Gods Games

Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
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 Un boulot comme un autre

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Walker Luke

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MessageSujet: Re: Un boulot comme un autre   Ven 29 Avr - 18:12

Joli direct au menton. Le poing de Miss Blackely était en béton mais la mâchoire de Luke en avait connu d’autres. Ils ne revinrent pas de suite sur les états d’âmes de Walker. Leur boulot était assez crevant pour ça. Trimbaler des cageots de légumes après la cueillette n’est pas de tout repos. Au moins, se dépenser physiquement évitait de penser. Les remarques de Jenny quant à l’écoulement futur de leurs produits méritaient réflexion pourtant. Tôt ou tard, les gens ne sauraient plus payer leurs dus, et les agriculteurs en herbe travailleraient pour rien, ce qui serait stupide. Encore plus stupide serait de gâcher des marchandises. D’autres que Walker et Blakely pourraient avoir la même idée qu’eux, n’empêche qu’il leur faudrait travailler de leurs mains et il fallait avouer que, au village, peu en avaient envie. S’ils espéraient que la pierre leur fournirait tous leurs désirs, ils devaient commencer à se rendre compte que c’était de moins en moins souvent le cas.

De retour du village ils inspectèrent les plants, bras dessus bras dessous, comme les bons copains qu’ils étaient. Ils avaient croisé pas mal de gens mécontents sans trop s’attarder à ce qui couvait-là. Tant qu’on ne venait pas leur chercher noises…
Jenny, pensive, avoua ses idées sur la suite alors que lui-même gamberger quant à une solution à leur problème. Au moins ne le jugeait-elle pas dingue. Il crut qu’elle allait lui dire d’aller se faire voir au lieu de quoi elle lui exposa ses plans :


Je ne veux pas que tu partes ! Ça jamais ! T’avise pas à avoir des idées pareilles…On est deux dans cette histoire…alors c’est à deux qu’on fait front au problème…Je ne vais pas t’abandonner…tu es mon ami…le meilleur…le seul qui mérite ce nom…

Que de très gentilles choses se débitèrent. Si Luke voulait lire entre les lignes… Mais non.
La suite était encore meilleure :


Je ne veux surtout pas que tu le prennes comme une…invitation à autre chose…mais tu es un type sensé, moi une fille pratique…ça devrait marcher sans trop de pépin…on va dormir ensemble…

Elle se récria vite ( trop vite ?) comme quoi il n’était pas question de bagatelle. L’envie d’éclater de rire devenait irrésistible et le jeune homme n’y tint plus lorsqu’elle lui sortit le bouquet :

j’attache ton poignet au mien…si tu joues les somnambules justiciers…je me réveille et tape dessus pour te rendre à la réalité…ça te va !?...Rigole pas !!!

Tu n’es pas sérieuse, Jenn ? Tu nous vois dormir comme ça ? Ça me fait penser à un vieux film de fantomas quand De Funès attachait son orteil à la poignée de sa porte.


Ils en rirent beaucoup mais la miss tenait à son idée. Belle partie de rigolade aussi quand l’heure du dodo arriva et qu’elle lui ficela bel et bien le poignet. Heureusement le lien était long. Aussi chacun pouvait se retourner à son aise sans embêter l’autre. La fatigue étant là, ils purent dormir sauf qu’un chambard de fin du monde les fit sursauter. Jenny qui dormait près de l’ouverture, bondit dehors. Tracté comme une chèvre, l’esprit pas clair, Luke se retrouva près d’elle à regarder… un petit feu d’artifice.

La fête nationale ou la révolution ? Curieux, Luke voulut y aller. Jenny préféra rester à attendre son retour :


Je ne suis pas un belliqueux. Je ne tarde pas.

Cela pris plus de temps que prévu...

Main dans les poches, sifflotant l’air de la carmagnole, Luke arriva au village. Attirée, comme lui, par les festivités, une foule se dirigeait vers la maison commune. Des rumeurs circulaient, beaucoup s’interrogeaient. L’auditoire s’emplit dans un brouhaha d’enfer. On parlait d’arrestations, destitutions, révélations, procès… Toujours très calme, Walker s’insinua dans les rangs serrés et attendit l’entrée des orateurs.


*Tiens mon repêché, qu’est-ce qu’il fabrique-là ? Oh, on a ligoté Higgins et… tout le staff ?*

Sur les tables s’empilèrent des dossiers. Chesterfield n’était pourtant pas avocat, ou oui ? Néanmoins, il lançait un beau réquisitoire contre le staff et Higgins en particulier. Des accusations nettes fusèrent, accablantes. Bien sûr, les entravés rouspétèrent :

Vous ne savez pas de quoi vous causez ! J’aurais bien voulu vous y voir! Je suis commandant de bord et du jour au lendemain, il m’a fallu organiser tout ce bordel ! Je ne crois pas avoir failli à mes devoirs envers la population.

On ne vous avait rien demandé ! cria un homme corpulent.

C’est vrai, ça ! renchérit un autre. Vous avez tout magouillé à cinq dès le départ.

Des voix s’élevaient de partout si bien que l’on ne s’entendait plus. Luke se leva et monta sur l’estrade. Il réclama un micro qu’il reçut. Présentation faite, il se comporta alors comme un animateur de débats télévisés :

Chacun aura la parole mais, de grâce, à son tour. Vous madame, oui vous, qu’avez-vous à demander au commandant ?

La dame hésita un peu puis se lança:

Pourquoi la radio de l’avion ne fonctionne-t-elle pas ? A-t-on songé seulement à la réparer ? Pourquoi on ne nous a jamais consultés sur rien ?

Higgins était blême de rage. Il demeura muet.


Vous ne voulez pas vous exprimer, commandant. Vous savez pourtant que vous ne savez pas me résister. Allez faites-nous une belle confession…

Pour avoir déjà été hypnotisé à plusieurs reprises par Luke, Higgins céda. Une très longue confession, parfois poussée par Walker, se déballa. La séance dura plusieurs heures pendant lesquelles furent prouvées les lacunes de l’organisation actuelle et certaines magouilles secrètes. Résultat, Higgins et ses sbires furent mis aux arrêts. Des élections seraient organisées pour se trouver de nouveaux responsables plus compétents. En attendant, le « pouvoir » revint à celui qui avait flanqué le pied dans la fourmilière : Chesterfield.

Totalement vanné, Luke rentra au campement où une adorable Jenny lui fit du café pendant qu’il racontait sa nuit.


En gros, il s’est déballé un beau sac de nœuds. On est irrémédiablement coincés sur ce rivage. Des tentatives de sortir d’un certain secteur ont avorté. Des gens ont disparus… avalés par la pierre… J’ai pas trop compris ça, non. Ils ont essayé, au début, de communiquer avec le dehors, puis ont cessé. Higgins a formé sa bande très vite, sans trop savoir comment s’y prendre. Le trafic d’influence à beaucoup fonctionné… Ceux qui voulaient « travailler » devaient payer le staff… Il y a des gardes armés quelque part… Garder des entrepôts… Chesterfield y était employé… Oui, notre rescapé… Il a foutu un beau bordel. Je sais pas s’il s’en tirera... Oui, c’est le chef jusqu’à ce que des élections aient lieu. Au fait, je suis secrétaire général à temps partiel… Non, je ne plaque pas l’exploitation. Vais pas tout te laisser sur les bras, mais là je suis claqué. Je t’aiderai à la cueillette et à la porter au village puis dodo impératif !... Dans la boutique ? Ouais c’est une idée, au cas où j’en aurais encore des bizarres.
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Jennifer Blakely

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MessageSujet: Re: Un boulot comme un autre   Mer 11 Mai - 12:23

Luke parti, inutile essayer de se rendormir. Les alentours étaient très calmes mais valait mieux ne pas se fier des apparences. Le mécontentement perçu au village aurait atteint son paroxysme et on ne savait jamais ce que les gens pouvaient faire dans certaines circonstances. En tout cas, dans les heures qui suivirent aucune foule hurlante ne défila sur le chemin menant à l’exploitation. Après ce qui lui avait semblé un siècle d’attente, elle vit Luke s’amener d’un pas nonchalant, petit sourire malicieux aux lèvres. Il avait l’air plutôt satisfait. Abandonnant la pioche qu’elle n’avait pas lâchée, Jenny courut au devant du jeune homme.

Et alors !?...Ce que tu as pu tarder ! Je me faisais des idées, moi !!! C’était quoi le pétard !?

Elle l’aurait harcelé de questions mais remarqua quand même ses yeux rougis et cernés, après tout, il n’avait pas dormi trop longtemps avant que le feu d’artifice ne les tire de leurs rêves.

T’es vanné…Viens, je te fais un bon café pendant que tu racontes…

Parce que de ça, il n’y avait pas d’échappatoire.

Vas y, j’écoute !

On ne pourrait pas dire qu’elle était du genre patient. Luke prit une profonde inspiration, but une gorgée du noir serré, destiné à le mettre 100% en éveil et commença :

En gros, il s’est déballé un beau sac de nœuds. On est irrémédiablement coincés sur ce rivage. Des tentatives de sortir d’un certain secteur ont avorté. Des gens ont disparus… avalés par la pierre…

Le début n’était pas follement engageant mais d’une façon ou d’une autre, Jenny s’était faite à l’idée de ne pas quitter de sitôt…ou jamais cet étrange paradis qui les hébergeait. Le fait que des gens aient disparu de si singulière façon eut l’heur de l’affoler un peu.

Avalés par la Pierre ?...C’est de la science fiction, ça !...Oh là…mais enfin…il se passent des trucs si bizarres dans le coin, ça ne devrait pas trop nous étonner …mais j’y pige rien, moi !

