pouvait le prévoir les abords du Village étaient surveillés.  Ils surprirent une patrouille, mise hors combat avant d’avoir pu donner l’alarme et en embusquèrent une deuxième avec le même résultat.  À partir de là, la rapidité d’action primait.

Les forces de la Milice étaient concentrées autour de la maison communale. Le colonel  donna l’ordre. Tous savaient ce qui restait à faire et prenaient place quand soudain,  le chef de la Milice s’effondra comme frappé de la foudre, suivi de près par deux autres officiers.
 
Bon sang, souffla Maya, un sniper…mais…
 
Un instant de surprise. La réaction fut lente. Le moment était propice.  Ils se lancèrent à l’attaque, alors que venant du côté opposé un autre groupe armé entrait aussi en action. Pris dans la tenaille d’une action conjointe, la Milice capitula après un bref combat. On jubila mais la clameur augmenta de quelques décibels  en découvrant  qui commandait le groupe de ces alliés inespérés.
 
Dieu m’est témoin, je suis heureux de te voir, fiston !, rit le colonel en enserrant Neil Chesterfield dans une étreinte d’ours, c’est un miracle !

Embrassades, pleurs, retrouvailles. Les détails laissés pour après, on sécurisa le périmètre, s’assurant qu’il ne subsistait aucun foyer de résistance. La population commençait à se déverser, sur les lieux.

Le flux d’adrénaline qui les avait animés avant et pendant le combat, cédait. Maya  sentait ses jambes flageoler de fatigue mais essayait de n’en démontrer rien.
 
Mon petit, temps de repos…pas question que tu t’effondres. Tu vas te chercher un bon lit et dormir quelques heures. On aura assez de travail par la suite pour remettre tout ce bordel en état…

Oncle Norman…
 
Veux rien entendre…c’est un ordre !, avisant Josh qui s’approchait il lui communiqua sa décision, on assez d’effectifs pour assurer la garde…allez, disparaissez !
 
Mi- portée, mi- marchant, Maya se retrouva face au bungalow occupée lors de son séjour au village. Comme en songes, elle se sentit relevée par ses bras forts pour peu après être posée en douceur sur un lit de confort paradisiaque. Il voulut se redresser mais elle le retint :

Mr. Joshua Cromwell…la réponse est oui…
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Welcome!   Sam 3 Aoû - 21:32

Le colonel Reardon savait mener ses troupes, pas à dire. Bien armées, elles s’approchèrent en silence du village endormi. Müller se pensait-il à l’abri après le coup d’éclat de sa milice personnelle ? Le fait est que la surveillance des lieux n’était pas énorme. L’action commença en douce, pareille à celle essuyée quelques heures plus tôt. Puis cela commença à riposter farouchement.
Avec un plaisir non dissimulé, Josh vit le chef de la milice s’effondrer d’un tir précis :


*Neil… diable d’homme…*

Tuer de sang froid n’était pas une spécialité de Cromwell. Il lui suffit cependant de penser aux gens qui avaient été massacrés et torturés par les sbires du maire pour que les scrupules disparaissent. Ses coups ne ratèrent pas leur cible. Tout fut dit avec la fusion des deux groupes d’assaillants. Si tonton Norman ne cacha pas sa joie de revoir Chesterfield bien en vie, lui ne put s’empêcher de serrer fortement Lindsay dans ses bras :

Chouette de te revoir soeurette. On avait cru…

Pour une fois, il serra la main de Neil avec franche amitié.
Il fallait s’organiser dans l’urgence. Josh aurait souhaité voir ça mais Reardon décida d’expédier sa nièce se reposer, donc lui avec en chaperon-loup…  
La pauvre demoiselle vacillait drôlement sur ses jambes fatiguées de tant d’émotions diverses.
Quoi de plus normal que de la porter à l’étage et l’y déposer en douceur sur le grand lit.


Dors bien, ma chérie…

Il escomptait la border puis aller se décrasser sous la douche et retourner à la maison commune, mais :  

Mr. Joshua Cromwell…la réponse est oui…  

Impossible de se leurrer sur la teneur de ce oui. Voilà une proposition plus qu’alléchante !
Refuser une telle offre serait d’une goujaterie innommable. Pourtant…
Concédant à retarder sa douche, il s’allongea près d’elle en l’accommodant dans ses bras :

Maya, ma puce, je…

Oh là, là ! La douce créature s’avérait particulièrement persuasive. Il répondit du mieux possible à ses sollicitations, partagea baisers fous, caresses intimes puis freina le jeu devenu brûlant en murmurant :

Tout doux ma belle ensorceleuse !

Aïe, apparemment elle n’appréciait pas l’interruption des câlins. Aussi les poursuivit-il avec science tout en parvenant à débiter :

Maya, je n’ai jamais désiré une femme comme je te désire toi… Mais là on est claqués et crasseux à souhait. J’aurais aimé que ça se passe tout autrement… Que dirais-tu d’un bon bain ?

Sans attendre sa réponse, il se rajusta et fila à la salle d’eau. Parfums, bougies, il eut du mal à créer l’ambiance vu le pillage subi par la villa. Quand il fut satisfait, Josh retourna à la chambre pour y retrouver celle qu’il aimait. Dans les bras de Morphée, Maya rêvait. Il ne lui resta plus qu’à se laver seul et à attendre le réveil de la belle.  
Les deux heures suivantes, la respiration régulière de Miss Clairborne en bruit de fond, Josh put à loisir revivre certains éléments de son passé. S’il devait maintenant qualifier sa relation avec Emily, il la jugeait… désastreuse. Quoiqu’il ait tenté pour se défaire d’elle, malgré les sévices d’amour et haine  subis, il s’était à chaque fois plié aux exigences, revenant inlassablement vers cette maîtresse-femme. Dix années de tyrannie ! Impossible de tirer un trait là-dessus comme si rien.  
À présent, un nouvel horizon s’ouvrait. Maya semblait très disposée à lui faire confiance malgré tous ses défauts largement étalés.

*En suis-je digne ?*

Voilà de quoi saper le moral au plus fringant des amants. À qui confier ses problèmes ? Un psy aurait été bienvenu pour y voir clair. Autant qu’il sache, le village n’en disposait pas.

*Lind… elle saura…*

Déjà Maya battait des cils, il se précipita :

Coucou, ma beauté ! Le bain a refroidi sans toi, désolé… Non j’allais pas te réveiller, tu avais besoin de récupérer. Rafraîchis-toi puis on ira retrouver Norman, ok ?


Bon Dieu quelle ambiance !  
Reardon était si occupé qu’il ne fit pas attention à eux. Apparemment le bon peuple avait viré sa cuti et élu Chesterfield à la place de Müller dont on ignorait encore la position actuelle.    
Tout aurait baigné si Neil ne s’était pas montré si négatif en apprenant sa nomination :


En aucun cas je ne souhaite que, contrairement à vous, tout recommence !

Ça pinaillait bellement, surtout Timothy Firth à qui cloua le bec un Neil assez énervé. De long en large et en travers, il exposa ses raisons, allant jusqu’à dire :

Si vous m’y contraignez je serai le pire Maire que ce village ait eu à supporter.

Ses suggestions firent rigoler Josh intérieurement mais il se contenta d’écouter la suite :

Il ne faut pas, IL NE FAUT PAS, que cela se reproduise ! Je démissionne immédiatement !

Flottement général. Mines déconfites de plusieurs, air narquois d’autres. Josh observa l’ensemble, repérant ça ou là les contradicteurs ou satisfaits. Ce qui intéressait surtout Cromwell était les motivations de Neil :

*Il en sait plus que ce qu’il a jamais voulu révéler… *

Un grand débat s’ouvrit ensuite, chacun émettant son ou ses avis, souvent contraires. Quand vint son tour de parler – d’un signe de tonton – Josh soupira profondément avant le l’ouvrir :

Je pense que Neil a raison…

Lind lui lançait-elle un clin d’œil ou l’imaginait-il ?


