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Sommes-nous les jouets des dieux ?
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entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Grandeur et décadence

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Alpha 247

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Messages : 433
Date d'inscription : 28/01/2013

MessageSujet: Re: Grandeur et décadence   Lun 7 Oct - 15:41

Traîné de l’oreille par ce moralisateur inconnu, Alpha  en oublia même ses propos d’instants auparavant.  L’homme n’avait pas tort en assurant qu’il ne pouvait pas savoir où pourrait le conduire un acte aussi radical. Soit, mais le traitement imposé commençait à dépasser les limites.
 
Dis-moi ce qui te poussait à vouloir commettre  cette connerie !
 
Il assura que c’était une longue histoire et l’autre reconnut avoir tout son temps. Pour mieux faire, il l’emmena chez lui. Pas bien loin, ils étaient voisins, en quelque sorte mais l’inconnu était mieux nanti que lui. Sa grotte était propre et assez bien aménagée. À peine assis, à même le sol, son hôte lui fourra un godet rempli d’un liquide ambré et lui ordonna de le boire. Ça lui rappela le fameux tord boyaux de Richard.
 

Je t’écoute…
 
Ton impératif qui ne se prêtait pas à conteste. Alpha fit ce qu’il savait le mieux faire : obéir. Il déballa son histoire depuis le début. Tout y passa. Sa vie d’avant, sa mort à Baltica, sa résurrection dans le monde du Fleuve. Isabel.  Leurs amis. Isabel et encore Isabel. Le dernier périple, sa mort.
 
 Vous pouvez croire tout cela ?
 
Si, je te crois parfaitement ! Je suis, moi aussi, un ressuscité, ou plutôt un déplacé !  Écoute petit , je sais des choses que tu n’imagines même pas !
 
Petit ? C’était bien la première fois qu’on employait ce terme en lui parlant mais le moment n’était pas aux nuances, ce que racontait cet homme avait bien de quoi retenir son attention.
 
Vraiment ? Vous avez une explication à tout ce qui se passe…Cela va contre toute logique…enfin, à mon avis.
 
Oui, des réponses à tout ce cirque, rien de moins !
 
Alors, dites-moi, pourquoi on est là, pourquoi ces morts à répétition, pourquoi …
 

Ne t’emballe pas, je ne sais pas tout, hélas !
 
Alpha secoua la tête, dépité, il aurait pu le prévoir, mais l’autre ne lui laissa pas le temps de s’appesantir sur ses états d’âme.
 
Montre-moi ton habitat !... Tout de suite !  
 
Encore une fois, il obéit, sans faire de foin même si son singulier confident commençait à lui taper un peu sur les nerfs. Comme on pouvait prévoir, son installation sembla minable à son conseiller qui l’envoya prier à la Pierre, mais non content de cela, lui souffla ce qu’il devait demander.
 

Ça suffit un peu, non ? Je sais ce dont j’ai besoin…ou avez-vous l’intention que je fasse vos emplettes !?
 
Tout doux, je n’ai aucune intention de te dérober quoi que ce soit !
 
Alpha eut un sourire amusé.
 
Je ne pense pas que vous oseriez…de toute façon, je peux vous réduire en bouillie sans effort.
 
L’autre ne tiqua même pas en admettant cette possibilité mais assurant que tout Ayerling qu’il était, ce serait impossible d’en venir à bout. Son explication fut d’une simplicité sidérante.
 
Je suis Emmanuel Manakiel, un des élus immortels responsables de… tout !
 
*Le responsable de tout ce bazar !?*
 
Pas le temps de poser des questions, il le laissa à sa hargne, non sans avant donner encore quelques ordres.
 

Installe-toi plus confortablement avec tout ce bazar. Mange, lave-toi, tu pues ! On se voit demain, chez moi !
 