Elle n’était pas la seule. Consolateur mais définitivement pas suffisant ! Aux dires de Luke, il y aurait eu des essais de communication avec…le reste du monde mais vu la nullité du succès, on avait vite abandonné l’idée. Que Higgins ait sauté sur l’occasion pour prendre le contrôle avec quelques élus entre ses plus proches n’avait rien de surprenant, le contraire l’aurait été. Bien entendu, personne, même pas le très éclairé commandant de bord n’avait su débrouiller l’affaire de manière satisfaisante et faisant à la comme on peut, avait fini par instaurer sa petite tyrannie bien tournée à son profit.

Le trafic d’influence à beaucoup fonctionné… Ceux qui voulaient « travailler » devaient payer le staff…

Hum !...Ouais, ça donne pas mal de quoi penser. Au fait, tu as payé, toi ?...Parce qu’on travaille, non ? On a notre lopin de terre…tu ne m’en as jamais parlé !

Cette petite remarque sembla le mettre un petit peu mal à l’aise mais habilement contourna la réponse. Elle n’insista pas, pour le moment. La suite était passionnante.

Il y a des gardes armés quelque part…

Première nouvelle. Jenny avala son café, l’air dubitatif.


Des gardes ? Pourquoi faire ? Ils nous surveillent ou quoi ?...

Garder des entrepôts… Chesterfield y était employé…

Des entrepôts !?...On entrepose quoi dans ce bled...dis donc, Chester truc mouche…c’est pas le gars qu’on a trouvé à moitié out avec la jolie brunette ?...et il aurait été employé…là !...Hum, de plus en plus embrouillé, ce truc !...et tu dis que c‘est lui qui a mis à découvert le pot aux roses ?

Il a foutu un beau bordel. Je sais pas s’il s’en tirera...

S’en tirer ? Ne me dis pas que…

Oui, c’est le chef jusqu’à ce que des élections aient lieu. Au fait, je suis secrétaire général à temps partiel…

Sourcil en accent circonflexe, nœud à la gorge, bouffée de mauvaise foi.

Sûr…l’appel du pouvoir est irrésistible…tu vas jouer les ministres conseillers et moi je me débrouille avec mes lapins surdimensionnés et ma récolte de tous les jours…

Elle en aurait pleuré. Mais il se dépêcha de la rassurer sur ce point.

Non, je ne plaque pas l’exploitation. Vais pas tout te laisser sur les bras, mais là je suis claqué. Je t’aiderai à la cueillette et à la porter au village puis dodo impératif !...

Jenny pouvait comprendre ça, après tout le pauvre chéri avait eu une nuit mouvementée, prenant part à la révolte locale et se voyant promu d’exploiteur agricole à secrétaire général du pouvoir en vigueur…si c’était pas s’élever dans l’échelle sociale du coin, ça ! Mais, elle gardait les idées claires et la suspicion à cent à l’heure. Sans être spécialiste en soulèvements populaires, elle pouvait se faire sa petite idée de ce qui pourrait venir par la suite. Un peuple soudain libéré de l’oppression a souvent des idées pendables…comme s’attaquer à tout ce qui lui rappelle l’ordre antérieur. Leur exploitation, leur indépendance d’action comparée à celle des autres, tout ça pouvait éveiller la rancœur populaire et déchaîner la convoitise de ce prochain avide de…revanche.

Ok…mais je pense que ce serait mieux si tu restais au village, pour surveiller la boutique…

Dans la boutique ? Ouais c’est une idée, au cas où j’en aurais encore des bizarres.

Profond soupir.

C’est pas à tes idées que je pensais, Luke…mais à celles des autres. Je regardais la TV, moi…quand ça a l’esprit exalté…ça fait n’importe quoi…Bof, que sais je…mais les révolutions ça donne toujours la même chose partout dans le monde…Moi ?...ben, je reste ici et défends le fort au cas où ! Remarque, ce serait pas mauvaise idée si j’allais demander au nouveau boss de me donner une arme. Pourquoi faire ?...Tu en as des bonnes ! Pour tirer sur ceux qui en voudraient à nos biens, tiens !...Sûr que j’en serais chiche…Ah bon…tu trouves pas bonne l’idée…euh, me pendre au premier arbre venu…oups, ça fait Ouest sauvage, là…Ok, me contente des chiens…et de la pioche !

Dommage, elle qui s’était déjà vue en version féminine de Terminator dût se contenter de faire sa cueillette du jour aidée par un Luke qui s’endormait, malgré le café corsé et amener le tout au village où régnait l’effervescence. Tactique de survivance : gagner la confiance des méfiants. Façon de s’y prendre : sympathiser avec leur cause. Résultat : leur remplir le ventre pour rien. Pas à dire, les étals restèrent vides en un clin d’œil. Dans sa petite tête calculatrice, elle faisait le bilan en rouge d’une journée sans gains mais au moins, on ne la regarda pas de travers et elle eut même droit à des chaleureuses félicitations pour sa compréhension et appui.

*S’ils croient que ce sera comme ça tous les jours…peuvent toujours courir !*

Mais logiquement, c’était ce que tous attendaient. Mettre dans le pot commun, va et passe…être la seule à le faire...jamais de la vie. Quelques jours plus tard, un client discutant âprement les prix des légumes et poulets, Jenny crut bon mettre les choses au clair, ce qui ne manqua pas d’attirer des curieux…au bout d’un moment, ça faisait foule. Luke n’était pas là, puisque travaillant à la maison communale en son rôle de secrétaire général.

Écoutez moi tous…je ne tiens pas à…

On ne veut pas de discours mais des légumes…Vous…, commença à dire une longue femme mince au regard perçant.

Laissez moi parler, Mrs. Jenkins…laissez moi parler !!! Je disais que je ne tiens pas à exploiter la situation, vous le savez bien…mais vous devez aussi comprendre que je ne peux pas vous faire cadeau de mes légumes et autres…la Pierre me fait pas de cadeaux, elle…et vous croyez quoi ? Que mes poulets vivent de manger des vers de terre ?...Oui je sais, ça grandit vite mais c’est bien grâce à ce que fournit la Pierre…sinon, on rigolerait un bon temps avant que le poussin grandisse et devienne poule pondeuse…

Ouais, on marchera avec tes histoires, petite !, interrompit un bonhomme grassouillet, et tes légumes qui poussent comme si rien !?

Oui, Mr. Mooney…ces merveilleux œufs que vous aimez tant…c’est une poule qui les pond…pas moi qui transforme les cailloux du chemin en œufs, croyez moi…Que mes légumes poussent en une nuit ! Qu’y voulez vous…engrais miracle ? J’en sais rien…faut encore l’avoir, le fichu engrais...Tiens, vous y aviez pas pensé !...et bien pensez y…Sans l’exploitation agricole, on n’aurait pas grand-chose à manger…

Venons-en aux faits !, s’égosilla un autre paroissien, cramoisi de colère

Pas besoin de gueuler, Mr. Potts…suis pas sourde et oui…venons en aux faits…Je sais que vous ne savez rien de cultiver des tomates ni d’élever une basse cour…On va faire une chose…Si vous vous chargez d’obtenir de la Pierre ce qu’il faut et vous donnez un valable coup de main à la ferme…et bien vous serez dédommagés en espèces…

L’idée fit son petit bonhomme de chemin dans les esprits de son prochain. Jenny savait qu’il était impossible être plus juste et équitable mais apparemment, il fallait donner un coup de pouce pour que ça finisse de comprendre.

On est une communauté, nous avons tous des problèmes, on se donne un coup de main…mais on reste dans la ligne de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas…Vais pas m’échiner au boulot pendant que les autres prennent le soleil en pensant à des jours meilleurs…ou on s’y met tous…on on est tous fichus !!!

Comme solution, ça pouvait marcher provisoirement. La ferme ne pouvait donner du travail qu’à quelques uns…

*J’espère que Luke aura des idées plus brillantes que les miennes parce que là…ou on va à la ruine ou c’est disette pour tout le monde !*

Ce soir, quand il rentra, Jenny l’attendait avec un gentil dîner et plein de questions, mais ça vint après un bref exposé de sa journée.

C’est pas la joie…ils ont plus trop à donner en échange de nos produits…ça me brise le cœur, mais…je me sens comme la méchante de l’histoire…Et toi, ça a été, M. le Secrétaire Général ?...Qu’est ce que j’ai fait ?...ben on a troqué engrais et boulot contre légumes frais et poulets gras…Ça allait plus fort qu’aux souks de Marrakech…mais et vous, là haut, au sommet du pouvoir…vous avez trouvé quoi comme solution ?...Qui fait marcher la Pierre…ou qu’est la Pierre ?...Qu’y a-t-il dans ces entrepôts ?...Et les gardes…ils sont de quel côté ?...Parce que c’est important savoir de quel côté sont les armes…

Profond soupir, air penaud.

Tu sais, Luke…j’ai un peu la trouille…et…si ça tourne mal ?...Ben, sais pas…tu sais, les choses ça tourne à l’aigre en moins que rien…Dis…tu en as fait, de tes rêves dernièrement ?...Non, rien…j’y pensais…à croire que « tes voix » sont occupées ailleurs avec la pagaille générale…euh…c’est juste une idée…toute bête…une espèce de pub subliminale…je pense qu’il y a quelqu’un qui manipule tout ça…Qui ?...Ben là, je donne ma langue au chat, moi…Allez, mange avant que ce ne soit froid…Oui…bien sûr que je prends soin de toi…

Elle sourit en soupirant de nouveau.

