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Sommes-nous les jouets des dieux ?
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entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Le vol du phénix

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Louis XIV

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Messages : 2963
Date d'inscription : 13/02/2011

MessageSujet: Le vol du phénix   Lun 24 Juin - 11:11

Louis avait, il fait l’avouer, été très satisfait de prouver l’innocence d’Isabel Kittredge. Cette affreuse histoire lui avait pourri la vie longtemps. Même avec sa chère Hélène des tensions avaient éclaté. Sa jovialité de ressuscité en avait pris un sérieux coup mais…  
Les évidences apportées ne modifièrent en rien un certain état d’esprit d’une certaine. Qu’Amelia se jette sur un nouveau projet – moins faramineux, certes – sans une once de remords apparente le démoralisa fortement.  Il donna le change, pourtant. À part Hélène nul ne se souci a de ses états d’âmes :
 

Voler…  ragea-t-il un soir. Je sais ce que tu en penses et n’en pense pas moins ! Si ce n’était pas l’unique solution pour se tirer d’ici, je te jure qu’on filerait par une autre voie ma mie !
 
Il remplit ses obligations, l’air heureux. Or, il ne l’était pas. L’ancien Louis ruait dans les brancards, prêt à fustiger quiconque l’embêterait lui ou sa belle. Afficher sourire et condescendre à toutes les tâches qu’il s’était imposées devint pénible mais il parvint à dissimuler ses états d’âmes.
Il n’encadrait pas les sautes d’humeur d’Amelia qui diligentait son monde, comme si rien n’avait changé. Si seulement Miss Earhart s’était ouverte aux autres ? Mais non ! Elle poursuivant son but, en en donnant un à beaucoup de désoeuvrés. Au moins cela évitait bien des dérives d’une population oisive.

 
Les relations de Louis avec ses compagnons d’origine étaient normales mais les belles réunions joyeuses se firent rares. De loin, en loin, Louis avait entrevu l’Ayerling à qui on avait tourné le dos. Quand il apprit que de gars avait subi une intervention chirurgicale de la part du moine, Louis  - pourtant invétéré curieux – ne demanda aucune précision à ce dernier. À Hélène, le soir, il confia :
 
Tu crois qu’il lui a remplacé un circuit ou greffé un cœur ?  … sais pas ce qu’il fera, m’en fiche ! Même son chat ne supporte plus sa compagnie.
 
Enfin l’heure du départ sonna. Louis s’était démené pour fabriquer quantité de provisions impérissables. Se voyant refuser la moitié de son stock à embarquer, il avait encore râlé.  
Néanmoins, il eut la frousse de sa vie au moment de l’envol du cigare d’Amelia. Tout surpris de voir les gens qui les saluaient rapetisser à vue d’œil, il le fut plus encore quand la nacelle ne se comporta heureusement pas comme redouté.  Pas de roulis ni de tangage, on… flottait.

 
La vie à bord fut très monotone. Passés les premiers émois, contempler le paysage d’en bas devint lassant. Le fleuve, en tout cas, était le dieu de cet endroit. Il tordait, tel un serpent immense, ses innombrables courbures sur une longueur infinie.
Un problème apparut dans la navigation : impossible de quitter le lit du fleuve !  Eux qui avaient espéré franchir les grandes murailles le bordant de part et d’autre… fichu !  
Tant pis ! Au moins, avec les jumelles du futur, on savait où l’on était, à quelle altitude on volait. Mais le terrain semblait immuable.
Parfois des groupes de gens, organisés en villages paisibles, les saluaient à grands gestes. D’autres peuplades leur décochèrent des flèches dont ils se fichèrent allègrement.  Là, on se battait comme des chiens enragés, ailleurs on bâtissait des maisons en dur, entre ces peuples régnaient plaines et collines boisées.  
 
La première halte avant la tombée de la nuit fut appréciée de tous. Bien que l’on pût voler le soir grâce aux batteries, la nacelle ne permettait pas à huit corps de l’allonger complètement. Puis chacun voulait un peu d’intimité après avoir voyagé de si longues heures dans un espace réduit.
Louis était bien plus gai que depuis longtemps quand il put s’isoler avec Hélène :

 
Alors, ma douce ? Dis-moi tes impressions ? …
 
Elles étaient pareilles aux siennes à quelques détails près, ce qui le ravit.
Louis se mit à reparler de ses projets pour le futur :

 
Dès que l’on se trouve un gentil coin, on s’y installera… Je sais qu’Achille et surtout Richard ont le but de trouver la source de ce qui nous arrive, pas moi !... Si, bien sûr que ça me dérange mais rien au monde ne me plairait plus au monde que de me la couler douce avec toi !
 
Aller chasser était plus qu’un sport pour le roi soleil à présent. Avec sa belle, il débusqua et liquida deux pauvres lièvres effarouchés.  En fait ils en abattirent un chacun car Hélène était  devenue fine archère. Au début, Louis avait vu d’un mauvais œil cette ténacité à vouloir tenir un arc comme Isabel le faisait. Mais, avec tous les dangers qui les entouraient, homme ou femme devait apprendre à se défendre. Lui-même avait bénéficié de leçon de la part d’Alpha. Le corps à corps ne l’effrayait plus trop mais que n’aurait-il pas donné pour posséder un pistolet ou un bon mousquet.   
On banqueta assez joyeusement sans entamer les réserves cette nuit-là !
Lorsque l’on redécolla, quelque chose avait changé dans l’attitude d’Amelia. Enfin elle semblait vouloir partager certains secrets des appareillages avec Richard et elle ne s’opposa pas à ce que ce dernier en fasse profiter ses copains.

Somme toute, rien de compliqué, pourquoi en avoir fait tant de mystère ?
 
*Elle avait peur qu’on lui vole la vedette ? *  
 
Il aurait bien voulu la remercier de ses enseignements indirects car, à présent, d’autres qu’elle étaient capables de faire fonctionner l’engin.  Malheureusement, Miss Earhart était souffrante et elle roupilla les trois quarts du temps. Pas d’inquiétude à avoir selon Tsang. Elle ne souffrait que de surmenage.   
On se débrouilla sans elle. C’était magique ! Même Achille osa tâter les manettes, fallait bien s’occuper.  
Louis, selon sa nouvelle marotte, joua encore avec les jumelles. Tantôt vue en bas, tantôt aux alentours.  Il observait l’horizon quand un phénomène attira son attention. Si, au départ, il crut à un curieux nuage, l’ajustement des lentilles le convainquit du contraire. Il sursauta et alerta les autres en pointant le ciel :

 
Là-bas ! Quelque chose approche droit sur nous !  Ce sont des…
 
Il était tellement choqué qu’il tendit son appareil au premier venu. Tous se le passèrent et conclurent comme lui : des oiseaux ! Oh, pas de gentils moineaux ! Cette espèce inconnue par Louis possédait de longs becs dentelés et des serres à faire frémir. 
Toutes les données livrées par les jumelles préconisaient un impact inévitable si on ne déviait pas.  Les uns s’activèrent aux manœuvres fraîchement apprises, d’autres répondirent à son cri :

 
Aux armes !
 