Vu sa formation d’Ayerling, Alpha était peu sujet aux sautes d’humeur  cela sauva sans doute le tel Manakiel de passer un mauvais quart d’heure. Il fit un semblant d’ordre et s’allongea dans son sac de couchage sans même songer à manger et s’endormit au quart de tour.
Toilette à l’eau froide, juste pour ne pas mériter un autre sermon de la part de son voisin. Il n’avait pas de rasoir et se fichait pas mal de son allure en arrivant à son rendez-vous obligé.  Rien n’avait préparé Alpha pour un accueil pareil. Il n’avait pas fait deux pas à l’intérieur de la grotte quand une femme, inconnue au bataillon, lui sauta au cou en débitant des paroles sans aucun sens pour lui, le pire, comble de l’incohérence, elle riait et pleurait en même temps.

 
Mon tout petit ! Mon Nick…Mon petit ange…
 
Étant donné qu’il n’était ni petit, ni s’appelait Nick ni avait rien d’un ange, Alpha se crut en droit de la tirer de sa bévue.
 
Excusez-moi, mais là…vous avez tout faux…
 
Quel regard attendri ! Elle essuya ses larmes, sans arrêter de sourire.
 
Tu ne te souviens plus de moi, je sais…mais moi, je n’ai pas pu t’oublier…ça fait si longtemps…Mon petit garçon si longtemps perdu…
 

Mais que ?...Non, je ne suis pas le petit garçon perdu de…*personne*
 
Pas question de pouvoir placer un mot. Cette femme était pire qu’Isabel quand elle voulait faire entendre ses raisons.
 
Je sais, mon chéri, tu penses que je suis folle…
 
*Oh oui, de ça, pas de doute !*
 
Elle lui tournait autour, le regardant attentivement, faisant des commentaires divers pour finir en le prenant du bras et le faire s’asseoir.
 
Je suis Alpha 247, Ayerling de la Fédération…
 
Je sais…peu importe le nom qu’ILS t’ont donné…après…Je sais parfaitement bien que tu es le petit Nick…J’étais ton ange gardien…je te connais aussi bien que ta mère.
 
Un coup de massue sur le crâne n’aurait pas fait plus d’effet. Manakiel lui fourra un verre dans la main qu’il vida sans respirer, quitte à en redemander, sauf que cette femme impétueuse ne lui en laissa pas le loisir.
 
Raconte-moi…quel a été ton parcours, mon chéri !...Tu avais un peu plus de deux ans la dernière fois que je t’ai vu…
 
Il la dévisagea, très sérieux, prêt à mettre fin à tant de sottises mais son regard  chaleureux, imbu d’une tendresse qui lui était étrangère, le vainquit.
 
Vous ne pouvez pas m’avoir vu…à moins d’avoir été à la Crèche de la station où j’ai grandi…et…je n’ai pas de mère…J’ai été créé dans le laboratoire-mère de la colonie spatiale Norfolk-Luna 13 en l’an 2449 selon le temps terrestre, mon extraction de la matrice artificielle a été répertoriée le vingt cinquième jour du dernier mois de cette année pour autant celui-là est considéré le jour de ma naissance. Je n’ai pas de géniteurs. Je suis le fruit d’une expérience génétique, pratique courante depuis 2374, après la Grande Confrontation.
 

Sa réaction fut démesurée, outrée au-delà de toute expression.
 
Mais de quel droit ces misérables t’ont fait ça !?...Te priver de tout…surtout de…ton humanité. Mais bien sûr que tu es humain…parfaitement humain, mon petit garçon…
 
Alpha aurait voulu se lever et sortir en courant mais le regard impératif de Manakiel le fit déchanter de cette idée. Cette situation échevelée frayait l’absurde.
 
Vous devez…faire erreur, voulut il quand même insister mais cette femme avait de la suite dans ses idées et continua de pérorer à lui en donner le tournis.
 
ILS t’ont implanté là…et raconté cette fable affreuse…Tu étais un petit adorable…je me souviens comme si c’était hier…
 
Nouveau regard vers son voisin, qui avait pris un petit air mitigé. Mais déjà Charley, c’était son nom, l’enjoignait de raconter la suite de ses diverses misères. Il s’acquitta, sans aucun enthousiasme. Cela lui faisait toujours un mal dingue parler d’Isabel.
 
C’est affreux, mon pauvre…et tu ne l’as plus revue ?
 