Ben, c‘est normal non…quand on aime quelqu’un…on en prend soin !
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Walker Luke

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MessageSujet: Re: Un boulot comme un autre   Sam 14 Mai - 10:37

Sacrée Jenny ! Elle veillait sur lui telle une mère mais pensait surtout bizness, hélas.
D’abord, elle crut qu’on avait nommé Luke ministre ou un truc du genre alors que, s’il avait pigé ses fonctions, Walker ne serait qu’un scribouillard éclairé. Ensuite, elle l’expédiait à la boutique non pas y dormir comme espéré mais pour la surveiller. Mieux, elle désirait rester sur place et demander une arme au boss. La révolution en marche semblait avoir un curieux effet sur elle : elle avait peur de voir ses efforts réduits à néant par des exaltés envieux.


C’est pas sérieux, Jen. Tu ne vas pas leur tirer dessus.

Sûr que j’en serais chiche.

Je n’en crois rien et puis ce n’est pas une bonne idée… tu risques de te faire lyncher si la vindicte est nombreuse.

Elle agréa de rester avec ses chiens et sa pioche au cas où.

Brouette pleine, Luke partit au village. Les marchandises s’écoulèrent en un clin d’œil. Fatigué comme il l’était, Luke se fit probablement rouler dans ses transactions. Jenny l’engueulerait sûrement, m’enfin…
Même s’il ne voulait que son matelas, Walker alla à la maison commune remplir ses nouvelles fonctions. Les idées de Chesterfield, le new boss temporaire, n’étaient pas nulles. S’il avait été plus en forme, Luke aurait peut-être émis des suggestions pertinentes mais là il se contenta de faire son job. Au moins, le boss régalait à l’œil ! Luke ne toucha pas aux petits pains au chocolat offerts. Il les emballa soigneusement dans une serviette en papier et les ramena à Jenny avant d’aller s’écraser sous sa tente.

Les jours suivants ressemblèrent aux autres sauf que Jenny avait voulu faire du zèle en donnant à l’œil leur production. Au soir, elle lui narra sa journée devant un repas très soigné :

C’est pas la joie…ils ont plus trop à donner en échange de nos produits…ça me brise le cœur, mais…je me sens comme la méchante de l’histoire…Et toi, ça a été, M. le Secrétaire Général ?

J’ai retranscrit les débats, je te dirai après. Et comment t’en es-tu sortie ?

Elle lui narra son idée de troc de marchandises contre de la main d’œuvre et des engrais avant de le bombarder de questions sur ce qui se passait au sommet. Heureusement elle ne s’appesantit pas là-dessus, semblant s’inquiéter de… lui ?

*Elle veut juste savoir si tu vas pas foutre le feu à ses terrains, andouille !*
Ça tournera pas mal, Jen. T’inquiète pas comme ça. En tout cas merci de te soucier de moi.


Ben, c‘est normal non…quand on aime quelqu’un…on en prend soin !


*Elle prend soin des chiens et de la basse-cour aussi ! Te fais pas d’idées, c*****d !*


Il resta pensif quelques seconde puis reprit son ton enjoué habituel.


Chesterfield mène bien sa barque, notre barque, je pense. Il a de grands projets, je t’assure. On ne sait toujours rien de qui a mis ces tonnes de trucs dans les hangars, ni dans quel but... Lui aussi pense l’on nous manipule de (geste vers le ciel) On commence à comprendre pourquoi Higgins voulait tant garder le secret… il était dépassé. Un de ces hangars contient…

Luke releva la tête, examina les environs. Ils semblaient seuls, mais…
Il s’approcha de Jenny et lui souffla à l’oreille :


Une plaque…

Elle sursauta, et voulut parler. Il lui plaqua la main sur la bouche, et poursuivit dans son oreille :

Une plaque qui déplace les gens. On monte dessus et on va ailleurs. ..


Curiosité naturelle, Jenny souhaita en savoir plus. Un conciliabule d’oreille à oreille s’échangea.

J’ai mis le pied dessus, comme les autres du comité. On s’est retrouvé dans une grotte et là… Attends, ça chatouille(rire)

Il se gratta le pavillon puis poursuivit :

Ça y scintille de partout ! C’est bourré de diamants !

D’une main, il étouffa ses exclamations de surprise.

Chut, chut ! T’imagine le scoop ! Va falloir gérer ça ! C’est pas de gâteau. On a trouvé ça ce matin, tout le monde est choqué. Neil veut des idées pour demain, et…

Cette proximité, presque intime troublait Luke. Il aurait suffit d’avancer les lèvres pour embrasser le lobe de cette délicieuse jeune femme. Son parfum discret l’enivrait. Il s’écarta brusquement :

Sinon, les prospectus pour les élections sont prêts et distribués. Ce sera pour dimanche. Il y a trois candidats à la présidence. Moi, je vote Chesterfield, en pleine confiance... Ce type est honnête, j’en suis sûr. Ah, j’oublie de te dire : on va s’agrandir, et de beaucoup ! … trafic d’influence ? Peut-être un peu… Des hectares, ma belle ! On reste à 60% indépendant, le reste pour la communauté… pas tout seul, non ! Le modus vivendi de Chesterfield est : travail ou disette… ou à peu près. Génial, non ?

S’il avait espéré qu’elle lui saute au cou, il fut déçu. Mais Luke ne se faisait pas d’illusion.
Il se leva :


Merci pour ce succulent repas. Bonne nuit. N’oublie pas de m’attacher, on sait jamais !

Il alla flatter les chiens puis gagna son pneumatique. Les travaux de la maison étaient arrêtés avec le ramdam actuel. Vivement qu’ils reprennent et que Jenny puisse l’enfermer à double tour dans sa chambre. Si des voix intérieures ne le tourmentaient plus pour le moment, une autre voix plus pressante l’agaçait copieusement.
Il s’endormit presque aussitôt la tête sur l’oreiller.

Il y eut une soirée pré-électorale pendant laquelle les trois candidats s’affrontèrent. Jennifer et Luke y assistèrent comme la majorité des villageois. Quand Chesterfield se trouva en difficulté, Luke voulut s’en mêler. Mais les partisans des deux autres postulants veillaient. On lui fit comprendre, gentiment, de rester dans son coin. Luke rigola. S’il l’avait vraiment voulu, il serait passé outre en les convainquant selon ses petits talents particuliers. Il avait confiance en Neil et le laissa se débrouiller.

À la fin du débat, chaque parti fut régalé gratuitement. C’est fou ce que les gens changèrent de camp au cours de la soirée. Jenny, voulant en savoir plus sur le programme de Chesterfield, s’arrangea pour le coincer à un moment.
Désœuvré, solitaire, Luke but quelques verres, beaucoup plus qu’à l’ordinaire. Sans trop savoir comment, il se retrouva accroché par Miss Nora White. Cette ravissante brune naufragée, l’avait reconnu


Mais c’est mon barman favori ! Luke, si je m’attendais. On passe à la politique, maintenant ? Allons danser, vous me raconterez tout.


L’esprit embué par l’alcool ingurgité, Luke se laissa faire. Danser ? Pourquoi pas ?
Quel babil, cette bonne femme ! Sur l’Ocean’s Queen, Walker l’avait cataloguée dans les piranhas.
Elle sautait sur tout ce qui l’attirait afin d’obtenir ce qu’elle voulait. Manifestement, elle jetait son dévolu sur lui en le croyant beaucoup plus influent qu’il ne l’était dans le comité.
Un flirt outrancier débuta. Clair comme de l’eau de roche, le manège de Nora amusa Luke.
Prendre du bon temps en sa compagnie ? Si gentiment offert, il aurait été discourtois de refuser.
Après des mois d’abstinence totale, un cœur en charpie qui ne recevait pas les cicatrices désirées… Luke n’était qu’un homme, et Nora une femme.

Elle s’y prenait très bien, la belle plante. Attiré dans une pièce déserte de la maison commune où les fêtes battaient leur plein, Luke ne put pas se plaindre des attentions de la Miss. Mais quoiqu’elle fasse, ce n’était pas son corps qu’il caressait, ni sa bouche qu’il investissait. Son ardeur retomba, l’illusion s’évapora. Il se rajusta :


Désolé : je peux pas.

Il lui tourna le dos et la planta là, hagarde.
Dehors, Jenny regardait le rivage. Il s’approcha, sec :


On rentre ?...

Devant son mutisme, il haussa les épaules et se mit en marche. Tiens ? Elle suivait. Bientôt à sa hauteur, elle s’informa sur sa soirée

… Pas la peine d’en parler… Nora ? Un beau coup, ouais !... Non, j’ai pas pris mon pied, si tu tiens tant à le savoir. Qu’est-ce que tu en as à foutre de toute façon ? En quoi ça peut intéresser Miss calculatrice ambulante de ce que je fais de mes soirées ?... suis pas comme d’habitude ? J’ai bu, exact... Lâche-moi les baskets Jen. J’ai pas envie d’être désagréable, mais tu pousses le bouchon.


Au train d’enfer où ils marchaient, ils arrivèrent au campement.
Luke visa la rivière. Pour dessoûler, rien de tel qu’une douche froide, pour autre chose aussi…
Chemise éjectée, rageur, Luke poursuivit son dépoilage jusqu’à la berge où il dut s’arrêter pour ôter son pantalon. En slip, sans se soucier de ce que faisait Jenny, il s’immergea...
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Jennifer Blakely

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MessageSujet: Re: Un boulot comme un autre   Mer 18 Mai - 11:28

Elle venait presque de lui déclarer son amour. Certes de façon plutôt détournée mais pour un type aussi doué et perspicace que Luke, cela aurait dû, selon Jenny, être aussi clair que l’eau de roche mais à part rester pensif un instant, avant de poursuivre comme si rien, du ton habituel…il ne se passa rien d’extraordinaire.

*Ok, ma fille…une de deux ou il s’en fiche comme d’une guigne ou il est plus con que toi !*

Vu le succès connu, elle soupira, discrète et prêta plutôt oreille attentive à ce qu’il avait à raconter. Les projets de Chesterfield avaient vraiment éveillé son intérêt. Selon Luke, le jeune PDG de la Chestco savait ce qu’il faisait.