Je m’explique : Les documents trouvés par Mr. Firth ont été lus et approuvés par Lind et Neil. C’est ahurissant, dément ou tout ce que vous voudrez mais c’est un FAIT !  Sans eux, nous n’aurions pas  trouvé l’arsenal ni vaincu Müller. Neil a plus que sa place dans le staff mais s’il ne veut pas en être le dirigeant, je respecterai sa décision. Je vote pour le colonel Reardon.  

L’art de ménager chèvre et chou ? Peut-être. Il avait pesé chacun de ses mots, pour le peu de poids qu’ils puissent avoir dans la cohue générale.  

Manifestement la balance penchait vers le tonton qui se défendit d’avoir brigué ce poste tendu :

SILENCE !


Le calme revint aussitôt.

EN AUCUN CAS je ne veux ce poste ! Je comprends les raisons de Neil mais comprenez les miennes. Imposer un militaire, ex d’accord mais militaire quand même, à la population, lui ferait redouter n’importe quoi. Cela risque de nous péter au nez !  Aucun de nous ne désire cela. Aussi, je propose une solution intermédiaire en nommant...( Tadam) Timothy Firth comme maire provisoire jusqu’à clarification complète et stabilisation de la situation actuelle.

Josh jugea tonton Norman comme quelqu’un de très sensé. Tim s’était beaucoup investi dans la libération des villageois. Pondéré, curieux et surtout scrupuleux, il était également au parfum de quelques secrets locaux. Le fait d’être connu de tous l’avantageait aussi. Bref, il était parfait !
Le petit homme ne s’attendait sûrement pas à être bombardé Maire. Le teint rubicond, il sembla en proie à un grand dilemme. Ses tentatives de dérobades furent balayées aussitôt par Reardon qui poursuit l’exposition de ses vues :


Ce débat est clos temporairement. Pour l’heure, j’ai le regret de constater que personne n’a vu Müller ni pendant l’attaque, ni depuis. J’attends vos suggestions pour régler ce problème. Monsieur le maire Firth a peut-être une idée à ce sujet ?

J’étais enfermé depuis un bail, soupira Firth, je ne puis donc qu’imaginer sa fuite seul ou avec des hommes sûrs. A t-on la liste des prisonniers ?

Les hommes du colonel avaient bien fait leur boulot. Ils tendirent des feuillets que Tim examina avec soin :


Hum… Pas de trace de Withe ni de McAllistair… Les âmes damnées de Gerd, rien d’étonnant. Je pense, messieurs dames, qu’il est temps d’aller visiter la mine. Seuls les membres accrédités par Müller pouvaient s’y rendre. Personnellement, je n’y suis jamais entré…


On peut donc s’attendre à y trouver n’importe quoi, souffla Josh à Maya.

Tout haut, il demanda :

Il ne vous est jamais arrivé d’en parler avec des gens qui y sont allés ?

Non, avoua Tim embarrassé.

*Qui pioche alors ? *

Cette question fut évidemment posée mais hélas, Firth ne savait qu’une chose :

Régulièrement Gert s’enfermait dans son bureau avec ses pions. Ils en ressortaient avec des sacs de diamants répartis ensuite aux habitants selon le barème prévu des salaires.  

Décidément, les villageois étaient des moutons faciles à tondre ! Josh ne pigeait pas que l’on puisse s’être laissé embobiner, malmener ainsi sans réaction.
Il y avait fort à parier que le maire destitué s’était engrangé un beau pactole personnel.
Tim en tête, on se dirigea donc vers le bureau de Müller qui avait pourtant déjà été fouillé de fond en comble. Maya lui et les autres se mirent à arpenter minutieusement la vaste pièce de travail.
On sonda les murs soigneusement, en tentant de trouver un mécanisme ou une cache quelconque.
Chesterfield prouva, une fois de plus, que ces lieux lui étaient connus en parvenant à faire coulisser un panneau d’apparence normale. L’exclamation de Lind fit rigoler l’assemblée devant une miniature de la Pierre sacrée.


*Ouais ce bidule sera utile mais où est cette fichue entrée ?*

Reardon et Tim inspectaient la table de travail presque à la loupe quand ce dernier rayonna :

J’ai un truc !

Une pression sur le bouton savamment dissimulé dans une moulure d’un des pieds produisit ses effets. Sans aucun bruit apparut une plaque au centre du plancher. Plus vaste que celles déjà vues, celle-ci pouvait accueillir quatre personnes.

Qui passe le premier ?
rigola Josh en voyant la mine de Tim s’allonger.

Reardon hésita puis dit :

Neil prenez une arme. On y va avec Walt et Vous Steven. Si vous n’avez pas de nos nouvelles dans 30 minutes, fermez le passage.

Lind, affolée, essaya de protester. Il est vrai qu’on ignorait tout de ce qu’il y avait ou pas après la plaque.
Des recommandations plus tard, les trois téméraires s’engagèrent vers l’inconnu.  
S’approchant de sa petite sœur, Cromwell tenta de la rassurer :


Neil est un grand garçon, il s’en sortira… je sais bien qu’ils peuvent tomber sur n’importe quoi mais ils seront très prudents. Pleur pas ! Si tu nous faisais plutôt les honneurs du gadget de bureau ?

Tournée générale de café, histoire de conserver les idées claires.

Vais me faire enrôler à la maison commune pour faire joujou avec ce truc, rit-il envers Maya qui, évidemment, s’angoissait pour son oncle.

Trente minutes… Court ou long selon le cas. Ici, les minutes s’écoulaient si lentement…
Que se passait-il là où étaient amis, conjoint, parent ?


*Si Müller a posé des explosifs à l’arrivée… *

Les nerfs furent mis à rude épreuve dans cette attente interminable. Miss Claiborne se rongeait-elle les ongles ? D’un geste plein de tendresse, il lui entoura les épaules :

Norman va bien. Je parie qu’ils dansent comme des fous devant un tas de diamants...

Pari perdu.
La demi-heure n’était pas achevée que, jailli tel un diable sur la plaque, un Steven ensanglanté apparut :


Walt est mort ! Comité d’accueil… faut des renforts !

Josh réagit immédiatement en s’armant à la va vite. Les « soldats » privés de chef, paraissaient pétrifiés :


Trois avec moi ! ordonna Josh qui ne s’étonna pas de voir aussitôt Lind et Maya le rejoindre. Un certain Rusty accepta aussi.

Tim, du nerf ! Envoyez nous quatre autres dans la minute ! Pas de tire-au-flanc !

Plouf !
Doigt sur la gâchette, sans transition marquante, les voilà plongés dans… l’obscurité totale.


*M***e ! Les lunettes…*

Rusty, le brave gars, avait pensé à les mettre, lui !

À terre ! hurla ce cadet à peine un pied dehors.

Des tirs nourris saluèrent leur intrusion.

Ça va ? Personne n’a rien ? murmura Josh.

Ouf ! La question était : les autres portaient-ils les lunettes de vision nocturne ou pas ?
Par instinct, tous les quatre roulèrent sur eux-mêmes. Quand Josh sentit un petit nuage de poussière lui frôler la joue, il sut :


*Ils en ont, les salauds !*


Vite, trouver un abri. Rusty tirait allez savoir sur qui. Dans les éclairs des coups échangés, Josh put distinguer des espèces de colonnes de roche. Maya étant la plus proche, il l’attrapa au bras tout en soufflant :


À droite, deux mètres !  

Ils y boulèrent sans se redresser d’un poil. Avec recul, Josh fut freiné par… un corps inerte qu’il palpa :

*Walt… Paix à ton âme… Bon Dieu où est Lind ?

L’abri semblant sûr, Rusty les ayant couverts, Josh osa crier :


Neil ? Norman ? Vous êtes là ?

Pas de réponse sauf deux sources distinctes de tirs.

Ma chérie, explore les contours de ce pilier. On doit trouver des lampes.

Oui, il y en avait mais quelque soient leurs efforts, les ampoules refusèrent de s’allumer.

Müller avait sans doute déconnecté l’éclairage. La position du panneau des fusibles était indéterminable.  Ils étaient faits comme des rats sauf si…


Fiat Lux !
Éblouis un court instant, moins que ceux qui portaient des lunettes, Josh et Maya purent enfin riposter. L’affaire fut vite réglée alors que Lind apparaissait sur la plaque avec trois soldats, tous munis de lunettes qu’ils ôtèrent illico.