La moitié de la montagne m’est tombée dessus, vois pas comment j’aurais pu la revoir, vous ne croyez pas ? Et puis…cela suffit…je ne veux plus…
 
Ils s’en foutaient de ce qu’il pouvait ou pas penser, ces deux-là. Celle qui se disait son ange-gardien assura qu’ils trouveraient bien un remède à tant de carences et acte suivi se leva et alla s’occuper à la préparation du repas. Il se sentait pris dans un piège inéluctable, avec deux fous, de surcroit qui prétendaient des vérités tout à fait infondées. Il était un Ayerling, l’avait toujours été et vraisemblablement n’allait pas changer du jour au lendemain. Isabel l’avait compris et cessé de lutter contre cela. Elle avait accepté même si cela ne la rendait pas heureuse. Cela aurait été sans doute bien plus facile pour lui s’il avait été comme tout le monde, s’il avait eu un père et une mère…au lieu de l’omniprésente Fédération tenant lieu des deux.
IL se sentait encore plus perdu qu’à son réveil, dans ce monde inconnu et ce qui suivit ne fit que le bouleverser encore plus. Le maître de céans, remplit de nouveau son verre et porta le toast le plus saugrenu dont l’Ayerling eut mémoire :
 
Je bois à ces retrouvailles ! Alpha, tu t’appelles Nick Walker. Tu n’es pas un bébé éprouvette mais le fils légitime de Jenny et Luke Walker.
 

Il se retrouva dans les bras d’une Charley en larmes, sans avoir la moindre idée de que faire pour se tirer de là.
 
*Et…si c’était vrai ?...On a eu notre lot d’absurdes…pourquoi pas un de plus ?*
 
La logique sèche et sans détour, qui avait toujours régi sa vie lui interdisait presque de penser de la sorte. Le manque de l’inhibiteur s’avéra plus dérangeant que jamais, cela aurait été plus facile d’affronter cette situation sans sentir cette espèce de petit chaud au cœur en pensant à la possibilité d’être ce fameux Nick qui méritait tant d’égards.
 
Cette espèce de mère d’emprunt qui lui tombait dessus, tenait à bien faire les choses. Elle voulut visiter son logis et comme toute femme qui se respecte, le trouva épouvantable. Isabel aurait eu du mal à lui faire la concurrence.  Sans demander son avis, Charley prit les décisions et lui ordonna, oui, c’est ce qu’elle fit, de nettoyer les lieux. Alpha s’y prit de son mieux.  Il aurait fait n’importe quoi pourvu de ne plus l’avoir sur le dos. Vain espoir !
 

Wow…c’est nickel…tout propret, maintenant, je vais faire ton lit.
 
Je vous assure que je peux très bien m’y prendre. Isabel a tenu à m’apprendre…Je l’ai déjà dit, c’était ma femme…celle que je n’ai plus revue…et maintenant si vous le permettez, je suis vraiment fatigué !
 
Fatigué était peu dire, il était à moitié assommé, abasourdi, confus, presque malade de tant de vérités ou mensonges, peu importait en ce moment. Sans attendre que son ange gardien donne son avis, il s’allongea dans ce lit qui tenait du rêve, sur des draps frais et se déconnecta de la réalité.
 

Ce fut un son très familier qui le tira abruptement du sommeil. Un grognement sourd comme ceux émis par son loup quand il se sentait en danger, bondissant du lit, Alpha fut dehors en trois enjambées. Le spectacle découvert le scia. Manakiel en attitude défensive, face à un loup figé en pleine détente.
 
Qu’est-ce que vous lui avez fait ?...C’est mon loup, c’est Jack…
 
Du calme, mon garçon…
 
Ça suffit , oui !
 
Ok, j’arrête de te considérer comme un gosse si tu arrêtes de te comporter comme tel ! J’aurais pu le tuer, tu piges ?
 

Si je pige quelque chose c’est bien celle-là. Jack est mon ami, mon compagnon le plus fidèle, il est mort avec moi !...Ranime le !
 
Un instant plus tard, Jack revenu à la vie lui sautait dessus, le faisant rouler à terre en lui prodiguant des coups de langue ravis.
 