*Encore heureux…après tout, savoir organiser des trucs c’est dans ses cordes, à celui là !*

Nouveau soupir. Luke parlait hangars, là. Pas n’importe lesquels. Ceux dont Chesterfield rapportait seraient pleins à craquer de toute sorte de choses. Bien entendu, personne ne savait ni pourquoi ni comment tout cela se trouvait emmagasiné là mais, selon une certaine logique, cela devrait bien servir à quelque chose.

Lui aussi pense l’on nous manipule de...
(geste vers le ciel)

Réflexe automatique, Jenny leva le nez vers le firmament étoilé en se demandant où le psy voulait en venir.

*Il me parle pas des extraterrestres, quand même !?!?...ou de quoi?*


Mais préféra ne pas l’interrompre, ces aveux étaient prenants.


On commence à comprendre pourquoi Higgins voulait tant garder le secret… il était dépassé. Un de ces hangars contient…

En plus de cryptique le voilà qui devenait suspicieux, levant la tête, Luke scruta les alentours comme s’il soupçonnait que des oreilles indiscrètes s’embusquaient derrière les taillis.

Tu en fais des mystères...dis alors…qu’est ce…


Il lui fit signe de baisser la voix et Jenny se trouva en train de murmurer comme au confessionnel.

Il y a quoi…à la fin ?

Il approcha la bouche de son oreille et souffla :


Une plaque.

Elle se détourna et le regarda, assez surprise :

Une pla…


Mais il lui plaquait gentiment la main sur la bouche avant de poursuivre avec sa confession.

Une plaque qui déplace les gens. On monte dessus et on va ailleurs…

*Il a pris un sérieux coup de soleil…qu’est ce qu’il raconte là ? C’est du pur Star Trek, ça…manque qu’il ait vu Scotty et Mr. Spock quelque part !*

Mais pour les effets elle garda son sérieux et puisque la mode était à se parler à l’oreille, elle le fit.

Et alors ?...Qu’est ce qu’il y a avec cette plaque ?...Ça t’a …quoi ?

Marrant se communiquer comme ça, elle se sentait comme une gamine de dix ans.

J’ai mis le pied dessus, comme les autres du comité. On s’est retrouvé dans une grotte et là…

Changement d’oreille.


Une grotte ?...Grande…petite ?


*Comme si ça intéressait, c’est sûr que c’était pas Lourdes en tout cas !*

Attends, ça chatouille
(rire)

Elle lui sourit, angélique.

Et ?...Tu as vu quoi ? Pas la Ste. Vierge, quand même !?

Pas exactement, quoique du coup, l’aveu la prit absolument de court vu qu’il était à peu près…miraculeux.

Ça y scintille de partout ! C’est bourré de diamants !


Là, elle faillit crier mais bien sûr, pas question, il la bâillonna efficacement de sa main en assurant que cette découverte avait choqué tout le monde, enfin, ceux qui avaient été présents, qu’il faudrait gérer l’affaire mais que personne ne voyant comment, Chesterfield attendait que quelqu’un quelques idées valables.

*Ben, en faudra plus d’une, à mon avis !*

Un instant si proches qu’elle faillit en soupirer d’aise pour l’instant d’après se séparer d’elle avec une brusquerie qui la dérouta un peu pour se lancer, comme si rien et d’un ton parfaitement normal, à parler des prochaines élections qui auraient lieu le dimanche suivant. Il déposait toute sa confiance en Neil Chesterfield en assurant que l’homme était honnête et puis, mine de rien, comme si cela n’avait pas grande importance :

Ah, j’oublie de te dire : on va s’agrandir, et de beaucoup !

Le moment de mettre un sourcil en accent circonflexe et le considérer avec un petit rien de censure.

Hum…ça sent le trafic d’influences, déjà !

Il rigola, presque blasé.

Trafic d’influence ? Peut-être un peu…

Je me disais bien…et de combien est l’agrandissement ?…Si on peut savoir, bien sûr !

Ça semblait intéressé de sa part…le fait est qu’elle était très intéressée, tout de même. Ce qui suivit eut l’heur de faire fonctionner ses petites cellules grises à toute vitesse.

Des hectares, ma belle ! On reste à 60% indépendant, le reste pour la communauté… pas tout seul, non ! Le modus vivendi de Chesterfield est : travail ou disette… ou à peu près. Génial, non ?

*Des hectares !?...Seigneur tout puissant…ça devient quoi tout ça ?!? Ça veut dire des employés…ce qui revient à avoir des problèmes…Diable…aurait pu m’en parler !*

Euh oui…c’est…super !!!

Et pour si ce n’était pas assez, il se levait, la remerciait du dîner, lui souhaitait bonne nuit et lui disait de ne pas oublier de l’attacher. Jennifer inspira profondément et sans rien dire, il valait mieux ne pas ouvrir la bouche, retira la table et s’en alla réfléchir en faisant la vaisselle.

*Tout allait si bien…on s’entend au quart de tour…et puis là…sais plus…cette révolution a tout chamboulé...t’es bête, c’est tout, ma vieille…ouais, c’est ça…t’es bête !*

Ça ne la consolait pas trop ni la laissa dormir alors qu’il ronflait comme un bienheureux, avec la longue ficelle qui l’attachait à elle.

*C’est tout ce qui l’attache à toi, Jen, ma pauvre bêtasse…une longue ficelle …c’est à en pleurer !*

C’est ce qu’elle fit, discrètement, le visage enfoui dans son oreiller, sans trop en savoir les raisons mais ça faisait mal quand même.

Un jour après l’autre, le samedi arriva et avec la soirée pré-électorale. Trois candidats s’affrontèrent, assez amicalement. Après tout, chacun se sentait dans son juste droit d’avoir sa petite idée de comment gérer ce paradis à double face. Jennifer écouta les trois exposés avec la même attention et à la fin penchait décidément pour Chesterfield, quoique voulant avoir le cœur net, voulut s’entretenir avec lui une fois finis les débats, juste avant qu’il ne se rende à la petite soirée sympa qui s’en suivait en compagnie de son adorable et toute fraîche jeune épouse.

Juste un instant, Mr. Chesterfield…Je suis Jennifer Blakely, de l’exploitation agricole…ah, vous connaissez…Bien sûr, Luke vous en a parlé…Et bien, il se trouve qu’il m’a parlé aussi des projets que vous avez, au cas d’être élu…Oui, je suis d’accord sur la formule « travail ou disette » mais vous comprenez bien que je voudrais savoir à quoi m’en tenir avec ça…Oh !...on continue jusqu’à comme maintenant mais en plus grand. Vous comprenez, j’espère, que cela demandera un peu plus d’infra structure …Tout est prévu…

Elle posa encore des questions, reçut des réponses sensées et ne voulut pas jouer les casse bonbons en le retenant plus que voulu. Ils auraient largement l’opportunité de parler dans les jours à venir. Jennifer regardait s’éloigner le couple bras dessus bras dessous, en échangeant un regard plein d’étoiles quand du coin de l’œil, elle vit Luke en compagnie de Nora White. Il ne semblait pas bien triste d’être accroché par cette sangsue humaine qui ne se contentait pas de le dévorer des yeux…oh que non ! Les voir danser, très proches…trop proches, en fait collés l’un à l’autre, lui fit un mal affreux…quand ils disparurent subrepticement ce fut comme si on lui fichait un pieu dans le cœur.

* T’es fine, ma vieille...finement stupide, en tout cas…camarade de combat, c’est ce que tu es…arrête de te bâtir des châteaux en Espagne et…fous le camp !*

C’est ce qu’elle fit, incapable de rester plus longtemps là à guetter un retour incertain parce que, à en juger par les apparences, ce ne serait pas de sitôt que Luke réapparaîtrait. La contemplation du rivage ne rasséréna en rien son esprit, au contraire, cela lui rappela des moments de parfaite entente. La leur était une entente peu commune entre un homme et une femme, amis…oui, ils avaient partagé une camaraderie fantastique, une complicité géniale, avaient échangé idées et confidences, s’étaient rapprochés. Elle avait compris qu’il avait le cœur encore blessé suite à ce qui s’était passé à New York avec Claire, sans songer jamais à brusquer leur relation avec quelque idée romantique qui aurait semblé hors contexte en ce moment…Parce que, sans savoir exactement quand, elle était tombée amoureuse de Luke…aussi amoureuse qu’on peut l’être mais pratique jusqu’au but des ongles avait supposé que tôt ou tard il allait ouvrir les yeux, oublier ses misères et la voir comme elle voulait être vue.

*Ben voilà, il les a ouverts les yeux…mais pour regarder ailleurs…Tu es seulement la chouette copine qui a de la terre sous les ongles…Tu es une idiote perdue, Jennifer !*

Animée par ses noires réflexions elle n’entendit même pas les pas qui s’approchaient dans son dos.

On rentre ?

*Quoi !?...Déjà là !? Si je m’y attendais !*


Elle mit un instant à se recomposer une expression unie avant de le regarder mais déjà il se mettait en chemin, sans l’attendre. Sans le penser plus, elle lui emboîta le pas et essaya de se montrer aussi désinvolte que possible…comme toujours.

Et alors !?...Ça a été ?


Pas la peine d’en parler.

Cela ressembla beaucoup à un grognement mais cela ne l’arrêta pas.


Je t’ai vu avec Nora…fameux bout de femme, celle là !


Nora ? Un beau coup, ouais !