Rusty, une balle dans le gras du bras fut évacué. Le silence était impressionnant maintenant.
On écouta en vain, seules les respirations haletantes furent perçues.

On se déploie, murmura Josh en acceptant une paire de lunettes au cas où.  

Il eut un sourire fielleux :


Vous et vous, tirez dans le vide. Faites croire que le combat se poursuit...


Il accrocha la main de Maya et sourit à Lind :

Il va bien ! Ils sont sûrement retenus quelque part. On se disperse, pas de bruits…

En catimini, avec en unique fond sonore des salves intempestives, les cinq des 7 mercenaires s’éparpillèrent.
Des galeries dans une grotte ? Peu importait où ils étaient : l’endroit était un labyrinthe de couloirs.
Les lampes disposées alentours manquèrent bientôt à l’appel. Cette fois, grâce aux lunettes, ils virent où ils mettaient les pieds.
De vagues échos furent perçus. Ceux qui les entendirent convergèrent vers l’émission. Un rire démentiel retentit :


VOUS ENTENDEZ ? Mes hommes continuent à abattre les vôtres !

La voix de Reardon, narquoise malgré un débit pénible s’éleva :

Vous … Vous êtes foutu … Müller. On… vous jugera équitablement… Vous n’avez pas… d’issue.
 

QUE VOUS CROYEZ ! Si quelqu’un franchit cette arche, je ferai tout sauter, tout, TOUT !


Un coup d’œil dans la sorte d’alcôve où se tenaient les pourparlers donna des sueurs froides à Cromwell. Müller avait une main près d’un bouton rouge.
Les discussions s’allongèrent un peu, Josh pesa pour et contre. Dans son angle de vue, il distinguait Chersterfield, allongé par terre comme le colonel, à trois mètres de l’entrée. Reardon, en retrait derrière, se tenait le côté sanglant. Par geste, Josh indiqua la manœuvre. Que tous visent les lampes, lui s’occuperait du reste. Neil reçut un fusil en main une seconde avant que tout s’éteigne...  
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Maya Clairborne

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MessageSujet: Re: Welcome!   Lun 26 Aoû - 0:15

Qui dit que l’amour rend bête ? Sans doute quelque amoureux transi, éperdu et aveugle. Les sentimentalismes outrageux allaient mal avec Maya.  Elle pouvait discerner, avec assez de précision, les changements qui pouvaient survenir. Il lui suffisait de l’intonation d’une parole, un regard, un geste…Elle était amoureuse de Josh Cromwell, la question ne se posait plus. Elle acceptait le fait et essayait de faire avec. Que tout ne semblait pas voué à se passer comme supposé, était tout une autre affaire. Quelque chose coinçait quelque part, autant pour l’un comme pour l’autre. Maya commençait à reconnaître motifs et raisons.
 
*Assume, ma fille…c’est pas pour demain !*
 
Elle ne lui en voulait pas. S’il avait pris la décision de retarder le moment de leur véritable union, libre à lui de décider.  De rien ne servirait brusquer les circonstances. La jeune femme acceptait, sans aucune arrière-pensée. La confession de Josh avait suffi pour l’éclairer suffisamment.

*Même morte, la vieille garce le tient !*
 
Maya, je n’ai jamais désiré une femme comme je te désire toi…
 
Elle se serait pâmée de bonheur si ce mots passionnés n’avaient été suivis d’un « mais »…Cette conjonction si courte et inoffensive résumait le tout et ne signifiait rien d’autre qu’insécurité, indécision, trouble et tout ce qu’on voudrait. Josh l’aimait, elle en était presque sûre, même s’il ne l’avait jamais dit mais…

*Il n’y a pas le feu au lac !*
 
Elle faillit en rire en parodiant l’expression d’une de ses camarades de classe, une suissesse  très marrante, sauf que le moment se prêtait mal à la rigolade. Donnant suite à ses idées, Josh avait déserté le lit comme s’il craignait quelque faiblesse inavouable et s’en était allé préparer un bain.

*Prends ton temps, mon amour, je n’irai pas bien loin !*
 
Et elle s’était endormie, tranquillement, sans sursauts d’âme, sachant qu’à son réveil, il serait là. Et il le fut. Lui, et la réalité.

Quelques heures d’absence avaient donné lieu à pas mal d’évènements.  Le village pacifié réclamait à présent un dirigeant. Oncle Norman, qui ne traînait jamais en chemin, avait trouvé la solution : Neil. Le peuple en plein acclamait le nouvel élu et tout aurait été  parfait si Chesterfield avait agrée la décision populaire. Or là, le mari de Lindsay ne semblait pas du tout prêt à prendre les rênes du bled. Il avait ses raisons, les exposa et cloua le bec à tout celui qui prétendrait le contraire.

 Il ne faut pas, IL NE FAUT PAS, que cela se reproduise ! Je démissionne immédiatement !
 
De quoi décontenancer tout le monde. Maya avait suivi le débat sans s’en mêler.  Chesterfield ne céderait pas d’un poil, ancré dans ses idées, appuyé inconditionnellement par sa femme et le plus ahurissant, par Josh, qui expliqua cette espèce d’alliance et pour couronner le tout proposa que ce soit Reardon qui prenne le poste.

C’était peu connaitre Norman Reardon. Après avoir ordonné à tout le monde de la fermer il avait exposé, ad hoc, ses propres raisons pour ne pas être le maire et nommé celui qui occuperait le poste vacant :

Timothy Firth comme maire provisoire jusqu’à clarification complète et stabilisation de la situation actuelle.
 
*Quel merveilleux diplomate !*
 
Sans laisser le temps à ce cher Timothy le temps de réaliser la teneur de ses responsabilités, le colonel embraya illico. Personne ne sachant ce qu’était devenu Gerd Müller on ferait mieux de s’acquitter à la tâche de le retrouver avant qu’il ne fasse un malheur.
 
Monsieur le maire Firth a peut-être une idée à ce sujet ?
 
La suite donna une idée assez claire de comment Müller s’était pris pour faire marcher son petit monde. Secrets, magouilles, élite. Peu avaient partagé les bienfaits de son cercle restreint. Pas Firth, en tout cas. La question de la pioche aux diamants, qu’elle n’avait jamais vu se posait. Selon le nouveau maire en fonction, son prédécesseur s’enfermait avec ses hommes de confiance pour après reparaître avec la paye en diamants sonnants et trébuchants.
 
*Au moins on espère que le vieux salaud ait sué sa part en les extrayant !*
 
Elle suivit sagement le mouvement qui les mena au bureau de Müller et participa activement au sondage de murs à la recherche d’un accès à la cache sacrée. Neil, suivant Dieu sait quel souvenir, le trouva et y découvrit une Pierre sacrée en miniature. Peu après, Tim trouva l’astuce et une plaque de téléportation apparut au centre du bureau.

La suite était prévisible.  Le colonel ordonna :

Neil prenez une arme. On y va avec Walt et vous Steven. Si vous n’avez pas de nos nouvelles dans 30 minutes, fermez le passage.

*Tu veux rire…reviens pas, j’irai te chercher !*
 
La mort dans l’âme, elle les vit disparaître. Que Lind éclate en sanglots n’étonna personne, que Josh se précipite la consoler ne l’étonna pas, elle !

 
*Il y croit ferme à cette histoire de grand-frère…le pire est que j’y crois aussi…elle en a de la chance, cette petite !*

Dix, vingt minutes. Arriver près de trente causa des remous. On commençait à se ronger les ongles. Maya  essayait de garder son calme mais une suite de scénarios  tragiques se bousculait dans sa tête. L’apparition de Steven, baigné de sang, hors d’haleine mit fin aux élucubrations. Tout avait mal tourné. Müller, embusqué dans les souterrains les avait accueillis à sa façon et en toute évidence ne comptait pas renoncer à son poste sans donner du fil à retordre!