T’ai cru perdu, mon beau…ça fait du bien de t’avoir ici…à deux, ça va aller mieux !
 
C’était sans compter avec les deux autres qui semblaient avoir sérieusement comploté pendant qu’il faisait sa sieste.
 
Mon garç… euh, pardon, Alpha, je crois avoir la possibilité de repasser du côté où se trouve ta femme…
 
Arrêt sur image. Pas à dire Manakiel savait exactement comment retenir son attention. Il exposa son idée qui avait à voir avec les Pierres à souhaits, pas avec toutes hélas. Celle qui faisait leur affaire se trouvait au centre de ce Village où il ne devait pas se pointer.
 
Une porte inter-dimensions, en quelque sorte,  supposant que ce soit ainsi, rien ne nous assure de tomber au bon endroit et encore moins au bon moment…Le temps joue différemment là-bas…on en a fait l’expérience ! Ce ne sera pas une promenade de santé…Je peux y aller seul, je suis entraîné pour supporter bien plus que toi ou Charley.
 
Pas question d’épopée en solitaire. Ils y allaient tous les trois.  Ils laissèrent l’ange gardien faire ses prières avec une liste conséquente de demandes et allèrent voir comment s’y prendre avec le dolmen du village. Alpha demeurait suspicieux,  et avant d’arriver à destination, décida tirer les vers du nez à son compagnon de fortune. Ses méthodes coercitives donnèrent le résultat voulu.  Manakiel passa aux aveux.
 
Sache, en gros que j’étais une sorte d’être supérieur ici… Non, pas un dieu comme celui d’Isabel, disons un disciple. Oui, j’avais beaucoup de pouvoirs, plus que tu ne peux l’imaginer…
 
Mais tu as tout perdu…Cela nous met en égalité de condition, n’essaye pas de me jouer un mauvais tour, et j’ai parfaitement compris qu’il nous faut des armes, je m’occupe de ça !
 
Il faisait nuit noire quand ils se faufilèrent sous l’arche de Pierre. Le résultat les laissa soufflés. Comme prévu par Manakiel, la  Pierre les avait menés…ailleurs.  Alpha s’était concentré sur leur destination mais l’endroit où ils se retrouvèrent ne ressemblait en rien aux parages désolés où il était mort. Point de crevasse, point de plateau, ils étaient sortis dans un bois tropical, à végétation luxuriante et c’était le plein jour. L’Ayerling leva le nez, dans l’espoir de situer le soleil, mais la voûte des arbres était si intrinsèque que les rayons de lumière avaient du mal à passer.
 
Cela ne correspond à rien que je reconnaisse, nous allions vers le sud-ouest …suivons la même direction. Oui, Charley, j’ai une boussole et sais que faire…je suis un soldat entraîné…Tu peux arrêter d’épouvanter les moustiques…nous sommes protégés par un  répulsif…écoute, je sais que tu tiens À moi à cause de tout ce qui s’est passé…mais ça fait longtemps de ça…pour les effets, je n’ai jamais été un petit garçon paumé…j’ai toujours été un Ayerling…
 

Elle le décontenança en lui flattant la joue avec un sourire plein de fierté. Il était fichu mais aussi étrangement heureux…Jack et Manakiel faisaient bon ménage. C’était une sensation tout à fait inattendue…c’était donc ça…une famille ?  Il se taxa d’idiot et accéléra le pas. Ils ne protestèrent pas et suivirent, bon train. À peine des petites pauses pour se désaltérer ou croquer un morceau. Le soir venu, ils établirent leur campement dans une petite clairière. L’ange prépara le repas, Manakiel monta la garde et l’Ayerling sécurisa le périmètre.
 

Alpha laissa à Charley le premier tour de garde et alla s’allonger avec Jack en oreiller. Son ange gardien le réveilla pour prendre son tour, Manakiel ronflait tranquillement non loin du feu. Elle voulut rester avec lui, assurant ne pas avoir sommeil et très envie de bavarder.
 