Abandonnant les manettes, tous se ruèrent sur les défenses emportées.
Pour tirer, on tira mais malgré les victimes qui tombèrent en tourbillonnant, la masse compacte poursuivit sa route.  Par miracle, Amelia se réveilla au milieu de la tourmente, tentant encore de changer de cap. Hélas…  
La rencontre fut fracassante. Pendant un moment, la nacelle ressembla vraiment à un navire en perdition.  Bousculés, lacérés par des coups de becs ou de griffes, les aéronautes tentèrent de résister. Soudain, alors que chacun essayait de garder l’équilibre, Louis vit Sissi basculer en arrière. Au risque de passer aussi par-dessus bord, il lui accrocha le poignet et sut la remonter. Cependant, la situation n’était pas brillante. L’enveloppe du ballon était lacérée. L’attaque passée, il fallait se préparer à l’inévitable chute. Il rejoignit Hélène tapie dans un coin et l’entoura de ses bras :

 
Accroche-toi et souviens-toi : je t’aime.  
 
Ce fut terrible.
Sonnée de chez sonné, Louis mit plusieurs minutes à reprendre contact avec la réalité. Il était dans la nacelle et Hélène respirait dans ses bras. Rien d’autre ne comptait : ils vivaient.  Au moment de se redresser, Louis grimaça un peu. Il mordit dans sa chique et souleva sa belle qu’il sortit de l’épave pour aller la déposer à proximité.  
En clopinant, il chercha les autres. Ouf ! Des plaies des bosses mais rien de grave, en apparence.
Non loin, Richard redressait Amelia. Elle paraissait bien en leur bredouillant des mots hachés qui ressemblaient à un mea culpa puis s’effondra.
Tous coururent au plus près mais se firent refouler par le moine, même Richard qui n’était pas à prendre avec des pincettes.
Hélène et Sissi, encore en état de choc, on attendit le verdict de Tsang : fracture du crâne. La blessée ne pouvait être déplacée.
Pas besoin que l’un ou l’autre homme donne des ordres, il était évident qu’il fallait récupérer tout ce que l’on pouvait de l’épave. Car c’en était bien une ! Le vol du « liberty » aurait été très court en définitive. Reprendrait-il un jour ?

 
*Faudra des mois pour y parvenir !*  
 
Il récupéra les rames et faillit pleurer en voyant l’état de ses précieuses conserves ruinées mais pas trop. Les reines avaient repris des couleurs, on se réorganisait.  
Marrant, personne ne lui avait demandé comment il allait, lui…  

 
*Bah, c’est le choc !...*
 
N’empêche que…
Puisque tout le monde vaquait gentiment, à force de tourner en rond, Louis s’ennuya. Bouger lui ferait du bien. Où étaient-ils tombés ? Les derniers relevés aux jumelles les montraient à une bonne centaine de kilomètres du point de départ. Y avait-il une Pierre dans le coin, du gibier, des gens ?
En s’armant pour sa balade, Louis ne pensait qu’à faire un tour des environs, chasser un peu histoire de réchauffer les ventres.
Nul ne se souciant de lui – pour changer – il clopina vaillamment pendant plus d’une heure. Si proies il y avait, elles se cachaient bien.
La nature était souriante dans ce coin. En tendant l’oreille au souffle de la brise, Louis pouvait percevoir bruissements de feuilles,  pépiements d’oiseaux, fuite de rongeurs ainsi que…

 
Au secours !
 
Avait-il bien entendu ? C’était très ténu. Le cri se répétant, il s’orienta en commençant à ressentir de plus en plus d’élancements dans sa jambe gauche. Il resta comme deux ronds de flanc en voyant une demoiselle accrochée à un tronc d’arbre qu’un sanglier furieux labourait de ses défenses.
Le trait de Louis fut aussi net que précis.
 

*Chic, un beau paquet de viande pour ce soir !*
 
Tout haut, il s’inclina devant la jeune fille chue dans l’herbe :
 
Louis, Dieudonné, le Grand pour vous servir.
 
Le reste s’arrêta par une gerbe d’étincelles jaillie de son crâne.
Semi-conscient, il perçut des échanges :
 

Ça va Claire ?
 
Non mais vous êtes fous ? Ce type vient de me sauver la vie !... Monsieur, monsieur Legrand, ça va ?
 
La belle enfant lui tapotait les joues. Louis, le regard flou, sourit bêtement.
 
Il se réveilla dans une belle chambre, la plus belle qu’il ait fréquentée depuis sa résurrection.
Fraîche, lumineuse dans le jour naissant, elle était sobre mais pas monacale. Les murs chaulés s’ornaient de fresques charmantes aux tons pastel et ocre, le mobilier était bien tourné, ses draps très doux sur un matelas bien rembourré avec oreiller de plumes. 

 
Comment vous sentez-vous, Monsieur Legrand ? Je suis Javotte, mise à votre service par notre souverain, le roi Henri. Vous avez sauvé notre reine Claire d’un grand malheur et êtes à ce jour invité d’honneur.  
 
Le coup sur le crâne devait avoir été rude. Un royaume civilisé ? Ça existait ?
 
Merci, belle enfant. Mais… qu’est-ce donc là ?
 
Avec effroi, il désignait sa jambe qui disparaissait sous une épaisse couche de plâtre blanc. L’autre sourit :
 
Notre médecin a décelé une fracture de votre membre. Il l’a immobilisé pour permettre la soudure. Il sait ce qu’il fait…
 
Il sait soigner les fractures ? bondit Louis. Il faut absolument qu’il vienne avec moi, à mon camp ! Une de mes amies en a une aussi !   
 
Nos compagnons ont cherché aux abords de votre rencontre avec la reine, mais…
 
C’était à au moins une heure de marche ! Il faut absolument que j’y retourne, s’il vous plait !  
 
Il voulut se lever mais ce truc sur sa jambe pesait une tonne.
 
Aidez-moi à ôter ce truc ! Comment marcher avec un truc pareil au pied ?
 
Il est fait pour cela Monsieur Legrand, dit un haut personnage que nul n’avait entendu entrer. Je suis le professeur Lacroix de l’institut de Genève. Vous marcherez normalement dans six semaines.
 
Enchanté mais je n’ai pas six semaines pour tirer ce boulet ! Une de…
 
]b]J’ai entendu. Néanmoins, vous devez garder ce…[/b]
 
Jamais ! C’est une urgence ! Foi de Louis, 14ème du nom, je ne laisserai pas mes amis en rade !
 
Javotte et Lacroix échangèrent un regard lourd de compréhension ce qui irrita sa majesté.
 
J’exige rencontrer votre souverain. Si cela tombe c’est un parent !
 
Il est impatient de vous rencontrer ! dit le toubib.
 

On le poussa dans une chaise de bois avec des roues, sa jambe raidie soutenue par une béquille, jusqu’à une vaste salle magnifiquement ornée.
Point de trône mais de longues tables parées de nappage blanc. Au bout de la centrale, un personnage barbu l’accueillit avec un accent avec à faire grincer les dents.

 
Salutations, Louis Legrand !
 
*Du pur Béarnais ! Serait-ce possible… * s’ébaubit intérieurement Loulou. Bien le bonjour, sire.
 