Si voir Cromwell s’adjuger le commandement de l’opération surprit quelqu’un, on ne le sut pas. Après un très court laps de flottement, dû à la surprise, tout le monde sembla reprendre le sens de la réalité, guère engageante, à vrai dire. Josh réclamait trois volontaires. Sans le penser deux fois, Maya avança, résolue de même que Lindsay. D’autres se pressaient au portillon mais la Plaque ne prenait que quatre par tour. Ordres pertinents donnés, ils se téléportèrent.

L’obscurité la plus totale les accueillit. À part le jeune Rusty, personne n’avait songé aux lunettes de vision nocturne, de quoi les faire pester en silence. Les autres emblaient les avoir attendus, car à peine apparus, on les arrosa d’une pluie de plomb.
 
À droite, deux mètres !  
 
Pas le moment de discuter, elle fit une série de roulé-boulé et se retrouva adossée à la paroi de pierre. Son cœur battait en accéléré. Quelque part, Rusty tirait avec entrain mais elle sentit Josh tout près. De Lind, pas de trace à moins que la miss soit restée an arrière ou…

*Non…pas ça…elle va bien…elle doit aller bien !*
 
Neil ? Norman ? Vous êtes là ?
 
Cet appel la fit sursauter, qu’il n’y ait pas de réponse lui serra affreusement le cœur.
 
Ma chérie, explore les contours de ce pilier. On doit trouver des lampes.
 
Ces mots furent un baume pour son esprit chaviré. « Ma chérie »…elle faillit soupirer d’aise mais le moment était malvenu pour les sentimentalismes. Obéissant, elle se glissa le long du mur, en tâtonnant. L’interrupteur fut vite trouvé mais elle eut beau l’actionner, rien ne se passa. Nouvelle série de roulé-boulé à la recherche du panneau de fusibles.

*Ce ne doit pas être bien loin…CE doit être par ici…*
 
Si ce souterrain était bâti suivant le même plan que les autres, le fichu panneau devait se trouver sur sa gauche, à quelques mètres de l’entrée. Rusty continuait de tirer et les autres ripostaient. Maya essuya la sueur qui lui dégoulinait dans les yeux, sa main tremblait légèrement. Elle avait peur. Impossible autrement. Enfin, ses doigts trouvèrent le panneau. Ses tâtonnements incertains lui valurent un petit coup de courant qui la secoua désagréablement.

*Au moins on sait qu’il y a du jus !*

La lumière se fit, la prenant de court, comme aux autres, sauf qu’ils étaient munis de lunettes de vision nocturne et cette brusque clarté les aveugla le temps suffisant pour se laisser descendre comme des canards de foire. Elle se refusa à sentir le moindre remords. Lindsay venait de les rejoindre, apparemment la « petite » avait de la suite dans ses pensées et en voyant leur situation première était retournée « en haut » chercher des renforts et des lunettes spéciales. D’autres ne tardaient pas à suivre. L’ennemi était vaincu mais Josh crut pertinent faire croire que le combat de se poursuivait, dans le but de confondre Müller.
Les lunettes apportées par Lindsay ne tardèrent pas à leur servir. De nouveau dans le noir, ils purent avancer sans trébucher dans ce dédale  de couloirs.

*Embranchements de mine…Seigneur…incroyable…*
 
Elle ne put s’empêcher de toucher l’objet brillant enchâssé dans la paroi inégale. Sans effort, le caillou resta dans sa main. Maya ne retint pas un gloussement.

*Par tous les diables…un gros diamant !*
 
Mais déjà des éclats de voix l’obligèrent à retomber sur terre. Entre mille, miss Clairborne aurait reconnu l’accent marqué de l’ex maire. Son rire débile la fit craindre le pire.

*En plus…il est plus fou qu’une chèvre…Oncle Norman…sois là…je t’en supplie…sois là*

Il y était. Mal en point mais en vie. Autant que Neil. Tous deux à terre, face à un Müller en plein délire.

VOUS ENTENDEZ ? Mes hommes continuent à abattre les vôtres !
 
Blessé ou pas, le colonel ne demeura pas en reste.

Vous … Vous êtes foutu … Müller. On… vous jugera équitablement… Vous n’avez pas… d’issue.
 
*Ferme là, Norman…tu vas te faire encore descendre !* 
 
QUE VOUS CROYEZ ! Si quelqu’un franchit cette arche, je ferai tout sauter, tout, TOUT !
 
*Génial!*
 
L’affaire ne se profilait pas sous un jour trop optimiste. Le fou de service détenait un détonateur, sans doute très sensible et semblait très réjoui avec l’idée de les envoyer tous, lui inclus, en enfer.
 
Et puis…
 
Sorti d’on ne sait où, un homme avait sauté sur Müller en même temps que Neil tirait sur ce dernier, avec la saine intention de se défaire de lui d’une fois pour toutes. Quelqu’un actionna de nouveau le panneau de fusibles et la lumière revint pour éclairer la scène. L’inconnu avait reçu la balle destinée à Müller et celui là, ravi de l’aubaine, ne trouvait mieux que reprendre vite fait ses esprits, se dégager du corps qui lui était tombé dessus et entreprendre de relever pour prendre la clé des champs. Maya n’hésita pas, le gros diamant qu’elle avait encore dans sa main, fila doit au but. Müller s’affala comme touché par la foudre. Norman Reardon chancelait, sa blessure n’était pas mortelle mais méritait toute attention.
 
Tu peux t’asseoir…même t’allonger ou t’évanouir, Norman…arrête de jouer les durs…Dis rien, vieil homme…je t’adore!
 
Le colonel se contenta d’un petit sourire de travers, sa nièce bien-aimée le retenant, il ne vit aucun problème pour tomber gentiment dans les pommes. Pour une fois, on pourrait se débrouiller sans lui.

Une unité médicale ne tarda pas à faire irruption et évacuer les blessés. Reardon se remettrait sans souci, l’inconnu, lui, n’avait pas autant de chance, sa blessure fut jugée comme mortelle. Müller fut écroué et emmené, sans aucun ménagement, à le surface où il devrait affronter le juste courroux de son prochain.

Les Chesterfield ne semblaient pas le moins du monde surpris par ce qui les entourait. Pour le reste, cela allait tout autrement. Après tout, qui avait jamais été confronté à une réalité aussi éblouissante ? Où que portait la lumière, les parois scintillaient, éclatantes de mille feux.

 
Je ne suis qu’une faible femme, admit Maya, en cueillant une pierre brillante, et pour ceci…se damneraient toutes les filles du monde…des diamants à gogo…c’est dingue…emmène moi d’ici, Josh, avant que je ne cède à la folle tentation !
 
Qu’il faisait bon se retrouver à l’air libre. Fri leur fit la fête et Tally, boitilla bravement à leur rencontre en remuent la queue avec fol entrain. Pendant un moment on se laissa aller à la liesse générale. Tyran vaincu, ils redevenaient maîtres de leur liberté. Le bilan de cette victoire était quand même lourd. Beaucoup avaient perdu leur vie mais d’autres y revenaient. Triste défilé des esclaves de la mine. De quoi les faire tous retomber dans la plate réalité. Ils avaient été plus d’une centaine, au début, il n’en restait qu’une douzaine à survivre aux sévices d’inouïe cruauté. On les accueillit comme des héros avec promesses de justice et équité.
 
Maya caressa doucement les cheveux poivre-sel du colonel, qui pour une fois se laissa faire avec la condescendance d’un chat satisfait.

Le toubib assure que tu seras sur pied très vite…pour un monsieur de ton âge, tu t’en tires très bien...Faudra penser à prendre la retraite, Norman.
 
Que je sois cloué à un lit ne te donne pas le droit de te montrer irrespectueuse, petite…mais je passerai un trait sur ça…Sans ton mari, sais pas comment tout aurait fini…C’est un brave gars, si j’avais eu un fils…j’aurais voulu qu’il lui ressemble…
 
Elle se pencha pour l’embrasser sur le front, en rigolant.
 
La perte de sang te rend sentimental, tonton…
 
Pas du tout, se défendit-il, suis pas gaga…je sais ce que vaut ce garçon…es-tu heureuse, ma belle ?

