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Sommes-nous les jouets des dieux ?
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 À la derive

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Lindsay Fairchild

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Messages : 753
Date d'inscription : 22/02/2011
Age : 29
Localisation : Quelque part?

MessageSujet: À la derive   Dim 20 Mar - 22:34

Que cela faisait du bien, ce bain ! Elle n’avait pas l’habitude d’en prendre le matin, mais une fois ne faisait pas coutume. Surtout après cette nuit passée à dormir d’un œil, guettant une plainte ou Dieu sait quoi de son voisin d’infortune. Le pauvre ! Le comble que cette folle lui ait mis le nez dans cet état. Définitivement, il y avait des gens sans manières en ce bas monde. Finie son immersion de relax, elle se sentit plus d’aplomb pour affronter ce dernier jour de l’an. Ce à ce qu’elle ne s’attendait pas en sortant fut à se retrouver face à un Neil Chesterfield coiffé d’une serviette lui cachant le visage.

Vous…vous sentez bien ? Votre nez, comment va-t-il ?


Il avait l’air plutôt comique, là mais elle se garda bien de rire.


Oui, vais bien, merci. Mon nez… ? Euh… pas la forme…


Pauvre cœur, pas la joie qu’on l’ait réduit à cet état.

Mais pourquoi vous cachez vous ? Vous devriez plutôt vous rallonger et continuer avec les compresses…je vous en apporte de suite si…

Là voilà attendrie sur son sort. C’était bien elle, ça. Lindsay n’y pouvait rien, c’était sa nature, elle ne pouvait tolérer la souffrance d’autrui sans s’en sentir tant soit un peu coupable. Mais le cher homme avouait ne pas se cacher mais se soigner parce que ce soir en plus d’être le dernier de l’an était aussi son anniversaire, et il comptait, sans doute, le célébrer dûment.

Ah…votre anniversaire ?


Son 28ème. Elle lui en aurait donné plus, mais bien sûr, ne l’avait vu que grognon et désagréable, un peu amer sur les bords aussi.

Maintenant, si vous le voulez bien, j’aimerais moi aussi faire mes ablutions. Il y a encore des essuies secs ?

Soupir et subtil haussement d’épaules.

Pas de souci, il y a toute une collection de serviettes moelleuses à souhait et très sèches à votre disposition.

Le laissant faire ce qu’il voudrait, Lindsay se préoccupa plutôt de ce que serait sa journée. Rien de trop engageant, en vérité. Elle n’avait pas grande envie de rencontrer Fitz le 3ème et subir ses mièvreries, encore moins les parents de celui-ci, qui semblaient décidés à caser leur rejeton avec la première héritière convenable. Or, sans aucun doute, elle réunissait toutes les qualités requises. Sauf qu’il y avait un petit rien dérangeant pour ces plans si parfaits…elle ne voulait rien savoir de Fitz !
Que diable faire de son temps ? La réponse lui tomba toute cuite du ciel alors qu’elle déambulait distraitement. La pub était alléchante : « Cinq heures de parfaite détente pour être en beauté pour le nouveau siècle ! ». Elle aurait voulu savoir qui était le coupable d’un truc aussi simplet mais peu importait…même pas le prix faramineux de ces heures de loisir sybaritique. Sans le penser deux fois, elle pénétra dans ce temple du relax et se laissa dorloter comme une reine de fable, sans penser au lendemain…ni même à la soirée qui s’en suivrait…avec Fitz &Co.

Rassérénée en corps et âme, elle voulut quand même faire un tour à la suite pour savoir si Neil Chesterfield vivait encore ou avait succombé à une attaque de vanité aiguë. Elle s’en voulut presque de le juger si vénal mais le trouver, encore et toujours, embouti sous sa serviette lui donne de quoi penser.

*Il est, soit défiguré...soit narcissique à en mourir !*


Elle préféra ne pas penser à l’alternative. Au cours de la journée, malgré ses multiples manœuvres pour l’esquiver, Gerard Fitzpatrick avait réussi à la coincer et de toute façon à lui faire parvenir son invitation pour le réveillon, accompagnée d’un extraordinaire bouquet de roses rouge passion, qu’elle jugea de mauvais goût…pas qu’il le fut vraiment mais Lindsay détestait les roses rouges, les trouvant déjà trop vulgarisées… bien sûr Fitz ne pouvait pas en avoir la moindre idée.

La mort dans l’âme elle se retrouva dans la suite désertée par un Chesterfield certainement plus en forme et procéda à s’habiller en conséquence de la soirée de réveillon. Sa robe rouge de Valentino, sa préférée, qui la faisait se sentir si femme, si mûre, si…capable d’oublier un instant qu’en vérité elle n’était qu’une grande ado de 22 ans, dont la timidité s’estompait sous le lourd vernis de son exquise éducation. Soupir ! Un dernier coup d’œil au miroir lui renvoya une image resplendissante.