Tu dois te reposer…mais enfin, si tu veux…
 
Ils ne parlèrent pas bien longtemps. Au bout d’un moment, elle s’était endormie lovée contre Jack qui ne se plaignait pas trop. Le silence d’une nuit en forêt est relatif.  L’endroit grouillait de vie, de rumeurs tenues ou plus intenses, mais somme toute normales…jusqu’à ce qu’un cri vint rompre cette harmonie naturelle.

Un cri d’humain en détresse…
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Carlianna

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MessageSujet: Re: Grandeur et décadence   Ven 1 Nov - 12:17

Seigneur ! Quel chamboulement ! De quoi en perdre un peu la tête, mais ce n’était pas Charley qui allait s’en plaindre. Elle aimait par-dessus tout cette sensation ébouriffante qui l’électrisait toute, celle d’être utile pour remettre un peu les pendules à l’heure et surtout de compter, ô merveille, avec l’appui du grand Manakiel :
 
Je me sens aussi responsable du gosse que toi. C’est trop injuste qu’il ait eu tout ça à subir. Tu me portes chance, on dirait. Ça te dit d’aller botter le cul à ceux qui nous ont fait ça ?
 
Elle sourit, ravie, réfrénant l’élan de lui sauter au cou.
 
Si ça me dit ? Mais voyons…je ne rêve que de ça ! Tu sais comment y arriver ?
 
Sourire en coin, air mystérieux.
 
Oui, j’ai un moyen…
 
Super…raconte alors !
 
Ce n’était rien de  sûr, mais Charley ne voulut rien entendre de plus, jugeant qu’il était temps de récupérer son « bambin » qui roulait encore à terre avec sa mascotte. Certes, l’apparition de cette dernière avait eu de quoi les surprendre elle et l’Élu mais une si merveilleuse entente avec le « petit » ne pouvait que l’émouvoir, un peu plus encore, si possible.

Mon chéri…serait-ce possible que tu cesses ton jeu un instant…On doit te parler !
 
« Chéri » obtempéra et Manakiel expliqua rapidement son idée. Charley écouta avec croissant intérêt. Comme quoi, la Pierre du village pouvait servir pour se déplacer ailleurs. De quoi créer quelques suspicions mais on n’était plus à cela près, c’était sans doute une de tant de bizarreries de ce monde que l’Élu connaissait, sans aucun doute, beaucoup mieux qu’eux.

Nick/Alpha avait saisi sans problème, le pauvre avait eu son lot de trucs étranges, un de plus, ne devait lui faire ni chaud ni froid.


Attention que l’on va s’exposer. On doit s’équiper, informa Manakiel.
 
On s’en doute bien, il faudra des provisions, de l’équipement…enfin, tout ce dont on pourrait avoir besoin…Rien de mieux que prier, la Pierre pourvoira…Oui, Manakiel, toi aussi…essaye, ça peut marcher !
 
Il ne reçut qu’une misérable boîte de sardines, mais c’était déjà un début. Le « petit » se montra très pratique dans ses demandes et la Pierre livra, sans problèmes, un équipement futuriste devant lequel Charley s’ébaubit.  Hélas, il leur manquait des armes, le besoin d’aller en chercher au village s’imposait.  L’idée de devoir voler la rebutait assez mais si c’était nécessaire. Avec un soupir, elle les regarda prendre le chemin du village puis alla faire ses prières. À part les siennes, ces messieurs l’avaient pourvue d’une liste en conséquence.
Elle accommodait de son mieux le pactole fourni par la Pierre si généreuse, quand ils revinrent, armés jusqu’aux dents.
 
Mon Dieu, vous croyez vraiment qu’on aura besoin de tout ça !?
 
On lui assura qu’il valait mieux prévenir…
 
Diable, qu’il pesait son sac à dos ! Pourtant elle était sûre que celui de son « petit » devait faire le double et il ne s’en portait pas plus mal. Manakiel offrait une image assez inédite d’explorateur, alors qu’elle l’imaginait mieux en smoking…
 
*Pieds sur terre, ma fille…pas le moment de délirer !*
 
Ils avaient passé la journée à leurs préparatifs. Charley avait fait un rapide aller-retour pour prendre ses effets personnels, sans prendre le temps de chercher à savoir ce qui se passait au village. Elle avait hâte de commencer l’aventure.