Oui…très…
 
Mais ?, dit-il sans hésiter, parce qu’il y a un mais là…je le vois dans tes yeux…tu ne sais pas me mentir, Maya…qu’y a-t-il ?
 
Rien, Norman…repose toi plutôt…t’es pas en état de me larguer un sermon !, elle lui colla un gros bisou sur la joue et avant qu’il ne s’avise à continuer, elle avait fait demi tour et allait vers la porte tout juste pour se retrouver face à un obstacle inattendu.
 
Bon sang, Josh…t’ai pas entendu arriver…Cela fait longtemps que tu es là ?
 
Compte tenu de son regard et expression, fallait croire que oui. En tous cas suffisamment pour avoir entendu sa petite conversation avec Norman.

Laissons le dormir…là, il commence à dérailler doucement…
 
Il la suivit mais ils n’allèrent pas bien loin, au détour du corridor, il s’arrêta, la retenant doucement. Maya l’écouta, tête baissée, les idées en cavale.

Bon Dieu, Josh…je n’ai pas menti pour le calmer…Je suis heureuse…tu le sais !...Non, je ne te raconte pas des salades…Écoute…entre nous, c’est comme ça…Je sais que cela coince quelque part mais on n’y peut rien…Oui, Josh…je sais pourquoi…et non, je ne t’en veux pas…Peux pas t’en vouloir…, elle leva la main et lui flatta lentement sa joue barbue, je ne te l’ai peut être pas dit mais…je t’aime, grand sot…décidément oui…je t’aime…et on finira bien par y voir clair…peu importe le temps que cela prendra…si tu peux me supporter, bien entendu…
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Josh Cromwell

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MessageSujet: Re: Welcome!   Mar 3 Sep - 21:18

C’est un brave gars, si j’avais eu un fils…j’aurais voulu qu’il lui ressemble…

Pouvait-on rêver meilleur compliment de la part d’un homme qu’il respectait sincèrement ?
En suivant le mouvement au centre médical, Josh n’avait pas prévu de laisser une oreille indiscrète traîner par là. L’affaire de la mine s’était réglée si vite… Neil avait reçu le fusil lancé et en avait fait usage. Un des prisonniers, tel Zorro, avait fait du zèle et s’était pris la balle destinée à Müller. En somme tout allait aussi bien que possible. Mais… Oui, il y avait un mais, et de taille. La nièce du colonel avait répondu qu’elle était très heureuse puis dévié les explications. Douleur intense. Elle le surprit ensuite en train d’écouter à la porte :


Bon sang, Josh…t’ai pas entendu arriver…Cela fait longtemps que tu es là ?

Son regard lourd parla pour lui.
Elle voulait que son oncle se repose, il n’y voyait pas d’inconvénient mais ne put s’empêcher de l’arrêter en chemin :


Tu n’es pas heureuse, n’est-ce pas ? … J’aime pas qu’on raconte des salades !...

Écoute…entre nous, c’est comme ça…Je sais que cela coince quelque part mais on n’y peut rien…

Oh si ! Ils y pouvaient quelque chose, lui surtout. Il dit :

As-tu la moindre idée du pourquoi de cette situation entre nous ?

Elle avait sa petite idée sur la question et prétendit ne pas lui en vouloir le moins du monde… au contraire :

Je ne te l’ai peut-être pas dit mais…je t’aime, grand sot…décidément oui…je t’aime…et on finira bien par y voir clair…peu importe le temps que cela prendra…si tu peux me supporter, bien entendu…

Impossible de ne pas sourire et d’affirmer :

Maya Clairborne, tu me tapes sur le système mais je… je t’aime aussi, crois-moi s’il te plait !  


Ces mots stupides, il ne les avait avoués à aucune femme, et s’il avait dû le faire, ce n’aurait sûrement pas été à Emily, sa tyrannique amante.
Ce lieu ne se prêtait aucunement à des déclarations, le personnel hospitalier les regarda à la fois amusé et réprobateurs, aussi ils battirent en retraite. L’entourant de son bras vigoureux, il l’entraîna vers la plage où une splendide lune se reflétait sous un ciel piqué d’étoiles inconnues.


… Non, rit-il, pas de bain de minuit ! Juste ôter nos godasses et marcher au ras des vagues, si ça te convient.

Ils s’exécutèrent puis Josh siffla. Un Tally débordant de joie les rejoignit bientôt, monté par un petit macaque déluré. Belle et bonne soirée après tant d’émotions diverses.
Main dans la main, riant des cabrioles des animaux, sans penser aux effets secondaires du bain et du sable mêlés aux poils, ils tentèrent d’échapper à leurs tourments directs.
Un peu plus tard, ils s‘assirent en regardant la lune :


Norman va s’en tirer, tous vont s’en tirer. On a fait notre B.A du jour, non ? … Que penses-tu qu’il va se passer après ces « exploits » du prisonnier ?... Au staff, tu crois ? Il en a dans le ventre mais que sait-on de lui au juste ?  … Me suis un peu renseigné, vois-tu… C’est pas clair, non ! Il est considéré comme steward sur le vol mais s’est isolé rapidement… Hermite, sage local, nomme ça comme tu veux, c’est bizarre à mon sens… Tu connais le proverbe : a beau mentir qui vient de loin ! Qui dit qu’il n’était pas à la solde de Müller en définitive ? … Ouais suis un grand méfiant de nature, bien vu !

Ils discutèrent un peu sans aborder les sujets délicats et se remirent en route vers le bungalow de Maya.  Au passage, la Pierre leur accorda en tout et pour tout une boîte de sardines et un paquet de pâtes alimentaires. Quel festin !


*Va falloir payer autre chose que des prières pour bouffer, now !*

Fin de soirée banale où, tel un vieux couple, ils s’endormirent côte à côte après un bref câlin. Jsh en tout cas feignit. Il en aurait pleuré de dépit. Quoiqu’il adorât Maya et désirait le lui prouver, il en était incapable sans certains… stimuli.  

*Emily si tu n’étais pas morte… je t’étranglerais volontiers !*

Souvent, Josh avait pensé à se débarrasser d’elle, de cette façon ou d’une autre puis le hasard avait plus ou moins résolu l’affaire sauf que la perte avait été plus cruelle que prévue. Secret de nature, forcé de taire beaucoup sur son existence, il détestait celui qu’il était devenu à cause de cette diablesse. Maya était… de l’oxygène pur, sa rédemption, ses espoirs.

*Mais si tu continues à te montrer si nul, elle ira vite voir ailleurs !... Elle t’a dit qu’elle t’aimait… Dur sans doute pour elle d’avouer un pareil truc… Autant qu’à toi, cloche ! *

Y avait-il un psy au village ? Faudrait vite le consulter.
Il rumina un temps interminable avant de céder à la fatigue saine.
 

Le lever du jour les tira des limbes. Il fallait partir aux nouvelles. La maison commune grouillait de monde de même que la place. Tous attendaient des révélations de la part du nouveau staff et du maire en particulier.  Très sérieux selon son habitude, flanqué de tonton Norman, Timothy Firth repoussa gentiment tout ce monde dehors pour une allocution générale. Le silence se fit quand il s’empara d’un microphone :


Mes chers administrés… Je n’ai pas demandé cette fonction mais je l’accepte avec la ferme intention de la remplir dévotement et pleinement. Cette nuit, une grande victoire a été remportée avec l’arrestation du despote Gert Müller. Je jure solennellement que ses coupables agissements ne se reproduiront pas, pas ici, pas chez nous. Notre communauté, si vous le souhaitez, sera basée sur l’entraide, la fraternité. L’ancienne milice a été modifiée. J’en ai nommé le colonel Reardon comme chef ; il a mon entière confiance. Au département des plaintes et griefs, j’ai adopté Mrs Chesterfield et Mrs Cromwell. Leurs époux, de concert, géreront développement et économie ; nous aideront également dans nos tâches, etc. Etc.  


Josh lança un regard entendu à Neil. Pour une fois, les voilà à égalité, forcés de collaborer.