Alors Louis, qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Mais d’abord, permettez-moi de vous remercier pour avoir sauvé ma jeune épouse. Claire est parfois écervelée. Elle a fait la nique à ses suivants et a couru la bécasse.  Har a la bambola est souvent sa devise.
 

J’étais là au bon moment, votre majesté. Mais j’aimerais vous entretenir de…
 
Vos amis ? Nous savons, puishque vous dégoisez en dormant.
 
Ah ?  Ben comme ça va savez que je dois absolument rentrer près d’eux et que cela ne souffre aucun retard… grand-père !  
 
Tu cherches mon courroux ? s’irrita Henri.
 
Que nenni, euh…  Briga ! C’est bien ça que l’on dit dans ton Béarn natal ?
 
Tu chantes juste… Qui prétends-tu être ?
 
Louis, 14ème du nom, fils du 13ème  , ton fils aîné, et de sa femme Anne. C’est moche que Ravaillac t’ait suriné le 16 mai 1610…  
 
Sonque tu ne sois un fameux menteur, tu en sais long…
 
On m’a rebattu ma généalogie de long en large mais on s’en tape. Je dois emmener votre professeur auprès d’une de mes amies. Nous venons de subir un grave accident de… d’objet volant… un ballon dirigeable.
 
Zut ! Lacroix et Henri IV eurent le même regard qu’envers la servante.
 
Je ne suis pas fou ! Nous étions huit à bord dont un pilote des années 30, 1930.
 
Le monarque eut un sourire condescendant, tel celui accordé à un enfant ou à un handicapé mental :
 
Ta fougue me plait, garçon. Mais…
 
Si je puis, sire, sa jambe doit demeurer immobile encore longtemps, sans ça… Il sera estropié.
 
M’EN FOUS, rugit Louis. Ma femme est là-bas ! Mes amis sont démunis, l’une est blessée gravement…
 
Des sourires compatissants plus tard, malgré ses vociférations, Louis fut reconduit à sa chambre.
Sitôt qu’il fut seul, il empoigna le premier outil à disposition et entreprit de détruire son plâtre.

      
Il avait mal, horriblement, mais rien ne l’aurait empêché d’aller de l’avant.  
Le front en sueur après avoir traversé d’innombrables couloirs, il dut attendre une distraction des gardes aux murs d’enceinte pour les franchir.  
À partir de là, il arriva à repérer d’après ses souvenirs semi-conscients.  

 
Rapidement, il se sut poursuivi. Qu’importe ! Il escomptait sinon les semer, au moins rallier les autres. S’était-on seulement souci de son absence ? Hélène, sûrement ! Pour le reste…
Ce Lacroix devait avoir raison quant au plâtre. Les douleurs disparues avec revenaient en force sans.  
Sa course se ralentit, chaque pas devint souffrance. Il n’était plus loin pourtant.
Soudain, au détour d’un tronc, même sans son brouillard visuel il l’aurait reconnu :

 
Chichille…
 
 Oh, là, là ! Avait-il rêvé tout cela ? Il se réveilla exactement au point de départ sauf que, souriante, Hélène se penchait sur lui.   
 
D’explications entrecoupées de baisers, il fut au parfum. Tous avaient été rapatriés au royaume d’Henri IV. Ils étaient saufs et entre de bonnes mains.
Sa jambe, de nouveau lestée, lui pesa lourdement. Néanmoins les perspectives étaient bonnes.

 
Tad at tot diser ( pour tout dire) je n’en reviens pas, clamait le roi lors du banquet de bienvenue. Mon petit-fils, Louis, est parmi nous !  Je lève ma coupe et proclame que ces huit personnes sont intouchables.  Gîte, couvert et soins leur sont accordés à vie ! Vive les rois, vive les reines… princes et consorts.
 
Était-ce une idée ou son grand-père ne venait-il pas de lancer une œillade incendiaire à Hélène et Sissi ? Claire le dardait-elle vraiment d’un œil étincelant ?
 
Louis tut ses soupçons en trinquant volontiers avec la cour de son aïeul.

 
Vous êtes tombés à pic, si je puis dire, lui souffla Claire. L’hiver vient.
 
Ah ? Les saisons variaient ici ?
Cela pouvait être très rude mais grâce à des commodités values à des novateurs, on pouvait dormir tranquille.
Bien sûr, ils étaient tous conviés à demeurer dans l’enceinte durant cette période et même après si cela leur disait. On en profiterait pour réparer l’étrange engin avec lequel ils avaient atterri et jouiraient des commodités de ( ?) aussi longtemps qu’ils le souhaiteraient.

 
On pourrait être bien, ici ? murmura Louis en embrassant sa belle.
 
La communauté avait de solides bases. Édifiée rapidement sous l’égide d’ingénieurs du 19ème, lorsqu’ Henri fut reconnu par la majorité des Français du cru, elle n’accueillit que l’élite novatrice.  
Achille dut se sentir bien seul, ainsi qu’Hélène qui faisait, comme lui, figure d’antiquité en ces lieux.
Les reliquats de l’aéronef suscitèrent bien des commentaires. La seule capable d’y répondre était Amelia qui, enfin, alors qu’une forte tempête de neige sévissait, revint à elle.
Tout semblait parfait…  
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Hélène, la belle de Troie

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MessageSujet: Re: Le vol du phénix   Mer 3 Juil - 23:43

Louis. L’amour. La vie. Le futur ! Avec lui à ses côtés, Hélène se sentait capable de tout, même de voler. Soit, l’idée était loin de la ravir mais puisqu’il le fallait. Elle voulait, tout comme Louis et les autres, quitter ces lieux où il ne faisait plus bon vivre.

N’empêche qu’elle crevait de trouille, ce matin-là en montant dans la nacelle du « Liberty ». Joli nom, évocation de cette liberté que tous cherchaient. Sans la ferme étreinte de son mari adoré, elle aurait fait fi de ses bonnes intentions et pris les jambes à son cou.
 
*Tu es une lâche…affreusement lâche…et quoi ? C’est mon droit…Par Zeus, on va mourir…on va s’écraser, ça si les Dieux ne nous foudroient pas avant pour notre audace…*
 
Agitée par ces pensées si peu rassurantes, elle crut vraiment mourir quand l’engin s’éleva. Avec un gémissement de bête prise au piège, elle enfouit le visage dans l’épaule de son Louis, agrippa férocement son bras, ferma les yeux et retint la respiration. À sa grande surprise, il ne se passa rien d’extraordinaire. Respirant de nouveau, elle osa ouvrir un œil puis l’autre pour risquer un regard aux alentours. La brise fraîche du petit matin la fit frissonner tout autant que la crainte qui l’habitait. Les autres semblaient secoués aussi. En divers degrés. Sissi était d’un ravissant vert tendre, aussi accrochée à son héros de mari qu’elle ne l’était au sien. Achille serrait les dents mais arborait son masque de guerrier au détour de tout. Richard, sombre mais énervé. Tsang souriant et impassible. Léontine sans chercher à dissimuler sa peur et bien sûr Amelia, la seule détendue et ravie.