*Hein !?...Va pas se fâcher quand même !*

Mais le ton ne laissait se faire d’illusion. Luke était grognon, enfin, un peu plus que cela…Sans qu’elle ait pipé mot à ce respect, il explosa :

Non, j’ai pas pris mon pied, si tu tiens tant à le savoir. Qu’est-ce que tu en as à foutre de toute façon ? En quoi ça peut intéresser Miss calculatrice ambulante de ce que je fais de mes soirées ?

* Ah bon...ça a pas marché avec le Pot de Colle...yeah! Miss Calculatrice Ambulante !? Il va fort, là !*

Dis, tu es pas dans ton état normal, là…Tu as trop bu !

Et l’autre de riposter, franchement de mauvaise humeur :


Suis pas comme d’habitude ? J’ai bu, exact... Lâche-moi les baskets, Jen. J’ai pas envie d’être désagréable, mais tu pousses le bouchon.

*AH ! Parce que c’est ma faute, maintenant !? Il en a des bonnes, celui là !*

Luke…

Mais c’était comme parler à un mur. Il continua de marcher à grandes enjambées furieuses vers la rivière et comme si c’était le plus normal du monde, commença à se déshabiller.

*Va faire trempette ? Ça lui éclaircira les idées…s’il se noie pas avant, l’idiot !*

Elle le regarda s’immerger sans bouger de la berge mais quand, à son docte avis, il tardait trop à refaire surface, la miss ne le pensa pas deux fois, enleva ses chaussures et plongea. Luke n’était pas en train de se noyer…il faisait simplement de la réflexion en apnée mais elle ne s’arrêta pas à ces considérations, le prenant du bras, émergea avec lui.

Alors, Mr. Walker…ça aide, à ton avis ?...J’espère bien que oui parce que je vais te dire une paire de trucs et je tiens à que tu les retiennes.

L’eau froide semblait avoir fait son petit effet sur cet esprit offusqué, en tout cas, ce ne fut pas de mauvaise façon qu’il la regarda mais plutôt avec surprise. La nuit de pleine lune était assez claire pour ne pas avoir à faire d’effort pour deviner les expressions de son vis-à-vis.

Quelque chose a changé entre nous, je le sens et suppose que toi aussi…Au début, on a décidé qu’on ne serait pas autre chose que bons amis…mais, il y a des choses qu’on ne contrôle pas…sais pas quand…dire que ni comment ni pourquoi serait un peu idiot parce qu’on est tous les deux assez grands pour piger ça…Mais enfin…voulais pas une aventure passagère et toi tu avais le cœur malmené…

*Et me voilà, au milieu de la flotte à lui ouvrir mon cœur…si c’est pas de l’originalité, ça !*

Luke…je t’aime. Me regarde pas comme ça…l’autre soir on aurait dit que tu pensais que je t’aime comme à mes tomates…Je tiens à toi…plus qu'à un copain ordinaire…enfin, tu es toujours mon copain…le meilleur…Zut, Luke…suis amoureuse de toi, c’est pas si compliqué à piger, quand même !!!

Et pour si jamais l’écho de ses paroles ne l’avait pas assez atteint, elle lui jeta les bras au cou et puisqu’on en était là à ne pas se perdre en chichis ridicules, l’embrassa sur la bouche avec une véhémence qui n’avait pratiquement rien à voir avec l’idée d’une chaste amitié.

*S’il t’envoie au diable…au moins on saura à quoi s’en tenir !*
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Walker Luke

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MessageSujet: Re: Un boulot comme un autre   Ven 20 Mai - 22:51

Pourquoi un coup raté le mettait-il dans un tel état ? La raison était banale à en pleurer. Pas la peine de se mettre la tête dans un sac, Luke devait se rendre à l’évidence : Jennifer avait pris beaucoup trop d’ascendant sur lui. Ils ne vivaient plus que l’un par l’autre depuis des mois et chemin faisant… il ne pouvait envisager une seconde de vie sans elle, point final. La belle affaire ! Il avait déjà connu ce sentiment avec Claire sauf que là, c’était à l’envers. Ils s’étaient follement engagés dans une relation vouée dès le départ à l’échec, basée uniquement sur une simple attirance physique. Lui avait évolué, pas elle. Dire qu’il avait largement contribué à faire renouer Claire et son mari. Tordant, non ? Pas tant que ça, finalement. Tout était si simple avec Jenny sauf… qu’elle ne l’aimait pas... plus qu’ainsi, un copain. Oh, elle l’appréciait, comptait sur lui, c’était sûr. Pour le reste…
Sa courte expérience en compagnie de Nora l’avait convaincu que s’il était guéri de Claire, il était malade de Jenny. De quoi le mettre de bonne humeur, non ?
Pourquoi Miss Blakely le suivait-elle en le harcelant ? Pour mieux retourner le couteau dans la plaie ?


*Qu’elle m’achève, tant qu’à faire*

Son irrésistible besoin de solitude et de rafraîchissement d’idées, Luke le trouva en apnée profonde… quelques minutes à peine. Une main inattendue lui saisit le bras, le forçant vers la surface. Il émergea complètement dessoulé et désorienté.

Qu’est-ce que tu fabriques, Jenn. Je n’allais pas me noyer, tu sais ?

La façon dont elle lui répliqua indiquait une sorte d’agacement :

Alors, Mr. Walker…ça aide, à ton avis ?...

Qu’euh… Quoi ?

J’espère bien que oui parce que je vais te dire une paire de trucs et je tiens à que tu les retiennes.

Ah… Elle voulait lui faire la leçon ? Il n’avait pas besoin de ça.

Je suis désolé Jenny. Je ne voulais pas être désagréable. J’ai pas envie d’entendre un discours de morale, s’il te plaît.

En fait, les récriminations attendues n’en étaient pas. Il s’agissait d’autre chose :

Quelque chose a changé entre nous, je le sens et suppose que toi aussi… *ça sent surtout le roussi, elle va te virer, pauv’ cloche* Au début, on a décidé qu’on ne serait pas autre chose que bons amis…

C’est ce que l’on est toujours, j’espère ?

Mais, il y a des choses qu’on ne contrôle pas…sais pas quand…dire que ni comment ni pourquoi serait un peu idiot parce qu’on est tous les deux assez grands pour piger ça…Mais enfin…voulais pas une aventure passagère et toi tu avais le cœur malmené…

Du diable s’il pigeait un traître mot. La suite le prit complètement au dépourvu :

Luke…je t’aime. Me regarde pas comme ça…l’autre soir on aurait dit que tu pensais que je t’aime comme mes tomates…

Ou tes chiens… C’est ce que je pense, ouais.

Je tiens à toi…plus qu'à un copain ordinaire…enfin, tu es toujours mon copain…le meilleur…Zut, Luke…suis amoureuse de toi, c’est pas si compliqué à piger, quand même !!!

Et d’accréditer ses dires dans un baiser à damner un saint.
Sur le coup, Luke perdit les pédales qui le maintenaient à flot, et il coula en entraînant Jenn chevillée à son cou. Espérance et désir fou lui broyèrent cœur et tripes. Ne pas répondre ? Impossible ! Il en avait trop envie depuis trop longtemps, même s’il avait fallu que ce soit Nora qui lui ouvre les yeux.
Le couple toujours soudé émergea à nouveau. Pour mieux respirer, Luke s’écarta un peu :


Rigole pas avec ça, Jenn !... Non, t’as pas l’air de te moquer, c’est pas ce que je veux dire mais…

Blup, nouveau baiser noyé. Peut-on entendre un chœur céleste en coulant dans une rivière ? Pour Luke : aucun doute.
De retour à la surface, Walker se sentit des ailes. Sans quitter la bouche de Jenn, il rama d’un bras vers la berge qu’il remonta et porta son tendre fardeau jusqu’à la tente accueillante.
La même fièvre les possédait, pourtant Luke prit le temps de souffler. Une veilleuse allumée, il s’installa près de la jeune femme qu’il embrassa et caressa savamment. Éperdu, il vibra sur le même rythme qu’elle, sans se presser toutefois.
De ce corps à présent disponible, il en avait souvent rêvé. Le soir même, alors qu’il aurait pu posséder Nora, c’était à Jenny qu’il pensait, mais…
Très audacieuse et loin d’être passive, Jenn le mena sur des sentiers tortueux, de ceux où l’on se perd irrémédiablement. Emporté au bord de l’extase totale, Luke freina la danse en haletant :


Arrête Jenn. Attends. Je t’adore, je veux que tu le saches. Tu es si… différente des femmes que je connais. Tout en toi me plait depuis notre 1ère rencontre… mais non ! Enfin peut-être que te voir à moitié nue y a été pour quelque chose ( rire) et te voir à poil complètement me fait flipper à fond.(rire) J’aurais souhaité… un autre cadre. Le Ritz peut-être ?... Te moque pas, ouais, je l’ai fréquenté dans une autre vie. Tu mérites mieux qu’un matelas pneumatique sous un ciel de toile… Je me débine ? Comment peux-tu croire ça ?

Son ardeur était si tangible que Miss Blakely la boucla.

J’ai envie de toi, Jenn mais pas ainsi, pas à la sauvette, pas ici. Viens là.


Il l’accommoda contre lui, et éteignit la veilleuse.

Tout est bien, mon amour. On y verra plus clair demain. Tout change et rien ne change. Je parlerai à Chesterfield… Pour notre mariage, voyons !... euh… tu veux bien m’épouser au moins ?

Chatouilles, rires et questions plus tard, il souffla :

Pas que je sois tradition, tradition… pas vraiment mon truc, non. Seulement j’ai remarqué des choses, pas toi ?… Ben… ( embarras) aucun couple non marié ne tient ici. J’ai vu Evans et Kimble sur le bateau. Ils s’adoraient… là, ils se détestent. Sont pas les seuls… Pauwels et Clark se sont mis ensemble, ça n’a pas duré une semaine… Je… Je suis très observateur. Jenn, je te veux avec ou sans bague mais pas pour que ça foire. Fais-moi confiance, c’est pas un piège pour te forcer la main. Tu m’as dit ne pas vouloir d’une aventure sans lendemain… Je n’en veux pas non plus.