*… Pas évident…*

Firth brossa un rapide tableau des premiers changements, genre liberté, égalité, choucroute pour tous. Ensuite il s’éclipsa avec le colonel qui cligna de l’œil à sa nièce.


Bon, fit Josh, je suppose que je devrais m’entretenir avec Chesterfield et toi avec Lind…


Il rigola franchement quand Maya lui suggéra de croiser les échanges. Puisqu’elle l’approuvait…

Salut soeurette, ça va ?... Ouais, pas commode cette nuit mais tout baigne, non ?... Ça ne m’étonne pas qu’il ait fichu le camp, ce Manakiel ne me bottait pas trop… Ok, ok, suis trop méfiant, tu as raison. Tu partagerais un café en ma compagnie, ou tu préfères une balade sympa ?...


Manifestement Lind désirait aussi s’entretenir de certaines choses. Ils sortirent librement du village sans que nul milicien ne s’interpose à leur déplacement.


… Je vois… J’ai eu du mal à m’en convaincre mais tout porte effectivement à croire que toi et Neil vous êtes déjà venus ici, mais si dingue !!... Je n’en sais rien ma belle sauf, peut-être que Neil a raison de vouloir éviter ça...


Il était si peu courant que Cromwell donne raison à Chesterfield que Lind ne le rata pas :

… Suis pas un gamin, je sais enterrer la hache de guerre quand il faut ( air morose) ... Moi, des soucis ?


N’avait-il pas besoin d’un psy ? Lind n’était-elle pas la seule à qui il se soit un peu confié ? Ils étaient arrivés au bord d’un petit promontoire surplombant le doux ressac de l’océan qu’il contempla, pensif :

*Si je lui dis et qu’elle rigole, je saute…*

Il se retourna néanmoins vers elle, l’affrontant direct :

Suis impuissant avec Maya, ça te va comme souci ?  

Lind resta sans voix quelques secondes, le temps que Cromwell pense sérieusement à plonger. Puis, très doucement, elle reprit la parole.

… Non, je ne suis pas timide à ce point Lind ! Cette relation est… tellement différente ! J’aime Maya, du moins je le crois. Pour une fois, j’aime, euh, de façon… normale et ça coince bordel !

Lind en savait déjà un bout et fut assez diplomate pour le laisser vider son sac sans critiques :

JE NE PEUX PAS DEMANDER À MAYA DE ME FRAPPER AVEC… AVEC TOUT ?? De s’habiller en kapo matraquée, de… oh Lind, sais pas comment m’en sortir !!  Qui- tu-sais m’a complètement détraqué ! Le pire est qu’Emily adorait que je réplique et jamais, JAMAIS je ne veux lever la main sur Maya. J’ai peur de l’approcher trop intimement et de la blesser, tu piges ? Ça me fait perdre tous mes moyens, si bien que je pense qu’elle me prend pour un frimeur de première. Ferais mieux de sauter…


Pourquoi cette symbiose existait-elle entre Miss Fairchild et lui ? Ils s’étaient bien entendus dès leur première rencontre et cette concordance ne s’était jamais rompue. Une fois encore elle le démontra magistralement en comprenant ses intentions qu’elle freina de main de maître. Belle engueulade, comment espérer moins ?


*Si innocente…*


Bien que choquée, outrée ou révoltée par les par l’exposé de pratiques sexuelles inconnues, Lindsay le sermonna :

… T’es con, vieux frère, tu me débites ton histoire et après veux foutre le camp !...Fichu pour toi, maintenant tu restes là et écoutes…

D’un ton passionné, elle le mit en face d’évidences : seule une sérieuse conversation avec Maya règlerait le problème.

Va la retrouver, Josh…n’aie pas peur…quand l’amour est bon, ça tient tous les coups !...Vais chercher Neil, il doit être par là en train d’arranger le monde…on se voit ce soir pour dîner, ça te va ?...Allez, bouge-toi, me dis pas que tu es trouillard à tes heures !


Il s’en serait tapé la tête au mur pour autant qu’il y en ait un à proximité. Avouer ça à celle qui comptait enfin vraiment pour lui ? Pour l’absolution, autant rêver…  Lind avait raison mais tort aussi. Il n’était pas trouillard mais ne voulait pas risquer de perdre l’amour enfin trouvé.
Très tourmenté, il erra sans but précis tout en sachant qu’on devait l’attendre à la maison commune pour diverses dispositions à prendre.  
Forcé de passer près du centre névralgique, il fut étonné par un surcroît d’activité.


*Hein ?*

Une civière évacuait Neil en courant.
Il agrippa Lind au passage :


Il s’est passé quoi ?

Elle n’en savait rien, une sorte d’attaque cérébrale mêlée d’Indiens.

Vas-y, suis-le ! Je cherche Maya…


Trop préoccupée par l’état de son mari, Lind ne l’aida pas sur ce coup.  

Maya était à la maison commune en train de remplir ses fonctions aux plaintes. Débordée, elle ne lui accorda qu’un demi-sourire.


Tu veux un coup de main ? Neil est hors course, on dirait ?

Il s’assit à son côté et ensemble enregistrèrent les doléances des plaignants tout en se glissant des confidences :

Ok Mrs Griffith, marre de vos saccages de rosiers. C’est noté, au suivant !  Qu’est-ce qui s’est passé ?

Lind avait murmuré un truc à Neil qui en avait été comme frappé par la foudre.

… Très bien Mr. Bauer, la Pierre veut votre peau, on s’en occupera. Suivant !
Maya, je voudrais mettre au point certaines choses…


Merde, Firth le réclama et il dut céder – à regret - son poste à une blondinette aux dents proéminentes.
Dès la porte close derrière eux, Tim l’apostropha :


Votre place n’est pas aux bureaux des plaintes, Josh : nous avons un Indien dans la ville !

Il se foutait de lui ou quoi ?

Reardon lui court après. Il est apparu dans plusieurs secteurs en fichant la trouille à plus d’un.

Qu’y puis-je ?

Vous avez lu, comme moi et Norman, les récits d’un certain Dan… Bref, ça recommence !

Vous pensez que des gens de l’autre côté nous visitent ??

Je n’en sais rien mais Chesterfield oui ! Sinon pourquoi serait-il tombé dans les pommes quand sa femme lui a dit en avoir vu un ?  

Je sais pas quoi dire, je…

En l’absence de Neil, c’est vous seul qui êtes responsable de l’économie. Il me faut un plan de développement rapidement. Oubliez le reste !  Je vous adjoins Miss Cross pour vous aider.

Miss Pearl Cross était une perle. Petite, binoclarde, très charpentée, elle reflétait l’efficacité très en chair. Il lui confia la tâche de dénicher les relevés topographiques des champs et moyens d’irrigation, de lister les pêcheries ainsi que leurs limites puis retourna auprès de Maya qui transpirait sous l’affluence. 17h pile, Josh ferma le volet du guichet :

Tu poursuivras demain, là on doit parler.

Manu militari, il lui prit le poignet sitôt sac et veste attrapé et la mena dehors.
Il ne desserra pas les dents avant d’arriver à un bout de plage désert. Là, il s’assit lourdement sur le sable, se prenant la tête à deux mains
:

Sais pas par où commencer.  Je t’ai déjà raconté mes relations avec Emily mais pas… tout !... J’avais, j’ai honte ! En aucun cas je ne veux te blesser ni au physique ni au moral, comprends-tu ? Je t’aime Maya mais…

Des détonations soudaines l’empêchèrent de poursuivre…  
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Maya Clairborne

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MessageSujet: Re: Welcome!   Ven 4 Oct - 18:08

Maya Clairborne, tu me tapes sur le système mais je… je t’aime aussi, crois-moi s’il te plait !  
 
C’était tout ce qu’elle avait besoin de savoir. S’il l’aimait, alors tout irait bien, envers et contre tout, ils s’arrangeraient.  Sans lui laisser le temps de placer un mot de plus, il l’entraîna hors du dispensaire et prit le chemin vers la plage. Elle ne dit rien, sa proximité lui suffisait. La lune, dans toute sa splendeur donnait au paysage un aspect féerique.
 