*Zut ! Quel gaspillage !*


Comment se déroula le dîner ? Elle n’aurait su le dire. Les mots mielleux de Gerard d’un côté, les discours grandiloquents de son père et les mièvreries de Madame, d’un autre, elle ne savait plus où en donner de la tête. Souriant, comme on lui avait si bien appris à faire, elle subissait, tout en se dévissant, discrètement, le cou, à la recherche de Neil Chesterfield qui semblait s’être décidé à fêter son anniversaire en solitaire…

*Je devrais aller le voir, le pauvre…lui tenir compagnie…qui sait…il ne m’en voudra pas tellement et…*

Et rien. Elle resta là, comme un sage petit soldat bien entraîné, même si en se taxant d’idiote. Minuit approchait à grands pas. Lindsay ne voulait même pas s’imaginer ce que ça donnerait aux douze coups marquant le changement d’année…Fitz voudrait l’embrasser et ça, elle ne pourrait pas le permettre…

Huitième coup…tout était fichu pour de bon. Elle l’avait vu arriver mais il était resté avec son groupe de joyeux comparses…et puis…Pauvre Fitz. Écarté comme tiers gênant et c’était Neil Chesterfield qui la tenait dans ses bras.

J’aimerais... je serais honoré... être le premier à vous souhaiter…


Serait il, à tout hasard, aussi timide qu’elle ?


Jo...Joyeux anniversaire…

Plus idiot, on ne peut pas faire !

Douzième coup de minuit.


Bonne année, Lind. Que tous tes vœux se réalisent.


Instant magique. Rien d’autre que lui n’existait. Il était là, l’avait sauvée de Fitz et c’était lui qui allait l’embrasser…Son cœur démarra à deux cent à l’heure …

La sirène d’alarme coupa court toute fantaisie ou fantasme qui soit. Il fallait gagner les canots. Impossible que ce soit une blague ridicule. Qui penserait à jouer un si mauvais tour à ces 2.500 passagers là réunis, qui en un quart de tour muèrent à l’état de troupeau affolé et mugissant.
Elle s’accrocha à Neil, ignorant vertement Fitz qui venait à la rescousse mais qui, grâce divine, fut happé au passage par sa mère en pleine panique.

Pendant un instant, Lindsay pensa avoir le temps d’aller à sa cabine pour y réunir le nécessaire avant de rejoindre le pont mais évidemment la situation n’était pas aux chichis. Si le bateau coulait, ça n’allait pas attendre que les passagers fassent leurs bagages.

Elle avait peur. Plus que ça, elle frayait la panique. N’ayant jamais été confrontée au danger, Lindsay était lâche par nature. Tout ce bouleversement, ces gens qui criaient en se bousculant, manquant de peu de la séparer de son unique repère, Neil, étaient à point de la faire oublier son exquise maîtrise de soi et la faire hurler comme chien abandonné.


J’ai peur…j’ai peur…ne me lâche pas, je t’en supplie…ne me lâche pas !

Et elle s’accrochait à lui de toutes ses forces au fond de ce canot où ils arrivèrent sans encombres et où on les installa, avec tout le confort désirable vu la situation. L’officier en charge de leur canot leur assura n’avoir rien à craindre, l’embarcation avait été conçue exactement pour ce genre de situation et même dans ces circonstances extrêmes, ils auraient droit à un certain confort, nourriture et eau ne manqueraient pas et sous peu ils seraient retrouvés et mis à sauf par un de tant de navires alertés sur leur triste impasse. De quoi la rassurer ? Pas trop...un naufrage est un naufrage de la couleur qu’on veuille le colorier…Mais Neil était là et ne desserrait pas son étreinte rassurante…

*Bonne année, Lind… !*
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Neil Chesterfield

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Messages : 232
Date d'inscription : 07/03/2011

MessageSujet: Re: À la derive   Lun 21 Mar - 11:53

N’avait-elle pas des yeux magnifiques ? Tout chez Miss Fairchild était magnifique d’ailleurs.
Là, ses lèvres frémissantes attendaient… les siennes. Instant magique ? Peut-être. En tout cas il fut parfaitement… raté.
C’était de la folie. On n’allait quand même pas faire naufrage ? L’idée première de Neil fut que des pirates étaient montés à bord. Mais, en ce cas, on n’aurait pas demandé aux passagers d’évacuer les lieux. Une avarie majeure s’était-elle déclarée ? Il ne percevait aucune odeur de fumée, l’électricité fonctionnait. Réflexe protecteur ? Il attira Lindsay contre lui pour suivre le repli général des troupes. Le mot d’ordre était de garder son calme, Chesterfield n’en menait pas large.
Le personnel se montra à la hauteur de la situation. Avec dextérité et discipline, chaque passager reçut un gilet de sauvetage et une couverture ainsi que les instructions nécessaires pour gagner la bonne embarcation. La répartition s’effectua selon les numéros de cabine. Puisque Lindsay et lui occupaient la même…


J’ai peur…j’ai peur…ne me lâche pas, je t’en supplie…ne me lâche pas !