La curiosité de Louis la força à faire le pas suivant. Elle risqua un coup d’œil par-dessus bord et s’écarta aussitôt encore plus tremblante. Le monde d’en bas rapetissait alors qu’ils voguaient en douceur, sans aucune secousse perceptible, à peine un léger, très léger balancement.
 
Euh…c’est quand même pas si terrible que ça, se trouva-t-elle en train d’avouer en se penchant de nouveau pour observer le paysage en dimension réduite qu’ils survolaient.
 
Ce qui fut très vite clair pour tous c’est qu’ils allaient s’ennuyer comme des rats morts. Il n’y avait rien à faire à part s’intéresser à ce qui se passait en bas et après un moment, foi de blonde, ça devint lassant. On eut un aperçu échantillonné de l’imbécilité humaine pour la plupart, très peu de génie constructif  et le tout agrémenté par le cuisant besoin de faire pipi comme toute femme qui se respecte. Ce fichu voyage promettait n’importe quoi sauf du plaisir, pendant le vol du moins.  D’autant qu’elle pouvait se souvenir le projet initial comptait avec des confortables cabines-toilettes,  là, on avait omis ce béni détail en le remplaçant par…un pot et un paravent !? Mais quand on lui dit que l’artifice de l’idée n’était autre que son merveilleux mari, elle serra les dents et croisa les jambes. Léontine eut le fin mot de l’histoire avec potion qui permit aux filles d’attendre d’être de retour en  terre ferme.
 
*Vais étrangler Louis…devrais le faire…mais enfin, mon pauvre chéri…de son temps…*
 
Soupir. Tant qu’à faire, penser à autre chose. Ils étaient marrants là en bas, ces petits bonhommes à faire leur guéguerre…et ces autres, la jolie maison qu’ils construisant…oups, en voilà un qui se faisait gober par la Houle, drôle de phénomène celui-là, en y pensant bien. Tiens, à cette altitude, pas d’insectes, par contre des oiseaux, oui, il y en avait. Une espèce de mouette vint faire coucou mais Louis la regardant avec des idées de rôti, la bestiole prit son envol.

Terre enfin ! Sans honte ni explications, Hélène releva les pan de sa tunique et vola derrière le premier buisson jugé convenable.  Que ces messieurs rigolent ne l’étonna pas…pouvait-on s’attendre à autre chose ? Mais enfin, pas de quoi en faire un foin, elle s’occupa plutôt à prêter main à l’aménagement du campement. Malgré tous ses griefs contre l’Ayerling, elle dut le remercier en silence des magnifiques tentes conçues pour deux dont il avait fait don pour le périple.

*Cœur de glace et ce qu’on voudra…mais il s’y connaissait en matière de confort pratique !*
 
La soirée fut plaisante, on bavarda un peu mais tous étaient fatigués. Les tours de garde furent assignés. Elle aurait le second, à partager avec Richard. Sans commentaires. C’est avec un vrai plaisir qu’elle retrouva leurs quartiers et son Louis, pour elle toute seule.

Alors, ma douce ? Dis-moi tes impressions ?
 
Elle le regarda, amusée ne soupirant.
 
Bon…au début c’était affreux, j’avais trop peur…après, ça pouvait aller…mais tu me diras, pour s’ennuyer…on s’ennuie…C’est étroit, inconfortable et…enfin, tu sais…Le premier projet promettait bien plus…là, on est obligés de se poser pour pouvoir se reposer…
 
Nouveau soupir en se lovant contre son amour.
 
Mais qu’est-ce que ça peut bien faire…on est partis…même si en faisant tant de tours et détours…je crains que les Dieux ne nous ramènent au point de départ. Louis, mon chéri…j’ai l’air pas trop brillante mais crois-moi…suis pas si bête que j’en ai l’air…on a des problèmes, non ? On peut pas quitter la vallée…les Dieux ne le veulent pas !
 
Et même pas son monothéiste de mari ne pourrait la convaincre du contraire. Il ne chercha pas à la faire, préférant changer de thème et parlant de leur futur.

Dès que l’on se trouve un gentil coin, on s’y installera.
 
J’aimerais tant, soupira t’elle, rêveuse.
 
La suite la fit soupirer encore plus.
 
Je sais qu’Achille et surtout Richard ont le but de trouver la source de ce qui nous arrive, pas moi !

*Pardon…mais ça…je ne le crois pas !*
 
Comme s’il lisait ses pensées, Chéri assura, d’un ton caressant.
 
Si, bien sûr que ça me dérange mais rien au monde ne me plairait plus que de me la couler douce avec toi !
 
Ce en quoi elle était parfaitement d’accord. La vie était belle, tout de même, entre sursauts et émotions variées. Louis était avec elle, Hélène n’en demandait pas plus.
 
Sans mal, elle visa, décocha la flèche et hop le lièvre ! Tout bête que cela put sembler, elle prenait un vrai plaisir à démontrer être capable de beaucoup de choses qui lui échappaient auparavant. Assez de n’être qu’une adorable tête de linotte. Elle ne remercierait jamais assez les leçons données par la douce Isabel.
 
*Pauvre cœur…j’espère que la Houle l’aura épargnée et qu’un jour elle règlera son compte à son imbécile de mari !*
 
Ce soir, joyeusement réunis autour du feu, ils firent honneur au banquet préparé par Louis. C’était un peu comme avant, sans l’être vraiment. Rien ne serait jamais comme avant.

Les tours de garde étaient un devoir partagé et respecté par tous. Cette nuit-là, la belle Hélène partageait son tour avec Richard. Contraire à ses habitudes, ce laconique endurci, chercha la conversation. Hélène se doutait bien que la situation avec Amelia ne tournait pas exactement rond. Il restait peu de la joyeuse compagne de jadis, Miss Earhart avait changé. Trop, à vrai dire. Son projet l’avait obsédée et la perte de son fameux dirigeable l’avait rendue amère et assez despotique. Son attitude lors du jugement d’Isabel avait été quasi inhumaine.   

Tu n’apprécies pas trop ça, non ?
 
La question la prit au dépourvu. Elle soupira profondément en secouant la tête.
 
À quoi bon mentir…pas trop. Je dois constamment penser à tout ce qui s’est passé pour en arriver là.
 
Richard hocha la tête en laissant échapper une longue volute de fumée.

Ça ira, faudra juste du temps.

J’en fais vœu…de tout mon cœur !
 
Et elle ne mentait pas.
 
Le lendemain la précarité de la vie fut de nouveau mise en évidence de manière spectaculaire et fracassante. L’attaque de ces affreux oiseaux jaillis de l’enfer même, cette chute interminable, les cris…la peur.

Accroche-toi et souviens-toi : je t’aime.
 
Elle ne pouvait pas penser à autre chose au milieu de ce cauchemar. La rencontre avec la terre fut brutale et secouée. Hélène en eut le souffle coupé.

*Suis morte ?*
 
Non. Elle ne l’était pas. Par quelque divin dessein, ils étaient tous vivant. Plus ou moins sonnés mais en vie. Louis la porta hors de l’épave.

Tu es bien, Louis ?...Dis-moi…mon chéri…
 
Il était sans doute aussi sonné que le reste mais cet homme merveilleux n’en pipa mot et puis personne ne sut s’occuper d’autre chose que d’Amelia, la plus éprouvée par la catastrophe. La voir évanouie dans les bras de Richard, saignant de nez et oreilles fut aussi alarmant que le diagnostic de Tsang : crâne fêlé.
 