Nick prit la tête de l’expédition dès le premier moment. D’une main, elle s’accrochait à son « petit », de l’autre à Manakiel qui tenait la patte au loup.
 
Où…sommes-nous ?
 
Cela ne correspond à rien que je reconnaisse, nous allions vers le sud-ouest …suivons la même direction, dit Nick, sans s’émouvoir le moins du monde d’être apparemment paumé.
 
Et, bien sûr…je parie que tu as quand même une idée de que faire, non ?, s’enquit-elle en épouvantant des gros moustiques qui lui bourdonnaient aux oreilles.
 
Sans aucune fausse modestie, il assura savoir que faire vu qu’il était un soldat bien entraîné, ce qui lui fit mal au cœur, ce qu’il remarqua en disant doucement :
 
Écoute, je sais que tu tiens à moi à cause de tout ce qui s’est passé…mais ça fait longtemps de ça…pour les effets, je n’ai jamais été un petit garçon paumé…j’ai toujours été un Ayerling…
 
Mon petit adoré !, souffla t’elle, émue sans pouvoir éviter de lui flatter la joue d’un geste si maternel, pour moi tu seras toujours mon petit garçon !

Il sembla accepter cela de bon cœur mais ce n’est pas pour autant qu’il les ménagea chemin faisant à travers cette espèce de jungle épaisse où ils étaient tombés.
 
*Ohlala, une petite pause ?...Tais-toi et marche…pas besoin de jouer les poids morts !*
 
Mais Alpha eut enfin conscience que les autres n’étaient pas aussi endurants que lui et chercha un bon endroit où établir le campement.

On finira crevés, à ce train-là, soupira Charley en ton de confidence à Manakiel, veux bien qu’il soit soldat…mais là…Dis donc, tu t’entends bien avec le gros toutou, toi !...Je prépare le repas…va la monter, la garde !
 
Elle s’y mit avec entrain, après une journée à se dépenser  de la sorte, un bon repas les mettrait tous d’aplomb, en plus que se livrer à des gestes de routine la rassurait un peu. L’Ayerling revint, assurant que tout allait bien et s’installa pour manger. Ceci fait, il alla s’allonger prés de son loup et s’endormit en un clin d’œil.
 
*Quelle particularité accommodante…enfin ! Qu’il est mignon…un ange qu’on dirait…*
 
Elle s’acquitta de son tour de garde, arme posée à ses côtés, sans que personne ne se soit donné le mal de lui expliquer comment ça marchait, en espérant ne pas avoir besoin de s’en servir. Manakiel ronflait comme un bienheureux tout comme le guerrier. Charley soupira.

*S’ils peuvent dormir comme ça…c’est que tout va bien !*
 
Fini son tour, elle alla réveiller le « petit » qui réagissant au quart de tour, fut débout et alerte en deux secondes.
 
J’ai pas sommeil…est ce que je peux rester avec toi ?
 
Tu dois te reposer…mais enfin, si tu veux…
 
Oui, je veux…tu sais, tout ce temps…et ça en fait, du temps, j’ai toujours pensé à toi, me demandant ce qu’ILS avaient pu te faire…Je m’en suis toujours voulue, mon ange…peut-être si je n’avais pas contrevenu LEURS désirs tu aurais eu droit à une meilleure opportunité.

Il accepta cette espèce de confession sans faire de commentaire, se limitant à la rassurer d’un sourire en coin.
 
Tout va aller bien…j’en suis sûre…
 
Charley s’endormit sans presque s’en rendre compte. Décidément le loup était superbe en oreiller. Dieu combien de temps elle aurait pu dormir si un cri n’avait retenti, brisant le silence régnant.
 
C’est quoi ?...Que se passe-t’il ?...Nick…où vas-tu ?
 
Question idiote ! Elle lui emboîta le pas en courant, suivis du loup. Un autre cri, plus faible se laissa entendre,  puis un sanglot.

Mon Dieu…c’est un enfant qui pleure !...Si je sais reconnaître quelque chose, c’est bien ça !
 