Dormir dans ces conditions, après tous ces aveux, confessions ? Difficile… Pourtant, ils y parvinrent… à moitié.

Luke s’éveilla dans une immense pièce immaculée. Seul à une barre genre des témoins, face à une douzaine d’êtres encapuchonnés, il se trouva très isolé.
Une voix résonna, glaciale :


Mr Walker, vous semblez avoir oublié nos objectifs.

Non, je vous jure que non, plaida-t-il, un poil effrayé.

Rappelez-nous vos consignes !

En état second, Walker s’exécuta :

Favoriser l’intégration, arrondir les angles, empêcher les abus de toute sorte.

Pourquoi avoir détruit vos installations ? Vous DEVEZ les agrandir !

On m’a dit de le faire !

Qui, Luke ? Qui vous a dit de faire ça ?


Je n’en sais rien ! Des voix... comme les vôtres me hantent parfois. Elles semblent identiques… je m’y perds !

Vous avez été choisi en raison de vos facultés mentales, vos dons à influencer autrui. D’autres vont venir. ILS doivent venir. Serez-vous prêt ? Sinon, vous en savez le prix…

Laissez-moi tranquille. Foutez-moi la paix ! JENNNNNNNNNNN !

Il s’éveilla pour de bon, en nage, haletant. Miss Blakely le secouait.

… Rien… un cauchemar.


Il referma ses bras sur elle tel un enfant perdu qui cherche du réconfort.
Bercé, câliné, Walker retomba dans les limbes.
Au matin, il étreignit passionnément une miss Blakely tourmentée :


Qu’est-ce qu’il y a ? Tu m’en veux pour hier ?... Me souvenir ? De quoi ?... Euh, non. Je pense t’avoir laissé sur ta faim, j’ai faim aussi, tiens ! Reste là, je m’occupe de tout.

Il enfila un slip, se leva et sortit de la tente en se grattant la tête. Allumer le camping-gaz, faire bouillir de l’eau, doser le café. Ces gestes quotidiens lui remirent le pied à l’étrier. Il vaqua à ses préparatifs, fit ses ablutions en toute paix.
Au retour de son bain, il trouva Jennifer en train de passer leur café. Un élan d’amour le poussa à l’enlacer :


T’es vraiment superbe, même de bon matin, si fraîche, si… désirable !

Un long baiser s’échangea. Idée ou pas, Jenn était assez… froide.

Mais qu’est-ce qu’il y a ? J’ai merdé quelque part ? … Tout est en ordre, j’ai jeté en œil en allant à la rivière… NON ! Pas de volaille écorchée, rien ! Que me reproches-tu, en définitive… Rêvé ? Je sais pas. Peut-être. En tout cas, j’ai rien oublié de cette nuit, c’est sûr. On fait la récolte et quand j’irai au comité, je demanderai à Chesterfield de nous marier. T’es toujours d’accord ?

Le cœur en fête, ils poussèrent les brouettes pleines jusqu’au village.
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Jennifer Blakely

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MessageSujet: Re: Un boulot comme un autre   Dim 29 Mai - 15:53

Si celle là était sa façon de l’envoyer au diable, Jenny ne s’en plaignit pas ! Bien au contraire. L’ardente réponse de Luke était celle dont elle rêvait depuis longtemps. Ce baiser subaquatique fut tout simplement échevelant…de quoi lui faire tourner la tête et oublier tout autre chose qui ne fut pas lui…lui et encore lui. Le temps de prendre un peu d’air, le voilà qui disait, soudain très sérieux :

Rigole pas avec ça, Jenn !...

Petit regard surpris.


Et qui rigole, à ton avis ? Pas moi, en tout cas…

Non, t’as pas l’air de te moquer, c’est pas ce que je veux dire mais…

Tais-toi, plutôt !

La façon d’obtenir son silence sembla beaucoup lui plaire. Quel délire merveilleux. Jenn se sentait flotter au creux d’un rêve unique…son rêve. Elle avait toujours été une fille sage, rangée, qu’on tenait même pour timide et un peu effacée. Ce qu’elle n’était pas mais qu’on le pense l’accommodait bien, peu amie de fêtes éperdues et aventures sans lendemain, elle préférait son indépendance, sa solitude qui la mettait si bien à sauf de mauvais moments et cœur brisé. Mais avec Luke tout était différent. Au diable la sagesse ! Elle adora perdre la tête avec lui, se sentant capable d’audaces jamais envisagées, le séduisant sans arrière pensées, s’en donnant à cœur joie dans ce merveilleux jeu de découverte, laissant ses sens s’éveiller, s’épanouir. S’affolant du délice de ses baisers, des ses caresses…et de sa subite sagesse, de son intempestif bon sens…prise quand même un peu de court, après tout, on ne s’attend pas à écouter un gentil discours dans une situation pareille, en étant si nue et transie d’amour…mais enfin, Luke avait sa façon très à lui de faire les choses.

Arrête Jenn. Attends. Je t’adore, je veux que tu le saches. Tu es si… différente des femmes que je connais. Tout en toi me plaît depuis notre 1ère rencontre…

Elle se permit de rigoler en douce.

Vraiment ?...Hum…


Mais non ! Enfin peut-être que te voir à moitié nue y a été pour quelque chose ( rire) et te voir à poil complètement me fait flipper à fond.(rire)

*Encore heureux…parce que je suffoque un peu…moi !*


Il était adorable.


J’aurais souhaité… un autre cadre. Le Ritz peut-être ?

Ce fut son tour de rire. Il en avait des bonnes, cet homme.

Ou le Plaza, tant qu’on y est !

Te moque pas, ouais, je l’ai fréquenté dans une autre vie. Tu mérites mieux qu’un matelas pneumatique sous un ciel de toile…

*Ce qui veut dire en peu de mots : fin du délire, reviens sur terre, ma fille !*

Si…si tu ne veux pas…ben…on en reste là…et…


Bénie soit cette lumière si tenue, elle se sentait rougir comme une ado prise en faute.

Je me débine ? Comment peux-tu croire ça ? J’ai envie de toi, Jenn mais pas ainsi, pas à la sauvette, pas ici. Viens là.

Fondre d’amour, elle avait toujours pensé à une l’exagération d’un esprit trop romantique…pourtant elle fondait, là, de pur amour, d’émerveillement Jamais elle n’aurait supposé qu’un homme pareil puisse exister. Lovée tout contre lui, Jennifer sentit une paix incomparable l’envahir.

Tout est bien, mon amour. On y verra plus clair demain. Tout change et rien ne change. Je parlerai à Chesterfield…

Hein ?, elle se releva sur un coude, parler à Chesterfield ?...Tu dois lui demander la permission pour coucher avec moi ou quoi ?

Et l’autre de dire, comme si rien.

Pour notre mariage, voyons !


Elle ouvrit tout grand les yeux, abasourdie, bouche bée, sans parvenir à émettre le moindre son. Pour le romantisme, il repasserait.

Euh… tu veux bien m’épouser au moins ?

Définitivement, il avait l’art de la prendre de court.

Wow…si c’est pas une demande en mariage, ça !...ben, euh…pour être sincère, j’y avais pas pensé…Non ! Pas du tout…Me fais pas de chatouilles…non, pas ça !!!

Elle y était très sensible et la seconde d’après Jenny se tordait de rire alors qu’il la torturait savamment en riant aussi comme un dingue.

Tu y avais pensé...avant ?...C’est une improvisation de dernière minute ?...Ou tu es si attaché aux bons vieux principes ?

Ce n’était pas exactement le cas, il le reconnut sans détours.

Pas que je sois tradition, tradition… pas vraiment mon truc, non. Seulement j’ai remarqué des choses, pas toi ?

À quoi bon mentir, trop occupée avec ses légumes et sa basse cour, elle ne faisait pas trop attention à la vie des autres. Luke, oui. Un peu embarrassé, il embraya avec des explications :

Ben… aucun couple non marié ne tient ici. J’ai vu Evans et Kimble sur le bateau. Ils s’adoraient… là, ils se détestent. Sont pas les seuls… Pauwels et Clark se sont mis ensemble, ça n’a pas duré une semaine…

Ah bon !, comme commentaire enthousiaste elle aurait pu trouver mieux mais il faut avouer que les raisons exposées la surprenaient assez, tu…crois que c’est…euh…

Mais ce merveilleux homme savait s’y prendre pour faire tomber, un à un, les remparts de sa suspicion.

Je… Je suis très observateur. Jenn, je te veux avec ou sans bague mais pas pour que ça foire. Fais-moi confiance, c’est pas un piège pour te forcer la main. Tu m’as dit ne pas vouloir d’une aventure sans lendemain… Je n’en veux pas non plus.

Énorme soupir. Elle le considéra un instant, tête penchée, petit sourire enjoué flottant sur ses lèvres avant de lever la main et lui caresser lentement la joue.

Je te fais confiance…ça fait un bail que je te fais confiance…et je veux que la nôtre soit une aventure avec beaucoup de lendemains…mais surtout…parce que je t’aime…et que tu es aussi mon meilleur ami…C’est très important et très pratique, ça…c’est parfait…

Attirant son visage vers le sien, elle l’embrassa, consciencieuse avant de s’écarter et se lover de nouveau dans ses bras.

Bonne nuit, copain chéri !