Encore dans un état second, Hélène essaya de se rendre utile, obéissant aux ordres donnés à tout azimut par un Achille redevenu le chef à bord. Bâtir un campement, prémunir la blessée du froid, lui donner le plus de confort possible…et après se rendre, horrifiée, compte que son Louis avait disparu.

Il a pris une arbalète, il y a un moment quand tout s’est calmé…il a dû aller chasser, informa Achille.
 
Hélène s’acquitta des devoirs adjugés, sans pour autant se sentir rassurée, surtout quand on commença à juger que l’absence de son royal mari durait plus que voulu. Et elle dura longtemps, cette absence. Tous étaient sur les nerfs, tendus et prêts à se crier dessus, comme ne se priva pas de faire son contemporain. Elle ne se gêna pas pour le remettre à sa place et avec la douce intervention de Sissi, tout en resta là. La nuit fut une épreuve à surmonter, seule et sans pouvoir songer à dormir. Elle imaginait à chaque seconde quelque tragédie sans nom qui la priverait  de son amour.

L’aube fut longue à venir. Hélène la reçut avec soulagement, surtout en voyant que les autres n’allaient pas rester de bras croisés. La disparition de Louis était déjà trop alarmante.

On va chercher Louis…Tsang  et Léontine restent avec Amelia…Richard, si tu veux, tu peux aller avec Hélène vers le Sud…Sissi et moi on va vers le Nord…

Elle ne demandait pas mieux même si la compagnie de Richard fut plutôt mitigée. On pouvait bien le comprendre. Amelia n’avait pas récupéré ses esprits.

Tu le connais, il est débrouillard. Armé, il...
 
Merci, Richard…mais on sait tous comment est Louis…
 
Louis a ses défauts ; cependant… retrouvons-le avant tout !   
 
Soupir. Emboîtant le pas de l’explorateur, Hélène s’adressa en silence aux dieux bienveillants et demandant leur clémence. Les heures passaient à ratisser les alentours, la panique était très près de la gagner quand enfin, un sifflement mit fin à l’attente. Courant plus vite qu’elle ne l’aurait imaginé, la belle rejoignit Achille et Sissi. Le premier portait Louis, évanoui et trois inconnus souriants complétaient le tableau.

LOUIS !!!

Il est vivant…pas d’une pièce mais vivant, la rassura Achille, faut demander à ces trois ploucs ce qu’ils ont à voir avec tout ça !
 
Les trois en question ne furent pas longs à livrer leur version des faits, corroborée par un Louis pâle et défait, ranimé par Tsang. Histoire incroyable, coïncidence inespérée : Louis avait rencontré son grand-père.
 
*Manquait que la famille s’en mêle !*
 
Et pour famille, celle-là était haute en couleur. Hélène ne fut pas trop sûre d’être heureuse de rencontrer l’aïeul de son chéri par contre celui-ci sembla ravi de faire sa connaissance. Et ce n’était que le début.

Le château du roi Henri était de loin la plus somptueuse habitation vue dans ce monde étrange. Solide et indéniablement pourvu de confort, personne ayant deux doigts de jugeote n’aurait songé à mépriser l’offre de rester là.  De toute façon, l’état d’Amelia et la jambe cassée de Louis ne leur permettraient d’aller plus loin pendant un certain temps.

Sissi…il nous regarde de nouveau…

L’impératrice coula un coup d’œil discret vers leur « charmant » hôte qui, comme supposé, leur décochait un regard gourmand. Le manège durait depuis leur arrivée. Déjà au banquet de bienvenue, le roi de service n’avait caché son admiration.

Et la reine…tu l’as vue ? Elle dévore ton Achille des yeux !
 
Et Louis, et Richard aussi. Le premier, rompu aux arts de la cour, s’en tirait allègrement. Le second, n’y faisait même pas attention. Achille semblait à point de rompre n’importe quel protocole.

Si on reste ici…ça finira en malheur ! Dès que ta jambe sera soudée et Amelia en santé…on fiche le camp.
 
Tous étaient d’accord avec l’idée mais les meilleurs projets du monde peuvent connaître un revers retentissant.
 
L’hiver arrive.
 
Hélène aurait volontiers tordu le cou de la reine Claire qui s’amusait à répéter cela à tout bout portant, le pire fut que…sans se tromper.

Inattendu, un hiver blanc et glacial s’abattit sur le royaume, mettant en échec tout désir de poursuivre le chemin. L’épave de leur ballon attendrait pour une remise en forme.

La tempête battait son plein depuis deux jours, cloîtrant tout ce beau monde entre les solides murs du château et donnant lieu à des situations équivoques. En tout cas, Hélène en avant assez marre de jouer à cache-cache avec « grand-père » qui se montrait de plus en plus audacieux et entreprenant. Louis ne pouvait être les 24 heures du jour collé à ses basques, Achille s’occupait avec la Milice locale, Sissi faisait sans doute son heure de tapisserie avec les suivantes de la reine et Richard, demeurait indéfectible au chevet d’Amelia, tout autant que Tsang et Léontine.

Inutile de te cacher, ma colombe, je sais que tu es là !
 
Elle enrageait. Ce petit jeu débile lui tapait sévèrement sur les nerfs. Furieuse, la belle surgit de la remise à balais.
 
Mettez moi un doigt dessus et vous ne vivrez pas assez longtemps pour vous en gausser…Oh…ne vous méprenez pas, je suis très capable de me défendre…Vous êtes roi et moi reine…de la retenue, bon sang…
 
Ma belle enfant, quelle irréductible…quel irrésistible charme…
 
Oui, oui…on en dort debout à force d’entendre  ça… Oubliez les racontars…je suis la femme de Louis, cela ne vous suffit pas pour réfréner vos ardeurs ?  Ne connaissez-vous point le respect ?
 
Apparemment il avait son interprétation particulière sur le thème et en riait de bon cœur quand une distraction inattendue sauva la situation.
 
Sire, un inconnu à l’entrée Nord demande le droit d’entrer…
 
Hélène fila sans demander son reste. Chemin faisant vers ses appartements, elle croisa Sissi, porteuse d’une magnifique nouvelle : Amelia avait enfin récupéré la conscience et semblait aller bien.

Ils se félicitaient de l’évènement quand un ordre royal les convia au salon d’audiences.  Très imbu de son rôle Henri les informa :
 
Cet homme, arrivé au milieu de la tempête, assure vous connaître.

Et il désignait un homme de haute taille que deux hommes tenaient en respect. L’inconnu se retourna lentement, leur accordant un de ces regards insondables qui lui avaient toujours été particuliers.

Par Zeus tout puissant…est-ce possible !?
 
En tout cas, ce monde-là semblait drôlement petit, tout à coup…
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Louis XIV

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MessageSujet: Re: Le vol du phénix   Dim 14 Juil - 10:07

HELENE, HELENE !!!

Inquiétude, désespoir et colère animaient Louis qui, impuissant depuis le sommet de la tour, s’époumonait à crier vers le « liberty » envolé.