Lui aussi mourait de trouille mais il ne l’aurait pas avoué pour tout l’or du monde. Qui s’accrocha le plus à l’autre ? Impossible de le dire. Personne dans le canot ne se montrait particulièrement fringant, du reste. Un des membres de l’équipage s’assura que tous étaient assis et, une fois l’embarcation remplie, on la descendit à la mer.
Quelle horreur ! L’ensemble hurla quand la barque toucha les flots et Neil ne fut pas le dernier à crier. La barque devait avoir un moteur.


*Pourquoi ces rames ?*

Quelque chose devait disjoncter quelque part. D’ailleurs les lumières du paquebot semblaient très floues… À croire qu’un épais brouillard s’était soudainement levé, enveloppant la scène, étouffant les sons. Certains pleurèrent sans retenue, d’autres prièrent. Chesterfield resserra son bras autour de Lindsay qui tremblait comme une feuille :

Ça va aller, ça va aller !

C’est tout ce qu’il parvenait à dire pour la rassurer en se rassurant lui-même.
Ça souquait ferme de la part des gens du bord. Les lumières diffuses de l’Ocean’s Queen s’estompèrent de plus en plus.


*Il devrait y avoir un projecteur allumé à l’avant de ce canot ! On n’y voit goutte. Manquerait que l’on percute une autre barque !*

Un coup de feu fit sursauter tout le monde alors qu’une fusée de détresse grimpait dans les airs.
La lumière se répandit brièvement pour faire place aussitôt à l’obscurité totale.


Les discussions s’élevèrent entre les marins en charge d’âmes. Neil perçut des bouts de phrases très peu engageantes :

Radio morte… Projo mort… Et ces trucs qui n’éclairent rien…

Une idée comme une autre, Neil fouilla une poche de son smoking et accrocha son portable.

Pas de réseau… Ne t’inquiète pas Lind. J’ai un briquet !

Il l’actionna. Mon Dieu quel petit visage ravagé ! À leurs côtés d’autres flammes brillèrent. Ils en tiraient tous des têtes.
Un mégaphone entra en action :


Mesdames, Messieurs, restez calmes. La balise fonctionne ! On nous repèrera quoiqu’il advienne. Nous allons devoir siffler régulièrement pour signaler notre position aux autres embarcations et éviter les collisions. Dans moins d’une heure, les navires proches nous recueillerons. Cette route maritime est très fréquentée. La compagnie est désolée pour ces désagréments. Mais tout est prévu. Bonne année à tous !

On se serra davantage les uns contre les autres alors que des bouchons de champagne sautaient. Dans le fond, pourquoi ne pas s’enivrer joyeusement histoire de tuer le temps ?
Il n’y avait pas de houle. Le froid était à peine piquant. Si un gros temps s’élevait, le canot était aménagé pour protéger les rescapés. Alors… ?


Prenons notre mal en patience, Lind. Nous en rirons une fois à nouveau à bord. Racontez-moi plutôt pourquoi vous avez entrepris cette croisière ?

Il fallait causer de tout ou n’importe quoi plutôt que de retrancher dans des pensées désagréable. Elle eut des difficultés à démarrer la conversation mais, peu à peu, on se serait cru dans un salon. Ça papotait partout, les pleurs avaient cessé.
Cela dura… un temps. Le temps que l’angoisse ne revienne avec l’allongement de l’heure prévue de l’arrivée des secours. Quelques bienheureux s’endormirent bercés par le clapotis des eaux.
Où qu’il tente de regarder, Neil ne percevait aucune lumière extérieure.
Le ton monta entre passagers et équipage d’autant que les flots jusque là paisibles commençaient à s’agiter. Bientôt la pluie s’en mêla et la bâche de protection refusa de se dérouler. Colère, désespoir, nausées en secouèrent plus d’un.
Lorsque l’embarcation dansa pire qu’un bouchon, la panique devint générale.


Si… Si le pire se produit et que nous versons, promets-moi de siffler régulièrement. Quoi qu’il arrive, je te retrouverai.

Il la devina tendue à l’extrême. Si petite, si mignonne…
Trouver ses lèvres fut facile. La délicieuse sensation s’acheva par des hurlements et un plongeon glacé.

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