S’endormir ? Et bien oui même si, à son avis, cela ne dura pas bien longtemps. Luke s’agitait, parlait en songes, s’adressant à allez savoir qui. Jenny ne parvint pas à capter ses paroles mais put déduire que son futur mari faisait un drôle de rêve, assez angoissant si on tenait compte son expression mais à la fin, ce fut un cri qui lui échappait :

Laissez-moi tranquille. Foutez-moi la paix ! JENNNNNNNNNNN !


Force fut de le secouer pour le tirer de là.

Hey, toi…reviens sur Terre…tout va bien…je suis là !...Tu en faisais, un drôle de rêve, dis donc…

Rien… un cauchemar.

Ben c’est fini maintenant…calme toi…ferme tes beaux yeux et dors…je t’aime. Dors !

Si simple que ça. Il se rendormit en la serrant contre lui comme craignant qu’elle se sauve, Jenn n’avait pas intention d’aller nulle part.

À quoi donc pouvait-il rêver pour se mettre en pareil état ? Ce n’était pas de sitôt qu’il livrerait ce secret, pressentit-elle. L’ignorance des faits se prêtant à multiple interprétations, la jeune femme se trouva en train d’y penser. Quelques idées assez saugrenues lui couraient la tête.

*Qui doit lui foutre la paix ?...Il pense encore à Claire ?… ou peut être une bande de méchants le poursuivait…Ben là où on est…pas de risque de retomber sur eux…alors ?...Zut, il aura des doutes. La nuit portant conseil…oh la, ma fille…t’es fine là…*

Très prise dans ses réflexions, Jenny prépara le café . Ses gestes, mécaniques, donnait foi de son « absence », tant et si bien, qu’elle dut sembler plutôt coincée quand il l’enlaça, l’embrassant passionnément. Elle répondit de son mieux mais pour une raison ou l’autre cela manqua de vraie chaleur, bien entendu il ne fut pas dupe.

Mais qu’est-ce qu’il y a ? J’ai merdé quelque part ?


Regard limpide.


Mais non…


Il avait fait sa petite inspection matinale et tout était en ordre, mais ce n’était pas le bien être des pondeuses qui préoccupait Jenny.

Que me reproches-tu, en définitive…

Je ne te reproche rien, voyons…Oh, Luke, ca n’a rien à voir avec nous…C’est ton cauchemar…

Comme il est de mise pour les mauvais rêves, il sembla ne se souvenir de rien, du moins c’est ce qu’il dit même si elle se douta un peu qu’il mentait mais le moment n’était pas à ce genre de tracas.

En tout cas, j’ai rien oublié de cette nuit, c’est sûr. On fait la récolte et quand j’irai au comité, je demanderai à Chesterfield de nous marier. T’es toujours d’accord ?

Elle lui jeta les bras au cou et l’embrassa, mutine.


Ai-je l’air d’avoir changé d’avis ?


Le début de la journée se passa à vendre ses produits même si, pour une fois, son attention était distraite par d’autres projets moins commerciaux.

*Vais me marier…Wow ! et avec Luke !...et j’ai même pas la trouille…au fait, pourquoi ça a la trouille, les gens, quand ils vont se marier ?...Candy en ferait un plat…et Kim ressemblerait à une poule affolée…Ça leur ferait plaisir, à Maman et à Papa, que je me marie avec un gars pareil…oui, Luke saurait se les gagner…Il est parfait…*

Moment de mélancolie en pensant à sa famille. Certes sa relation avec les siens n’avait pas été précisément géniale, elle avait dû mettre de la distance entre eux, une bonne distance, pour essayer de se sentir vraiment à l’aise dans sa peau…mais quoiqu’il en soit, ils lui manquaient, surtout en un jour aussi spécial que celui de son mariage. Chassant la tristesse qui menaçait, elle passa plutôt à de pensées plus joyeuses.

*Vais pas me marier comme ça, à la sauvette ! Ce sera du vite fait, impossible autrement…mais quand même…pas en shorts, pas avec cette allure de fermière en mal de coiffeur…Luke mérite un peu plus de glamour…et puis, j’ai toujours rêvé de ce jour…allez, ma fille…un peu d’imagination !*

Comme prévu, Neil Chesterfield ne vit aucun inconvénient à les marier. Suffisait de remplir un petit formulaire donnant foi de leur état civil et encore faudrait les croire sur parole, s’en suivrait une petite cérémonie de rien du tout et voilà, le tour était joué.

*Pour la pompe et les circonstances, on aura mieux vu !*


Son salut se présenta en la personne de la jeune Mrs. Chesterfield, elle-même fraîche épousée. Elle avait déjà eu vent de la nouvelle, puisqu’ayant été présente quand Luke avait fait sa requête. Jenny exposa son idée. Lindsay la comprenait parfaitement et ne se fit pas du tout prier pour lui filer un coup de main. Elle alla même jusqu’á convoquer un petit groupe de dames volontaires, qui semblèrent adorer l’idée d’occuper leur temps à préparer un mariage en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, alors que dans le monde d’avant cela leur aurait demandé au moins six mois de judicieuse planification.

C’est ainsi, que ce soir, dans la salle communale décorée de fleurs, avec musique de circonstance, vêtue de blanc et petites fleurs dans les cheveux, Jennifer Blakely, plus émue qu’elle ne voulait l’avouer, avança, toute seule, à la rencontre d’un Luke superbe et devint sa femme après une petite cérémonie tout émouvante. S’en était suivi une petite réception en honneur des nouveaux mariés à laquelle assista le comité en plein plus deux ou trois amis.

Pour leur nuit de noces, point de tente sous les étoiles, ni matelas pneumatique. Luke s’était bellement arrangé pour avoir droit à un petit bungalow en front de mer…avec un vrai lit.


Non, mon chéri…ce n’est peut être pas le Ritz…c’est le ciel !

Être mariés ne changea en rien leurs habitudes. Après leur très courte lune de miel d’une nuit, ils rentrèrent à l’exploitation qui ne cessait de grandir. La formelle élection de Chesterfield comme chef du village s’avérait être la meilleure possibilité d’un bon avenir pour tout le monde. L’homme était un administrateur hors’ pair et avait su s’entourer d’un groupe de gens très capables et dignes de confiance. Le travail ne manquait pour personne. L’ouverture de la mine à l’exploitation donna un nouvel essor à ce petit noyau de civilisation dans ce monde encore inconnu. Les réserves entreposées dans la Zone 51 garantissaient que personne ne manquerait de rien…du moins pendant un bon bout de temps mais rien n’était gratuit, il fallait que tous et chacun apportent de leur effort pour que ce parfait engrenage continue de tourner à satisfaction.

Solide, trapue, avec un certain air de mas provençal, la maison fut prête en moins de temps que supposé et ils purent y déménager. Mia, mit à bas une superbe portée de six chiots juste pour fêter leur nouveau foyer.


C’est magique…regarde moi ça…si c’est pas…adorable !!!

Elle en pleurait presque d’émotion en regardant la nouvelle mère et ses petits, flanqués de l’orgueilleux père. Cette scène attendrissante l’amena tout de même à faire une singulière constatation :

C’est quand même bizarre…Il n’y a pas un seul gosse ici. J’y avais jamais pensé…pourtant, dans tous les vols il y a toujours des couples avec des enfants…dans ce dernier, pas un seul…et…au bateau, il y en avait ?...Ah bon…il y en avait…je veux pas penser ce qui a pu leur arriver…c’est curieux tout de même que pas un seul ne soit arrivé ici…En plus, avec toutes ces femmes qu’on a là…pas une n’est enceinte…Tu crois que…c’est quelque chose qui cloche ici ?...J’aimerais bien avoir des enfants…On n’en a jamais parlé, je sais…tu aimerais aussi, dis ?

Mais ces charmantes réflexions sur la future progéniture furent interrompues par un vacarme de fin de monde. On criait dehors. Rex s’élança en aboyant comme un dingue. La belle pagaille. Quelqu’un avait ouvert l’enclos des volailles et la basse cour en plein prenait la poudre d’escampette. Les lapins, eux aussi libérés par quelque main amie et secourable, se défilaient dans la nature, alors que les ouvriers qui logeaient sur place poursuivaient uns et autres en jurant avoir vu des inconnus se faufiler entre les plantages.

C’était pas de gens d’ici…des sauvages qu’on aurait dit !
, assura l’un d’eux, à bout de souffle en tenant deux poules fugitives, ça a filé comme le vent…

Sont partis vers les bois…en emportant quelques volailles !


Des maraudeurs ! Ce qui nous manquait
, jura Jenny, du nouveau ça…depuis le temps qu’on est ici et c’est la première fois…Luke…où vas-tu ? Non…ça non…pas sans armes. Je ne veux pas que tu y ailles…

Convaincre son mari de rester sur place ne fut pas trop facile, d’autant plus que les autres voulaient le seconder.

Et s’il se trouve, sont pas seuls…Vous ne bougez pas d’ici… Vous, Tom, courez plutôt au village prévenir le Maire…

Le soir même, une patrouille de la Milice arriva jusqu’à l’orée des bois. Au retour de leur virée, ils avaient emprunté le chemin bordant les falaises…et avaient trouvé un inconnu blessé. Ramené au village, on le laissa aux bons soins du Dr. McIntosh. Opéré d’urgence, l’homme devrait son salut au hasard. Quand il reprit connaissance, on l’interrogea…

Ce qu’on apprit ce jour là, mit tout le monde en émoi…On était pas seuls, au paradis !
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Walker Luke

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MessageSujet: Re: Un boulot comme un autre   Dim 5 Juin - 18:18

Se marier ! Pour être franc, Luke n’avait jamais songé à s’engager aussi loin avec une femme. Mais Jenny était très différente des autres et, surtout, Luke l’aimait comme il n’avait jamais aimé. Loin du désir charnel, il y avait beaucoup plus qu’une simple attirance. Dans un sens, il lui semblait que Jenn soit son complément parfait. Depuis leur rencontre, ils pouvaient discuter de tout, s’appuyer l’un sur l’autre sans faille ni faux-fuyants. La grande confiance mutuelle était indispensable aux yeux de Walker et, avec Miss Blakely, elle atteignait la perfection.