Tout paraissait pourtant si bien aller…

Il avait retrouvé un parent proche, pouvait offrir un certain luxe et confort à son aimée, disposait d’un toit solide dans un endroit fortifié doté d’aménagements « modernes » avec chauffage et vivres à souhait.  Que demander de plus ?...
Très vite, il n’avait pas été sans remarquer les attentions que son grand-père portait envers la belle de Troie.  C’était agaçant mais aussi assez flatteur. Louis connaissait sa généalogie par cœur ainsi que les nombreuses frasques dues au sang chaud des Bourbon. Lui-même n’en avait-il pas « hérité » ? S’il pouvait comprendre qu’Henri soit séduit par les atours des vraies reines amenées au château, il ne tolérerait aucun débordement ! Ayant endossé le rôle que la majorité lui conférait, celui de bouffon jovial et innocent, il n’en demeurait pas moins hautement vigilant dans ces lieux où les intrigues amoureuses semblaient la plus courue des distractions. La reine Claire lui donna plus d’une fois des sueurs à l’aguicher ouvertement tant en public qu’en privé. Elle avait vraiment tout pour plaire avec ses petits seins plantés hauts, ses fesses fermes et sa taille de guêpe. Mais Louis résista aux tentations en se réfugiant dans un domaine que méprisait la châtelaine : les cuisines !
Là, Louis trouvait de l’occupation saine. Jamais il n’avait vu de tels appareillages, ustensiles, ingrédients. De quoi exercer ses talents créatifs.  Le chef cuistot était un compatriote nommé Jean-Pierre Cubat. Il avait nourri les tsars Alexandre II, III et Nicolas II. Pas collet monté pour autant, Jean-Pierre devint rapidement le meilleur ami de Louis qui lui rappelait un de ses fils du même prénom.  
Outre le partager des recettes et de rivaliser en audace culinaires, les deux hommes parlaient énormément. De multiples sujets furent alors discourus et le roi-soleil appris les dessous de la table tout en garnissant le dessus.
Cela ne faisait pas loin de dix années que Jean-Pierre était entré au service d’Henri. La forteresse, il ne l’avait pas fait bâtir, elle était là, inoccupée, n’attendant que des locataires. La colonie de ressuscités étant composée en majorité de gens issus de la même époque, il était normal que grand-père Henri reprenne le pouvoir. Le souverain éclairé avait désiré s’entourer d’une élite capable de faire fonctionner certaines installations auxquelles nul de comprenait rien.
Les candidats, attirés par un lieu de paix à la table bien garnie,  furent nombreux à se présenter.  Henri ne retint que la crème. Ainsi, il disposa d’ingénieurs, électriciens, plombiers, de tous les corps de métier modernes. Cependant, si le confort s’était encore amélioré, on… s’ennuyait.  


Te tracasse pas pour ta femme, Louis ! Ce n’est qu’un jeu… Henri est droit…

*Bon sang ne peut mentir…*

Loin d’être rassuré, Louis creusa davantage les commérages. Une sorte de puzzle commençait à se former, et Louis n’était pas certain que le tableau final lui plairait.
Il n’osa pas tracasser Chichille, et encore moins Richard, avec ce qu’il suspectait se dessiner.  L’ambiance restait « bon enfant » malgré les assauts répétitifs que tous les nouveaux subissaient.  

Le rapatriement des restes du ballon créa un engouement que Louis jugea quasi malsain. Il osa braver son grand-père en réclamant :


S’il te plaît, faut pas toucher au bébé d’Amelia ! Elle l’a conçu de A à Z. C’est à elle que doit revenir l’honneur de lui rendre vie, si c’est possible.  

Et si elle n’y arrivait pas ? Elle est fort diminuée…

Laisse-lui d’abord essayer quand elle sera sur pied.  

Une sorte de pacte fut conclu, et on n’en parla plus... pendant un moment.

Cette contrée était étrange. Louis aurait aimé la découvrir en compagnie d’Hélène mais un hiver jamais connu auparavant leur était tombé dessus sans presque crier gare.  Les gens du cru, eux, étaient prêts. Interrogé, Jean-Pierre ne lui cacha rien :


Ça va… ça vient… La première fois fut terrible ! La moitié de la garnison a péri à la chasse, on brûlait des troncs entiers sans se réchauffer. Henri a pris les mesures nécessaires ensuite.

Sur la durée de l’hiver, Cubat demeura vague, prétendant que cela variait énormément :

Une année, nous en avons subi trois à quelques mois d’intervalle, et l’an suivant aucun…

Bref, nul ne pouvait prédire la durée de  celui-ci. Les victuailles abondaient, les réserves de bois et de charbon étaient conséquentes, à part l’ennui on ne risquait rien.  

Louis suait à battre une mayonnaise quand, telle une hirondelle, Hélène déboula près de son établi. Elle apportait une excellente nouvelle : Amelia s’était réveillée.
 
La prenant par la main, délaissant sa sauce, Louis courut rejoindre ses amis. Achille et Sissi fêtaient déjà l’évènement en triquant. Ils se joignirent à eux :

Je savais qu’Amelia était robuste ! dit-il en levant son gobelet. À sa santé !

Ensuite, la conversation roula bon train :

… Pourquoi tant de hâte à partir Achille ? On n’est pas bien ici ?  

Il savait très bien que tous partageaient les mêmes sentiments et le pourquoi de ceux-ci mais il fallait qu’il en rajoute.  Cela ne rata pas, le Grec marcha à fond en l’engueulant comme il se doit :

… ok ! Je te fais marcher et toi tu cours ! rigola-t-il. Maintenant qu’elle est réveillée, les choses vont redémarrer. L’enveloppe est presque réparée… Euh ? Richard ne vous l’a pas dit ? On recolle les morceaux depuis des semaines. Suis pas que cuistot, vous savez…  

Par habitude, Achille lui sauta au cou, façon étranglement s’entend, mais il le relâcha très vite pour quasi l’assommer d’une bourrade dans le dos.  On en était à discuter du meilleur procédé quand un valet vint les quérir sur ordre d’Henri.
A peine un pied dans la salle d’audiences, Louis tiqua. Pas besoin que le visiteur ôte sa capuche, il aurait reconnu n’importe où la haute silhouette de :


*L’Ayerling ! Palsambleu !*

Sa main s’égara sur sa ceinture mais n’y rencontra aucun pommeau d’épée, les armes étant proscrites au château.  À défaut, il saisit la main d’Hélène cherchant à calmer la colère qui grimpait en lui.
L’homme du futur ne leur jeta qu’un œil indifférent avant de s’adresser au roi Henri :


j’ai besoin de faire une demande à votre Pierre pour pouvoir mettre ma femme à l’abri de cet hiver soudain…  

Ce fut plus fort que lui, Louis l’ouvrit :

Ta femme ? Laquelle ? Tu as déjà remplacé Isabel ?

Mal lui en prit car l’homme du futur décréta qu’il s’agissait bien d’Isabel.  Cela ne gêna nullement Louis qui enchaîna :

Quel noble cœur ! Tu l’as donc pistée, comme on le ferait d’une proie. Tu voulais t’assurer qu’elle était bien morte, l’achever peut-être ? Et tu prétends qu’elle n’est pas loin et a besoin d’aide ? Excuse-moi si j’ai du mal à te croire !