C’est merveilleux…On peut prendre un petit bain ?, s’enquit-elle, rieuse.
 
Mais Monsieur  ne voulait que se balader au ras des vagues en y trempant les pieds. Maya n’y vit pas d’inconvénient. Tally et Fri  ne furent pas longs à les rejoindre, paire de fous, et s’en donnèrent à cœur joie en galopant sous la lune et se livrant à toutes sorte de cabrioles.

En silence, elle serra la main de Josh et fit des ronds dans le sable. Ce ne fut qu’un bon moment après qu’ils s’assirent à même le sable, à regarder la lune, alors que les bestioles s’accommodaient tout près, l’une sur l’autre.
 
Norman va s’en tirer, tous vont s’en tirer. On a fait notre B.A du jour, non ?
 
Ben oui, comme des braves petits soldats !
 
Que penses-tu qu’il va se passer après ces « exploits » du prisonnier ?
 
Ramenant les genoux sur la poitrine, Maya soupira :
 
C’était une situation extrême, ça provoque des réactions extrêmes…Ça lui vaudra une place au staff, j’ai entendu Firth dire qu’il allait le lui proposer, on a besoin d’hommes comme lui…

Josh demeurait sceptique et avait mené sa petite enquête.
 
Il est considéré comme steward sur le vol mais s’est isolé rapidement… Hermite, sage local, nomme ça comme tu veux, c’est bizarre à mon sens… Tu connais le proverbe : a beau mentir qui vient de loin ! Qui dit qu’il n’était pas à la solde de Müller en définitive ?
 
Elle lui coula un coup d’œil amusé.
 
Et bien sûr, pour camoufler ça…il se fait descendre…franchement, Josh, faut pas exagérer !
 
Ouais suis un grand méfiant de nature, bien vu !
 
C’est normal être méfiant dans notre situation…mais ne devenons pas paranos, ça n’aidera à rien !
 
Facile à dire ! Tout le monde était un peu, assez, sur les nerfs, la Pierre se montrait d’un radin exécrable et les prières normales se voyaient  récompensées par des dons…misérables.  
 
*On trouve mieux ou on fait du régime ! Ça va en faire, des plaintes *
 
Mais elle n’en pipa mot. Josh ne semblait pas trop disposé à discuter quoique ce soit, et elle n’en avait guère envie, non plus. Il semblait abattu mais Maya voulut mettre ça au compte de la fatigue et le stress qui semblait être leur jour le jour.
 
*Oui, pense ce que tu veux, ma fille…à part ça, quelque chose lui pèse lourd sur le cœur !*
 
Les derniers événements  avaient chamboulé tout le monde, inutile d’en rajouter une couche en y mêlant leurs états d’âme. Comme toujours, elle s’endormit dans les bras de Josh, en se disant que leurs lendemains seraient meilleurs, sans trop savoir comment ils arriveraient là !
 
Le nouveau jour commença par un discours du nouveau maire. Firth assurait ne pas avoir visé ce poste, et tout le monde le crut volontiers tout autant que nul ne douta de son intention à remplir le devoir avec totale dévotion. C’était tout à fait son genre.  Gerd Müller écroué, tous devaient se sentir rassurés sur ses intentions de rendre leur futur meilleur et pour cela, il avait quelques idées très méritoires…surtout à l’heure de distribuer le boulot !

 L’ancienne milice a été modifiée. J’en ai nommé le colonel Reardon comme chef ; il a mon entière confiance. Au département des plaintes et griefs, j’ai adopté Mrs Chesterfield et Mrs Cromwell. Leurs époux, de concert, géreront développement et économie …


*Pas à dire…lambine pas en chemin, le gars…Neil et Josh travaillant ensemble…tiens, ça n’a pas l’air de leur déplaire…Serait-ce possible qu’ils soient enfin d’accord ?*

L’idée en soi, était brillante, faudrait encore voir comment s’y prendraient ces deux fortes têtes  avec cette collaboration forcée. Oncle Norman semblait bien s’amuser, en tout cas.

Bon, fit Josh, je suppose que je devrais m’entretenir avec Chesterfield et toi avec Lind !

Sans doute, mais ça peut attendre…va plutôt avec Lind, elle a pas mal à raconter, je parie…Je vais parler avec Neil…On se retrouve plus tard, ok ?
 
Il s’en alla avec sa « petite sœur » et elle allait rejoindre Neil quand une des dames du comité s’interposa sur son chemin.

Je voulais vous féliciter pour cette nomination, ma chère, dit Mrs. Elwood d’un petit ton pincé, et…pour votre mariage, aussi !
 
*Vieille entremetteuse*
 
Je vous en remercie, Mrs. Elwood.
 
Et puisque vous êtes chargée des Plaintes et Griefs, je voudrais profiter pour…
 
Pour cela, Mrs. Elwood, vous devrez attendre l’ouverture des bureaux, étant donné que cela ne fait pas 20 minutes qu’on m’a décerné le poste, veuillez bien patienter jusqu’à ce que je m’installe. Je suppose qu’ Chicago,  vous n’arrêtiez pas les employés de la Mairie en pleine rue, pour déposer une plainte, n’est-ce pas ?...Et bien, ici, tout sera fait selon horaire et règlement. Je vous souhaite une bonne journée, Mrs. Elwood !
 
Elle la planta là, sans attendre sa virulente riposte de citoyenne outrée.
 
*Ça commence bien !*
 
Et cela n’alla pas mieux. Pour alors, Neil avait disparu dans la Maison Commune, sans doute pour une nouvelle réunion. Timothy Firth n’avait pas fait le travail à moitié, toujours aussi méticuleux qu’on pouvait s’y attendre, tout était à sa place pour que tous et chacun commencent avec leur travail, séance tenante.  Maya occupa son poste, sans s’étonner qu’il  ait déjà une longue queue face au guichet. S’armant de patience et de son meilleur sourire, elle entama une longue journée.

Que se passait-il ? Elle avait vu Neil passer en coup de vent, l’air fou, suivi de sa chérie en émoi. Devinait un problème, elle abandonna les plaignants en leur indiquant d’attendre et se faufila dans la salle du conseil où Chesterfield au comble de l’excitation hurlait :


ILS SONT LÀ ! Faut surveiller toutes les plaques, les barricader. ON A UNE GUERRE IMMINENTE À… à…
 
Il ne finit pas son exposition et s’effondra sous le regard stupéfait des présents.  Quelle pagaille ! En larmes, alors que le Dr. Gardner examinait l’évanoui, Lind livra sa part de l’histoire qui n’était pas des moindres : un Indien se baladait là dehors, elle l’avait vu de ses propres yeux. Cela avait déclenché la crise. On évacua Neil tandis que les autres commentaient l’affaire. Oncle Norman la prit à part :

Il se peut que Chesterfield ait raison d’être dans tous ses états…Tu as lu, aussi bien que moi le manuscrit de MacIntosh…Il y parle d’une invasion de gens venus d’ailleurs…

Oui, j’ai bien lu ça…Tu crois vraiment que…
 
Il y croyait et ne tarda rien à mettre la Milice en mouvement pour donner la chasse à l’Indien coupable de tant d’émoi !
 
*Mais où diables est passé Josh ?*
 
Il se pointa un peu plus tard, sans donner d’explications sur son absence prolongée. Maya ne demanda rien, non plus et agréa qu’il prenne place à ses côtés pour continuer à recevoir plaintes et griefs, qui ne manquaient pas.
 
Neil est hors course, on dirait ?
 
Non, Mme. Payton …on y peut rien si vous employez le mauvais engrais…faudrait voir ça avec le département d’Agriculture…Guichet 5 , puis se tournant vers Josh, oui, une histoire étrange…
 
Entre un dolent et l’autre, ils poursuivirent leur conversation et mise à jour.
 
Maya, je voudrais mettre au point certaines choses.
 
*Mon Dieu…ça a l’air grave*
 
Mais elle n’eut pas le sursis d’en savoir plus, déjà leur boss, Firth, réclamait la présence de Josh et laissait une remplaçante pour aider Maya.