Enfant ou pas, Ayerling l’obligea à rester derrière lui. Ils n’allèrent pas trop loin. Charley ne put contenir un gémissement d’angoisse en découvrant la scène.

Deux hommes, petits et basanés, vêtus sommairement et avec des plumes sur la tête, sautaient en silence autour d’un arbre. Juché sur une branche une petite fille, pleurait, affolée. Sans s’encombrer de palabres inutiles, Nick/Alpha mit fin à la ronde des emplumés qui déguerpirent sans demander leur reste. De gestes très doux, il descendit la petite de son perchoir.
 
Donne la  moi, mon Dieu, pauvre chérie…là…là, calme toi, on ne va rien te faire…on veut t’aider !
 
L’enfant renifla encore en la regardant de ses grands yeux noirs et dit quelques mots en un langage inconnu.
 
Je ne comprends rien, mon petit cœur…mais devine que tu as besoin d’aide...
 
La petite gigota, voulant se libérer mais elle la retint fermement.
 
On peut pas la laisser toute seule, va savoir ce que lui voulaient ces deux hommes…regarde là, elle tremble, la pauvrette…
 
Manakiel venait de faire son apparition et chose inouïe, se dirigea à l’enfant en employant un langage en tout similaire à celui de l’enfant.

Wow ! Tu parles sa langue…demande lui…
 
La main de Nick sur son épaule lui signifia poliment de se taire et laisser Manakiel se communiquer tranquillement.  Cela alla si bien, que la petite décida de changer de ses bras à ceux de l’Élu, qui assez pris de court, ne sut pas trop bien comment réagir.

Elle ne va pas te mordre, assura Charley amusée, on dirait qu’elle te trouve digne de sa confiance plutôt…Rentrons plutôt au campement…on y sera plus tranquilles pour…parler !
 
Et faisant demi-tour, refit le chemin avec Jack gambadant joyeux, à ses côtés…
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Manakiel Emmanuel

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MessageSujet: Re: Grandeur et décadence   Ven 1 Nov - 14:46

Manifestement, le déplacement n’avait pas abouti au lieu souhaité. L’Ayerling parut assez décontenancé de ses retrouver en plein bois au lieu du désert voulu.

*Impossible d’échapper à leur jeu…*


Ça faisait assez râler Manakiel. Pour être puni, il l’était, et plus qu’un peu quoique… D’un certain côté, il apprenait des choses ignorées jusque-là comme, par exemple, le plaisir de jouer avec un loup, de le caresser. Il avait appris l’inconfort, la souffrance physique aussi… Là, c’était au tour de l’endurance de sévir.

*Suis pas un guerrier, décidément…*


Charley se fatiguait autant que lui. Il est vrai que Nick/Alpha ne les ménageait pas dans le train d’enfer mené. Trop fier pour se plaindre, Emmanuel la boucla tout du long, échangeant juste quelques mots anodins avec la jeune femme lors de la pause enfin accordée :

On finira crevés, à ce train-là, soupira-t-elle, veux bien qu’il soit soldat…mais là…Dis donc, tu t’entends bien avec le gros toutou, toi !

C’est… tout neuf pour moi, une première. Et… ça fait du bien !

...Je prépare le repas…va la monter, la garde !


À vos ordres, m’dame !


Les armes humaines, Manu les connaissait même s’il n’en avait jamais eu besoin. Dans le passé, sa volonté seule suffisait à écarter tout danger. L’Ayerling semblait se marrer en le voyant examiner le fusil mitrailleur échu :

… Ah, comme un manche, vraiment ? *Tu serais surpris de ce que je fais avec un simple caillou…* Montre, alors…

Démontage, remontage, armement, paré. Tout ça en un clin d’œil… Oui, Manakiel reconnut avoir encore du chemin à faire avec ça.
Le repas composé par Charley fut délicieux malgré la précarité de l’installation. Il la complimenta comme il se devait, politesse oblige. C’était un peu bizarre quand même. Pas la cuisine, l’atmosphère qui régnait aux alentours. Ses sens se réveillaient-ils ou imaginait-il cette sensation d’être… observé ?
Il simula le ronflement du parfait détendu pour n’alarmer personne mais se garda à l’écoute.