Sissi intervint, persuadée des bonnes intentions d’Alpha, les exhortant à aller au secours de Miss Kittredge.
Louis écouta, mitigé. Il ne s’étonna pas trop des déclarations de son aïeul qui réclama allégeance contre faveur de la pierre.
 

*Celui-là n’en rate pas une ! Il veut Alpha et sa technologie…*

Bon gré mal gré, ils aboutirent à un accord.
Le soir venu, lors de l’incontournable banquet, Henri ne cacha pas sa déception :


Vous semblez ne pas nous avoir tout conté de vos épopées car, à aucun moment, il ne fut question d’un homme du 25ème siècle…

Parce qu’il n’a aucune importance ! se défendit Louis. Il cause des problèmes partout où il va. Il a travaillé au ballon avec Amelia mais c’est un être cruel ou… plutôt indifférent aux autres.  

Sissi, hélas, ne capta pas les intentions de Louis et le démentit :


Je puis assurer qu’Alpha souffre autant que n’importe qui souffrirait devant la perte d’un être cher.  

C’est un Louis assez abattu qui rejoignit sa belle dans leur baldaquin douillet :

Je n’aime pas du tout ce qui se prépare, murmura-t-il en l’embrassant au creux du cou… Oui, j’irai, je me dois d’y aller pour Isabel… parce que mon grand-père est un coquin !... je sais que tu sauras te défendre mais…  Ma jambe ? Elle va bien, pas de souci.  

Au matin, il ne rata pas l’œil du roi et de plusieurs membres de sa clique assemblés autour d’un Ayerling dévot. La combinaison thermique reçue attirait fatalement curiosité et… envie.

Va falloir empêcher Alf de démonter trop de talents,
grinça-t-il envers Achille.  

Manteaux de fourrure, bottes, bonnets, ils ressemblaient à des ours à la suite d’une gazelle en marchant derrière un Ayerling en apparence peu vêtu.
 
*Misère, il emploie ses jumelles ! *

Malgré le froid vif, la visibilité assombrie par des tonnes de flocons en folie, Alpha s’aidait des moyens de son bord pour s’orienter dans les éléments hostiles.

Cours pas si vite, implora Louis qui craignait d’être distancé.

Avec un  temps pareil, se perdre équivaudrait la mort assurée.
Le rythme imposé par l’homme du futur en usa plus d’un. Les premiers à céder furent deux de leurs « accompagnateurs » . Louis aurait pu encore galoper mais il estima que si l’escorte ne rentrait pas intacte, cela paraîtrait suspect. Aussi, il s’arrêta :


Je reste avec eux ! Continuez ! Ramenez-vous vite fait les gars, hein ?

Alpha se retourna à peine, fouilla son sac, en sortit quelque chose qu’il expédia avec précision aux pieds de Louis. Achille sembla hésiter un court instant puis suivit le guide remis en marche.  
En priant de ne pas s’être trompé sur les réelles intentions de l’Ayerling, ayant foi en l’amitié du Grec, Louis éleva un coupe-vent en tassant des paquets de neige en arc-de-cercle autour de ses compagnons d’infortune.   L’objet reçu de l’homme du futur, Louis l’avait identifié aussitôt puisqu’ils en avaient utilisé de pareils au camp : une briquette de chauffage.


On va pouvoir faire du feu,
dit-il aux gardes.

Avec une pierre ? Vous rêvez, sire, le nargua Guillaume de Foix.

Quand une belle flambée ronfla près d’eux, les gardes se signèrent et se turent.
Après quelques instants de repos, malgré la chaleur dégagée, Louis décida qu’il fallait se remuer afin d’éviter l’engourdissement :


Allez, on marche autour du feu, c’est la seule façon d’éviter de geler sur place.

Leur ronde ressembla à une danse étrange avec battements de pieds et bras :

*Manque de la musique…* pensa Louis qui, du coup, chantonna un rythme de rigodon.

La briquette pouvait se consumer pendant 24 heures sans être alimentée, néanmoins, Louis jugea prudent d’y veiller. Ils s’étaient arrêté environ à mi-chemin de la caverne évoquée par l’Ayerling qui, avec un peu de chance, reviendrait les prendre au retour avant la nuit.
Hélas, la chance ne fut pas au rendez-vous…


Chaque homme de l’expédition était muni d’une musette bien garnie. Louis, toujours prudent, rationna la répartition des vivres et de l’eau maintenue liquide grâce au foyer. Les heures s’écoulèrent avec une lenteur affreuse. Les trois hommes bavardèrent longuement pour les tuer puis des tours de veille furent instaurés car pas question de tous dormir en même temps. Les prédateurs étaient rares, le feu devait éloigner les téméraires, mais sait-on jamais ?

Combien de temps, déjà ? demanda Bastien Dubois en grognant de mécontentement.

Louis se basa sur la diminution de la briquette pour estimer :

Huit heures, je pense.

Vous n’aviez pas dit qu’ils reviendraient en moins que ça ? rouspéta Guillaume.

Les conditions de marche sont épouvantables ! Ils doivent se reposer aussi avant de rentrer…

Louis avait fait un bref calcul mental pour arriver à la conclusion qu’à raison de 3Km/h, les sauveteurs avaient mis quatre heures pour rallier Isabel. Deux de repos, quatre de retour, ils seraient bientôt là.  
Mais la durée s’allongea encore et encore. Ses compagnons devinrent nerveux, Louis tenta de calmer le jeu sans laisser transparaître sa propre inquiétude. Non qu’il doute que les autres ne reviennent ! Il craignait surtout qu’un accident soit survenu.

La nuit tomba sans qu’aucun visiteur ne se pointe. Louis veilla longuement seul près du feu, l’esprit torturé d’angoisse, imaginant des scénarios plus dramatiques les uns que les autres :

*Gaspard se sera cassé une jambe… Un animal les a attaqués… ils sont tombés dans une congère…*

Las, il décida de réveiller Guillaume et ils échangèrent leur garde.
Il batifolait dans un pré où foisonnaient coquelicots et marguerites. Á ses côtés, Hélène riait. Le soleil brillait, ils étaient heureux. Mais soudain de gros nuages assombrirent le bleu du ciel et, implacable, une pluie diluvienne s’abattit sur eux.  Sursautant, Louis s’éveilla en grelottant. Il s’ébroua : un paquet de neige lui avait dégringolé sur le crâne. Il aurait pu en rire qu’il n’avait pas constaté sa solitude. Mains en porte-voix, il cria :


Bastien, Guillaume ! Hého !

L’aube pointait, la tempête avait cessé sans doute depuis un moment car, où qu’il regarde, Louis ne vit aucune trace dans la neige fraîche.  Si, au départ, il crut à une courte absence de ses compagnons, le fait de constater l’absence des musettes – y compris la sienne – l’outra ! De plus, le feu avait été soigneusement étouffé par des paquets de poudreuse.

*Quels mécréants ! Ils m’ont abandonné !*

Louis ne comprenait pas ce qui avait poussé ces hommes à agir de la sorte. Seul, sans vivres, eau ni feu, la survie par cette température lui parut bien aléatoire. Devait-il crever sur place ou tenter de retourner au château ?