Je suis Lily Combs, se présenta la nouvelle arrivante, qu’est-ce que je fais ?
 
Tu prends ton mal en patience et souris…Je suis Maya Clair….Cromwell !
 
*Si ce pouvait être vrai !*
 
L’après-midi traînait en longueur, les gens n’en finissaient pas de se plaindre à tout va de tout et de tous.  S’il n’avait tenu qu’à elle, Maya les aurait tous envoyés se faire voir ailleurs et maudissait le nouveau maire de lui avoir donné un boulot si rébarbatif. Son salut vint néanmoins avec le retour de Josh, qui sans faire des histoires, ferma le guichet á 17h pile, sous le nez des citoyens consternés.

Tu poursuivras demain, là on doit parler.
 
Nous ouvrons de 9h à 17h, avec pause déjeuner à 12.30, annonça t’elle à la cantonade avant d’attraper sac et veste et le suivre.
 
Comme si elle avait l’intention de s’échapper, il la prit du poignet et ne la lâcha pas ni dit un mot jusqu’à être arrivés à la plage.
 
*Qu’est-ce qu’il va me sortir, là ?...Il a une tête…*
 
Le voir s’asseoir sur le sable et se prendre la tête à deux mains, lui fit craindre quelque aveu douloureux.  L’angoisse lui nouant la gorge, Maya s’assit face à lui, sans oser le toucher.

Sais pas par où commencer.  Je t’ai déjà raconté mes relations avec Emily mais pas… tout !... J’avais, j’ai honte ! En aucun cas je ne veux te blesser ni au physique ni au moral, comprends-tu ? Je t’aime Maya mais…
 
*Où veut-il en venir ? Me blesser…au physique et au moral ?...*
 
Josh que…
 
Des coups de feu mirent fin à l’entretien de façon abrupte, avant même qu’il n’eut commencé. Josh avait bondi sur ses pieds, toute confession remise à Dieu sait quand.
 
…Oui, on dirait que ça barde au Village…Je commence à en avoir sévèrement marre, moi…Attends une seconde, Josh…écoute, quoique ce soit…ça va s’arranger…je t’aime…je t’aime sans mais…

Et de l’octroyer, vite fait, d’un baiser renversant, avant de se mettre à courir vers la source de leurs soucis immédiats.

 Il y régnait une pagaille sans pareil. La Milice avait ramené « L’indien » de sa virée. Il ne s’agissait que d’un gars, nommé  Bo Taggert, qui n’avait trouvé rien de mieux à faire que se déguiser en Sioux et courir la nature en fichant la frousse à ces honnêtes citoyens,  qui n’avaient besoin d’aucune aide pour sombrer dans la paranoïa dans toute sa splendeur. Il avait été question de lynchage  et un des miliciens avait tiré une rafale en l’air pour apaiser les élans vengeurs.

Le colonel fit embarquer Taggert et l’enferma en prison. Ça lui laisserait le temps de méditer sur les méfaits de l’imbécilité.

Génial…on peut reprendre notre conversa…Oh non ! Firth encore !
 
En effet, celui-ci s’amenait avec un sourire fatigué.
 
Josh, j’ai besoin de vous !
 
*Vais l’étrangler, celui-là !*
 
Il avait des bonnes raisons pour demander l’aide de Josh. La situation avec la Pierre devenant préoccupante, il avait décidé d’organiser la distribution de diamants à la population pour que celle-ci puisse subvenir à ses besoins en toute dignité.
 
Excusez-moi de m’en mêler, Tim…C’est très louable mais faudra leur laisser clair que ce ne sera qu’une mesure extraordinaire…qu’ils devront travailler après pour en avoir plus, sans ça…on les aura sur le dos le reste de nos jours !
 
Merci, Maya…J’ai tenu ça en compte, c’est pour cela que j’ai besoin de votre mari…si vous nous excusez !
 
Elle avait envie de pleurer, là, au milieu de la place, en voyant son chéri emboîter le pas au Maire. Faute de mieux à faire, elle se dirigea vers l’hôpital pour prendre des nouvelles de Neil.

Pauvre Lind, elle semblait si affligée, se faisant un sang d’encre pour son mari. Il était encore inconscient et on ne savait pas quelles seraient les séquelles de cette attaque fulminante.
 
Neil est jeune et fort, ma chérie, tu verras…il se remettra. Trop de trucs lui tombent dessus en même temps, c’est aussi du stress…Au fait, l’indien n’en était pas un…Bo Taggert qui voulait faire une blague, soupir, oui…je sais, ça a bouleversé Neil à cause de ce qui s’est passé « avant »…je l’ai lu, tu t’en souviens ?...Mais passant à autre chose…je me fais du souci pour Josh…Non, justement…on allait parler quand il y a eu le pétard avec Taggert…Je sais que tu t’entends très bien avec lui…mais non, voyons, ça ne me dérange pas le moins du monde, tu es un peu ma belle-sœur… et c’est bien comme ça…Dis-moi, tu sais quelque chose que je devrais savoir ?...Je t’en prie, Lind…suis perdue, je sais que quelque chose cloche et il ne trouve pas comment me le dire…C’est sur cette salope d’Emily, non ?

Lind soupira mais lui assura que Josh lui en parlerait lui-même, que ce n’était pas à elle de trahir la confiance de son frangin, lui laissant entendre qu’il s’agissait d’une affaire délicate et lui demandant d’être patiente et compréhensive.  Pas plus avancée pour autant, Maya n’insista plus, s’admirant de la maîtrise diplomatique de la jeune femme.

Il a raison d’avoir confiance en toi, Lind, tu es une chouette fille...Veille sur Neil…je reviens demain, si tu as besoin de n’importe quoi, n’hésite pas à nous appeler !

Maya prit le chemin de son bungalow, non sans avant passer par la Pierre. Elle avait gardé, de leur aventure dans la mine, quelques petits cailloux brillants et comptait en faire bon usage. Le maire Firth n’avait pas tardé à mettre son idée en exécution et une foule avide se massait autour du caillou, tant et si bien que deux miliciens armés surveillaient le bon ordre de passage. Maya  attendit son tour, sans pouvoir éviter coups de coudes, poussées presque brutales, plus quelques insultes gratuites
 
Mais ça va plus chez vous tous, elle ferme pas le guichet, la Pierre…il y en aura pour tous !
 
Finalement, elle se trouva en premier rang, on lui tendait les diamants stipulés par le Maire quand on commença à se disputer aigrement juste derrière elle. Ce ne tarda pas à dégénérer en rixe violente, intervention musclée de la Milice…Elle ne sut pas qui l’avait poussée contre la Pierre…seulement qu’en se redressant, un peu sonnée, prête à régler son compte à l’outrecuidant, elle resta comme deux ronds de flan en constatant ne plus se trouver sur la place bondée mais au beau milieu de rien, sur un plateau battu des vents, en haut d’une falaise…et à l’instant d’après, se retrouver de nouveau face à une foule en pleine bagarre. Passablement chamboulée, Maya eut besoin d’un moment pour se reprendre, de toute façon, personne ne faisait attention à elle. Reprenant ses esprits, la jeune femme présenta sa requête, déposa son dû et fut surprise de recevoir bien plus que demandé.  Avant  que les autres ne trouvent à redire, elle prit son lourd panier et se dépêcha de vider les lieux où la Milice avait un peu de mal à faire régner l’ordre.

Arrivée chez elle, Maya déballa ses courses et son étonnement alla en croissant au fur et à mesure de trouver des produits jamais rêvés.  Josh la trouva en pleine contemplation ébaubie de ce pactole inespéré.

Tu ne vas jamais croire ce qui s’est passé…Oui, à part l’émeute, j’y étais en plein…Josh, on m’a poussée contre la Pierre et pour l’espace de quelques seconde…j’étais ailleurs…sur une falaise, face à la mer…puis, plof, suis revenue…et maintenant ça…regarde ! …Des crèmes, mon shampoing préféré…mon parfum… en plus de provisions de choix…je vais préparer un dîner succulent…Bien sûr que je suis énervée…tu ne le serais pas, toi ?
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