Une fois la chose décidée, Luke alla avertir les autorités en place et préparer quelques petites surprises pour les rares invités et la future épousée.
Merveilleuse Jenny. Elle sut s’arranger pour ressembler vraiment à une mariée. Lui aussi s’était mis en frais car il n’allait pas remplir un acte aussi important en n’étant vêtu que comme un vacancier ou un ouvrier. Un des passagers du bateau qui l’avait à la bonne pendant la croisière fatale lui prêta volontiers un des costumes rescapés du naufrage. Un smoking blanc, rien de moins. Luke dédommagea le propriétaire et parvint aussi à louer un pavillon en vue de leur nuit de noces.
Champagne, gâteries, la pierre s’était montrée d’une générosité peu commune.
Peut-être aimait-elle les célébrations ?
Quoiqu’il en soit ce fut une réussite.
Plus tard, Luke devait avouer à sa femme
:

J’ai adoré cette simplicité. Si nous avions été à New-York, on aurait dû se farcir 300 invités qui auraient été pour la plupart des faux-culs de première !

Rires, aveux, plaisirs… Presqu’un rêve éveillé.
Les jours passèrent dans la félicité. Chesterfield tint ses promesses et de vastes terres furent rendues cultivables. Les travaux de leur maison près des champs avancèrent bellement et ce fut un réel bonheur pour Luke que de prendre Jenny dans ses bras pour lui faire franchir le seuil de leur nouvelle chaumière.
L’électricité serait installée bientôt. En attendant, les soirées aux bougies et la cuisine au grill extérieur les satisfaisaient entièrement.
La famille s’agrandit aussi avec l’arrivée d’une portée de chiots. Marrant de voir comme Jenny s’attendrit devant le spectacle des boules de fourrure en train de téter leur mère. Assez rêveuse, la jeune femme émit des remarques pertinentes
:

C’est quand même bizarre…Il n’y a pas un seul gosse ici. J’y avais jamais pensé…pourtant, dans tous les vols il y a toujours des couples avec des enfants…dans ce dernier, pas un seul…et…au bateau, il y en avait ?

Euh… oui. Pas des tonnes mais plusieurs couples traînaient de la marmaille.

Je veux pas penser ce qui a pu leur arriver… C’est curieux tout de même que pas un seul ne soit arrivé ici…

Rien, sûrement que rien de mal ne leur est arrivé. Des bateaux de secours ont dû récupérer leurs canots, le plus probable.

Mais sa jeune épouse n’en demeura pas là.


En plus, avec toutes ces femmes qu’on a là…pas une n’est enceinte…Tu crois que…c’est quelque chose qui cloche ici ?...J’aimerais bien avoir des enfants…On n’en a jamais parlé, je sais…tu aimerais aussi, dis ?

Coincé ? Oui et non. Luke ne sut que répondre pour la simple et bonne raison qu’il n’avait jamais pensé à la possibilité d’avoir des enfants.
Il ne voulait pas blesser Jenny et prépara une dérobade mais fut interrompu par un beau vacarme extérieur.
Rués dehors, les Walker virent une belle pagaille dans les enclos. Les ouvriers couraient en tous sens pour récupérer volaille et lapins qui s’égaillaient partout. Interrogés, ils affirmèrent que des intrus étaient responsables.


Des maraudeurs ! Ce qui nous manquait, du nouveau ça…depuis le temps qu’on est ici et c’est la première fois…Luke…où vas-tu ?

Lui qui se mettait à courir freina net :

Ben, les rattraper, ces sales voleurs !

Non…ça non…pas sans armes. Je ne veux pas que tu y ailles…

Je vais prendre Rex, le gourdin et autant d’hommes que possible. Ils vont le payer, crois-moi !

Mais la nouvelle Mrs Walker préférait laisser les autorités s’en charger. Ce que femme veut…

La milice vint sur place mais ne put arrêter qu’un seul individu blessé qui fut ramené au village.
La nuit fut longue à rassembler l’élevage baladeur. Luke et Jenn en étaient crevés au petit jour. Pourtant, ils ne prirent que peu de repos. Le moulin récemment inauguré attendait son grain, les basses-cours devaient être examinées, les vivres acheminées : pas de quoi chômer.
Travailler pour l’administration valait le coup puisqu’à présent les Walker et ceux qui, comme eux, assumaient l’approvisionnement, se voyaient motorisés. Le ravitaillement en était accéléré, de quoi satisfaire tout le monde... en principe.
Des jaloux, des fainéants, il y en aurait toujours.
Avec la possibilité d’extraire des diamants, les gens avaient failli disjoncter. Mal leur en prit, les meneurs furent enfermés et il fallut se rendre à l’évidence que la pierre restait assez erratique dans ses « cadeaux ». Mais Luke se foutait de la mine. Il voulait surtout une exploitation prospère. Or il avait vraiment fait sec ces derniers temps, ce qui avait un peu ralenti la production céréalière et potagère puis, avec la menace de maraudeurs…
Ses livraisons effectuées, Luke alla à la maison commune où il continuait d’exercer.
Chesterfield devait manquer de sommeil vu sa tête qui valait bien celle de Walker. Le conseil du jour s’avéra houleux en début d’après-midi. Légèrement en retard, Luke fut mis au parfum par Reese de la raison des remous :


Le gars ramassé suite à votre pillage : personne ne sait qui c’est ! Il a été opéré cette nuit, on en saura plus quand il sortira des vapes.

Voilà quelque chose de très intéressant.
Le comité s’agitait à ce propos : d’où venait ce gars ? Le bon sens voulut de croire à un éventuel naufragé perdu… On discuta du tri de la zone 51 et de la répartition équitable de ces ressources, de divers aménagements à apporter au village. Mrs Chesterfield semblait tenir à ouvrir une salle de théâtre et des salons musicaux puisque plusieurs instruments hantaient les hangars.
Il était quatre heures quand le conseil leva la séance. Mine de rien, Luke entretint Neil au sujet du blessé de la falaise. Justement, le maire tenait à passer au centre médical. Ils s’y rendirent donc ensemble. Aidés du Dr McIntosh, les membres du staff en apprirent de belles en interrogeant l’inconnu.
Pensif, Luke repartit chez lui. Jenny était en train de changer le foin des lapins, il lui donna un coup de main. La futée ne fut pas longue à détecter chez lui des signes d’anxiété. Il se montra évasif préférant attendre le soir pour lui révéler ses découvertes.
Autant rêver que d’imaginer Jennifer patiente…
À peine la casserole d’eau pour les pâtes mise au feu de la cheminée ouverte, elle commença ses questions.


… effectivement, j’ai appris des choses au village et oui, ça nous concerne mais pas que nous deux : tout le village ! Le gars ramassé s’appellerait Mike Connely. Il serait passager d’un autre avion… pas de crash mais… pas de village tout confort non plus… une pierre oui mais amochée, peu fonctionnelle. Leur communauté s’est scindée en plusieurs petits groupes sauvages qui vivent de ce qu’ils trouvent. Celui de Connely a repéré nos lumières depuis la falaise, ils sont venus voir… Ouais, je le crains, ils reviendront. J’ai, euh… reçu des armes du maire. On ne peut pas mobiliser la milice chez nous mais on a le droit de se défendre…

Jenn se montra à la fois angoissée et énervée. Il tenta de la calmer :

Pour le moment, peu de gens sont au courant… Non, on n’attendra pas qu’ils viennent tout dévaster chez nous. J’ai « suggéré » à Neil d’organiser une expédition pour les trouver… Comment tu as deviné ? Oui, je serai l’intermédiaire. Tu connais ma diplomatie persuasive !

Peu après, la rumeur gagna tout le village. Ils furent foule devant la maison commune afin de faire partir du corps expéditionnaire. Il fallut établir une sélection pointue des candidats. Walker ayant déjà démontré son flair en la matière en fut chargé en compagnie de l’épouse du maire. D’emblée, il réfuta ceux ne cherchaient que la bagarre ou les simples curieux de bouger un peu.
Dans le groupe, il fallait de bons tireurs, du personnel soignant, des diplomates et des observateurs.
Quand Jenn en personne arriva au bureau de tri, Luke faillit voir rouge. C’est comme si elle le mettait au pied du mur devant les autres. Il devait se montrer impartial, et là… ça la foutait mal :


Non, Jenn : pas question… Ben, parce que… euh… ce n’est pas une balade de santé, voilà !... et puis faut que l’un de nous surveille la propriété et poursuive le ravitaillement.

Elle plaidait bien sa cause. Walker était coupé en deux. D’un côté il mourait de trouille qu’il arrive quelque chose à Jenny en la laissant en arrière, d’un autre… il mourait de trouille de l’exposer à des dangers inconnus.


Bon, ben, je refuse de décider ça ! Lind, occupe-toi de Madame !

Il se renferma et poursuivit sa tâche avec d’autres candidats.
Bouder, ben oui ! Tout le dîner, il tira la tête… pour la forme. Câline, son épouse s’amusa à ses dépens :


… c’est ça, fous-toi de ma poire, ma chérie ! J’avais l’air fin, là-bas ! Si je t’accordais le poste, on allait m’accuser de parti-pris. Si je te le refusais, tu allais m’en vouloir !... non, suis pas fâché. Dans le fond, je préfère de beaucoup de t’avoir avec moi. Ça m’évitera de me tracasser en chemin et… les soirées seront moins monotones… Ce que l’on fera en soirée ? Tu veux un aperçu ?

En rigolant, ils passèrent directement au dessert.
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