*À coup sûr, tu te perdras Louis ! *

Il misa le tout sur l’attente des sauveteurs et ne bougea pas du refuge qu’il consolida au mieux.  
Malgré ses efforts pour entretenir la circulation sanguine, il se retrouva bientôt glacé de la tête aux pieds.  Épuisé par ses mouvements, il finit par s’asseoir puis par s’allonger, résigné.  


*Hélène, j’aurais tant voulu…*

L’inconscience le prit.  

Hein ? C’était quoi, ça ? Quelque chose de chaud et de gluant lui lavait la figure. Ouvrant les yeux, il se recula d’effroi en se retrouvant nez-à-truffe avec…


Jack ?

Aucun doute possible, seul le loup de l’Ayerling pouvait lui faire la fête ainsi. D’ailleurs, autour d’eux, une certaine animation régnait. Achille, Alpha, Isabel et Gaspard l’entouraient d’attentions. Non loin, trois énormes masses grisâtres balançaient leur trompe dans la neige.  
On se raconta les épopées mutuelles et quand Louis fut d’attaque, il connut sa première virée à dos d’éléphant.
Par Dieu, il jura de ne plus utiliser ce transport inconfortable quoique rapide.
Moins d’une heure plus tard, ils étaient rendus.  

On festoya comme il se devait pour saluer les exploits de l’équipage. Isabel paraissait en bonne forme et, chose remarquable, elle semblait ne tenir aucun grief envers celui qui avait été un époux indigne de ce nom.  Si elle lui avait pardonné, pourquoi ne pas en faire autant ?
Ce qui agaça Louis, ce fut la présence à table des deux lâcheurs. Bastien et Guillaume banquetèrent comme si rien, après avoir lui avait demandé pardon : ils l’avaient cru mort, avait pris peur et étaient rentrés grâce à une boussole.


*Ben voyons !*  

Qu’Achille et L’Ayerling aient eu à subir des dérangements n’étonna pas trop Louis. Les circonstances de la mort du 4ème gardien parurent assez floues aux yeux de Louis qui décida de tirer cela au clair plus tard.
Pour l’heure, il jouit du plaisir de la compagnie et des touchantes démonstrations d’affection de la part de son épouse.  
Durant leur courte virée, Amelia avait repris du poil de la bête et elle participait aux agapes, ravie – très manifestement, trop( ?) – du retour de l’Ayerling. Richard était indéchiffrable. On parla boutique et annonça la reprise imminente de la restauration complète de l’engin volant.

Des semaines joyeuses s’écoulèrent. Henri, s’il sembla déçu à la pensée du futur départ de ses hôtes, n’hésita pas à leur fournir tout ce que les travaux réclamaient en main d’œuvre, matériaux et aides diverses. Amelia et l’Ayerling s’entendaient à merveille pour les détails techniques, secondés par les « savants » du cru.  Fidèle à sa promesse, Alpha répondit à toutes les obligations du roi tandis que Louis  recréait des provisions.
On aurait pu croire que tout baignait s’il n’y avait pas eu des… incidents…  
Richard faillit être écrasé par une poulie du chantier ; Achille reçut un trait perdu d’arbalète dans la cheville, et ainsi de suite.

Un soir, dans l’intimité de leur chambre, Louis fut contraint d’expliquer à Hélène ce qui le tracassait :


… oui, je suis soucieux ma mie… Tu avoueras que trop c’est trop, non ? … j’aimerais bien savoir aussi qui est derrière tout cela… J’ai plusieurs candidats mais aucune preuve, hélas ! Sois prudente mon cœur…  

Elle eut beau insister, il tut ses soupçons.  

La neige commença à fondre bellement. Les chefs aéronautes et les ingénieurs s’activèrent davantage, passant de longues heures à réviser plans et techniques.  Cela fleurait bon le départ.
Il avait fière allure le « Liberty » gonflé au centre de la cour. Autant que Louis le constate, pas un des habitant du château n’avait raté de visiter la nacelle améliorée. Si beaucoup s’enthousiasmèrent, la majorité resta craintive.  
Vint le banquet d’adieux. L’envol glorieux aurait lieu à l’aube du lendemain.  Seuls les éléphants resteraient en arrière. Il va sans dire qu’Isabel en était très chagrinée, et elle quitta tôt le banquet afin de passer les dernières heures avec ses amis pachydermes intransportables.
L’Ayerling ne tarda pas à la rejoindre.


Demain sera un grand jour, fils ! dit Henri en levant son gobelet. Je bois à la réussite de vos entreprises et vous souhaite bon vent ! Nos échanges ont été très fructueux de part et d’autre. Pour vous en remercier, j’ai fait percer un cru dont vous me direz des nouvelles !  

Impossible de refuser de trinquer et de recommencer !
Louis qui avait pris l’habitude de faire goûter tous les plats et boissons – vieux réflexes d’une autre époque où les empoisonneurs étaient légion – se retrouva coincé par cette beuverie inattendue. Mais puisque les carafes circulaient sans discrimination et qu’Henri lui-même faisait cul sec…  
Néanmoins, le second verre à peine entamé, Louis sut que cela clochait. Henri, pourtant solide face à l’alcool, commença à rire sottement. Des dames piquèrent du nez dans leur écuelle, les yeux d’Achille louchèrent.


*Drogués…*


Ce fut sa dernière pensée cohérente. Il ne dormait pas mais ne pouvait bouger un cil. Ce qu’il enregistra, il ne put l’analyser. Des échos de lutte lui parvinrent sans en déterminer les origines.

Ficelez-les et bouclez-les dans leur chambre ! …Vite, vite…

Louis eut la sensation de flotter pendant qu’on le déménageait puis, le silence.
Quand, enfin, il reprit le contrôle de son corps, il s’effara de l’absence d’Hélène. Encore dans les vapes, il réussit à crier :


À l’aide ! À l’aide !

Il se démena comme il put pour se libérer de ses liens. Il y parvenait quand la clé de sa porte tourna. Un Achille peu reluisant apparut :

… sais pas ! Hélène n’est pas là non plus !

Tels des ivrognes, ils avancèrent en titubant dans les couloirs à la recherches des leurs compagnes et compagnons. Richard et Amelia roupillaient… Burton, arcade et lèvre fendue, arborait une bosse monstrueuse.  L’Ayerling fut découvert ensanglanté et enchaîné sur son lit.  Ils trouvèrent encore Tsang et Léontine bouclés dans leurs quartiers ainsi qu’Henri et plusieurs courtisans mais nulle trace des épouses absentes. Cela n’avait aucun sens !!
Une clameur extérieure s’éleva, les poussant à regarder dehors.


LE BALLON ! hurla Louis horrifié. On largue les amarres !

Transformé en lièvre affolé, Louis partit comme une flèche vers les escaliers de la tour.
Selon ses plans, pour autant qu’il en eût, en grimpant vite, la nacelle passerait au sommet en même temps que lui. Il sauterait dedans et…  Il eut tout faux.
La récente propulsion installée fit décoller le « liberty » à toute vitesse.


HÉLÈNE ! HÉLÈNE…    
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