*Un cri ?*

Déjà l’Ayerling fonçait, suivi d’une Charley affolée. Il courut derrière eux son arme chargée. On localisa plus ou moins l’endroit, la Miss se figea :

Mon Dieu…c’est un enfant qui pleure !...Si je sais reconnaître quelque chose, c’est bien ça !

Elle et le soldat détalèrent vers la source, lui… il s’étala, bêtement, les pieds dans une souche.
Il rata tout de la scène précédente, ne voyant que Charley tentant de retenir une fillette paniquée qui baragouinait une langue étrange pour tous, sauf… pour lui.

Alisha, Alisha calme-toi ! Tu es protégée de Dieu et nul ici ne te fera du mal ! répondit-il dans la même langue. Arrête de pleurer, dis-moi ce qui s’est passé.

Tu… Tu es un Dieu ?

J’en étais un mais j’ai fait une bêtise et on m’a puni…

J’ai fait une très grosse bêtise aussi !

Retransformée en fontaine, elle chercha appui sur lui qui, dépassé, ne savait pas quoi faire avec cette fillette d’une dizaine d’années pendue à son cou.

Elle ne va pas te mordre, assura Charley amusée, on dirait qu’elle te trouve digne de sa confiance plutôt…Rentrons plutôt au campement…on y sera plus tranquilles pour…parler !

Tout du long, ils causèrent. Il restait du ragout qu’elle avala goulûment avant que Manakiel puisse la déposer sous une couverture sur un des matelas pneumatiques.

Les autres, très patients, attendaient ses explications. Brûlante de curiosité, Charley ne lui en offrit pas moins un gobelet de vin qu’il sirota en regardant les flammes du feu ranimé. Il se décida en buvant lentement :

Elle s’appelle Alisha, fille adoptive du chef Dakshi, le glorieux. Comme à leur époque, les Sioux massacrent les Mandans. Elle cherchait de l’eau et pense avoir conduit les ennemis de son peuple vers eux car une attaque a eu lieu. Elle s’est échappée… voilà.

Immédiatement Charley voulut savoir s’il y avait des survivants à ce camp d’Amérindiens.

Tu ne penses pas sérieusement qu’on va aller lui montrer les siens massacrés ?

L’enfant ne devait rien voir. Lui et l’Ayerling fouilleraient le coin au matin tandis qu’elle veillerait la gamine.

Drôle de nuit ! Alisha tint, un peu somnambule à s’accrocher à lui. Il la rassura comme il put.

Dans l’aube, les hommes s’armèrent. Cela déplaisait beaucoup à Manakiel de laisser Charley et Alisha sans défense. Le loup veillerait, promit l’Ayreling.
Les palabres furent longs pour convaincre l’enfant de rester avec Charley à qui il confia de courtes traductions des mots communs : peur, faim, toilette, etc.

Nitap, c’est ami. Gne’g, c’est bientôt.


Les hommes partirent en chasse.
Selon les indications de la petite, le camp parental n’était pas trop éloigné. Ce fut l’odeur écoeurante du sang qui les guida. Après bien des précautions, ils découvrirent une boucherie d’épouvante. Habitué depuis des siècles à la sauvagerie humaine, Manakiel résista à l’envie de vomir son frais repas.
Sans grand espoir, ils fouillèrent les débris de ce qui semblait avoir été un camp paisible, bien organisé. Soudain, Nick-Alpha cria. Il avait découvert un corps non enfumé. Évidemment, il ne pigeait pas un mot à ce que le mourant essayait de raconter. Vite, Manakiel accourut. Agenouillé, il récolta quelques paroles avant que l’indien ne disparaisse.

… Il dit qu’une autre tribu de son clan vit derrière cette colline. … Je sais… ça nous éloigne de notre but mais on ne peut pas laisser Alisha seule, ni l’emmener avec nous !

Ils faillirent rire en rentrant à leur campement où rien de dramatique ne s’était produit sauf que Charley s’était entêtée à vouloir récurer l’enfant et démêler sa tignasse…
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Grandeur et décadence
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